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les radicaux libres:ennemis de la santé

Added 31/8/2015

Aliments santé

Les radicaux libres entraînent des dommages à notre organisme un peu comme la rouille sur le métal, ils s'attaquant aux tissus et aux cellules de notre organisme, accélérant ainsi leur vieillissement.

Les radicaux libres : ennemis de la santé


Les radicaux libres sont des molécules d'oxygène instables et incomplètes qui peuvent se retrouver dans l'organisme et qui tentent de s'accoupler à des éléments de nos propres cellules afin de se compléter.


Dans l'opération, ils détruisent alors des cellules saines.

Les radicaux libres entraînent des dommages à notre organisme un peu comme la rouille sur le métal d'une automobile. L'oxydation provoquée par les radicaux libres exerce une action similaire en s'attaquant aux tissus et aux cellules de notre organisme, accélérant ainsi leur vieillissement.
 Lorsque la production de radicaux libres devient trop grande, nos réserves d'antioxydants peuvent devenir insuffisantes pour neutraliser l'effet néfaste de l'oxydation des radicaux libres sur nos tissus et cellules. D'après les recherches scientifiques, les radicaux libres seraient impliqués dans l'apparition de nombreuses maladies telles:

 L'arthrite
 Les taches sur la peau
 Le cancer
 L'asthme
 La cataracte
 Les maladies cardiaques
 Les troubles articulaires
 Les maladies dégénératives telles que la sclérose en plaques et la maladie d'Alzheimer
 L'athérosclérose 

Vieillissement prématuré

De plus, en entraînant une détérioration graduelle des cellules, les radicaux libres seraient les premiers responsables du vieillissement prématuré. La première source de radicaux libres est tout à fait normale et naturelle. Elle est produite par l'activité même de nos cellules, soit la respiration tissulaire. En fait, chaque fois que l'on respire, l'utilisation de l'oxygène par l'organisme entraîne la formation de radicaux libres.

Heureusement, les radicaux libres, résultant de ce phénomène naturel, peuvent être assez facilement neutralisés grâce aux antioxydants dont peut disposer notre organisme si nous lui fournissons les éléments nutritifs nécessaires.

La deuxième source de radicaux libres provient de facteurs externes et pose nettement plus de problèmes à l'organisme. En effet, les recherches démontrent que les radicaux libres sont générés par de nombreux facteurs de l'environnement ainsi que par certaines habitudes de vie tels que:

 Polluants
 Rayons U.V
 Alcool
 Fumée du tabac
 Stress émotionnel
 Pesticides
 Aliments modifiés, transgéniques ou les viandes provenant d'animaux nourrit d'hormones 
 Diverses infections
 Médicaments
 Additifs alimentaires, agents de conservation
 Blessures et interventions chirurgicales, etc. 

Les antioxydants peuvent-ils renverser l'action des radicaux libres ?

Les médecins et les scientifiques établissent un lien évident entre une plus grande consommation d'antioxydants et une plus faible incidence des maladies citées précédemment.

Les meilleurs aliments antioxydants :

 
Dans la liste des champions on retrouve particulièrement les petits fruits tels que le bleuet, la fraise, et la canneberge, pour ne citer que les plus efficaces. Idéalement il faudrait consommer plusieurs portions par jour de fruits et légumes offrant une grande variété de couleurs. Les oranges, les poivrons rouges, les cantaloups, les mangues, les patates douces, les courges et les carottes; mais aussi les noix, l'ail, l'oignon, etc.
 Le thé vert et le jus de grenade sont une bonne source d'antioxydants sous forme liquide.
 Chaque couleur présente dans un aliment représente un type d'antioxydant précis, ayant un rôle à jouer contre les radicaux libres et la protection de l'organisme. Créer une palette de couleurs dans son assiette est un gage de santé! 
 

Les suppléments alimentaires :

La meilleure source d'antioxydants est sans aucun doute l'alimentation sous forme de légumes et fruits de couleurs variées, mais lorsque l'alimentation n'est pas suffisamment variée ou que l'organisme accuse déjà fortement des dommages créées par les radicaux libres, la consommation de certains suppléments fera partie d'une bonne stratégie de lutte contre le vieillissement et la dégénérescence.

1 La vitamine C
 Il s'agit d'un antioxydant assez extraordinaire en ce sens qu'il travaille doublement. Cet antioxydant protège de nombreux tissus contre la détérioration. Il est particulièrement utile pour contrer les radicaux libres qui engendrent les cataractes. Il protège aussi les tissus contre les radicaux libres de la fumée du tabac. Mais la vitamine C présente également un autre avantage dans la lutte contre les radicaux libres: elle vient aider un autre antioxydant à mieux jouer son rôle. En effet, la vitamine C redonne à la vitamine E sa possibilité d'agir à nouveau comme antioxydant après que cette dernière eut déjà rempli ce rôle. En principe, lorsqu'un antioxydant cède certains éléments à un radical libre, sa formule moléculaire n'est plus la même. Ainsi, une fois qu'un antioxydant a servi à neutraliser un radical libre, il ne peut plus jouer ce rôle une deuxième fois. Mais ceci n'est pas vrai dans le cas de la vitamine E puisque la vitamine C peut lui redonner ses propriétés antioxydantes. 
2 La vitamine E
 On sait qu'il existe deux sortes de vitamines: celles qui sont hydrosolubles et celles qui sont liposolubles. La vitamine C est un exemple d'une vitamine hydrosoluble. La vitamine E est un exemple d'une vitamine liposoluble. De par leur nature, certains radicaux libres peuvent être neutralisés par un antioxydant de la famille des substances hydrosolubles, alors que d'autres radicaux libres nécessitent des substances liposolubles. Dans ce dernier cas, la vitamine E est essentielle. Elle joue notamment un rôle antioxydant primordial pour empêcher les LDL (mauvais cholestérol) de s'oxyder et de se déposer dans les artères. Elle diminue donc le risque des troubles cardiaques et des accidents cérébrovasculaires.
Il est très important de ne pas consommer n'importe quel type de vitamine E. Il faut favoriser un mélange naturel de plusieurs types de tocopherols et de de plusieurs types de tocotrienols.
3 Les caroténoïdes
 Les caroténoïdes sont des pigments de couleur jaune, orangée ou rouge que l'on trouve dans de nombreux végétaux. Le pigment orangé que l'on trouve notamment dans la carotte est le bêta carotène. Cette substance peut être transformée en vitamine A dans l'organisme. Mais il s'agit aussi d'un puissant antioxydant. Il protège les tissus contre les radicaux libres et prévient ainsi plusieurs formes de cancers, en particulier le cancer de la peau. Le bêta carotène est également fort utile dans la prévention des troubles cardiovasculaires. Un autre caroténoïde, le lycopène que l'on trouve notamment dans la tomate, est également reconnu pour ses propriétés anticancer, particulièrement contre le cancer de la prostate. Une étude conduite par des chercheurs de l'Université Harvard a précisément montré que le lycopène réduit de 35% le risque de cancer de la prostate. 
4 Le sélénium
 Le sélénium est un oligo-élément. Il n'a pas en lui-même de propriétés antioxydantes. Mais il travaille en collaboration avec une enzyme antioxydante que produit l'organisme. À ce titre, le sélénium fait équipe avec la vitamine E et nous protège contre plusieurs formes de cancers, contre l'athérosclérose et contre l'infarctus du myocarde et les accidents cérébrovasculaires. Une étude, publiée en 1996 dans le Journal of the American Medical Association, a montré que la supplémentation en sélénium protège l'organisme contre les cancers du poumon, du côlon, du rectum et de la prostate. 

 

http://www.masantenaturelle.com/chroniques/chroniques2/radicaux-libres.php

 

 

 

 

 

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Les erreurs médicales en Islam

Added 30/8/2015

Le médecin ou celui qui le seconde, à savoir les auxiliaires médicaux, ne sont aucunement responsables si leur travail cause des résultats négatifs sur le malade ; à condition qu’ils aient l’intention que les soins qu’ils donnent bénéficieront au malade et que leur travail soit conforme aux règles conventionnelles de la médecine, et à condition aussi que le malade ou son substitut, tel que le tuteur, leur donne la permission.

Tout cela s’étabit dans le cas où l’erreur n’est pas grave et flagrante, de sorte que la gravité de cette erreur ne soit approuvée ni par les règles de l’art médical ni par les spécialistes de la médecine.

Cela apparaît par l’usage manifestement incorrect des instruments sains utilisés dans le soin.

