"> Une histoire, une moralité - Al-Khawarizmî: Celui qui a donné son n - Musulman et fier de l\'être
 

Al-Khawarizmî: Celui qui a donné son nom à l’algorithmie

Added 12/12/2010

Abû cAbdullah, Muhammad Ibn Mûsâ Al-Khawarizmîest né à Khawarizm (Kheva), au sud de la mer d’Aral, dansl’actuel Ouzbékistan (pays musulman pendant un millénairejusqu’à la colonisation par les Russes en 1873). Ses parents ontmigré au sud de Baghdâd quand il était enfant. Les datesexactes de sa naissance et mort ne sont pas connues mais d’aprèscertains de ses écrits, on situe sa naissance dans la période813-833 et sa mort aux environs de l’année 840 ( 27 ans !).

Il est particulièrement connu pour son invention du concept d’Algorithme. Il s’intéressa principalement aux mathématiques mais il consacra aussi une partie de son temps à l’astronomie et à la géographie, sans parler de la poésie. Al Khawarizmi est certainement un des plus grands mathématiciens de l’histoire humaine en ce sens qu’il fonda plusieurs branches des mathématiques. Non seulement il élabora l’aspect systématique de la discipline (avec introduction de l’ «  inconnu », « chose », « chay » en arabe, ce qui est probablement devenu xay puis x) mais donna aussi les solutions générales des équations linéaires (Ier degré) et quadratique (2nd degré).Le nom « algèbre » vient de son célèbre livre Al-Jabr wal-Muqâbalah. Il fit une synthèse des connaissances grecques et hindoues en arithmétique et y apporta sa contribution ensuite.

Par exemple, il explique l’usage du chiffre 0, un chiffre d’importance fondamentale pour la suite. Au-delà de son utilisation du système numérique indien, il développa plusieurs procédés d’arithmétique, incluant des opérations ou des fractions par exemple.C’est à travers ces travaux que le système décimale a été introduit d’abord chez les Arabes et plus tard en Europe. En plus de cela, il développa en détail des tables trigonométriques (avec entre autres la fonction sinus). En géométrie, il raffina la représentation géométrique des sections coniques. Son développement du calcul d’erreurs l’amena au concept de différenciation (plus tard repris et développé par Newton). Ses ouvrages d’arithmétique firent autorité au niveau universitaire juqu’au 16eme siècle.En astronomie on lui doit un recueil de tables astronomiques.En géographie, il reprit les travaux de Ptolémée et les corrigea en détail. 70 géographes ont travaillé sous sa responsabilité pour la réalisation de la 1ère carte du monde (connu), vers 830. On rapporte aussi qu’il procéda, à la demande du Calife Ma’mûn Ar-Rashid, à des mesures visant à accéder aux valeurs du volume et de la circonférence terrestre.Tous ces ouvrages, que ce soit en mathématique, géographie ou astronomie ont été traduits. La réputation de ce savant encore trop mal connu a traversé les siècles.

Quelques références

En Mathématiques :

  • Al Jabr wal Muqâbalah
  • Kitâb Al-Jamc wat-Tafrîq bil-Hisab Al-Hindî

En Géographie : Kitâb Sûrat Al-Ard (Le Livre de la morphologie de la Terre)

Astronomie : Kitâb Al-Rukhmat

 

 

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Les trois ministres du roi

Added 10/12/2010

Les 3 Ministres du roi:
Une belle et extraordinaire histoire.
Un jour le roi convoqua ses trois ministres et demanda à chacun de prendre un sac et d'aller le remplir des fruits et cultures du jardin du château et il leur demanda de ne pas demander d'aide ni de déléguer cette mission à autrui. Les ministres s'étonnèrent d'une telle mission mais s'exécutèrent.
Le premier d'entre eux tenait à gagner la "bénédiction" du roi et remplit son sac de tous et des meilleurs fruits et cultures.

Le deuxième ministre était convaincu que le roi se fichait de ces cultures et n'en avait pas besoin et se contenta de remplir nonchalamment son sac en y mettant les mûres et les pas mûres.
Enfin, le troisième ministre s'est dit que le roi n'allait même pas vérifier le contenu du sac et se contenta de le remplir avec des brindilles et des feuilles d'arbres.
Le lendemain le roi convoqua les trois ministres accompagnés de leurs sacs. Une fois réunis, le roi ordonna à ses soldats d'emprisonner ses trois ministres chacun à part avec son sac pendant trois mois dans un endroit où personne ne peut accéder et qu'on leur interdise l'eau et la nourriture.
Le premier ministre mangea les fruits qu'il a récoltés jusqu'à ce qu'il finisse sa peine.

