"> nourriture - Abraham et les deux courants - Musulman et fier de l\'être
 

Abraham et les deux courants d'Isaac et Ismaël

Added 26/9/2017

 

Martin Lings écrit : "Ce n'était pas une seule mais deux grandes nations qui devaient regarder Abraham comme leur père. Deux grandes nations, c'est-à-dire deux puissances bien guidées, deux instruments faits pour accomplir la volonté du Ciel, car la bénédiction promise par Dieu n'est pas d'ordre profane, et il n'est de grandeur devant Dieu que la grandeur selon l'Esprit. Ainsi Abraham fut-il la source de deux courants spirituels, qui ne devaient pas s'écouler ensemble mais suivre chacun son propre cours."

Les deux courants qu'évoque ici Lings sont ceux qui s'écoulèrent par Isaac et Ismaël respectivement.

Le premier courant vit, par la permission de Dieu, éclore sur ses berges tout un ensemble de prophètes et de croyants, alors que le second connut pendant un certain temps son lot de croyants sincères avant de voir ensuite son eau même devenir altérée.

A la fin, cependant, ce fut vers ce deuxième flot que Dieu manifesta Son attention : c'est sur ses berges qu'Il suscita le dernier des prophètes. Celui-ci purifia l'eau par la permission de Dieu et celle-ci, redevenue pure en même temps qu'elle connut un plus fort débit, fit éclore une multitude de croyants, de justes, d'érudits et de pieux.

Abraham (sur lui soit la paix) :

"(Dieu lui) dit : "Je vais faire de toi un guide pour les hommes" (Coran 2/124).

"Abraham était un guide parfait, dévoué à Dieu, voué exclusivement à Lui – il n'était pas du nombre des associateurs –, reconnaissant (à Dieu) pour Ses bienfaits. Dieu l'a élu et guidé vers un chemin droit. Nous lui avons donné une belle part dans ce bas monde. Et il sera dans l'au-delà du nombre des pieux" (Coran 16/120-122).

Ismaël et Isaac (sur eux soit la paix) :

"Louange à Dieu qui m'a donné malgré la vieillesse Ismaël et Isaac. Mon Seigneur entend l'invocation" (Coran 14/39).

"Et Nous (les) bénîmes, lui et Isaac. Et dans la descendance des deux, il y a l'homme de bien et celui qui est manifestement injuste envers lui-même" (Coran 37/113). Selon l'un des commentaires, ici, le pronom "lui" qui précède le nom "Isaac" désigne Ismaël (Tafsîr ul-Qurtubî15/112, Qassas ul-qur'ân 1/239).

"Et lorsque Abraham dit à son père et à son peuple : "Je suis innocent de (tout) ce à quoi vous rendez un culte, excepté Celui qui m'a créé, car Lui va me guider". Et il fit de cette (déclaration) une parole se perpétuant parmi ses descendants. Peut-être reviendront-ils" (43/26-28).

La Kaaba, premier sanctuaire dédié au culte de l'Unique :

"La première maison qui fut suscitée pour les hommes est celle qui se trouve à Bakka, bénie et guide pour le monde. Là se trouvent des signes clairs, le lieu où Abraham se tint debout" (Coran 3/ 96-97).

"Et lorsque Nous indiquâmes à Abraham l'emplacement de la Maison (…)" (Coran 22/26).

"Et lorsque Abraham ainsi que Ismaël élevaient les assises de la Maison. "O notre Seigneur, accepte de nous, Tu es, Toi, Celui qui entend, Celui qui sait. O notre Seigneur, fais de nous deux personnes soumises à Toi, et de notre descendance suscite une nation soumise à Toi. Enseigne-nous nos rites (de pèlerinage). Et accepte notre retour à Toi. Tu es, Toi, Celui qui accepte le retour, le Miséricordieux. O notre Seigneur, suscite parmi (cette nation) un messager issue d'elle-même, qui leur récite Tes signes, leur enseigne le Livre et la sagesse, et les purifie. Tu es, Toi, le Puissant, le Sage"" (Coran 2/127-129).

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A) Le récit de Ibn Abbâs, un des Compagnons du Prophète Muhammad (sur lui soit la paix) :

Ibn Abbâs dit : "Lorsqu'il se passa entre Abraham et son épouse ce qui se passa, Abraham prit avec lui Ismaël et la mère de celui-ci" (al-Bukhârî 3185). Ibn Abbâs raconte : "Abraham les emmena, elle et son fils Ismaël, qu'elle allaitait (encore), et les laissa près de la Maison, près d'un grand arbre situé en haut du [lieu où se trouve] Zamzam, en haut de [l'endroit où se trouve maintenant] la mosquée. Il n'y avait alors personne à la Mecque, et il ne s'y trouvait pas d'eau. Il les laissa là, et il plaça près d'eux un sac dans lequel se trouvaient des dattes ainsi qu'une outre dans laquelle il y avait de l'eau. Puis Abraham s'en retourna pour s'en aller. La mère de Ismaël le suivit et dit : "Abraham, où pars-tu en nous laissant dans cette vallée où il n'y a ni humain ni rien ?" Elle lui dit ces paroles plusieurs fois. Et lui ne se retournait pas vers elle. Alors elle lui dit : "Est-ce Dieu qui t'a ordonné cela ? – Oui, dit-il. – Alors Il ne nous détruira pas", fit-elle. Et elle s'en retourna. Abraham continua jusqu'à ce que, lorsqu'il fut auprès du col, là où ils ne le voyaient plus, il dirigea sa face vers [le lieu où il devait bâtir plus tard] la Maison et pria en ces termes, les mains levées : "Notre Seigneur, j'ai installé une partie de ma descendance dans une vallée sans champ, auprès de Ta Maison sacrée, Seigneur, afin qu'ils accomplissent la prière. Fais donc les cœurs d'humains se pencher vers eux, et accorde-leur des fruits, afin qu'ils soient reconnaissants."
La mère de Ismaël allaitait celui-ci et buvait de cette eau, jusqu'à ce que l'outre fut terminée. Elle et son fils connurent alors la soif. Elle le regardait se tortiller. Elle se déplaça pour ne plus le voir ainsi. Elle vit que as-Safa était le plus proche monticule d'elle, elle y grimpa alors, puis se tourna vers la vallée, regardant si elle voyait quelqu'un. Elle ne vit personne. Elle descendit de as-Safa, releva le pan de sa robe lorsqu'elle atteignit (le fond du) vallon, puis courut comme le fait l'homme en difficulté jusqu'à traverser le vallon, puis arriva à al-Marwa. Elle s'y tint debout et regarda si elle voyait quelqu'un. Elle ne vit personne. Elle fit ainsi sept fois." Ibn Abbâs dit : "Le Prophète a dit : "C'est là [l'origine du] parcours que les hommes font entre ces deux (collines)." Lorsqu'elle eut escaladé al-Marwa, elle entendit une voix. Elle dit – à elle-même – : "Chut", puis écouta attentivement. Elle entendit encore (quelque chose). Elle dit alors : "Tu t'es fait entendre. Si tu as un secours, (secoure-nous)." Un ange se tenait auprès du lieu [où se trouve] Zamzam. Il creusa le sol de son talon – ou de son aile –, jusqu'à ce que l'eau apparaisse. (Agar) se mit alors à faire un bassin et à faire ainsi de ses deux mains ; elle se mit à prendre l'eau de ses mains et la verser dans l'outre ; l'eau jaillissait après qu'elle en eut pris dans ses mains." Ibn Abbâs dit : "Le Prophète a dit : "Que Dieu fasse miséricorde à la mère de Ismaël ! Si elle avait laissé Zamzam – ou bien il a dit : Si elle n'avait pas pris l'eau dans ses mains –, Zamzam aurait été une source coulant (librement)."" Il [= Ibn Abbâs] dit : "Elle but alors, et donna à boire à son enfant. L'ange lui dit : "Ne craignez pas d'être détruits. Ici se trouve la Maison de Dieu que cet enfant et son père bâtiront. Dieu ne détruit pas les siens." [Le lieu où allait être bâtie] la Maison était élevé comme une petite colline ; les crues survenaient et passaient à droite et à gauche.
(Agar) demeura ainsi jusqu'à ce que des voyageurs de Jur'hum – ou "des gens de Jur'hum" – passent auprès d'eux, arrivant du chemin de Kadâ' ; ils s'installèrent dans la partie basse de la Mecque. Ils virent alors un oiseau d'eau et dirent : "Cet oiseau tournoie au-dessus de l'eau. Il y a peu de temps que nous sommes passés dans cette vallée et il n'y avait pas d'eau." Ils envoyèrent une ou deux personnes (s'en rendre compte) ; ceux-ci trouvèrent de l'eau, retournèrent et informèrent les (leurs) de la présence d'eau. Ils avancèrent alors," il [= Ibn Abbâs] dit : "alors que la mère de Ismaël se trouvait auprès de l'eau, et dirent : "Nous donnes-tu la permission de nous installer auprès de toi ?" "Oui, répondit-elle, mais vous n'avez pas de droit [de propriété] sur l'eau." "D'accord", dirent-ils." Ibn Abbâs dit : "Le Prophète a dit : "Cet [événement] arriva à la mère de Ismaël, qui aimait la compagnie." Ils s'installèrent donc là, et envoyèrent chercher leurs famille qui s'y installèrent avec eux.
Quelques maisonnées de ces (gens) furent là, le garçon devint jeune homme et apprit d'eux la langue arabe. Il leur plut lorsqu'il devint jeune. Puis, lorsqu'il eut atteint l'âge de se marier, ils le marièrent avec une femme d'entre eux. [Plus tard] la mère de Ismaël mourut.
Abraham vint après que Ismaël se fut marié, s'enquerrant de la situation de la (descendance) qu'il avait laissé. Il ne trouva pas Ismaël. Il questionna son épouse à son sujet, elle dit : "Il est sorti pour chercher pour nous de quoi manger." Il la questionna au sujet de leur vie et de leur situation, elle dit : "Nous vivons mal, nous sommes en difficulté" ; elle se plaignit à lui. Il dit : "Lorsque ton époux reviendra, transmets-lui la salutation, et dis-lui de changer le pas de sa porte." Lorsque Ismaël revint, c'est comme s'il ressentit quelque chose ; il dit : "Quelqu'un serait-il venu à vous ?" "Oui, répondit (son épouse). Un homme âgé de telle et telle apparence, il nous a questionnés à ton sujet, je l'ai informé. Et il m'a questionnée au sujet de notre vie, je l'ai informé que nous sommes en difficulté." "T'a-t-il recommandé quelque chose ?" s'enquit-il. "Oui, répondit-elle, il m'a demandé de te transmettre la salutation, et il a dit de changer le pas de ta porte." "Cet homme est mon père, déclara Ismaël, et il m'a demandé de me séparer de toi. Retourne auprès des tiens." Il divorça d'elle. Et il se maria avec une autre femme d'entre eux.
Abraham resta loin d'eux le temps que Dieu voulut, puis il se rendit auprès d'eux. Il ne trouva pas (Ismaël). Il se rendit auprès de son épouse et la questionna à son sujet. Elle dit : "Il est sorti pour chercher pour nous de quoi manger." "Comment allez-vous ?" "Nous sommes dans le bien-être et l'aisance" répondit-elle, et elle fit les éloges de Dieu. "Quelle est votre nourriture ?" demanda-t-il. "La viande" répondit-elle. "Quelle est votre boisson ?" questionna-t-il. "L'eau" dit-elle. Il fit : "O Dieu, bénis pour eux la viande et l'eau." Le Prophète a dit : "Ils n'avaient alors pas de grain ; s'ils en avaient, il aurait invoqué Dieu pour eux à propos du grain (aussi)"
 [3184] ; "(Choses) bénies [pour les gens de la Mecque] grâce à l'invocation de Abraham" [3185]. Ces deux choses sont telles que consommées seules ailleurs qu'à la Mecque, elles ne conviennent pas à quelqu'un. Il [= Abraham] dit : "Lorsque ton époux viendra, transmets-lui la salutation, et dis-lui de garder le pas de sa porte." Lorsque Ismaël vint, il dit : "Quelqu'un serait-il venu à vous ?" (Son épouse) répondit : "Oui, un homme âgé, de belle apparence" – et elle fit ses éloges – "il m'a questionné à ton sujet, je l'ai informé, et il m'a demandé comment est notre vie, je lui ai dit que nous sommes dans le bien-être." Il s'enquit : "T'a-t-il recommandé quelque chose ?" "Oui, répondit-elle. Il te salue, et te dit de garder le pas de ta porte." Ismaël déclara alors : "C'est mon père, et tu (es représentée par) le pas de la porte ; il m'a dit de te garder."
Ensuite Abraham resta loin d'eux un temps que Dieu voulut, puis il revint. Ismaël arrangeait une de ses flèches sous un arbre, près de Zamzam. Lorsqu'il le vit il se leva vers lui et tous deux firent comme font le père vis-à-vis de son fils et le fils vis-à-vis de son père. Puis il dit : "O Ismaël, Dieu m'a ordonné quelque chose." "Fais donc ce que ton Seigneur t'a ordonné" dit Ismaël. "Et tu m'aideras ?" demanda-t-il. "Et je t'aiderai", répondit-il. "Eh bien, reprit-il, Dieu m'a ordonné de bâtir une Maison ici" et il indiqua un tertre surélevé par rapport à son alentour. C'est alors qu'ils élevèrent les assises de la Maison. Ismaël apportait les pierres et Abraham les assemblait. Puis, lorsque la construction se fut élevée, il apporta cette pierre et, debout dessus, il (continuait à) bâtir, pendant que Ismaël lui passait les pierres. Tous deux disaient : "O notre Seigneur, accepte de nous, Tu es, Toi, Celui qui entend, Celui qui sait". Ils bâtirent donc (cet édifice). Ensuite ils tournèrent autour de la Maison en disant : "O notre Seigneur, accepte de nous, Tu es, Toi, Celui qui entend, Celui qui sait"."
 (al-Bukhârî 3184-3185).