Un usage qui démontre une ignorance ou une négligence abusive et claire qui ne peuvent pas être admissibles de sa part, tel que le fait de faire un diagnostic avec empressement et par la suite prescrire le remède avec frivolité ou nonchalance sans s’appuyer sur les règles et les méthodes médicales nécessaires pour former l’opinion adéquate.

Ayant dit cela, je considère que cette infirmière n’assumera rien puisqu’elle a trouvé l’ordonnance accrochée sur le lit du malade, ce qui indique logiquement qu’elle était la sienne.

De plus, elle s’était assurée davantage après que le malade lui avait confirmé qu’elle lui appartenait, même si en réalité l’ordonnance ne lui appartenait pas.

En outre, il est établi dans les règles jurisprudentielles que ce qui est permis par la Charia contredit la garantie ;

La règle dit :

« Lorsqu’une chose est placée à bon droit, puis une personne en est lésé, celui qui l’a placée ne doit rien garantir ».

En partant de ce qui a été dit, nous déduisons que la responsabilité et la garantie ne peuvent être établies du point de vue de la Charia qu’au cas où l’erreur est grave ; ce qui n’est pas le cas dans cette question.

Et du moment qu’il est en général obligatoire de faire des soins ;

La règle donc dit :

« Ce qui est obligatoire n’est pas restreint par la condition de la sûreté ».

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

http://www.3ilmchar3i.net/article-les-erreurs-medicales-124702844.html

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Illusion d'optique : explications

Added 27/8/2015

Illusions obtiques

Si vous cliquez sur la photo ci-contre vous découvrirez une robe qui a beaucoup fait parler d'elle cet hiver. Et vous, de quelle couleur la voyez-vous ? Cette robe a en effet fait l'objet d'un débat sur les réseaux sociaux cet hiver, créant deux groupes opposés, l'un percevant des rayures bleues et noires, tandis que l'autre des rayures blanches et dorées. Ces échanges ont pris tellement d'ampleur que des chercheurs se sont penchés sur la question pour tenter de trouver une explication.

C'est notamment l'équipe de Bevil Conway, enseignant chercheur à l'université de Wellesley aux Etats-Unis qui a reproduit ces divergences de perception de couleurs et a trouvé quelques pistes d'explication, dont les résultats et analyses ont été publiés dans la revue Current Biology. Tout d'abord, cette fameuse robe est en réalité bleue et noire, n'en déplaise au groupe blanc/doré. Quiconque la verrait dans une vitrine ou portée sur soi-même la verrait bien bleue et noire. Si vous voyez actuellement la photo d'une autre couleur, ce n'est pas à cause d'un problème neurologique ou visuel. Ce qui créer la polémique en réalité, c'est la façon dont elle a été prise en photo, car les pixels sont de couleur marron et bleue.

Les scientifiques ont donc fait appel pour ces travaux à 1400 individus dont 300 n'avaient jamais vu la photo. Ils ont simplement demandé de quelles couleurs ils voyaient la robe, sans se restreindre à deux catégories, ce qui aurait pu forcer le choix. C'est de façon assez impressionnante qu'ils ont constaté que les participants, comme sur les réseaux sociaux, se sont divisés en deux grands groupes, celui des bleu/noir et celui des blanc/doré. Toutefois, un troisième groupe, plus petit, s'est également dégagé, regroupant les personnes percevant les rayures marron et bleues. Un résultat intéressant est aussi le fait que ces groupes ne se sont pas révélés homogènes au sein de la population étudiée, l'âge et le sexe semblaient avoir une influence sur la perception des couleurs. Statistiquement, les personnes plus âgées et les femmes voyaient davantage la robe blanche et dorée.

Pour Conway, ces différences de perception s'expliquent par la lumière que notre cerveau est habitué à percevoir et par conséquent à s'attendre dans son environnement. Selon lui, les personnes exposées à une lumière naturelle sont plus à même de percevoir la robe blanche et dorée alors que ceux habitués à une lumière artificielle la percevrait davantage bleue et noire. Pour le dernier groupe, marron/bleu, il se situerait quelque part entre les deux autres, le cerveau étant accoutumé aux deux lumières.

« Une piste possible pour comprendre pourquoi on obtient de telles variations est de prendre en considération comment la lumière est contaminée par l'illumination extérieure, comme le ciel bleu ou la lumière incandescente. Le système visuel doit décider s'il se débarrasse des longueurs d'onde les plus faibles et donc les plus bleues de la lumière ou des longueurs d'onde plus grandes et plus rouges, et ce choix peut modifier la façon dont vous percevez la robe. » affirme Conway.
 
 
Source : Lafer-Sousa R., Hermann K.L., Conway B.R. Striking individual differences in color perception uncovered by ‘the dress’ photograph. Curr Biol. 2015 May 14. pii: S0960-9822(15)00535-7. doi: 10.1016/j.cub.2015.04.053. [Epub ahead of print]
 
 
 
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A quel événement le récit des "Gens de la Caverne" fait-il allusion ?

Added 26/8/2015

coran

Il faut tout d'abord savoir que la cause de révélation (sabab un-nuzûl) d'un verset coranique est l'événement de l'époque du Prophète ou bien la question qui lui a été posée, et qui fait que Dieu a parlé et a révélé tel passage pour y apporter une réponse. Certains versets sont tels que la connaissance de la cause de leur révélation permet de les comprendre d'une façon nuancée par rapport à ce que semble indiquer leur seule littéralité (lire notre article sur le sujet). Le récit des Gens de la Caverne ne fait pas partie de ce type de versets ; cependant, comme cela ressort de ce que Ibn Kathîr a écrit, la connaissance de la cause de sa révélation est susceptible d'apporter un éclairage quant à l'identité de ceux qu'il évoque.

La cause de la révélation du récit des Gens de la Caverne

La cause de la révélation du récit des Gens de la Caverne est que les Qurayshites de la Mecque, désemparés face à la prédication de Muhammad dans leur cité, déléguèrent deux des leurs, an-Nadhr ibn ul-Hârith et 'Uqba ibn Abî Mu'ayt, auprès des rabbins de la communauté juive de Yathrib (la ville où le Prophète émigrera plus tard et qui se nommera Médine) ; les juifs étant perçus par les Qurayshites comme étant les "gens de la Première Ecriture religieuse", les deux hommes avaient pour mission de leur décrire Muhammad et son comportement, afin de leur demander s'il pouvait réellement être un messager de Dieu. Ils revinrent à la Mecque munis de questions à poser à Muhammad : les rabbins leur avaient dit : "S'il répond à ces questions, c'est un prophète, un messager de Dieu ; sinon c'est un imposteur". Une délégation qurayshite se rendit alors auprès du Prophète et lui posa les questions ; le Prophète répondit : "Je vous répondrai demain" et oublia d'ajouter "avec l'aide de Dieu" ou "si Dieu le veut". Dieu ne communiqua alors aucune réponse, et plusieurs jours passèrent sans que le Prophète puisse tenir sa promesse. Les Mecquois exultaient, tandis que le Prophète était abattu. Enfin, quand quinze jours se furent écoulés pendant lesquels le Ciel resta silencieux, Gabriel apporta la parole de Dieu répondant aux trois questions et lui rappelant également qu'il ne devait jamais dire : "Je ferai telle chose demain" sans ajouter : "si Dieu le veut".
Ce récit – dont nous avons cité seulement la substance – a été rapporté par Muhammad ibn Ish'âq (il est visible notamment dans TIK, 3/64, voir aussi p. 70 ; as-Syôhârwî a relaté que les spécialistes ont relaté ce récit selon plusieurs chaînes de narration, et ont déclaré que l'ensemble de celles-ci élevaient l'authenticité du récit au niveau "hassan" : QQ 3/122). Ibn Is'hâq a également relaté les trois questions que les rabbins demandèrent aux Qurayshites d'adresser à leur concitoyen : "Qu'est-ce que l'âme ? Quelle est l'histoire de l'homme qui a atteint l'orient et l'occident ? Qui sont ces jeunes du passé qui ont vécu une histoire étrange ?" (Ibid.). At-Tirmidhî a pour sa part rapporté que les Quraysh allèrent voir des juifs et leur demandèrent une question qu'ils pourraient adresser à Muhammad ; ces juifs leur dirent : "Questionnez-le au sujet de l'âme" (Sunan ut-Tirmidhî, 3140).

Se fondant sur ce récit relaté par Ibn Is'hâq, Ibn Kathîr écrit que si l'histoire des Gens de la Caverne avait eu lieu, comme le disent certains, chez des chrétiens, les rabbins de Yathrib ne lui auraient porté aucun intérêt particulier, puisque les juifs ne croient pas en le caractère de messager de Jésus ; l'histoire des Gens de la Caverne a donc eu lieu parmi les juifs, et ce avant la venue de Jésus (TIK 3/66).