Le deuxième ministre vécut les trois mois dans la gène et le manque ne se nourrissant que des quelques cultures et fruits mangeables qu'il avait récoltés.
Enfin, le troisième ministre mourut de faim avant la fin de sa peine.
Maintenant poses-toi la question:
À quel ministre ressembles-tu ?
Maintenant que tu es dans le jardin de la vie ! Tu as la liberté de récolter des bonnes oeuvres ou des mauvaises.
Mais, demain, quand Le Roi des rois ordonnera qu'on t'emprisonne seul dans cette prison sombre et étroite qu'est ta tombe, ne crois-tu pas que ça ne sera que tes bonnes oeuvres faites dans la vie ici-bas qui te seront vraiment utiles ?
Résumé
: Aujourd'hui est le premier jour de ce qui reste de ta vie. Dorénavant, veille à faire de bonnes oeuvres sur terre afin d'en récolter les bénéfices dans l'au-delà. Parce que le regret ne servira à rien là-bas..
Fais suivre et ça sera ta première bonne oeuvre.


 



 
 
 
 

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Les femmes orientales les plus admirables de tous les temps

Added 6/12/2010

Art et culture - Firdaous.com Les femmes orientales ont marqué leur présence depuis la nuit des temps par le sérieux, l'habileté et le savoir vivre. Elles ont beaucoup donné et méritent d’être gravées dans la mémoire des peuples.

La tâche de sélectionner dix parmi toutes ces perles est lourde. Que les autres nous pardonnent et partagent avec nous l’hommage des femmes arabes et orientales de marque qui méritent d’être nommées les éternelles.

« Assia » bint Mozahim Obaid Adayane, épouse de Pharaon était l’une de ces perles. Après avoir aperçu le berceau du petit Moussa, elle a insista auprès de Pharaon pour l’adopter ; et elle réussi à le convaincre. Assia, pour Moussa, était presque comme sa mère biologique. Elle l’aimait, le protégeait et le gâtait. Des années plus tard, après avoir été informée des révélations de Moussa (qui devenait le messager de dieu) elle se mis à craindre l’injustice de Pharaon contre Moussa. Malgré l’orgueil, l’injustice et la cruauté de Pharaon, Assia a soutenu Moussa par tous les moyens.

« Sarah », la belle épouse du prophète Abraham, représente aussi l’une des perles orientales. Ce couple était originaire de l’Iraq. Ils s'installèrent en Palestine, mais ensuite ils furent obligés de quitter le pays pour l’Egypte afin de transmettre le message de Dieu.
A l’époque, l’Égypte était régie par un homme appelé An-Noumroud dont une des prédilections était de sélectionner les plus belles femmes pour en faire ses concubines. Les servants d’An-Noumroud lui parlèrent de la beauté remarquable de Sarah, et donc il décida de convoquer Abraham afin de s’informer de la nature de la relation entre lui et Sarah. Abraham, ayant confiance en dieu, lui dit qu’elle était sa soeur (car pour lui, avant qu’elle soit son épouse, elle est sa soeur de religion).
An-Noumroud demanda alors à Abraham de lui envoyer Sarah. Ce dernier s'exécuta, tout en recommandant à Sarah de faire confiance à la puissance divine. Mais dès que An-Noumroud eu envie de la toucher, sa main se paralysa et il s'endormit d'un sommeil durant lequel il comprit qu’il était injuste avec le couple. Dés son réveil il ordonna à Sarah de rejoindre son mari.

« Hajer », la servante offerte à Sarah, et la deuxième épouse d’Abraham était aussi une femme exemplaire (Sarah était une femme stérile et donc elle demanda à Abraham d’épouser Hajer pour ne pas le priver d'enfants).
Abraham, obeissant aux ordres de Dieu, quitta l’Égypte avec sa femmes Hajer et leur fils nouveau né Ismail pour un désert aride où il n’y avait absolument rien. Ni eau ni verdure : c’était l'emplacement de la Mecque actuelle. Abraham fut contraint de les quitter et de les laisser seuls, tout en plaçant sa confiance en Dieu. Ismail et Hajer avaient soifs, et Ismail ne cessait de pleurer. Toutefois, Hajer, confiante en Dieu, ne cessa d'aller et venir (en arabe : Assafa wal Marwa) dans le but de trouver de l'aide ; et là, une source éclata : la source d’eau « Zemzem » . Hajer est tout simplement un modèle de la patience dans un endroit très difficile.