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B) Quelques points qui retiennent l'attention :

1) La première Maison dédiée à Dieu :

As-Suddî est d'avis que le premier prototype de la Kaaba constitue la première maison jamais construite par des hommes sur terre (Tafsîr Ibn Kathîr 1/329-330).

Mais Alî (que Dieu l'agrée) disait qu'il ne s'agit pas de la première maison ayant été bâtie sur terre, mais de la première maison dédiée à Dieu ayant été bâtie sur terre (Tafsîr Ibn Kathîr 1/329-330). De même, al-Hassan al-Basrî commentait ce verset ainsi : "La première maison qui fut suscitée pour les hommes pour qu'y soit célébré le culte de Dieu est celle qui se trouve à Bakka" (Ad-Durr ul-manthûr, as-Suyûtî, 2/93).

2) Qui a construit le premier la Kaaba : Adam ou Abraham ?

Ibn Hajar penche vers l'avis de Ibn ul-Jawzî, selon qui c'est Adam qui le premier a bâti la Kaaba. Ensuite on perdit la trace de celle-ci. Finalement Dieu indiqua à Abraham son emplacement (cf. Fat'h ul-bârî 6/495, 487).

Ibn Kathîr est par contre d'avis que c'est Abraham et non Adam qui, le premier, a bâti le premier prototype de la Kaaba (Al-Bidâya wa-n-nihâya 1/199). Quant au verset qui dit : "Et lorsque Nous indiquâmes à Abraham l'emplacement de la Maison…" (Coran 22/26), il veut, selon Ibn Kathîr, dire que Dieu indiqua à Abraham "l'emplacement qu'Il avait fixé pour que la Kaaba y soit bâtie", et non "l'emplacement que, à l'époque de Adam, la Kaaba aurait occupé" (Al-Bidâya wa-n-nihâya1/199). Il est vrai qu'il y a un hadîth attribué au Prophète qui dit que c'est Adam qui avait bâti le premier prototype de la Kaaba ; mais il n'est pas authentique (Tafsîr Ibn Kathîr 1/330) ; il est vrai également que des propos rapportés de 'Abdullâh ibn 'Amr ibn il-'As disent explicitement que c'est Adam qui, le premier, avait bâti la Kaaba ; mais ces propos n'ont pas pour origine le Prophète (Tafsîr Ibn Kathîr 1/330 ; Al-Bidâya wa-n-nihâya 1/199). Il est tout aussi vrai que le Prophète a dit dans une parole : "Cette ville, c'est Dieu qui l'a rendue sacrée le jour où Il a créé les cieux et la terre" (al-Bukhârî et Muslim) ; cependant, étant donné qu'il a aussi dit : "Abraham a déclaré la Mecque sacrée, et je déclare Médine sacrée" (al-Bukhârî et Muslim), la première parole peut signifier simplement que Dieu avait, lors de la création même, prédestiné que Abraham déclarerait la Mecque sacrée, et ce sur Son Ordre (Shar'h Muslim 9/124).

L'avis de as-Suddî, cité en plus haut, est compatible avec l'avis de Ibn Hajar, mais non avec celui de Ibn Kathîr.

"Quel lieu de culte (de Dieu l'Unique) fut institué sur la terre le premier ? demanda Abû Dharr au Prophète. – Le lieu de culte Sacré [= la Kaaba]. – Ensuite ? demanda-t-il. – Le lieu de culte Eloigné [= le Sanctuaire de Jérusalem], répondit-il. – Combien de temps entre les deux ?demanda-t-on. – 40 ans, répondit-il (rapporté par al-Bukhârî, 3186, Muslim, 520). Nous venons de le voir, Ibn Kathîr est d'avis que ce fut Abraham qui, avec l'aide d'Ismaël, fut l'artisan de cette institution sur terre du premier lieu de culte dédié à Dieu l'Unique. Et Ibn Kathîr d'ajouter que ce fut Jacob qui, quarante ans après, plaça le fondement de ce qui allait devenir plus tard [sous David] le Sanctuaire de Jérusalem (Al-Bidâya wa-n-nihâya 1/233, 235, 2/29) ; Ibn ul-Qayyim a écrit la même chose (Zâd ul-ma'âd 1/50).

3) Quelle différence entre "Makka" et "Bakka" ?

Le nom "Makka" est couramment employé pour désigner la cité proprement dite de la Mecque. Cependant, ce nom désigne aussi, dans un sens plus large, toute la vallée dans laquelle cette cité se trouve. C'est bien pourquoi un autre verset du Coran dit, lorsqu'il relate ce qui s'est passé lors de la tentative du Prophète de venir accomplir la petit pèlerinage à la Kaaba : "Et Il est Celui qui a retenu vos mains d'eux et leurs mains de vous, dans la vallée de la Mecque ("bi batni Makka"), après vous avoir donné victoire contre eux" (Coran 48/24). Ces derniers mots font allusion à la capture, par les musulmans, d'une petite armée ayant alors dévalé de la montagne de at-Tan'îm (Tafsîr Ibn Kathîr) ; cet épisode ne s'est donc pas déroulé dans la cité "Makka" mais dans la vallée "Makka". Al-Qurtubî relate un avis selon lequel "Batnu Makka" désigne ici : "al-Hudaybiya" (Tafsir ul-Qurtubî). Certains ulémas disent d'ailleurs : "Makka : min al-fajji ila-t-tan'îm" (Tafsîr Ibn Kathîr 1/330).

Et qu'est-ce que "Bakka" ? Ce nom désigne-t-il un lieu différent de "Makka" ? Mujâhid est d'avis que les deux noms désignent le même lieu (Tafsîr Ibn Kathîr 1/330 ; Tafsîr ul-Qurtubî 2/89) ; selon cet avis, la différence ne porte que sur deux lettres – "m" et "b" – qu sont proches quant à leur lieu d'articulation (makhraj), ce qui explique leur interversion courante en langue arabe (Ma'ârif ul-qur'ân 2/116) ; c'est ainsi que les Arabes disent aussi bien : "tîn lâzib" que "tîn lâzim" (Tafsîr ul-Qurtubî 2/89).