A cela as-Syôhârwî répond que le raisonnement est pertinent, mais qu'il apparaît qu'il s'agit bien de l'histoire des Dormants ; or, comme chacun le sait, cette histoire a eu lieu pendant le laps de temps compris entre Jésus et Muhammad (sur eux la paix). En fait, poursuit as-Syôhârwî, c'est du côté de la formulation de Ibn Is'hâq qu'il faut considérer les choses : il semble qu'en réalité les rabbins de Yathrib n'aient formulé que deux questions, celle à propos de l'âme et celle à propos de l'homme qui régna de l'orient à l'occident ; pour ce qui est de la question relative aux jeunes hommes endormis, les Qurayshites ont dû l'entendre lors de leurs voyages commerciaux en Syrie et l'avoir ajoutée d'eux-mêmes. Mais étant donné qu'ils ont posé trois questions au Prophète après avoir consulté des juifs de Yathrib, un transmetteur a pensé que ces derniers étaient à l'origine des trois, alors qu'en réalité l'une d'elles provenait des Qurayshites eux-mêmes. As-Syôhârwî souligne qu'une lecture attentive de la formulation des versets coraniques laisse entrapercevoir une subtile distinction : on lit d'une part : "Ils te questionnent au sujet de l'âme. Dis : …" (Coran 17/85) et : "Ils te questionnent au sujet de Dhu-l-qarnayn. Dis : …" (Coran 18/83) ; par contre, au sujet des Dormants, le passage commence par : "Avais-tu pensé que les gens de la Caverne et de Raqîm constituent chose étonnante parmi Nos Signes ?" (Coran 18/9). Voyez, dit as-Syôhârwî, la différence entre les deux formulations : pour les deux premiers points, le fait qu'ils relèvent d'une question a dûment été mis en exergue, parce que, au delà des seuls Quraysh qui les ont posées au Prophète, la réponse s'adresse aussi aux rabbins de Yathrib, les véritables auteurs des questions ; d'ailleurs le pronom personnel sujet de "Ils te questionnent" les représente ; par contre, pour le troisième point, la question posée par les Quraysh n'avait pas pour origine ces rabbins, et il n'a donc pas été dit : "Ils te questionnent au sujet de...". (J'ai reproduit globalement l'explication formulée par as-Syôhârwî dans QQ, 3/252-253, que j'ai comprise à la lumière de ce que Shâh Waliyyullâh a ainsi expliqué : "Wa qara'a-l-A'mash 'an riwâyati Ibn Mas'ûd : "Wa mâ ûtû min al-'ilmi ilâ qalîlan" ; wa yu'lamu min hunâlika anna-l-khitâba li-l-yahûd is-sâ'ïlîna 'an ir-rûh" : HB 1/66.)


 Le plan du texte coranique :

Le verset 9 sert d'introduction. Puis on se trouve en présence du récit proprement dit, ou plutôt de deux récits : un premier récit, très bref, fait la présentation de l'histoire en trois versets (10 à 12 inclus) ; suit le récit plus "détaillé", qui va de la seconde moitié du verset 13 (la première moitié constituant une transition entre le bref récit précédent et le récit plus long) jusqu'au verset 21 (d'après un autre commentaire, la première moitié du verset 26 constitue aussi un élément du récit). Les versets 22 à première moitié de 26 (y compris, d'après un commentaire, le 25) constituent des digressions. En guise de conclusion on lit les éloges de Dieu, dans la seconde moitié de ce 26ème verset.

Le premier récit évoque l'essentiel : des jeunes se réfugièrent dans une caverne en demandant à Dieu Sa Miséricorde et Son Aide, ils y demeurèrent endormis de nombreuses années avant de se réveiller.

Le second récit fournit davantage d'éléments : les jeunes étaient des croyants (verset 13) qui refusaient à se laisser aller à l'idolâtrie (verset 14), contrairement aux gens parmi lesquels ils vivaient (verset 15) ; pour cette raison, ils décidèrent de se séparer de ces derniers (verset 16). On apprendra en fait plus loin (verset 20) que la raison d'aller s'isoler était motivée par le fait que leurs concitoyens étaient déterminés à les faire retourner de force dans l'idolâtrie.
Entre les versets 16 et 19, on remarque un changement de style, avec passage du narratif (avec citation) au descriptif, Dieu décrivant alors la scène en s'adressant à Muhammad et, par delà celui-ci, à chaque lecteur, en lui disant directement : "Tu verrais le soleil" (verset 16) et "Tu les croirais éveillés, alors qu'ils étaient endormis" (verset 17). On remarque aussi l'ellipse : après avoir cité la discussion des jeunes entre eux : "Réfugiez-vous donc dans la caverne, votre Seigneur répandra de Sa Miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement dans votre affaire" (verset 16), mention de leur endormissement n'est pas faite sinon de façon indirecte (verset 18), et sans aucune allusion à son extraordinaire longueur : en fait celle-ci a déjà été mentionnée précédemment, mais dans le très bref récit (verset 11).
A partir du verset 19 et jusqu'au verset 20, retour au narratif et aux citations : "Et ainsi Nous les ressuscitâmes" ; "L'un d'eux dit"…
Puis, dans le verset 21, de nouveau l'ellipse, les détails n'étant pas évoqués, l'esprit du lecteur devant les deviner ou bien les rechercher dans d'autres sources : "Et ainsi Nous fîmes qu'ils furent découverts". Ellipse encore : "Lorsqu'ils [= les gens] divergèrent à leur propos".

Les versets qui suivent, du 22 à la première moitié du 26 inclus, constituent, nous l'avions dit, des éléments complémentaires : d'abord, en 22, est évoquée la controverse à propos de leur nombre ; en 25 et première moitié de 26, est aussi évoquée – d'après un des deux commentaires – une autre controverse, à propos cette fois de la durée de leur endormissement. A chaque fois c'est la même réponse : "Mon Seigneur sait mieux" (verset 22) et "Dieu sait mieux" (verset 26), le message n'étant pas de ne pas chercher la vérité mais de ne pas accorder la priorité à la recherche de la vérité concernant ce genre d'éléments secondaires : "Ne discute à leur sujet que d'une discussion sommaire" (verset 22).
Dieu n'avait pas immédiatement communiqué à Muhammad les réponses aux trois questions que ses concitoyens lui avaient posées parce qu'il leur avait promis de leur apporter ces réponses le lendemain, sans ajouter "Si Dieu le veut" ; au beau milieu du passage relatif aux Sept Dormants sont insérés les deux versets (23 et 24) où on rappelle qu'il faut toujours ajouter : "Si Dieu le veut".

Le passage s'achève sur les mots suivants, en quelque sorte l'épilogue du récit : "A Lui appartient ce qui est caché dans les cieux et la terre. Comme Il est Voyant et Audient ! Ils n'ont aucun allié à part Lui. Et Il n'associe personne dans Son Commandement" (verset 26).

Comme nous l'avons expliqué dans l'article traitant de la ressemblance entre certains récits coraniques et certains récits bibliques, on ne trouve, dans certains récits coraniques, qu'énumération des faits essentiels, certains détails devant être recherchés dans les sources non musulmanes, parfois judéo-chrétiennes (une partie de celles-ci étant authentique). L'histoire des Gens de la Caverne fait partie de ces récits coraniques. Avant de citer de nouveau le texte coranique, suivi cette fois de notes explicatives, nous citerons donc, ci-après, en 4, une des versions chrétiennes du même récit. Ce faisant, notre objectif est double :
– d'une part découvrir les détails du récit, que le texte coranique, selon son habitude, passe sous silence et qu'on peut aller rechercher dans ces textes ;
– d'autre part noter les différences existant entre le récit du texte coranique et certaines versions chrétiennes.

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Le récit des Sept Dormants dans les sources chrétiennes :

Abu-l-Hassan Alî an-Nadwî a, dans son extraordinaire commentaire de la sourate 18, intitulé Ma'raka-é îmân-o-mâddiyyat (ci-après : "MIM"), bien évidemment traité du récit des Gens de la Caverne ; avant d'aborder le récit du texte coranique, "avec son style particulier, elliptique, éloquent et allant à l'essentiel", il a lui aussi reproduit au préalable la version détaillée de l'événement. Et il a lui aussi eu recours pour cela aux textes chrétiens ; il en explique ainsi la raison : "Ibn Jarîr at-Tabarî et d'autres commentateurs du Coran, ainsi que d'autres ulémas, ont reproduit cette histoire de façon détaillée (…) ; mais la non disponibilité des textes chrétiens originaux et la non connaissance complète des événements de la période pré-chrétienne de l'Empire romain ont fait que certaines erreurs se sont glissées dans ce qu'ils ont reproduit (…). C'est pourquoi préférence a été donnée ici aux sources chrétiennes originelles" (MIM, p. 27, note de bas de page). Pages 20 à 21 il explique aussi les raisons l'ayant amené à citer cette version chrétienne avant le récit coranique.