« Marie la vierge », la mère de Issa (Jésus) était la fille d’une adoratrice dévote et d'un père nommé Imran, qui guidait les prières des fils d’Israël. La mère de Marie resta stérile pour longtemps, mais elle ne perdit l’espoir et ne cessa de prier Dieu pour lui donner un enfant ; et elle finit par donner vie à Meriam (Marie). Le miracle de Mariam est qu’elle donna un enfant sans être touchée par un homme, tout en étant vierge. Cet enfant était le prophète Jésus (Issa). Hors, malgré les accusations de prostitution contre elle, Marie resta patiente.

Dés son enfance, « Aicha », la fille de Abou Bakr et l’épouse du prophète Mohamad (saws), était très curieuse de son entourage, elle était passionnée par le savoir ; et au sein de sa vie conjugale avec le prophète Mohamed (saws), elle n’a pas cesser d’élargir ses connaissances surtout en ce qui concerne la jurisprudence et le fikh. C’est pourquoi ses dires sont d’une grande crédibilité et sont de nos jours sont étudiés dans les mémoires de fin d’études, car considérés comme authentiques.
Les gens, et surtout les femmes, faisaient souvent appel à Aicha pour des question féminines. Aicha s’est occupée d’enseigner et le Coran et la Sunna aux femmes surtout après le décès du prophète (saws). Elle a tracé son nom en or par toutes ses qualités ; et ce malgré sa jalousie qui était surveillée et corrigée par le prophète.

« Khadîdja », première épouse du prophète, appelée la mère des croyants ou la pure, est aussi une femme de marque. Grâce à elle, Mohamed (saws) est devenu le père de quatre filles (Rokaya, Oum Koulthoum, Fatima et Zayneb).
Khadîdja était une femme très riche à l’époque. Par amour pour le prophète, elle l’épousa et lui a confia son commerce sans aucune crainte, car elle savait très bien qu’il était digne de confiance. Khadîdja (qu’Allah soit satisfait d’elle) a réellement soutenu le prophète. Elle était une épouse aimante selon plusieurs hadiths (dires du prophète), de même que confidente et amie. Sa réputation parmi son peuple a beaucoup aidé le prophète dans sa mission.

« Fatima Zohra », la fille du prophète Mohamed et de Khadîdja, et sa fille préférée. Elle a participé avec lui à la libération de la Mecque. Elle était courageuse et grande guerrière, non pas par amour de la violence, mais pour faire régner la justice. Et puisque Fatima était très proche de son père, elle fut la première à savoir qu’il allait mourir. Elle pleura à ce moment, mais dés qu’elle su qu’elle serait la première de sa famille à le rejoindre, elle sourit parce qu’elle aimait son père qui était son modèle. Malgré qu’elle ait passé sa vie entre les grossesses et l’éducation de ses enfants elle a toujours bien su donner sa part à la religion de l’Islam, et surtout en matière d’éducation des enfants.

« Rabiah Al Adawiyya » est une autre femme qui a marqué son nom dans l’histoire des braves. Elle naquit a Bassora en Iraq d’un père dévoué à Dieu, qui la laissa à un age très bas et qui fut succédé quelques mois après par sa mère. Rabiah avait trois sœurs, mais après le décès de leurs parents, elles se quittèrent et chacune prit son chemin. Rabiah fut vendue par un bandit à un commerçant très dur, avec lui elle souffrait le martyre. Son seul asile était la prière pour Dieu, car elle était très croyante. Toutefois, après que son maître l'aperçut une nuit en train de prier pendant qu'une lumière sans source l'éclairait, il lui annonça au matin qu’elle était libre. Rabiah décida alors de rester sous les toits des mosquées. Elle refusa tous les hommes qui lui demandèrent sa main rien que pour offrir tout son amour à Dieu.


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Ja`far Ibn Abî Tâlib

Added 6/12/2010

Malgré le rang noble qu’il occupait parmi les Qurayshites, Abû Tâlib, un oncle du Prophète — paix et bénédictions sur lui — était assez pauvre. Il avait une grande famille et pas assez de moyens pour subvenir à leurs besoins. Déjà accablé par la misère, sa situation empira lorsque une terrible sécheresse s’abattit sur la péninsule d’Arabie. La sécheresse détruisit la végétation et le bétail, et on dit même que la population fut contrainte à manger des os dans sa lutte pour survivre.