4) Quelles différences essentielles ya-t-il entre le récit que la Torah a fait de l'installation de Ismaël dans le désert et celui que Ibn Abbâs en a fait ?

Mis à part des divergences sur un certain nombre de points, il y a entre le récit que la Torah fait de cet événement et celui qu'Ibn Abbâs en fait "la différence qui existe entre la brièveté et de l'explicitation" : ce sont les termes de Cheikh Sayyid Sulaymân an-Nadwî ("ijmâl-ô-tafsîl kâ farq hé" : Ardh ul-qur'ân p. 284).

Ceci s'explique par le fait que, comme l'a écrit Martin Lings, "la Genèse" est "le livre consacré à Isaac et à sa descendance, et non à l'autre lignée d'Abraham". Muhammad Asad écrit de même :"Seul le début de l'histoire d'Ismaël et de sa mère figure dans l'Ancien Testament, car ses développements ultérieurs ne concernent pas directement les destinées du peuple hébreu, auxquels le livre est principalement consacré".

5) Pourquoi Agar et Ismaël furent-ils éloignés du lieu où Abraham habitait ?

S'ils durent partir alors que Ismaël était encore nourrisson (nous allons revenir sur cette question dans le point 6), alors c'est parce que Sarah était jalouse (dans le sens de ghayra et non de hassad) de Agar, qui avait donné un enfant à Abraham. Agar dut alors partir pour apaiser les tensions.
Et s'ils durent partir alors que Isaac était déjà né (et que Ismaël avait alors au moins déjà treize ans), c'est parce que Sarah l'exigea.

Le récit de Ibn Abbâs fait brièvement allusion à la tension existant entre Sarah et Abraham à ce sujet : "Lorsqu'il se passa entre Abraham et son épouse ce qui se passa, Abraham prit avec lui Ismaël et la mère de celui-ci" (al-Bukhârî 3185).

6) Quel âge avait Ismaël quand sa mère et lui durent partir suite à l'ordre de Sarah ?

Le récit de la Torah dit que Isaac était déjà né lorsque Sarah exigea de Abraham que Ismaël et sa mère Agar soient éloignés d'eux (cf. Genèse 21/9-14) ; ceci présuppose que Ismaël était alors âgé de plus de treize ans, puisque, selon la même source, c'est l'âge qu'il avait quand Isaac est né.

Par contre le récit de Ibn Abbâs dit, nous l'avons vu, qu'Ismaël était encore un nourrisson et que sa mère l'allaitait lorsqu'ils arrivèrent à la Mecque.

Etait-il alors encore nourrisson ou déjà jeune garçon ?

Cheikh Syôhârwî a écrit que Ismaël était alors encore un nourrisson : le récit de Ibn Abbâs, dit-il, est formel sur ce point (cf. Qassas ul-qur'ân 1/230-231, 233) ;

Cheikh Sulaymân an-Nadwî est par contre d'avis que Ismaël était alors âgé de treize ans ; pour ce qui est du récit de Ibn Abbâs, il en dit que, mis à part certains passages qui ont pour source le Prophète, le reste provient de sources non-islamiques, lesquelles sont autorisées mais dont les éléments n'ont pas le même caractère formel que les données du Coran et des Hadîths (Ardh ul-qur'ân, pp. 282-283).

En fait il s'agit de se demander si c'est l'ensemble du récit que Ibn Abbâs tient du Prophète – auquel cas il est hors de question de lui préférer la version de la Torah –, ou bien si certains éléments de ce récit sont issus de traditions préislamiques – cas où il serait en soi possible de choisir quelque chose d'autre, s'il s'avère que ce "quelque chose d'autre" est plus authentique.

Ibn Hajar est d'avis que le fait qu'Ibn Abbâs ait explicitement attribué, au cours du récit, certaines phrases au Prophète indique que c'est l'ensemble du récit qu'il tient de celui-ci ("wa hâdha-l-qad'r, rafa'ahu-'bnu Abbâs ; wa fîhî ish'ârun bi anna jamî' al-hadîth marfû'" : cf. Fat'h ul-bârî 6/486) ; Ibn Abbâs aura simplement relaté le reste du récit par ses mots à lui.

Par contre Ibn Kathîr pense que si en ce qui concerne les phrases que Ibn Abbâs a directement rapportées du Prophète, il les tient effectivement de ce dernier, ce n'est pas le cas de la totalité du récit ; il en est une partie qu'il tient de traditions ayant d'autres sources que le Prophète ("wa-l-hadîth – wallâhu a'lam – innamâ fîhi amâkinu sarraha biha-'bnu Abbâs 'an in-nabî sallallâhu 'alayhi wa sallam" : Tafsîr Ibn Kathîr 1/156 ; "wa hâdha-l-hadîthu min kalâmi-'bni Abbâs wa muwashshahun bi raf'i ba'dhih ; wa fî ba'dhihî gharâba, wa ka'annahû min mâ talaqqâhu-'bnu Abbâs min al-isrâ'îliyyât" ; "wa ka'anna ba'dha hâdha-s-siyâq mutalaqqan min al-isrâ'ïliyyât wa mutarrazun bi shay'in min al-marfû'ât" : Al-Bidâya wa-n-nihâya, 1/191). Ces sources non-islamiques autorisées sont peut-être, comme l'a dit Muhammad Asad, des traditions arabes préislamiques.

7) Quel fut le lieu où Agar et Ismaël s'installèrent ?

Le Coran dit explicitement que la Kaaba fut bâtie par Abraham et Ismaël. Le récit de Ibn Abbâs, que nous avons vu plus haut, dit que c'est en le lieu où la Kaaba fut bâtie que Ismaël s'installa.

Le récit de la Torah dit qu'Ismaël s'installa au mont Parân : "Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C'était un tireur d'arc ; il habita dans le désert de Parân, et sa mère lui fit épouser une femme du pays d'Egypte" (Genèse 21/20-21).

Où situe-t-on le désert de Parân ?

Selon des commentateurs chrétiens, il s'agit du "désert de la péninsule du Sinaï, au sud de Qadesh" (TOB) ;

Selon des ulémas tels que Ibn Taymiyya (Al-Jawâb us-sahîh 3/242), le nom Parân désigne non pas seulement le désert de la péninsule du Sinaï, mais tout le désert qui recouvre une partie de la péninsule du Sinaï, le pays de Madian et le littoral occidental de la péninsule arabique (le lecteur se réfèrera à une carte géographique). Il est donc tout aussi vrai de dire qu'Ismaël habita le désert qui recouvre le sud du Sinaï que de dire qu'il habita le désert où se situe la vallée de Bakka : le nom "Parân" désigne le tout.

Il est également à noter que d'une part le texte biblique aussi affirme que les fils d'Ismaël s'établirent en Arabie : "les Ismaélites demeurèrent de Hawila à Shour, aux confins de l'Egypte, jusqu'à Ashour…" (Genèse 25/18) :
– Hawila : "selon 10/2, il s'agirait d'une région d'Arabie" (TOB, p. 24, note de bas de page) ;
– Shour se trouve aux confins de l'Egypte, comme le dit ce passage et comme le montre Exode 15/22 ;
– quant à Ashour, la TOB en dit : "région non identifiée, mentionnée également en Nombres 24/22" (TOB, p.47).
On note de même que Téma est une cité d'Arabie bien connue, alors que c'est aussi le nom d'un fils d'Ismaël (Genèse 25/15) : tout porte à penser que la cité a été nommée d'après le nom de ceux qui s'y sont installés, autrement dit des fils d'Ismaël.

Or, et d'autre part, il est peu probable que Ismaël n'ait pas dépassé la péninsule du Sinaï mais que ses fils soient, eux, allés prendre souche dans la péninsule arabique ; par contre, si on retient l'avis selon lequel Ismaël s'était installé à la Mecque, il devient plus facile de comprendre que ses fils aient essaimé dans les trois directions : vers le nord jusqu'à Téma et aux confins d'Egypte, vers l'est, et vers le sud (à l'ouest se trouvant la Mer rouge).

Un autre indice allant dans ce sens est qu'une autre passage du texte biblique affirme : "Le Seigneur est venu du Sinaï, pour eux il s'est levé à l'horizon, du côté de Séïr, il a resplendi depuis le mont de Parân" (Deutéronome 33/2). Cette prophétie semble désigner des révélations de Dieu ; or, si on considère l'avis selon lequel le désert de Parân ne désigne que le désert de la péninsule du Sinaï, on peut se demander quelle révélation reconnue par les judéo-chrétiens a eu lieu dans cette partie du désert ; par contre, si on considère l'avis selon lequel il s'agit du désert qui va jusqu'à la péninsule arabique, les choses deviennent plus claires : à la Mecque a eu lieu la révélation d'une grande partie du Coran à Muhammad, descendant d'Ismaël. Dans le commentaire de la TOB sur ce verset, on lit : "mont de Parân : localisation incertaine ; on peut le mettre en rapport avec le désert de Parân (voir Gn 21/21 et la note) Ha 3.3" (TOB p. 256).

8) Agar et Ismaël s'y rendirent-ils seuls, ou accompagnés de Abraham ?

Martin Lings, au travers du passage de son livre reproduit plus bas, pense que ce fut sans Abraham à leurs côtés que Agar et Ismaël allèrent s'installer dans la vallée de la Mecque : ils y furent acheminés par une caravane. La Genèse dit également que ce fut sans Abraham que Agar et Ismaël quittèrent Canaan : "Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d'eau qu'il donna à Hagar. Il mit l'enfant sur son épaule et la renvoya. Elle s'en alla errer dans le désert de Béer-Shéva. Quand l'eau de l'outre fut épuisée, elle jeta l'enfant sous l'un des arbustes. Puis elle alla s'asseoir à l'écart, à la distance d'une portée d'arc. Elle disait en effet : "Que je n'assiste pas à la mort de l'enfant !" Assise à l'écart, elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du garçon, et, du ciel, l'ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : "Qu'as-tu, Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l'enfant et tiens-le par la main car de lui je ferai une grande nation" Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l'eau. Elle alla remplir l'outre et elle fit boire le garçon. Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C'était un tireur d'arc ; il habita dans le désert de Parân, et sa mère le fit épouser une femme du pays d'Egypte" (Genèse 21/14-21).