An-Nadwî a fait le choix de l'article "Seven Sleepers" de l'Encyclopædia of Religion and Ethics (James Hastings, T. & T. Clark, New York). Le fait est que cet article se présente comme une synthèse des éléments communs présents dans les plus anciens textes chrétiens traitant du sujet ("The elements of the story common to the earliest texts are briefly as follows") (il faut cependant souligner ici que l'auteur de l'article considère l'histoire comme une "legend").

J'ai pu, par la grâce de Dieu, obtenir une photocopie de l'original anglais dudit article. En voici la traduction :

"L'empereur Decius se rend à Ephèse et, là, revivifie dans la cité le culte des idoles, ordonnant que tout le monde, et particulièrement les chrétiens, offrent des sacrifices à celles-ci [1]. Certains chrétiens apostasient, d'autres demeurent fermes et subissent des tortures. Sept (ou, d'après certains textes, huit) jeunes, qui vivent dans le palais impérial et dont les noms sont relatés différemment, sont accusés d'être secrètement des chrétiens ; conduits devant Decius, ils refusent de sacrifier aux idoles. Espérant qu'ils atténueront leur résolution, Decius leur accorde un répit ; puis il quitte Ephèse. Les jeunes quittent la cité et se cachent dans une caverne située dans le Mont Anchilus voisin. L'un d'eux, Diomède (ou Jamblique), déguisé sous des guenilles, descend à la ville pour s'enquérir de ce qui s'y passe et y acheter de la nourriture. Decius, étant retourné dans la cité peu de temps après, ordonne que les jeunes soient amenés en sa présence. Diomède informe ses compagnons de cet ordre ; ils consomment, tout tristes, la nourriture, puis ils tombent, par la volonté divine, dans un profond et long sommeil. Decius, ne pouvant trouver les jeunes à Ephèse, convoque leurs parents ; ceux-ci tentent de s'excuser pour la fuite de leurs fils et révèlent qu'ils sont cachés dans une caverne du Mont Anchilus. Decius ordonne que l'entrée de la caverne soit obturée par de grosses pierres, afin que les jeunes soient enterrés vivants. Deux chrétiens, Théodore et Rufinus, écrivent l'histoire des jeunes martyrs sur des tablettes en métal, qu'ils placent sous les pierres fermant la caverne. 307 ans plus tard, sous le règne de l'empereur Théodose II, une hérésie apparaît, conduite par un évêque du nom de Théodore, qui nie la résurrection des morts ; l'empereur en est très affecté. Alors Dieu inspire Adolius, le propriétaire du terrain où se trouve la caverne, de bâtir une bergerie pour ses troupeaux ; les maçons utilisent pour ce faire les pierres qui fermaient l'entrée de la caverne ; et cette dernière est ainsi rouverte. Dieu réveille les jeunes ; ceux-ci pensent qu'ils ont dormi seulement une nuit, et s'exhortent mutuellement à subir, si nécessaire, le martyre des mains de Decius. Diomède se rend comme à son habitude à Ephèse ; voyant une croix sur le pont de la cité, il en est tellement surpris qu'il demande à un passant s'il s'agit réellement d'Ephèse. Impatient de retourner auprès de ses compagnons avec la nouvelle, il achète d'abord et malgré tout de la nourriture ; il paie celle-ci avec la monnaie qu'il avait sur lui, celle de l'époque de Decius. Voyant cette ancienne monnaie, le marchand et les gens présents sur la place du marché pensent que le jeune homme a trouvé un trésor caché, et espèrent pouvoir le partager avec lui ; ils le poursuivent donc de leurs menaces à travers la cité ; de nombreuses personnes se retrouvent ainsi rassemblées, et le jeune cherche en vain parmi elles quelqu'un de sa connaissance. L'évêque et le gouverneur questionnent Diomède, qui raconte toute l'histoire et les invite à se rendre à la caverne rencontrer ses compagnons. Les gens escaladent la colline et trouvent les deux tablettes de plomb, qui confirment l'histoire du jeune ; puis ils entrent dans la caverne et y trouvent ses compagnons vivants et d'apparence lumineuse. Théodose est informé de l'événement et se rend à Ephèse, puis dans la caverne. L'un des jeunes, Maximilien (ou Achillides, ou autre) lui dit que, à la fin de démontrer la véracité de la résurrection, Dieu les a fait dormir puis les a ressuscités avant le Jour du Jugement ; après cela les jeunes tombent, endormis dans la mort. Une basilique a été bâtie sur le lieu" (Encyclopædia of Religion and Ethics, article Seven Sleepers, tome XI p. 428, également reproduit en urdu par an-Nadwî dans MIM, pp. 22-26).

[1] : Jacques de Saroug relate qu'il s'agissait de brûler de l'encens devant les idoles.

Il est à noter que nous musulmans ne partageons pas chaque détail de ce récit. Il faut d'ailleurs savoir que, en commentaire, l'auteur de cet article affirme que le ou les récit(s) contiennent des "anachronismes" et des "erreurs" (p. 430). Il faut également noter que l'article renvoie, ici et là en notes de bas de page, à des variantes existant par rapport à tel et tel points, et qui sont visibles dans telle et telle source (l'article n'explicite cependant pas ces variantes). En ce qui nous concerne, la présence de Decius lui-même est difficilement imaginable, comme nous le verrons plus bas ; il faut aussi souligner que certains ulémas sont d'avis que l'histoire ne s'est pas déroulée à Ephèse, et nous en dirons un mot également ; d'autres détails existent que nous ne partageons pas non plus.

En fait, comme nous l'avons écrit dans l'article susmentionné, le récit coranique renvoie au récit biblique et, tout à la fois, se distingue de lui. Il renvoie au récit biblique dans la mesure où une partie de celui-ci relate des vérités historiques – que l'auteur du passage soit Dieu ou des chroniqueurs humains – et qu'il s'agit de se référer à cette partie du texte biblique si on désire obtenir le détail de ce à quoi le Coran ne fait qu'allusion. Comprendre certains éléments de récits présents dans le Coran sans détail ni explication se fait par référence à des récits présents dans des écrits judéo-chrétiens (désignés par les commentateurs sous le nom général de "isrâ'îliyyât"), qu'il s'agisse de passages du texte biblique, ou d'autres traditions (haggada, homélies...). Parallèlement, le Coran renvoie parfois à des passages de textes bibliques qui ont été décrétés "apocryphes" par les autorités religieuses...
Mais parallèlement à tout cela, le Coran se distingue aussi du texte biblique, et ce non pas seulement parce que parfois il contredit formellement certains détails de son récit mais aussi dans la mesure où les détails bibliques que lui, le Coran, ne contredit ni ne confirme, ne l'engagent pas : dès lors, quand on s'aperçoit, à la suite de recherches scientifiques, que certains de ces détails (comme la période depuis laquelle des humains habitent la terre, l'ampleur du Déluge, le nombre des israélites ayant quitté l'Egypte avec Moïse, la façon dont ils se sont installés en Canaan, etc.) sont erronés, lui n'est pas impliqué.