Ce fut pendant cette période de sécheresse, avant qu’il ne fut élu pour recevoir la révélation que Mohammad — paix et bénédictions sur lui — dit à son oncle Al-`Abbâs : "Ton frère Abû Tâlib à une famille nombreuse. Comme tu le vois les gens ont été affligés par la terrible sécheresse et souffrent de la famine. Allons trouver Abû Tâlib afin de le soulager un peu des charges de sa famille. Je prendrai un de ses fils et tu pourras en prendre un autre, et nous prendrons soin d’eux". "Ce que tu suggères est certainement sage et louable", répondit Al-`Abbâs, et ils s’en allèrent ensemble trouver Abû Tâlib et lui dirent : " Nous voulons te soulager du fardeau que représente ta famille jusqu’à ce que cette période difficile se soit dissipée".

Abû Tâlib acquiesca et dit : " Permettez -moi de garder `Aqîl — un de ses fils qui était plus âgé que `Ali — vous pourrez ensuite faire comme bon vous semble". Ce fut ainsi que Mohammad — paix et bénédictions sur lui — prit `Ali — que Dieu l’agrée — sous sa tutelle, tandis qu’Al-`Abbâs — que Dieu l’agrée — se chargeait de Ja`far — que Dieu l’agrée —. Ja`far ressemblait beaucoup au Prophète — paix et bénédictions sur lui —. On dit que de la tribu des Hashimites, il y avait cinq hommes qui ressemblaient tellement au Prophète, qu’ils étaient souvent confondus. Il s’agit de : Abû Sufyân Ibn Al-Hârith et Qoutham Ibn Al-`Abbâs, ses deux cousins, As-Saib Ibn `Ubayd — grand-père de l’Imam Ash-Shâfi`î — Al-Hasan Ibn `Ali, petit-fils du Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui lui ressemblait le plus, et Ja`far Ibn Abî Tâlib.

Ja`far — que Dieu l’agrée — demeura chez son oncle Al-`Abbâs jusqu’a ce qu’il devint un jeune homme. Puis il épousa Asmâ Bint Umays, une des sœurs de Maymûna (paix sur elle) qui devait plus tard devenir une des épouses du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Après son mariage, il quitta la maison d’Al-`Abbâs — que Dieu l’agrée —. Lui et son épouse furent parmi les premiers à embrasser l’Islam. Il devint Musulman par l’entremise de Abû Bakr As-Siddîq, qu’Allah l’agrée.

Le jeune Ja`far et son épouse étaient de fidèles adorateurs de Dieu, dévoués à l’islam. Ils endurèrent les terribles traitements et la persécution de Quraysh avec patience et persistance car ils savaient tous deux que le chemin de paradis était jonché d’épines et parsemé de douleurs et d’épreuves. Les Qurayshites leur rendirent la vie impossible à tous deux ainsi qu’à leurs frères en Religion. Ils tentèrent de les empêcher de respecter et d’accomplir les devoirs et rites de l’Islam. Ils les privèrent de goûter au bonheur d’adorer Allah en paix. Les Qurayshites les assaillirent de toute part et avaient sérieusement restreint leur liberté de mouvement.

Finalement, Ja`far alla trouver le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et demanda la permission d’accomplir la hijra (émigration) vers la terre d’Abyssinie, pour lui et un petit groupe de compagnons — que Dieu les agrée — y compris son épouse. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui accorda sa permission avec beaucoup de tristesse. Il lui était pénible que ces âmes si pures et si vertueuses fussent oligées de quitter leurs demeures, ces lieux et décors si familiers, ainsi que les souvenirs d’enfance et de jeunesse, tellement chers à leurs cœurs. Cela non pas pour avoir commis un délit quelconque, mais seulement pour avoir dit : "Notre Seigneur est Un. Allah est Notre Seigneur".