Par contre le récit de Ibn Abbâs dit que ce fut Abraham qui les accompagna jusqu'à la vallée avant de les y laisser.

Muhammad Asad a repris cette idée que c'est Abraham qui les y accompagna – nous allons lire un extrait de ses écrits plus bas –, mais il a ajouté que Abraham a effectué ce voyage à dos de chameau. Or il faut souligner que la tradition relatée par Ibn Abbâs ne précise pas sur quel animal ils effectuèrent le voyage depuis Canaan jusqu'à Bakka ; et si certaines personnes ont écrit que le dromadaire était déjà domestiqué en Arabie durant le second millénaire avant Jésus ("La domestication du dromadaire prit son essor en Arabie vers 2000 ans avant notre ère" : cliquez ici), il est des spécialistes qui ont comme avis que ce n'est qu'assez tardivement – en tous cas bien après l'époque où l'on situe la vie de Abraham – que le dromadaire fut domestiqué (lire par exemple Moïse et Pharaon, Maurice Bucaille, pp. 73-74, pp. 295-296).

9) Ismaël se maria-t-il avec une femme de la tribu sudarabique de Jur'hum ou d'Egypte ?

Le récit de Ibn Abbâs dit : une jur'humite.

Celui de la Torah dit : une femme du pays d'Egypte.

L'un ne contredit pas l'autre. Le fait est que les Jur'humites faisaient partie de ces clans d'Arabie qui étaient semi-nomades et allaient jusqu'en Egypte vendre des produits du Yémen. Si on sait que la route de l'encens a existé de façon organisée pendant le premier millénaire avant Jésus, Cheikh Sulaymân an-Nadwî écrit que durant le second millénaire avant la venue du Messie la route commerciale entre le Yémen jusqu'à la Méditerranée existait déjà (cf. Ardh ul-qur'ân, p. 336).

Martin Lings, expliquant comment il se fait que, selon lui, Agar et Ismaël furent peut-être conduits jusqu'à la vallée de Bakka par des voyageurs, écrit lui aussi que la vallée "était située sur l'une des grandes routes de caravane, appelée parfois la route de l'encens à cause des parfums et autres denrées de même nature qui étaient acheminés par cette voie, du sud de l'Arabie à la Méditerranée." Peut-être que s'il est avéré qu'à l'époque de Abraham le chameau n'était pas encore domestiqué – nous en avons parlé dans le point précédent –, le commerce n'avait cours sur cette route que de façon sporadique, étant l'œuvre de semi-nomades et non de caravanes organisées.

10) Une remarque à propos de la comparaison faite par Muhammad Asad :

Le Prophète Muhammad a brisé les idoles qui avaient été placées tout autour de la Kaaba (al-Bukhârî 4036), a fait sortir de la Kaaba la représentation de Abraham et Ismaël qui avait été déposée à l'intérieur (al-Bukhârî 4037), et a fait effacer les fresques peintes sur ses murs intérieurs (FB 8/22), dont l'une représentait Abraham et une autre Marie (al-Bukhârî 3173) ainsi que Jésus (FB 8/22) (cliquez ici).

Muhammad Asad a comparé cette destruction, par le prophète Muhammad, des idoles, à la destruction, par Moïse, du Veau d'or adoré par son peuple dans le Sinaï (nous allons lire son écrit plus bas).

On pourrait plutôt comparer cet acte au fait que, pendant la période où l'Alliance conclue entre Dieu et les fils d'Israël était en vigueur, des personnages israélites ont dû eux aussi purifier le Sanctuaire de Jérusalem des idoles qui y avaient été placées. Ainsi, Manassé, un roi de Juda, y avait installé l'idole de Ashéra (Astarté) (2Rois 21/7) ; ce fut Josias, un autre roi, qui purifia le Sanctuaire en détruisant les objets qu'on avait faits et qu'on y avait placés en l'honneur de Baal, Ashéra et autres divinités (2Rois 23/4). Quelques siècles plus tard, une idole de Zeus fut installée sur ordre des Séleucides ; ce fut Judas Maccabée qui purifia le Sanctuaire après s'être révolté et avoir remporté la victoire.

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C) Un extrait de l'ouvrage de Martin Lings :

"Le livre de la Genèse relate qu'Abraham n'avait pas d'enfants et qu'il ne nourrissait plus l'espoir d'en avoir. Une nuit, Dieu le fit sortir de sa tente et lui dit : "Lève les yeux au ciel et compte les étoiles si tu peux les dénombrer." Et tandis qu'Abraham plongeait son regard dans la voûte céleste, il entendit la voix lui dire : "Telle sera ta postérité" [Genèse 15/5].
Sarah, l'épouse d'Abraham, avait alors soixante-seize ans, et lui en avait quatre-vingt-cinq. Elle lui donna sa servante Agar, une Egyptienne, afin qu'il la prît comme seconde épouse. Mais les rapports s'aigrirent entre la maîtresse et la servante [devenue enceinte], et Agar s'enfuit de devant la colère de Sarah, implorant Dieu dans son infortune. Il lui envoya un Ange avec ce message : "Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu'on ne pourra pas la compter." Et l'Ange ajouta : "Voici, tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d'Ismaël, car le Seigneur t'a entendue dans ta détresse" [Genèse 16/10-11]. Alors Agar retourna auprès d'Abraham et de Sarah et leur rapporta les paroles de l'Ange. Et quand vint la naissance, Abraham nomma son fils Ismaël, ce qui signifie : "Dieu entend".
Lorsque l'enfant [Ismaël] atteignit l'âge de treize ans, Abraham était dans sa centième année et Sarah était nonagénaire. Dieu parla une nouvelle fois à Abraham et lui promit que Sarah également lui donnerait un fils, qui devait recevoir le nom d'Isaac. Craignant que son fils aîné ne perdît de ce fait la faveur de Dieu, Abraham formula cette prière : "Puisse Ismaël vivre devant Toi !" Et Dieu lui dit : "En faveur d'Ismaël, Je t'ai entendu. Vois, Je l'ai béni… et Je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, Je l'établirai avec Isaac, que va enfanter Sarah, l'an prochain à la même saison [Genèse 17/20-21]".
Sarah donna naissance à Isaac, et ce fut elle-même qui l'allaita. Lorsqu'il fut sevré, elle dit à Abraham qu'Agar et son fils ne devaient pas demeurer plus longtemps dans leur foyer. Abraham en fut affligé, car il aimait Ismaël. Mais Dieu lui parla à nouveau, lui disant de suivre le conseil de Sarah et de ne point s'attrister ; et Il lui renouvela sa promesse qu'Ismaël serait béni"
 (Le Prophète Muhammad, Martin Lings, pp. 9-10, Seuil, 1986).

"Ce n'était pas une seule mais deux grandes nations qui devaient regarder Abraham comme leur père. Deux grandes nations, c'est-à-dire deux puissances bien guidées, deux instruments faits pour accomplir la volonté du Ciel, car la bénédiction promise par Dieu n'est pas d'ordre profane, et il n'est de grandeur devant Dieu que la grandeur selon l'Esprit. Ainsi Abraham fut-il la source de deux courants spirituels, qui ne devaient pas s'écouler ensemble mais suivre chacun son propre cours. Il confia Agar et Ismaël à la bénédiction de Dieu et aux soins de Ses Anges, certain que tout irait bien pour eux.
Deux courants spirituels, deux religions, deux mondes consacrés à Dieu ; deux cercles, et par conséquent deux centres. Un lieu n'est jamais saint par le choix de l'homme, mais parce qu'il a été choisi dans le Ciel. Il y avait deux centres sacrés dans l'orbite d'Abraham : l'un d'eux était proche de lui, tandis que l'emplacement de l'autre ne lui était peut-être pas encore connu. Or ce fut vers le second qu'Agar et Ismaël furent dirigés, dans une vallée déserte d'Arabie, à une quarantaine de jours de caravane au sud de Canaan. La Vallée s'appelait Bacca en raison, disent certains, de son étroitesse : elle était cernée de tous côtés par des collines, avec seulement trois ouvertures, une vers le nord, une vers le sud et la troisième vers l'ouest, en direction de la mer Rouge, éloignée d'une vingtaine de lieues"
 (Ibid., pp. 9-10).

"Les Ecritures ne nous disent pas comment Agar et son fils atteignirent Bacca. Peut-être des voyageurs les prirent-ils en charge, car la vallée était située sur l'une des grandes routes de caravane, appelée parfois la route de l'encens à cause des parfums et autres denrées de même nature qui étaient acheminés par cette voie, du sud de l'Arabie à la Méditerranée. Et sans doute Agar reçut-elle, une fois parvenue à cet endroit, l'inspiration de quitter la caravane. Mais après peu de temps la mère et l'enfant commencèrent à souffrir de la soif, au point qu'Agar craignit pour la vie d'Ismaël. Selon les traditions rapportées par leurs descendants, celui-ci, couché sur le sable, élevait ses plaintes vers le Ciel tandis que sa mère, debout sur un rocher au pied d'une éminence voisine, cherchait à voir si quelque secours était en vue. N'apercevant personne, elle gagna rapidement un autre promontoire rocheux d'où son regard ne put découvrir âme qui vive. A demi égarée par la détresse, elle parcourut ainsi par sept fois la distance séparant les deux monticules jusqu'à ce que, s'étant enfin assise pour se reposer sur le rocher le plus éloigné, elle entendît la voix de l'Ange. Selon la Genèse : Dieu entendit la voix de l'enfant et l'Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : "Qu'as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix de l'enfant dans le lieu où il est. Lève-toi ! Relève l'enfant et prends-le par la main, car Je ferai de lui une grande nation." Dieu lui ouvrir alors les yeux et elle vit un puits d'eau [Genèse 21/17-20]. L'eau étant celle d'une source que Dieu avait fait jaillir du sable au contact du talon d'Ismaël. Par la suite, la vallée devint rapidement une halte pour les caravanes en raison de l'excellence et de l'abondance de cette eau ; et le puits fut appelé Zemzem" (Ibid., pp. 10-11).