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Notes explicatives sur le texte coranique :

"Avais-tu pensé que les gens de la Caverne et de Raqîm constituent chose étonnante parmi Nos Signes [1] ?
Lorsque les jeunes se réfugièrent dans la caverne, puis dirent : "Seigneur, accorde-nous une miséricorde d'auprès de Toi et aménage-nous de la droiture dans notre conduite." Nous les plongeâmes alors dans un sommeil, dans cette caverne, de nombreuses années durant. Puis Nous les réveillâmes, afin de savoir [2] lequel des deux groupes [3] aurait mieux mémorisé la durée de leur séjour.
Nous allons te raconter leur histoire avec la vérité. Ils étaient des jeunes qui avaient apporté foi en leur Seigneur et que Nous avions augmentés en guidance. Nous raffermîmes leur cœur lorsqu'ils se levèrent et dirent : "Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre ! Jamais nous n'invoquerons hors de Lui une divinité, sans quoi nous dirions grande injustice. Ces gens-là, notre peuple, ont pris, en dehors de Lui, des divinités. S'ils pouvaient apporter au sujet de celles-ci une preuve évidente ! Qui donc est plus injuste que celui qui invente un mensonge à propos de Dieu ? Maintenant que vous vous êtes séparés d'eux ainsi que de ceux qu'ils adorent en dehors de Dieu, réfugiez-vous [4] dans la Caverne, votre Seigneur étendra pour vous de Sa miséricorde et aménagera pour vous un adoucissement à votre sort !"
Tu verrais le soleil, lorsqu'ils se levait, obliquer à droite de leur caverne, et lorsqu'il se couchait, passer à gauche, tandis qu'ils se trouvaient dans un espace spacieux de cette (caverne). Cela fait partie des Signes de Dieu. Celui que Dieu guide, celui-là est guidé ; et celui qu'Il égare, tu ne trouveras pas pour lui d'allié le guidant. Et tu les croirais éveillés, alors qu'ils étaient endormis. Nous les retournions sur le côté droit et sur le côté gauche. Leur chien était, les pattes allongées, à l'entrée. Si tu les avais regardés dans cet état, tu les aurais fuis, tout intimidé par leur (apparence).
Et ainsi les réveillâmes-Nous pour qu'ils s'interrogent mutuellement [5]. L'un d'eux dit : "Combien de temps êtes-vous demeurés (ici) ?" [6] (D'autres) dirent : "Nous (y) sommes restés un jour ou une partie d'un jour." (Les uns) dirent : "Dieu sait mieux combien de temps vous êtes restés. Envoyez donc l'un d'entre vous [7] à la cité avec l'argent que voici, qu'il recherche l'aliment le plus pur et qu'il vous en apporte (de quoi vous servir) de subsistance. Et qu'il agisse avec tact et qu'il ne fasse sentir à personne votre (présence). S'ils vous découvrent, ils vous lapideront à moins de vous ramener dans leur religion, et vous ne parviendriez alors jamais au succès."
Et ainsi fîmes-Nous les découvrir [8], afin qu'ils sachent que la promesse de Dieu est vérité et qu'il n'y a pas de doute dans la résurrection. Lorsqu'ils divergeaient entre eux [9]. (Les uns) dirent alors : "Bâtissez sur eux une maçonnerie, (de manière que) leur Seigneur soit (Seul) plus au courant d'eux." [10] Ceux dont l'avis l'emporta dirent : "Nous ferons assurément un lieu de prière [11] sur eux."
Ils vont dire : "Ils étaient trois, plus un chien", et ils vont dire : "Ils étaient cinq, plus un chien" ; conjecture à propos de ce qui n'est pas connu ! Et ils vont dire : "Ils étaient sept, plus un chien." Dis : "Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n'en est que peu qui le connaissent." Ne discute à leur sujet que d'une discussion sommaire. Et ne consulte à leur sujet aucun d'eux.
Et ne dis jamais à propos d'une chose : "Je ferai cela demain" sans (ajouter : ) "si Dieu le veut". Et si tu as oublié (d'ajouter cela), invoque ton Seigneur [en disant la formule quand tu t'en souviens]. Et dis : "J'ai espoir que mon Seigneur me guidera vers ce qui est plus proche que cela en droiture."
Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, à quoi s'ajoutèrent neuf [12]. Dis : "Dieu connaît mieux combien ils (y) demeurèrent." A Lui appartient ce qui est caché dans les cieux et la terre. Comme Il est Voyant et Audient ! Ils n'ont aucun allié à part Lui. Et Il n'associe personne dans Son Commandement" (Coran 18/9-26).

[1] : C'est-à-dire que la réalisation de ce prodige est chose facile par rapport à Notre Omnipotence. En note de bas de page sur TJ (copie indienne), on lit que le verset ne veut pas dire pas que l'événement n'est pas étonnant, car il est non seulement étonnant mais même contraire à toutes les lois naturelles ; le verset veut dire que ce n'est pas le plus étonnant des Signes de Dieu (p. 241, note n° 20). Le verset signifie donc que la réalisation de ce prodige est chose facile par rapport à l'Omnipotence de Dieu et que d'ailleurs, si elle est chose étonnante pour les humains, habitués qu'ils sont aux lois que Dieu a mises en place et parmi lesquelles ils vivent, Dieu a des Signes encore plus étonnants pour eux.
[2] : Formule coranique employée pour dire "afin que Nous montrions".
[3] : "Les deux groupes" : le groupe des jeunes et celui de la cité (QQ 3/260).
[4] : Arabisme ; recours à la deuxième personne du pluriel dans la narration, quand les uns s'adressent aux autres à propos de quelque chose qui les concerne tous. En français on dirait plutôt : "Maintenant que nous nous sommes séparés d'eux ainsi que de ceux qu'ils invoquent en dehors de Dieu, réfugions-nous dans la caverne, notre Seigneur…"
[5] : "Et ainsi les réveillâmes-Nous pour qu'ils s'interrogent", et, plus haut : "Puis Nous les réveillâmes afin de savoir lequel des deux groupes" : les deux phrases ont en commun : "afin qu'ils s'aperçoivent de Notre Omnipotence" (BQ, note de bas de page).
[6] : Même remarque qu'en 4. En français on dirait plutôt : "Combien de temps sommes-nous demeurés (ici) ?"
[7] : Même observation qu'en 4 et 6. En français on dirait : "envoyons l'un d'entre nous". La remarque est valable pour tout le reste du dialogue entre les jeunes.
[8] : Le Coran ne relate ni comment ils ont été découverts, ni ce qui s'est passé après qu'ils aient été découverts ; il enchaîne avec ce que les gens décidèrent de faire près de la Caverne. Le style est, ici encore, elliptique à l'extrême. La façon dont le jeune dépêché dans la cité fut découvert est probablement celle relatée dans les textes chrétiens. Quant à ce qui survint après, deux avis existent chez les commentateurs :
– selon certains, les gens de la cité ne purent pas trouver le lieu exact de la caverne ;
– selon d'autres, les gens arrivèrent jusqu'à la caverne (ces deux avis sont visibles dans TIK 3/69) ; ensuite, soit les jeunes moururent peu après ; soit ils y demeurèrent vivants quelque temps, continuant à y adorer Dieu jusqu'à leur mort, survenue bien plus tard.
[9] : Deux façons de relier cette phrase existent chez les commentateurs :
– selon Ik'rima, repris par Ibn Kathîr : "Et ainsi fîmes-Nous les découvrir, afin qu'ils sachent que la promesse de Dieu est vérité et qu'il n'y a pas de doute dans la résurrection, puisqu'ils divergeaient entre eux [au sujet de la résurrection des corps]. Ensuite (les uns) dirent alors : "Bâtissez sur eux une maçonnerie…". Dans ce cas, le pronom personnel pluriel dans "afin qu'ils sachent" et dans "baynahum" et "amrahum" désigne "les gens qui divergeaient à propos de la résurrection des corps" ;
– selon un autre commentaire, adopté par Shâh Waliyyullâh et Abu-l-Kalâm Azâd (QQ 3/261) : "Et ainsi fîmes-Nous les découvrir, afin qu'ils sachent que la promesse de Dieu est vérité et qu'il n'y a pas de doute dans la résurrection. Lorsqu'ils divergeaient à leur sujet, (les uns) dirent alors : "Bâtissez sur eux une maçonnerie…". Dans ce cas, le pronom personnel pluriel dans "afin qu'ils sachent" désigne "les hommes en général", qui ont là un indice supplémentaire de la résurrection ; quant au pronom personnel dans "amrahum", il désigne "les jeunes".
[10] : une maçonnerie destinée à obturer l'entrée de la grotte ("ay : suddû 'alayhim bâba kahfihim wa dharûhum 'alâ halîhim" : TIK)
[11] : Dans le texte : "masjid" : il ne s'agit bien évidemment pas d'une mosquée au sens de "lieu de prière de ceux qui se réfèrent au message de Muhammad", puisque ce dernier n'était alors pas encore né ; le terme est à prendre au sens littéral. L'emploi de ce terme ici est comparable à celui du mot "qur'ân" dans le Hadîth : "Khuffifa 'alâ Dâ'wûd al-qur'ân".
[12] : Littéralement : "et ils en rajoutèrent neuf".