"Quant à la Genèse, qui est le livre consacré à Isaac et à sa descendance, et non à l'autre lignée d'Abraham, elle nous dit au sujet d'Ismaël : Et Dieu fut avec l'enfant, il grandit et demeura au désert, et il devint habile à tirer à l'arc [Genèse 21/17-20]. Après quoi elle ne mentionne que rarement son nom, si ce n'est pour nous apprendre que les deux frères, Isaac et Ismaël, inhumèrent ensemble leur père à Hébron et que, quelques années plus tard, Esaü épousa sa cousine, qui était la fille d'Ismaël. Mais les louanges d'Ismaël et de sa mère sont chantées de façon indirecte dans le Psaume qui commence ainsi : Que tes tabernacles sont aimables, ô Seigneur des armées, et qui parle du miracle de Zemzem causé par leur passage à travers la vallée : Béni est celui qui place sa force en toi et qui trouve en son cœur les chemins de ceux qui, passant à travers la vallée de Bacca, en ont fait un lieu de sources [Psaumes 84/5-6]" (Ibid., p. 11).

"Au moment où Agar et Ismaël atteignaient leur destination, Abraham avait encore soixante-quinze années à vivre, et il rendit visite à son fils dans le lieu saint où Agar avait été guidée. Le Coran nous dit que Dieu lui montra l'emplacement exact, près du puits de Zemzem, sur lequel lui et Ismaël devaient bâtir un sanctuaire ; et ils furent instruits sur la façon de l'édifier. (…) Lorsque le sanctuaire fut achevé, Dieu parla encore à Abraham et lui ordonna d'instituer le rite du pèlerinage à Bacca ou, comme on devait le dire plus tard, Makka (La Mecque) : Purifie ma Maison pour ceux qui accomplissent les circuits, pour ceux qui se tiennent debout auprès d'elle, pour ceux qui s'inclinent et se prosternent. Appelle les hommes au Pèlerinage pour qu'ils viennent à toi à pied, ou sur quelque monture élancée, de tout chemin encaissé [Coran 22/26-27].
Agar ayant conté à Abraham la façon dont elle avait cherché du secours, il prescrivit que les pèlerins, en accomplissant les rites du Pèlerinage, passeraient par sept fois entre les deux éminences sur lesquelles Agar était montée pour scruter l'horizon et auxquelles furent donnés les noms de Safâ et Marwah.
Plus tard encore, peut-être lorsqu'il était à Canaan et qu'il contemplait les pâturages et les champs de blé qui s'étendaient autour de lui, Abraham pria ainsi : En vérité j'ai établi un partie de mes descendants dans une vallée stérile, auprès de Ta Maison sacrée… Aussi incline vers eux les cœurs des hommes et accorde-leur des fruits pour subsistance afin qu'ils soient reconnaissants [Coran 14/37]"
 (Ibid., pp. 11-12).

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D) Un extrait de l'ouvrage de Muhammad Asad :

"Aux temps préislamiques déjà, Abraham occupait certainement une place éminente dans les généalogies des Arabes comme ancêtre, par Ismaël fils d'Agar, du groupe "nordique" qui comprend aujourd'hui plus de la moitié de la nation arabe prise dans son ensemble et auquel appartenait la tribu même de Muhammad, celle des Quraysh. Seul le début de l'histoire d'Ismaël et de sa mère figure dans l'Ancien Testament, car ses développements ultérieurs ne concernent pas directement les destinées du peuple hébreu, auxquels le livre est principalement consacré. Mais la tradition arabe préislamique a beaucoup plus à dire sur ce sujet.
Selon cette tradition, Agar et Ismaël furent abandonnés par Abraham à l'endroit où la Mecque est aujourd'hui située, ce qui ne paraît aucunement impossible si l'on se souvient que, pour un nomade à dos de chameau, un voyage de trente jours ou davantage n'avait, et n'a toujours rien d'extraordinaire. En tous cas, la tradition arabe dit que ce fut dans cette vallée qu'Abraham conduisit Agar et leur enfant, dans cette gorge entre des collines rocheuses, nue et aride sous le soleil d'Arabie, balayée par les vents brûlants du désert et qu'évitent même les oiseaux de proie. Aujourd'hui encore, bien que la vallée de la Mecque soit couverte de maisons avec des rues où se croisent des gens de langues et de races multiples, le désert proclame sa solitude du haut des pentes stériles tout autour et, au-dessus des foules des pèlerins qui se prosternent devant la Kaaba, planent les fantômes de ces millénaires durant lesquels le silence, ininterrompu et dépourvu de toute vie, dominait la vallée vide.
Au désespoir de cette esclave égyptienne qui avait donné un fils à son maître et, de la sorte, s'était attirée la haine de l'épouse de ce maître, elle devait être rejetée avec son fils Ismaël. Le patriarche dut être affligé lorsqu'il accomplit cette action pour apaiser son implacable épouse, mais il faut se souvenir que lui, qui était si proche de Dieu, était convaincu que Sa miséricorde était sans limite. Le livre de la Genèse nous dit que Dieu le réconforta en lui disant : "Que cela ne déplaise pas à tes yeux, à cause de l'enfant et de la servante… du fils de la servante je ferai aussi une nation, parce qu'il est né de toi" [Genèse 21/13]. Ainsi Abraham abandonna la femme en pleurs et l'enfant dans la vallée, leur laissant une outre remplie d'eau et une autre de dattes. Puis il partit vers le nord par Midian jusqu'au pays de Canaan.
Un arbre sarha sauvage se dressait solitaire dans la vallée. Agar s'assit à son ombre tenant l'enfant sur ses genoux. Autour d'elle il n'y avait que chaleur, lumière, sable et rochers. Qu'elle était bienfaisante, l'ombre de l'arbre… Mais quel silence horrible que ne troublait même pas la respiration d'une créature vivante ! Le jour passait lentement et Agar pensait : si seulement un être vivant venait ici, un oiseau, un animal, oui, même une bête de proie, quelle joie ce serait ! Mais rien ne vint, excepté la nuit, réconfortante comme toutes les nuits du désert, voûte rafraîchissante d'obscurité et d'étoiles qui adoucit l'amertume de son désespoir. Agar reprit courage. Elle fit manger des dattes à son fils et tous deux burent à l'outre.
La nuit passa, puis ce fut un nouveau jour et une nouvelle nuit. Mais lorsque vint le troisième jour avec son haleine de feu, il n'y eut plus d'eau dans l'outre, le désespoir l'emporta et l'espérance fut comme un vase brisé. Et lorsque l'enfant, d'une voix faiblissante, pleura, en vain, pour avoir de l'eau, Agar elle aussi pleura vers le Seigneur ; mais Il ne Se manifesta pas. Alors Agar, saisie de détresse par la souffrance de son enfant mourant, se mit à courir, les mains levées, à travers la vallée, répétant le même trajet entre deux petites collines. Et c'est en souvenir de son désespoir que les pèlerins qui viennent maintenant à la Mecque courent sept fois entre ces deux éminences, criant comme elle avait elle-même crié : "O Toi Généreux, Toi Plein de grâce ! Qui nous fera miséricorde si Tu ne nous la fais pas !"
Alors vint la réponse : voici que de l'eau jaillit et commença de couler sur le sable. Agar clama sa joie et approcha du précieux liquide le visage de l'enfant pour le faire boire, et elle but elle aussi, s'exclamant entre ses gorgées "Zummi, zummi", mot dénué de signification mais qui imite seulement le bruit de l'eau jaillissant de terre, comme pour lui dire "Coule, coule encore !" Pour empêcher l'eau de s'échapper et de se perdre dans le sol, Agar construisit une petite digue de sable autour de la source ; alors celle-ci cessa de répandre son eau et devint un puits qui devait être désormais connu comme le puits de Zemzem et qui existe encore aujourd'hui.
La mère et le fils étaient maintenant sauvés de la soif et il leur restait encore un peu de dattes. Au bout de quelques jours arriva un groupe de bédouins qui, avec leurs familles et leurs biens, avaient quitté leur patrie dans le sud de l'Arabie et, à la recherche de pâturages, passèrent au débouché de la vallée. Lorsqu'ils virent des oiseaux décrire des cercles autour de celle-ci, ils en conclurent qu'il devait y avoir de l'eau. Quelques-uns d'entre eux allèrent explorer la vallée et ils y trouvèrent une femme solitaire avec un enfant assis au bord d'un puits abondant. Animés de dispositions pacifiques, les hommes de la tribu demandèrent à Agar la permission de s'établir dans la vallée. La réponse fut positive à la condition que le puits de Zemzem reste pour toujours la propriété d'Ismaël et de ses descendants.
Quant à Abraham, la tradition dit qu'il retourna en ces lieux quelque temps plus tard et qu'il y trouva Agar et leur fils en vie, conformément à la promesse de Dieu. Il les visita souvent depuis lors et il vit Ismaël devenir adulte et épouser une fille de la tribu du sud. Des années plus tard, le patriarche reçut dans un rêve l'ordre d'élever à côté du puits de Zemzem un temple dédié à son Seigneur. Il construisit donc, avec l'aide de son fils, le prototype du sanctuaire qui se trouve à la Mecque aujourd'hui encore et qui est connu sous le nom de Kaaba. Alors qu'ils taillaient les pierres destinées à ce qui allait devenir le premier temple jamais élevé pour l'adoration du Dieu Unique, Abraham tourna sa face vers le ciel et s'exclama : "Labbayk, Allahumma, labbayk !" – "Pour Toi je suis prêt, ô Dieu, pour Toi je suis prêt !" Et c'est pourquoi les musulmans, lors de leur pèlerinage à la Mecque – pèlerinage au premier temple du Dieu unique – s'écrient "Labbayk, Allahumma, labbayk !" au moment où ils s'approchent de la Cité sainte"
 (Le chemin de la Mecque, 324-326).

"Aucun musulman ne saurait nier que la Kaaba avait existé longtemps avant le Prophète Muhammad ; or sa signification réside précisément dans ce fait. Le Prophète ne prétendait pas être le fondateur d'une religion nouvelle. Au contraire, l'abandon de soi-même à Dieu – islam – a été, selon le Coran, "l'inclination naturelle de l'homme" depuis l'aurore de la conscience humaine. C'était cela qu'Abraham, Moïse, Jésus et tous les autres prophètes de Dieu avaient enseigné, le message du Coran n'étant que la dernière des Révélations divines.
Un musulman ne saurait pas non plus nier que le sanctuaire avait été rempli d'idoles et de fétiches avant que Muhammad les brisât, juste comme Moïse avait brisé le veau d'or au Sinaï. Car, longtemps avant que les idoles fussent introduites dans la Kaaba, le vrai Dieu y avait été adoré et Muhammad ne fit que rendre le temple à sa destination première"
 (Ibid., p. 337).

"Là elle se dressait, cube (signification de son nom arabe) presque parfait, entièrement recouvert de brocart noir, île de paix au centre du vaste quadrilatère formé par la mosquée, plus paisible que tout autre édifice architectural au monde. Il semblerait presque que celui qui pour la première fois construisit la Kaaba – car, depuis le temps d'Abraham, la structure originale a été reconstruite plusieurs fois dans la même forme – avait voulu créer un symbole de l'humilité de l'homme devant Dieu. Le constructeur savait qu'aucune beauté architecturale ni aucune harmonie linéaire, si parfaites soient-elles, ne sauraient jamais rendre justice à l'idée de Dieu ; alors il se limita à la plus simple des formes à trois dimensions, un cube de pierre" (Ibid., 335).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

 

http://www.maison-islam.com/articles/?p=482

 

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Soubhana Allah: le toucher façonne nos pensées et influence nos comportements

Added 24/9/2017

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

le toucher

Une étude suggère que le fait d’être assis dans votre fauteuil préféré vous met réellement dans de meilleures conditions psychologiques et de meilleure humeur.

Des chercheurs ont trouvé que le toucher physique de votre environnement affectait directement la façon dont vous percevez le monde extérieur, et tout spécialement les autres individus.

Plus le toucher est doux, plus vous êtes heureux et généreux ; plus il est dur et plus vous êtes égoïste et agressif.

Ils pensent que les modifications d’humeur sont une régression de l’époque où vous étiez bébé, et que le confort physique signifie tout.

"Nos esprits sont profondément et biologiquement liés à nos corps" dit le Professeur John Bargh, psychologue social à l’Université de Yale.

Dans une série de six expériences documentées dans le journalScience [1], l’équipe de psychologues a démontré comment notre sens du toucher affectait dramatiquement la façon dont nous percevions le monde.

Les enquêteurs portant un tableau lourd, comparé à un léger, pensaient que les demandeurs d’emploi prenaient leur travail plus au sérieux.

Les sujets qui ont lu un passage à propos d’une interaction entre deux personnes étaient plus susceptibles de la caractériser comme hostile s’ils avaient d’abord porté des pièces d’un casse-tête rudes et dentées, comparés à ceux qui en avaient eu des douces.

Et les personnes assises sur des chaises dures et sans coussins étaient mois portées à accepter un compromis dans des négociations de prix que les gens qui étaient assis dans des fauteuils doux et confortables. Cette recherche se basait sur une autre de 2008 [2] qui avait découvert que les gens trouvaient les autres plus généreux et hospitaliers après avoir tenu une tasse de café chaud, plutôt qu’une boisson froide.

Des concepts physiques comme la rudesse, la dureté et la chaleur sont parmi les premiers que les enfants développent, et l’étude suggère qu’ils sont cruciaux pour la manière dont les gens développent leurs idées sur les autres et leurs relations, comme comprendre la signification d’un sourire chaleureux ou un cœur insensible.

Le toucher est un sens important pour l’exploration du monde, qui nous aide à construire notre compréhension du monde quand nous grandissons, et on considère que cela se reflète dans notre langage, y compris nos expressions de tous les jours comme "avoir une dure journée", "appuyer son opinion".

Le professeur Bargh déclare : "ces expériences physiques non seulement façonnent le fondement de nos pensées et perceptions, mais influencent notre comportement face aux autres, parfois seulement parce que nous sommes assis sur une chaise dure plutôt que sur une confortable."

http://www.insoliscience.fr/?Le-toucher-physique-affecte-l

 

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Idées fausses sur l'islam

Added 21/9/2017

L'erreur la plus commune est, bien sûr, que les musulmans sont des terroristes ou de la haine en Amérique. Beaucoup de trace de cette idée à l'attaque notoire sur le World Trade Centre le 11 septembre.

A cette date, 19 des extrémistes islamiques s'est suicidé (qui, il convient de noter, est expressément interdite par Allah dans le Coran) par deux avions s'écraser dans le World Trade Center, tuant près de 3.000 victimes.

Toutefois, il est important de se rappeler que les actions haineuses de quelques-uns ne représentent pas toute la religion. Après tout, les actes terroristes ont été commis par des personnes de religions et de milieux différents, mais cela n'a pas conduit à des stéréotypes négatifs contre la plupart de ces autres religions.

L'Islam semble être la seule exception à cette règle.

Beaucoup de ce qui peut être la faute des médias. On peut à peine ouvrir un journal sans voir un titre sur une attaque récente a causé par des «terroristes musulmans», conduisant à une perception faussée des musulmans qui n'est pas vrai.

Muslim Student Association secrétaire Tanimu Dasin dit que les gens qu'il a rencontrés ont souvent des attentes des musulmans comme étant très exotique ou différents et sont surpris d'apprendre qu'ils sont étudiants tout à fait normal.

"Les gens s'attendent à quelque chose d'étrange ou bizarre à leur sujet; attendons d'eux qu'ils parlent avec un accent. . . Le truc, c'est que nous sommes comme tout le monde », a déclaré Dasin.

Une autre idée que beaucoup de gens ont sur l'islam est que l'inégalité qu'elle mandats entre les hommes et les femmes.

Selon Dasin, cependant, rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité.

«La religion de l'islam dans l'histoire a été en avance sur le monde dans son élévation de la condition des femmes. Les droits de vote, droits de propriété, les droits du mariage. Si l'on remonte 15 ans en Amérique, les femmes ont moins de droits dans le mariage que les femmes dans l'Islam avait il ya 1.700 ans ", a déclaré Dasin.

L'islam exige que les disciples de s'habiller modestement, qui signifie pour les femmes à se couvrir à l'exception de leurs mains et le visage. Cela inclut portait un hijab, ou voile traditionnelle.

Toutefois, contrairement à la croyance populaire, le Coran ne permettent aux femmes le droit de divorcer de leur mari - à condition que ce droit a été décrit dans un contrat de pré-mariage - et à la propriété.

S'il est vrai que de nombreux pays musulmans ne permet pas aux citoyens de ces droits fondamentaux des femmes, Dasin dit que ce n'est pas en conformité avec les enseignements du Coran. Ainsi, les injustices de ces pays ne devraient pas influer sur les perceptions des gens de l'Islam dans son ensemble.

Comme pour toute religion, il est important de juger de la foi sur la base de ses enseignements, plutôt que le comportement de ses adeptes. Après tout, toutes les religions ont des adeptes qui n'agissent pas conformément à leurs croyances, mais ce n'est pas la faute de la religion elle-même.

À la base, l'Islam, qui est un mot arabe qui signifie soumission, est d'environ adoration d'Allah et de vie de la manière dont le Coran dit qu'il veut disciples à vivre.

Cela implique de respecter les cinq piliers de l'islam. Ces piliers sont le monothéisme, qui est la croyance en un Dieu, la prière quotidienne; s'occuper des moins fortunés; le jeûne et le pèlerinage à La Mecque.

Dasin explique que l'Islam insiste également sur la paix vers les autres croyants et non-croyants, malgré le fait que de nombreux vue comme une religion de violence. Al-An-'am, la sixième sourate, ou un chapitre, dans le Coran dit: «Ne prenez pas la vie, qu'Allah a rendue sacrée, sauf par voie de justice et du droit: c'est ainsi qu'il vous commande, afin que vous appreniez la sagesse. "

Dasin a également recommandé que les élèves intéressés à en apprendre davantage sur l'Islam lire "Riyad-nous Saliheen, traduit par" Jardins des Justes ". Il espère que ce livre aidera les étudiants à l'esprit ouvert en arriver à une compréhension plus profonde de sa foi.

Au lieu de séparer nous sommes basés sur nos différences, nous devrions chercher des similitudes tout en même temps embrasser la diversité que nous avons à CSUSB.

"Quand on regarde les idées fausses sur l'islam en Amérique et les raisons derrière eux, nous devons nous rappeler que la tenue d'idées fausses sur les gens avec une certaine différence identifiable est un phénomène humain qui se répète partout dans le monde. Nous pouvons trouver des idées fausses au sujet des chrétiens en pays à majorité musulmane et ici en Amérique ", a déclaré Dasin.

Il a poursuivi: "En fait, les humains sont si bons à nous diviser entre nos différences que lorsque nous ne pouvons pas trouver, nous avons souvent il suffit de les rattraper. La question est comment pouvons-nous apprendre à vivre avec les gens et traiter les gens avec les mêmes en ce qui concerne indépendamment de leurs différences réelles ou perçues?





 

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L'érotisation de la société

Added 15/9/2017

Couple

 

Introduction

 

   La société moderne se targue d’avoir repoussé tous les tabous et toute morale restrictive. Elle prétend être parvenue à une liberté jamais atteinte par l’humanité.