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Les leçons que ce récit nous communique :

Ce récit met en exergue les difficultés que, à toute époque, en certains lieux, les gens de la foi peuvent être amenés à connaître de la part de certains hommes, parmi ceux qui ne croient pas. Il montre comment ces hommes peuvent alors être sans pitié aucune et montrer une détermination sans faille à contraindre les croyants à abandonner leur foi. Le récit, révélé alors que le Prophète était encore à la Mecque, enseigne à ceux qui sont autour de lui qu'un jour ils devront eux aussi faire ce que les sept jeunes ont eu à faire : quitter leur pays pour aller, dans la vaste terre de Dieu, dans un lieu où croire en Lui et L'adorer peuvent être faits sans oppression.

L'histoire montre également que, malgré la faiblesse matérielle et sociale dans laquelle les croyants sincères se trouvent, l'aide de Dieu viendra sous une forme ou une autre, tôt ou tard, à eux ou aux générations de croyants qui les suivront et auxquelles le message sera parvenu grâce aux sacrifices de leurs prédécesseurs.

Il faut enfin retenir de cette histoire que la situation change, et si le croyant fait preuve de patience face à l'oppression que certains non croyants lui font subir à cause de sa foi, tôt ou tard un jour viendra où la situation s'améliorera et où les croyants pourront adorer Dieu sereinement ; à ce moment là, et bien que lui ne sera peut-être plus de ce monde, le croyant qui sera resté stoïque quand à son époque la situation était très difficile aura sa part de récompense auprès de Dieu, car il aura contribué à la réalisation de cette situation de sérénité, en ayant gardé et en ayant transmis aux générations suivantes la foi pendant des temps difficiles.

As-Syôhârwî écrit que ce récit met aussi en exergue le fait que les jeunes sont de tout temps plus ouverts aux nouvelles idées, à la différence des personnes d'un âge plus avancé, qui sont attachées aux traditions des pères parce que c'est ce qui a été fait jusqu'à présent, et qui, dès lors, refusent net de réfléchir sereinement et l'esprit libre aux nouveautés, quelles qu'elles soient (QQ 3/271-273). Ibn Kathîr a seulement évoqué brièvement le fait qu'ils étaient des jeunes et donc plus enclins que les anciens, attachés à la religion de leurs ancêtres, à réfléchir au monothéisme (TIK 3/66).

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7) Quelques points complémentaires :

Nous avons dit plus haut que d'après l'avis qui paraît plus pertinent, l'événement a eu lieu pendant le laps de temps compris entre Jésus et Muhammad (que Dieu les salue).

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7.1) Que signifie "Raqîm" ?

Le Coran parle de ces dormants comme étant "les gens de la Caverne et de ar-Raqîm" (Coran 18/9). Les avis sont divergents quant à la signification de ce dernier terme…

– a) "Raqîm"signifie "écrit", et désigne "la tablette de plomb sur laquelle les noms de ces jeunes avaient été écrits" (avis de Sa'ïd ibn Jubayr, cité dans TIK 3/65) ; selon cet avis, "raqîm" provient de la même racine arabe "RQM" de laquelle provient un autre terme coranique : "marqûm" (Coran 83/9, 20), qui signifie, d'après Abû 'Ubayda : "écrit" (TIK 3/65 ; FB 8/516, 6/616). C'est à cet avis que at-Tabarî et Ibn Kathîr ont donné préférence ;

– b) "Raqîm" est le nom d'un lieu ; et alors :
--- b.a) soit c'est le nom de la vallée dans laquelle la caverne se trouve (avis de Abû 'Ubayda, cité dans FB 6/616) ;
--- b.b) soit c'est le nom de la cité dans laquelle les jeunes vivaient (avis de Ka'b al-ahbâr, cité dans TIK 3/65, FB 6/616).

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7.2) Où se déroula cet événement ?

Ibn Hajar écrit : "Les récits convergent généralement pour dire que le lieu [où se trouve la caverne] était le pays des Romains" (FB 6/616). Mis à part l'avis de as-Syôhârwî, que nous verrons plus bas, de nombreux commentateurs disent en effet que l'événement eut lieu sous l'Empire romain.

– Selon un avis présent chez les ulémas, l'histoire des gens de la Caverne eut lieu à Ephèse (aujourd'hui ville de Turquie, sur la côte occidentale, près de la mer Egée) (cité dans BQ). Cet avis rejoint l'opinion chrétienne courante, qui nomme ces jeunes : "les Sept Dormants d'Ephèse".

– Cependant, d'autres avis existent également chez d'autres ulémas :
--- l'histoire s'est passée près de Ninive (TIK 3/67) ;
--- l'histoire s'est déroulée "près de Eilat" / dans la région de "Palestine" (avis de Ibn Abbâs, cité dans FB 6/616). Voisine de cette opinion est celle qui dit que l'histoire s'est passée dans al-Balqâ' (TIK 3/67) (aujourd'hui en Jordanie)…

Il faut noter que les avis a et b.a relatifs à la signification de "raqîm" peuvent se marier avec chacune de ces deux opinions quant au lieu où se déroula l'histoire.

Par contre, l'adoption de l'avis b.b (selon lequel "raqîm" était le nom de la cité où se déroula l'histoire) oriente évidemment l'opinion à choisir quant au lieu de l'histoire.

As-Syôhârwî, qui a justement donné préférence à cet avis que nous avons nommé b.b (QQ 3/243), a, logiquement, cherché à savoir quelle cité était appelée "Raqîm". Or Sulaymân an-Nadwî est d'avis que "Raqîm" était le nom arabe de la ville de Pétra (AQ p. 272). Le fait est que le nom sémitique de Pétra était "Reqem" – "la Multicolore" ou "la Bariolée" – (cliquez ici et ici) ; or ce terme paraît très proche de l'arabe "Raqîm". Cité nabatéenne (située dans l'actuelle Jordanie), Reqem fut conquise par les Romains en 106 après J.-C. Devenue Pétra, elle ne cessa alors pas d'être habitée mais devint une simple cité romaine orientale (ce n'est qu'à partir du XIIIè siècle qu'elle sera abandonnée). Se fondant sur cette recherche, as-Syôhârwî affirme que l'histoire des Sept Dormants eut lieu à Pétra (QQ 3/248-249) et non à Ephèse. Va dans le sens de cette opinion l'avis de Ibn Abbâs que nous avons déjà cité et selon lequel la caverne se trouvait dans un lieu "près de Eilat" (FB 6/616), ou dans la région de "la Palestine" (Ibid.).
Il faut noter ici que dans l'article de l'Encyclopædia of Religion and Ethics on trouve ces phrases sous le sous-chapitre relatant la "Criticism" du récit des Sept Dormants : "further, the topographical data are not accurate for Ephesus. The same applies in the main for other localizations, such as Arabissos and Palestine" (p. 430).

Comment comprendre que coexistent des avis aussi divers quant à la localisation de cette histoire ? As-Syôhârwî explique cette diversité par le fait que, dans les premiers temps qui suivirent le passage de Jésus, ceux qui adhéraient à ses enseignements étaient persécutés au point qu'il y eut de nombreux cas, situés en des lieux différents, de croyants qui durent s'enfuir dans les montagnes pour préserver leur foi tout en échappant à leurs persécuteurs (QQ 3/252, 270).

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7.3) Peut-on avoir une plus grande précision quant à l'époque de l'événement ?

En général, on dit que l'endormissement de ces jeunes eut lieu sous l'empereur romain Decius (septembre 249 - juin 251) et que leur réveil se passa sous l'empereur romain Théodose II le Jeune (408-450).

Or la mention de Decius pose problème, dans la mesure où, comme l'a dit Abu-l-Hassan Alî an-Nadwî, "Peut-être que ce qui a poussé à faire de (Decius) un des protagonistes de cette histoire est sa férocité, la persécution générale qu'il fit subir aux chrétiens, et le fait qu'il ordonnait que les fonctionnaires de l'empire sacrifient aux idoles. Cependant, ce qui fait douter de cette affirmation [que les jeunes aient décidé de s'exiler dans la caverne suite à un ordre donné personnellement par Decius] est que le règne de cet empereur est très court – il ne put exercer librement ses fonctions deux ans –, sans compter que ce laps de temps fut passé à combattre sans relâche les Goths ; c'est d'ailleurs sous leurs coups qu'il perdit la vie sur la rive du Rhin (actuelle France). Il est donc peu probable qu'il ait, en un si court règne, pu se rendre dans les cités orientales, grecques, de son vaste empire, chose que par ailleurs les ouvrages d'histoire ne relatent pas. (…)" (MIM, p. 32). On pourrait alors dire que ce ne fut pas Decius en personne qui ordonna aux jeunes de sacrifier aux idoles romaines mais un de ses préfets, et que l'exil des jeunes dans la caverne eut cependant bien lieu sous le règne de Decius. Cependant il faut noter qu'il n'y a pas trois cents ans de Decius à Théodose II. Et il est pour le moins étrange que l'article de l'Encyclopædia of Religion and Ethics suscité ait relaté d'une part que le réveil des jeunes eut lieu sous le règne de Théodose II et qu'il se produisit quelques 307 ans après leur endormissement, mais ait d'autre part situé ce dernier sous l'empereur Decius : un simple calcul montre qu'entre le début du règne de Decius et la fin de celui de Théodose, il n'y a que 200 ans, et que la relation de 307 ans n'a alors pas de sens.