Pour ne citer que le cas de la société française, il est indéniable que la révolution sexuelle de1964 à 1973 a combattu et vaincu bien des ostracismes et sujétions (machisme, inhibition, culpabilité et honte sexuelles, homophobie). Elle a conféré aux femmes des droits incontestables et a modifié la perception de la sexualité qui, de la fonction reproductrice, se transforme en fonction liante permettant un épanouissement personnel. Néanmoins, selon Jean-Claude Guillebaud, la révolution sexuelle reposait sur un fantasme : «Ni la perversion, ni la pulsion de violence, ni l’instinct de possession, ni la pédophilie, ni la jalousie, ni le voyeurisme, ni l’impuissance n’existent à l’état normal. La nature humaine est naturellement bonne ; la sexualité est naturellement saine […] et il suffit de libérer les pulsions sexuelles pour libérer l’humanité de ces désordres […] un contresens qui continue de hanter l’époque. Libérer le désir, rejeter l’ordre ancien et sa morale, congédier les interdits, jouir sans entraves et sans loi : oui l’utopie était belle. L’erreur fut de croire qu’elle était sans conséquence… »

   Car en vérité, la révolution sexuelle a-t-elle vraiment été libératrice ou a-t-elle plutôt déclenché l’hypersexualisation des sociétés française et européenne pour contaminer l’ensemble du monde ?

   De quelle logique découle en réalité l’érotisation de la société qui se propage à vitesse grand « V » par le truchement des médias, l’art, la mode et la littérature ? Quels en sont les dérapages ? Qui sont les victimes ? Et quels en sont les remèdes ?

La logique du diktat du libre marché

   Déjà, dans les années 1920-1930, le corps féminin a été utilisé à des fins mercantiles pour vanter et vendre divers produits (bijoux, cosmétiques, vêtements, revues, diètes minceur, etc.). C’est à cette époque que sont apparues les normes esthétiques actuelles (jeunesse, minceur, hâle) et la revendication des femmes au droit à être séduisantes : « A l’image des femmes chastes et vertueuses se substitue celle d’une population féminine de plus en plus préoccupée de mettre ses charmes en valeur. » [Jean-Claude Guillebaud].

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Jean-Claude Guillebaud, écrivain essayiste et journaliste français, est né à Alger en 1944. Il s’est illustré pour ses importants reportages idéologiques. Il a travaillé au quotidien Sud Ouest, au Monde et au Nouvel Observateur ; il a dirigé Reporters sans frontières. En 1972, il est lauréat du Prix Albert Londres. Il parraine la Coordination pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Chroniqueur, il traite de la vie des médias au Nouvel Observateur (supplément télévision) et de l’observation de la société et de la vie politique française dans l’hebdomadaire catholique La Vie. En 2007, il parraine l’agence de presse associative Reporters d’Espoirs qui dénonce les aspects les plus obscurs de la société du spectacle.

   Le contexte socio-économique a favorisé cette situation :
· Le chômage était important et touchait plus les femmes que les hommes : les rares emplois étaient prioritairement réservés à ces derniers.
· Au sortir de la première guerre mondiale, la population féminine excède la population masculine. L’urbanisation et la dislocation de la famille élargie ont généré plus de dépendance des femmes à l’égard des hommes pour leur subsistance. Dans cette conjoncture, un physique avantageux ou mis en valeur devenait un atout pour celles en recherche d’un conjoint et pour celles qui voulaient s’assurer la fidélité d’un compagnon qui était leur seule sécurité financière et affective. Dans les années 1960, les libertaires prônaient l’amour libre et recouraient à des excès vestimentaires, dans un contexte différent des années 1920-1930 : idéalistes, ils rêvaient d’évolution et leurs revendications s’inscrivait dans un mouvement politique et féministe.
De nos jours, c’est le Marché qui dicte ses lois, mais rien, surtout pas la dépendance financière, ne légitime l’érotisation des jeunes filles.

Les dérapages

   L’ère actuelle subit une provocation et une sollicitation sexuelles permanentes avec pour corolaire une banalisation affligeante du sexe-marchandise et de la pornographie. 70% du contenu du Web concerne le sexe ou y est lié. Les sites pornographiques sont en recrudescence et l’industrie du divertissement pour adultes génère quelques trois à cinq milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel.Sous l’appellation insidieuse de « porno chic », c’est dans les années 1990 qu’est née la pornographisation, à savoir le recyclage d’archétypes pornographiques dans la publicité, la mode, la littérature, la presse écrite, la télévision, internet, les comportements et les fantasmes sexuels, etc.

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Protégeons les enfants…

   Ces domaines participent tous, non plus à la suggestion, mais plutôt à l’exhibition et à l’ordonnance de normes à suivre en matière de sexualité. Pour ne pas être taxé de ringardise, les jeunes et les moins jeunes sont constamment, assidûment, pressés d’adopter de nouvelles pratiques sexuelles et de consommer les produits de l’industrie du sexe : films, gadgets sexuels, etc. Les médias se chargent de multiplier les reportages complaisants sur des stars du porno, les prostituées heureuses de l’être et les industries du sexe. Les magazines féminins, entre autres, testent et promeuvent les produits des sex-shops. Leur message est le suivant : presque tout le monde a une vie sexuelle excitante et riche, excepté vous ! Vous connaîtrez l’épanouissement sexuel et personnel en adoptant d’autres postures et pratiques sexuelles, en vous inspirant de la pornographie, en usant et abusant des gadgets sexuels !
Ce qui est mis en avant c’est la connaissance technique du corps et la performance sexuelle : la sexualité du devoir conjugal a glissé vers la sexualité du devoir de performance.

Les victimes

1. Les pré-adolescentes et adolescentes

   Entre huit et treize ans, les filles construisent leur identité, leur valeur personnelle, leurs intérêts. Cette tranche d’âge se caractérise par le désir d’être conforme, le désir d’être normal. Or, le Marché a vite compris qu’il lui faut fidéliser très tôt cette population vulnérable pour qu’elle adopte des habitudes de consommation voulues : ainsi, les pré-adolescentes d’aujourd’hui ont un univers qui leur est propre en matière de style, de musique, de revues, de gadgets, de « mal-bouffe », etc. La publicité et les produits destinés aux jeunes filles véhiculent un même message : c’est normal qu’elles soient sexy, qu’elles s’habillent sexy et adoptent des attitudes sexy pour plaire aux garçons et être disponibles sexuellement à tout âge.
A peine sorties de l’enfance, les adolescentes sont propulsées dans un monde d’adulte sans avoir eu le temps d’explorer leur propre désir. Au même âge, les garçons sont protégés des sollicitations médiatiques, tandis que les adolescentes ressemblent à s’y méprendre à des femmes sexuées : ce sont de très bonnes clientes pour les salons de bronzage, les centres de conditionnement physique, les studios de body piercing et l’industrie des cosmétiques. Proies idéales des marchands de mode, elles s’affublent de mini-débardeurs, de string ; métamorphosées en mini-femmes fatales, elles exposent leur nombril à l’air, apprennent à se mettre en valeur et à séduire : prisonnières du regard de l’autre pour exister, elles deviennent des objets du désir, alors qu’elles n’ont pas encore les moyens d’être sujets de désir. Les parents sont parfois dépassés, parfois complices face à la pression sociale. Eux qui pourtant exècrent les pédophiles donnent à voir leurs enfants comme objets sexuels : les enfants érotisés risquent de devenir des enfants consommables, des marchandises sexuelles, mais également des consommateurs de pornographie.

    Les professionnels de la santé et de l’éducation constatent des effets inquiétants de la sexualisation précoce chez les jeunes filles :
· trouble du schéma corporel (syndrome du top model : idéal esthétique insensé et incompatible avec la santé que les filles s’efforcent d’atteindre en s’automutilant de leurs formes naturelles par la restriction alimentaire) ;
· chirurgie plastique pour augmenter le volume mammaire et injection de Botox ;

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. dépression ;
· augmentation des troubles alimentaires (boulimie, anorexie, carences alimentaires, troubles métaboliques, risques accrus d’ostéoporose) ;
· tabagisme, prise d’alcool et de drogues ;
· perte de l’estime de soi liée à la détresse psychologique et liée aux idées suicidaires : la préoccupation permanente de l’apparence, de l’attraction physique, du poids et des mensurations entraînent un sentiment de honte, une diminution de l’acuité mentale, de l’anxiété ;
· taux de suicide plus élevé chez les filles que chez les garçons. Le discours médiatique laissant croire à une émancipation des filles, à un « girl-power » qui les encourage à prendre leur place et à s’affirmer, est un leurre : les filles sont inconscientes des demandes contradictoires des messages sexuels : il leur est demandé ouvertement d’être séduisantes et en même temps d’être passives et dépendantes. Elles ne sont pas aidées à sortir du rôle traditionnel les obligeant généralement à prendre soin des besoins des hommes en niant leurs propres besoins.
· phobie scolaire ;
· relations sexuelles précoces et problèmes rattachés à la contraception, avec l’idée que la sexualité et l’amour sont centrés sur la consommation ;
· maladies sexuellement transmissibles ;
· interruption volontaire de grossesse ;
· violence dans les relations amoureuses ;
· risques accru pour les filles d’agressions sexuelles, de pédophilie, de prostitution, de pornographie : une fille de dix-onze ans précocement sexuée a conscience de son pouvoir de séduction sur la gent masculine, mais il s’agit de sa part d’une demande affective, de la reconnaissance de sa valeur et non d’une sollicitation sexuelle.

   L’hypersexualisation des jeunes filles va de pair avec la pornographisation des codes sociaux : les adolescentes en sont les principales victimes, car considérées comme « coincées », « out » lorsqu’elles ne se soumettent pas aux normes sexuelles véhiculées par la pornographie qui affecte la culture en profondeur et modélise les conduites sexuelles, et au-delà du sexe, les comportements des femmes et des hommes. Ainsi, pour bon nombre d’individus, la pornographie est l’unique lieu d’éducation sexuelle.
Paradoxalement, bien que nécessaires, les campagnes de prévention du sida — que Jean-Claude Guillebaud qualifie de « pornographie sanitaire » —, réduites à une approche fonctionnelle et hygiéniste de la sexualité, ont entraîné quelques effets pervers et délivré un message à double contrainte. La diffusion d’une parole publique très explicite sur la sexualité a induit des scénarios auprès des jeunes et certains se ““les ont appropriés comme si c’était une obligation : pour les adolescents, si le comportement existe, il faut l’adopter (obligation de performance). Dans les cours d’écoles, des enfants de six à douze ans se livrent à des attouchements sexuels sur d’autres, procédant jusqu’à la sodomie.
Le phénomène effraie et suscite fort heureusement des réactions saines de la part des mondes adulte et associatif qui commencent à développer des programmes d’intervention pour aider les jeunes à déjouer les pièges des expressions sexuelles.