Du côté du texte coranique, on lit ceci : "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, à quoi s'ajoutèrent neuf". Mais s'agit-il vraiment de la durée de leur sommeil ? En fait deux interprétations ont vu le jour chez les exégètes musulmans à propos de cette durée de 309 ans mentionnée dans le Coran...
– Pour certains commentateurs, dans ce passage coranique, Dieu a seulement voulu relater ce que des gens affirment, à savoir que les jeunes demeurèrent trois cents neuf ans dans la caverne. C'est d'ailleurs pourquoi, immédiatement après ce propos "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, à quoi s'ajoutèrent neuf", on lit : "Dis : "Dieu sait mieux combien ils (y) demeurèrent". Voyez, disent ces ulémas : Dieu a bien précisé que Lui Il sait la durée exacte de leur endormissement ("ya'nî annahû qâlahu-n-nâss" : TIK 'an Qatâda - "Law kânû labithû kadhâlika, lam yaqul-illâhu : "Qul-illâhu a'lamu bi mâ labithû" ; wa lakinnahû hakâ maqâlat al-qawm" : Fat'h ul-qadîr citant Ibn Abî Hâtim et Ibn Mardawayh 'an Ibn Abbâs). D'ailleurs, ajoutent ces ulémas, dans une variante de récitation relatée de Ibn Mas'ûd – qui n'a certes pas pu être incluse dans les copies uthmaniennes –, on lit : "Wa qâlû wa labithû..." : "Et ils ont dit : "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, et en rajoutèrent neuf"") (cité dans TIK, 3/71). Voyez : cette variante spécifie qu'il s'agit d'une durée relatée par des hommes.
– D'autres commentateurs tels que at-Tabarî, Ibn Kathîr, al-Alûssî et ar-Râzî affirment, eux, que dans ce passage, Dieu relate bel et bien de Sa part même que les gens de la caverne demeurèrent endormis pendant trois cent neuf ans. La mention "Dieu sait mieux combien ils (y) demeurèrent", disent-ils, n'a pas pour objectif de contredire la durée mais de rappeler que Dieu sait mieux toute chose. Pour ce qui est de la variante de Ibn Mas'ûd, la chaîne de narration est interrompue (munqati') entre celui-ci et ceux qui l'ont relatée (TIK 3/71). Ibn Kathîr est d'avis que dans le verset "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, à quoi s'ajoutèrent neuf", les trois cents ans sont les années solaires, les neuf autres constituant à le nombre global d'années lunaires s'écoulant pendant une telle période. Et il a trouvé là un autre indice allant dans le sens de se second avis : les chrétiens ne mentionnent pas la différence entre calendriers lunaire et solaire ; le fait que cette différence ait été relevée indique bien que c'est Dieu qui mentionne la durée (TIK 3/71).
As-Syôhârwî et Jamâl ud-dîn al-Qâssimî ont retenu le premier de ces deux avis : Dieu n'a fait ici que relater ce que les gens disent, sans l'approuver (QQ 3/264). As-Syôhârwî n'est pas convaincu par l'explication de Ibn Kathîr fondée sur la mention de la différence de calendriers ; il écrit qu'il n'est pas formel que dans le verset "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, à quoi s'ajoutèrent neuf", la mention séparée des neuf ans ait comme objectif de différencier les deux calendriers (Ibid.) ; il se peut aussi qu'il ne s'agisse que d'une durée de 309 ans, la mention de "à quoi s'ajoutèrent neuf" ayant pour seul objectif l'obtention de la même assonance en "an" que les extrémités des versets précédents, ce qui n'aurait pas été possible avec, en arabe, d'un seul jet : "Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cent neuf ans".
Par contre, Abu-l-Hassan 'Alî an-Nadwî a pour sa part donné préférence au second de ces deux avis : la durée de leur sommeil est bien de 300 années, auxquelles s'ajoutèrent 9 (MIM, pp. 34-35).

Dès lors…
--- Jamâl ud-dîn al-Qâssimî (qui a retenu le premier des deux avis), affirme que l'endormissement des jeunes peut bien avoir eu lieu sous Decius, et leur réveil sous Théodose II [Vè siècle]. Le laps de temps de seulement deux siècles séparant ces deux empereurs ne contredit aucun texte de nos sources (puisque selon le premier avis, le texte coranique ne fait que relater ce que certaines personnes disaient quant à la durée de leur sommeil, sans approuver ni désapprouver cela) (cité dans MIM p. 29, note de bas de page).
--- As-Syôhârwî (qui a lui aussi retenu le premier des deux avis) ne s'est pas prononcé de façon précise quant aux dates de l'endormissement et du réveil. Il propose seulement que l'exil des jeunes et leur endormissement aient eu lieu avant la conquête de Pétra par Rome, donc avant l'an 106 (soit bien avant Decius) (cf. QQ 3/250). Quant au réveil, il semble être d'avis qu'il eut lieu avant Théodose II [Vè siècle], puisqu'il approuve le propos de Ibn Abbâs selon lequel il se déroula plus de 300 ans avant l'époque des premiers califes musulmans [qui régnèrent au VIIè siècle], ce qui donne soit le IVè, si ce n'est le IIIè siècle (QQ 3/267).
--- Abu-l-Hassan 'Alî an-Nadwî (qui a retenu pour sa part le second avis, selon lequel les jeunes ont bien dormi 309 ans) affirme que si l'empereur du réveil a été Théodose II, celui de l'endormissement ne peut pas avoir été Decius : an-Nadwî propose le nom de Hadrien (empereur romain qui a régné de l'an 117 à l'an 138). Il précise qu'il n'est pas nécessaire que l'empereur soit personnellement passé dans la cité où les jeunes habitaient et que ce soit lui-même qui les ait contraints à sacrifier aux idoles. Il se peut très bien que ce soit un roitelet local, un préfet, un gouverneur ou le conseil de la cité, qui ait été l'auteur de la contrainte. Cependant, l'événement s'est, lui, bien produit sous le règne d'Hadrien (MIM, pp. 30-31).

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7.4) Combien étaient ces jeunes hommes ?

Dieu dit dans le Coran : "سَيَقُولُونَ ثَلَاثَةٌ رَّابِعُهُمْ كَلْبُهُمْ وَيَقُولُونَ خَمْسَةٌ سَادِسُهُمْ كَلْبُهُمْ رَجْمًا بِالْغَيْبِ وَيَقُولُونَ سَبْعَةٌ وَثَامِنُهُمْ كَلْبُهُمْ قُل رَّبِّي أَعْلَمُ بِعِدَّتِهِم مَّا يَعْلَمُهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ فَلَا تُمَارِ فِيهِمْ إِلَّا مِرَاء ظَاهِرًا وَلَا تَسْتَفْتِ فِيهِم مِّنْهُمْ أَحَدًا" : "Ils vont dire : "Ils étaient trois, plus un chien." Et ils vont dire : "Ils étaient cinq, plus un chien." Conjecture à propos de ce qui n'est pas connu ! Et ils vont dire : "Ils étaient sept, plus un chien." Dis : "Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n'en est que peu qui le connaissent." Ne discute à leur sujet que d'une discussion sommaire. Et ne consulte à leur sujet aucun d'eux" (18/22). C'est au sujet du nombre des gens de la Caverne qu'il ne faut consulter personne parmi ces gens : le verset dit que cela est inutile puisqu'ils n'ont aucun moyen de savoir. N'ayant pas les moyens de le découvrir, les gens ne cesseront d'avoir des avis divergents sur le sujet. Le mieux, enseigne le verset, est donc de se concentrer sur les leçons du récit.

Certains ulémas pensent néanmoins que Dieu n'a pas voulu dire qu'il était impossible ou interdit ou complètement inutile d'accéder à cette connaissance mais seulement que la connaissance de leur nombre réel n'est pas la priorité. Et en fait Il a indiqué de façon subtile quel avis était correct : il a cité deux premiers avis et les a fait suivre d'un "Conjecture à propos de ce qui n'est pas connu !" ; par contre Il n'a pas dit cela après avoir cité un troisième avis. C'est un indice de sa véracité (cf. TIK 3/70, 1/7). De Ibn Abbâs il est relaté qu'ils étaient 7 (TIK 3/70), mais aussi qu'ils étaient 8 (Ibid.).

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 De quel type de chrétiens s'agissait-il ?

Le Coran décrit les Gens de la Caverne ainsi : "إِنَّهُمْ فِتْيَةٌ آمَنُوا بِرَبِّهِمْ وَزِدْنَاهُمْ هُدًى" : "C'étaient des jeunes hommes qui avaient apporté foi en Dieu, et Nous les avons augmentés en guidance". A lire cette formule, toute personne habituée aux formules coraniques sait que Dieu veut dire par là que ces jeunes étaient de purs monothéistes. Ils étaient donc des hommes qui croyaient que Jésus avait été envoyé par Dieu mais non pas qu'il était Dieu incarné.
Par ailleurs on remarque qu'ils étaient soucieux de ne pas consommer n'importe quelle nourriture, au point de rappeler de ne ramener de la cité que "la nourriture la plus pure" : peut-être voulaient-ils dire qu'il s'agissait de s'abstenir de la chair de tout animal égorgé au nom d'une idole ; ou peut-être voulaient-ils dire qu'il s'agissait de vérifier que l'animal avait bien été saigné selon le rituel mosaïque, d'où il ressortirait qu'ils étaient fidèles au judéo-christianisme et même pas au christianisme paulinien sans la divinisation de Jésus…
D'ailleurs si on retient l'avis de an-Nadwî, selon lequel leur endormissement a eu lieu au début du second siècle de l'ère chrétienne, sous Hadrien, cela constitue un indice allant dans le même sens : à partir de Nicée (325), la croyance en la divinité de Jésus sera imposée par l'empereur et, bien qu'il restera quelques petites communautés n'y souscrivant pas, elles constitueront plus l'exception que la règle ; avant cela, par contre, les deux types de croyances existaient…

Et les gens de la cité à l'époque du réveil, à quel courant du christianisme adhéraient-ils ? On note que le Coran ne dit rien au sujet de leurs croyances si ce n'est qu'ils divergeaient au sujet de la résurrection des corps (et encore, cela uniquement d'après un des deux commentaires, que nous avons cité plus haut). S'il était avéré – conformément à l'opinion de an-Nadwî, et contrairement à celle de as-Syôhârwî –, que le réveil des Gens de la Caverne eut lieu sous Théodose II, alors il est possible que les gens de la cité de la période du réveil aient été des chrétiens ayant adopté la croyance du concile de Nicée et / ou de Chalcédoine. En tous cas, le Coran dit que ceux d'entre eux dont l'avis l'emporta décidèrent de bâtir un lieu de prière sur le site.

Deux questions se posent ici…

La première est : Dieu approuve-t-il que l'on choisisse la proximité dune tombe pour y bâtir un lieu de prière et y effectuer des prières à Dieu ? Ibn Kathîr souligne que Dieu a seulement relaté ce qu'ils décidèrent de faire, sans dire s'Il l'approuvait ou non ; or le Messager de Dieu a, lui, affirmé que Dieu n'approuve pas un tel acte (il a relaté l'éloignement par rapport à la bonté divine de ceux qui ont pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de prosternation - "ittakhâdhu qubûra anbiyâ'ïhim massâjida"), les termes qu'il a utilisés montrant que cela n'était pas spécifique à sa Communauté (TIK 3/69). Al-Alûssî a lui aussi écrit que Dieu a seulement relaté ce qu'ils ont décidé de faire, sans dire s'Il l'approuvait ou non (Rûh ul-ma'ânî, cité dans MIM p. 69, note de bas de page).

Un second point : S'il est avéré que les gens de la cité étaient des chrétiens "nicéens", il est alors certain que dans leurs lieux de prière ils adressaient des invocations tantôt à Dieu et tantôt à Marie, voire à des saints ; si cela était avéré, la question qui se pose alors serait : pourquoi Dieu a-t-Il quand même décrit l'édifice qu'ils décidèrent de bâtir comme étant "un lieu de prosternation" ?
La réponse est que Dieu n'a fait que relater ce que ces gens ont dit : ils nommaient, eux, un tel lieu, un "lieu de prières et de prosternation" ; quant à savoir si auprès de Lui cela l'est réellement, Dieu n'en a rien dit dans ce verset ; il faut d'ailleurs savoir qu'un des deux avis relaté par at-Tabarî est que les gens qui tinrent ce propos n'étaient pas monothéistes (TIK 3/69). Il faut noter par ailleurs que dans un tel lieu, les chrétiens "post-nicéens" invoquent parfois Dieu, même si d'autres fois ils invoquent aussi d'autres que Lui : or, si Dieu n'aime pas que des invocations soient adressées à d'autres que Lui – elles constituent d'ailleurs des actes de kufr akbar –, Il aime que des invocations Lui soient adressées. La présence de ces dernières n'est pas suffisante pour qu'il n'y ait plus un cas de kufr akbar, puisqu'elles côtoient des invocations adressées à autre que Lui ; cependant Dieu aime la partie des invocations qui Lui est adressée. C'est ce que Adh-Dhahhâk exprimait ainsi : "Innallâha yuhibbu an yudhkara-s'muhû, wa in kâna yushraku bih" ; Ibn Taymiyya explique cette phrase ainsi : "Ya'nî anna-l-mushrik bihî khayrun min al-mu'attil il-jâhid, alladhî lâ yadhkuru-s'mallâhi bi hâl" (JS 1/240). Ceci explique le verset suivant : "Et Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d'autres, des monastères, des églises, des synagogues et des mosquées, où le Nom de Dieu est souvent invoqué, seraient détruites" (Coran 22/40, d'après le commentaire selon lequel, d'une part, la proposition "où le Nom de Dieu est souvent invoqué" est subordonnée à tous les noms précédents, et donc également aux trois premierx lieux mentionnés (TJ) et, d'autre part, la venue de Muhammad a déjà eu lieu – "ba'da-n-naskh wa-t-tabdîl" : JS 1/239 – ). Ce que nous avons dit explique également pourquoi, lorsqu'ils étaient encore à la Mecque et que la guerre faisait rage en Asie Mineure entre les Byzantins de Héraclius et les Perses de Khosrô II Parwîz, le Prophète (sur lui la paix) et ses Compagnons souhaitaient la victoire des Byzantins chrétiens – pourtant trinitaires – sur les Perses adorateurs de feu, alors que les idolâtres mecquois souhaitaient exactement l'inverse ; Ibn Abbâs précise que cela était dû au fait que les Perses étaient, comme les Mecquois, polythéistes, alors que les Byzantins étaient des gens attachés à une Ecriture céleste, comme les Musulmans (at-Tirmidhî, 3193, 3194) : même si leur monothéisme était alors mélangé à une dose de polythéisme, les Byzantins étaient plus proches de la vérité religieuse que les Perses. Ceci explique encore, dans le passage suivant, la phrase que nous soulignons en gras : "Et lorsqu'ils [= les idolâtres mecquois] dirent : "O Dieu, si cela est la vérité venant de Toi, fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel ou fais venir un châtiment douloureux." Et Dieu n'est pas à les châtier [d'un châtiment terrestre de destruction complète] alors que tu te trouves parmi eux. Et Dieu n'est pas à les châtier [d'un châtiment terrestre de destruction complète] alors qu'ils (Lui) demandent pardon. Pourtant, qu'auraient-ils à ce que Dieu ne les châtie pas alors qu'ils empêchent [les croyants de se rendre] à la Mosquée Sacrée, alors qu'ils ne sont pas ceux qui méritent de la (gérer) ; ceux qui méritent de la gérer sont les pieux. Mais la plupart d'entre eux ne savent pas" (Coran 8/32-34) : Ibn Abbâs relate que les Mecquois polythéistes avaient l'habitude de demander pardon à Dieu pendant qu'ils faisaient la circumambulation de la Kaaba (Lubâb un-nuqûl, 'an Abî Hâtim) ; cela ne suffisait pas à les faire sortir du polythéisme et à leur faire bénéficier du pardon de Dieu à propos de leur idolâtrie, puisque, simultanément à cette demande de pardon à Dieu, ils adoraient toujours des idoles ; cependant, Dieu souligne ici que cette demande de pardon qu'ils Lui adressaient malgré tout leur apportait comme bénéfice qu'Il ne les&

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L’intelligence émotionnelle

Added 24/8/2015

 
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