2. Les pré-adolescents et adolescents

   Leur monde est volontairement teinté de rouge et de noir où se bousculent la violence, les super héros, les voitures, les sports extrêmes, les bandes-dessinés, le hip hop, le rap au message sexiste, virulent et dégradant pour les femmes. Moins préoccupés par leur apparence, ils adoptent volontiers des vêtements extra-larges, une attitude grossière et un langage ordurier… ça les rend populaires.
Même si les pré-adolescents sont plus tardivement les proies des industries du sexe que les filles au même âge, ils n’échappent pas à la logique du libre marché et à son formatage.
Pour les garçons comme pour les filles, plus la consommation de la pornographie est précoce, plus le corps sera transformé et emblématisé (tatouage, piercing).

Les adultes

La sexualité est essentiellement une activité relationnelle et interpersonnelle. La pornographie, comme l’érotisme en général, est une sexualité fantasmée, narcissique ou masturbatoire (c’est-à-dire avec soi-même), une relation entre moi et une personne imaginaire, une personne de papier ou d’écran de télévision. La pulsion sexuelle d’une personne accoutumée, droguée à l’érotisme et à la pornographie tend à s’hypertrophier et à être constamment en éveil : l’individu projette ses fantasmes sexuels sur tout ce qu’il rencontre. Le cas des pères de famille est préoccupant : le transfert de leurs fantasmes sexuels sur leur épouse peut le conduire à l’érotisation de leur attachement affectif pour leur progéniture. C’est pourquoi de nombreux pères de famille consommant de la pornographie en viennent à abuser sexuellement de leurs enfants.
Beaucoup de témoignages confirment que la pornographie cause une désagrégation quasi-schizoïde de la sexualité du consommateur : celui-ci s’enferme peu à peu dans un univers masturbatoire et perd tout intérêt pour sa conjointe, ses enfants, ses responsabilités familiale et affective. La pornographie favorise directement ou indirectement la recrudescence des divorces, l’augmentation de l’homosexualité, de la bisexualité, de la sodomie, de la prostitution, du sida.
L’érotisation et la pornographisation de la société causent de véritables préjudices humains et matériels.

Les remèdes à l’érotisation des enfants

Les excès vestimentaires et le malaise de certains enseignants à déambuler devant des fillettes de plus en plus sexy et adoptant des attitudes de séduction ont amené certains établissements à opter pour un uniforme scolaire ou à se montrer plus stricts pour leur code vestimentaire. Les nouvelles règles sont accompagnées de discussions avec les élèves et de séances d’information auprès des parents : des images filmées des enfants dans les couloirs sont projetées à ce moment-là pour une prise de conscience du problème.
· Toute la société (les gouvernements, les milieux de la santé et de l’éducation, les parents, les médias, l’industrie de la mode et de la publicité, etc.) est conviée à recadrer ses croyances, ses valeurs et à établir une nouvelle symbolique pour éviter « le tout permis » et le retour à un ordre moral restrictif. Les familles à elles seules ne peuvent inverser la tendance.
· L’éducation sexuelle doit être globale : prise en considération de toutes les dimensions de la sexualité dont l’érotisme ne visant pas les prouesses sexuelles, mais plutôt la prise de conscience de soi et de l’autre en tant que sujet (et non objet) de désir et de plaisir. Les réponses ne sont pas toujours nécessaires : l’éducateur peut susciter des questionnements, apporter des pistes de réflexions et indiquer des limites.

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· Ne pas culpabiliser les parents dans leur fonction éducative, mais les épauler et renforcer leurs habiletés parentales.
· Ne pas laisser uniquement aux mères la responsabilité de donner l’exemple. Toute la société a une responsabilité.
· Utiliser les vidéo-clips, les magazines, etc. comme supports pédagogiques plutôt que de les censurer pour développer l’esprit critique. Les amener à réfléchir sur l’image des femmes projetée dans la publicité et les différents médias ; sur le rôle attribué aux hommes et aux femmes dans la société.
· Guider les jeunes vers l’autonomie affective et une image de soi positive ; leur apprendre à s’affirmer autrement que par l’apparence. Le « girl-power » prôné par la publicité est aliénant et illusoire : le véritable pouvoir réside dans la confiance en ses capacités propres, l’estime de soi, l’indépendance, l’autonomie, le contrôle de son existence et son engagement dans la communauté.
· Aborder l’insatisfaction corporelle des jeunes pour éviter des comportements nuisibles à leur santé : la minceur n’est pas un modèle esthétique ; la beauté réside dans le fait d’être soi-même, de rayonner de bien-être ; le travail sur soi ne passe pas par une restriction alimentaire, mais par le développement du sens critique.
· Donner conscience aux jeunes de leur pouvoir de consommateurs pour ne pas subir la dictature des médias et de la publicité : aucune industrie ne peut survivre à un boycottage massif de ses produits.
· Encourager les jeunes à s’investir dans une cause sociale.
· Eduquer le regard posé sur l’enfant.
· Ne pas s’impliquer activement dans la société est déjà en soi du laxisme complice. Les associations reconnues d’utilité publique ou de simples citoyens peuvent interpeler les élus (le maire, les conseillers généraux, les députés) et la police ou la gendarmerie pour procéder à l’enlèvement des affiches ou écrits licencieux : le code pénal sanctionne l’exposition des messages à caractère violent, pornographique ou portant gravement atteinte à la dignité humaine et susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.
· Avant de voter pour un élu local, il faut exiger qu’il s’exprime clairement sur le sujet de la pornographie et lui exposer ses convictions.

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Conclusion

   L’érotisation répond donc à une recherche du désir, stimulée par la séduction. La société encourage certaines érotisations et lutte contre d’autres (érotisation du viol ou de la violence).
Dans ce processus, souvent la réalité vécue est occultée à la faveur d’une mythomanie généralisée résultant d’un vide abyssal de la personnalité. Ce qui est mis en exergue d’une manière ostentatoire, c’est la plasticité de la personne, au point de la réduire à une marchandise sexuelle. Il est urgent de réfléchir et de réagir à la problématique pour combattre la chosification de l’humain en général et de l’enfant en particulier, première victime de la société mercantile, de la société de consommation et de la recherche aveugle du profit.

 

 

 

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Les différents types de mémoires

Added 17/2/2017

 

La mémoire est une fonction qui permet de conserver et de faire revenir consciemment quelque chose que l’on a apprit antérieurement.
Il est préférable de parler de mémoires au pluriel. Selon le modèle de Tulving, l’homme présente cinq systèmes de mémoire. Ces différents types de mémoire interagissent en elles mais dépendent de régions cérébrales distinctes. Ainsi certains patients peuvent avoir certaines formes de mémoires préservées et d’autres altérées.
On distingue trois catégories temporelles de mémoires. La mémoire sensorielle, la mémoire de travail et la mémoire à long terme.

La mémoire sensorielle est l’aptitude de garder un élément en mémoire entre 200 millisecondes à trois secondes grâce à la perception visuelle et à perception auditive. Les organes des sens transmettent des informations à certaines zones cérébrales où elles sont analysées très brièvement. C’est ainsi qu’il est possible de se souvenir de ce que l’on a vu, touché, dit …

La mémoire de travail ou mémoire à court terme est la seconde catégorie qui va permettre à l’esprit de retenir les informations durant la réalisation de taches. Elles sont traitées pour être ensuite stockées par la mémoire à long terme. L'administrateur central contrôle les opérations quand nous faisons appel à des éléments provenant d'autres régions du cerveau. Les deux boucles neuronales, visuelle et phonologique, stockent temporairement les données avant qu'elles ne soient effacées par la tâche suivante.
L’exemple le plus classique de la mémoire de travail est celui de la recherche d’un objet que l’on a égaré tout en évitant les endroits où l’on sait pertinemment qu’il ne sera pas! Elle inclut la structure du cortex préfrontal et du cortex pariétal.

La mémoire à long terme est la troisième catégorie de mémoire temporelle qui résulte d’un stockage durable à l’intérieur de certaines zones du cerveau. Elle peut être subdivisée en mémoire déclarative et non déclarative.

1. La mémoire déclarative ou mémoire explicite repose sur un enregistrement de connaissances culturelles ou générales qu’un individu peut faire émerger consciemment avec la mémoire sémantique. Ainsi le seul fait qu'un homme ai marché sur la lune peut avoir été en rapport avec notre propre vie, mais est stocké comme élément du savoir. La mémoire sémantique concerne le lobe temporal et frontal:

Parallèlement, la mémoire explicite traite de souvenirs personnels datés et localisé avec lamémoire épisodique. Les régions du cerveau impliqués dans la mémoire épisodique dépendent du contenu de l'expérience d'origine. Ainsi les expériences plutôt visuelles activent les aires visuelles du cerveau alors que se rappeler la voix d'une personne sollicite plutôt le cortex auditif. La mémoire épisodique implique la structure de l’hippocampe, du lobe frontal et des régions corticales:

 
2. La mémoire non déclarative, appelée mémoire procédurale ou implicite n’est pas accessible a la conscience contrairement à la mémoire déclarative. Il s’agit de souvenirs qui concernent des associations et des savoirs faire comme par exemple faire du vélo. Ces gestes sont appris grâce à leur répétition puis stockés dans la mémoire procédurale à long terme. Elle ne nécessite pas un rappel conscient de l’apprentissage des gestes.
Elle enveloppe le cervelet, le noyau caudé et le putamen. 
 
Nous disposons tous ces différentes formes de mémoire mais nous ne somme pas égaux face à la mémorisation ! 
 

http://lamemoirehumaine.over-blog.fr/article-les-differents-types-de-memoire-63668463.html

 


Différents types de mémoire par Apprendre-a-apprendre

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