Le groupe des émigrés quitta La Mecque à destination de la terre d’Abyssinie avec a leur tête Ja`far Ibn Abî Tâlib. Ils s’installèrent bientôt en cette nouvelle terre, sous la protection et les auspices du Negus, souverain juste et sage d’Abyssinie. Pour la première fois depuis qu’ils avaient embrassé l’Islam , ils purent savourer le goût de la liberté et de la sécurité, et appprécier le bonheur d’adorer Allah en tout quietude. Lorsque Quraysh apprit que le petit groupe de Musulmans avaient émigré et qu’ils menaient une vie paisible sous la protection du Negus, ils organisèrent leur extradition et leur retour vers la grande prison qu’était devenu La Mecque. Ils désignèrent `Amr Ibn Al-`Âs et `Abd Allâh Ibn Abî Rabî`ah , deux figures des plus imposantes de leur tribu pour mener à bien cette mission. Les deux hommes étaient chargés de présents rares et de grande valeur, à l’attention du Negus et de ses évêques. En Abyssinie, les deux émissaires de Quraysh remirent d’abord leurs présents aux évêques et dirent à chacun d’entre eux : "Il y a des jeunes personnes malveillantes qui vont et viennent en toute liberté sur les terres du Roi. Ils ont attaqué la religion de leurs ancêtres et ont causé la division au sein de leur peuple. Lorsque nous parlerons d’eux au Roi, conseillez-lui de nous les livrer sans qu’il ne les interroge sur leur religion. Les nobles chefs de leur tribu les connaissent bien et sont mieux informés sur leurs croyances".

Les évêques acceptèrent. `Amr et `Abd Allâh allèrent ensuite trouver le Negus et lui offrirent des présents qui le remplirent d’admiration. Ils lui dirent : "Ô Roi, un groupe de personnes maléfiques parmi nos jeunes se sont enfuis vers votre royaume. Ils pratiquent une religion que ni vous, ni nous-mêmes ne connaissons. Ils ont renié notre religion et n’ont pas embrassé la vôtre. Les nobles dirigeants de leur peuple — parmi lesquels leurs propres parents et oncles, de leur tribu — nous ont envoyés vers vous afin de solliciter leur extradition. Ils sont mieux informés du mal qu’ils ont cause. Le Negus regarda en direction de ses évêques qui dirent : " Ils disent vrai, Ô Roi. Leur peuple les connait bien mieux et sait ce qu’ils ont fait. Renvoyez-les pour qu’ils soient jugés par les leurs".

Le Negus fut plutôt irrité par cette suggestion et dit : " Non. Par Dieu, je ne les livrerai à personne, pas avant de les avoir moi-même interrogés à propos de ce dont on les accuse. Si ces deux hommes disent vrai, alors je vous les livrerai. Si par contre ce n’était pas le cas, alors je les protegerai aussi longtemps qu’ils désirent demeurer sous ma protection".

Le Negus convoqua les Musulmans. Avant de le rencontrer, ceux-ci se concertèrent et décidèrent que seul Ja`far Ibn Abî Tâlib était habilité à parler en leur nom. À la cour du Negus, les évêques étaient assis à sa gauche, vêtus de surplis verts et de couvre-chefs impressionnants. Les émissaires Qurayshites étaient également assis lorsque les Musulmans y firent leur entrée et y prirent place. Le Negus se tournant vers eux , leur demanda : "Quelle est cette religion que vous avez adoptée et qui vous a conduit à renoncer a la religion de votre peuple ? Vous n’avez pas non plus embrassé ma religion ni celle d’aucune autre communauté".

Ja`far Ibn Abî Tâlib s’avanca alors, et fit un discours émouvant et éloquent, toujours considéré comme étant l’une des plus brillantes définitions de l’Islam, de l’appel du Noble Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et la situation de la société Mecquoise en cette époque. Il dit : " Ô Roi, nous étions un peuple vivant dans l’ignorance et l’immoralité, adorant des idôles et mangeant la chair des cadvres d’animaux, commettant toutes sortes d’atrocités et de pratiques honteuses, brisant les liens de parenté, manquant aux règles de l’hospitalité, le plus fort d’entre nous exploitant le plus faible... Nous demeurâmes en l’état jusqu’au jour où Allah — Exalté Soit-Il — nous envoya un Prophète de notre peuple dont la lignée, la sincerité, le respect du depôt et l’integrité étaient connus de nous tous. Il nous appela à adorer d’Allah, l’Unique et à abjurer les pierres et les idôles que nos ancêtres et nous-mêmes adorions, en dehors d’Allah. Il nous a enjoint de dire la vérité, d’honorer notre parole, d’être aimables envers nos proches, d’aider nos voisins, de cesser tout acte illicite, de s’abstenir de verser le sang, d’éviter l’indécence et le faux temoignage, de ne pas s’approprier les biens des orphelins ni de calomnier les femmes honnêtes. Il nous a ordonné d’adorer Allah seul, sans rien lui associer, d’accomplir la Salât (prière), de s’acquitter de la Zakât (aumône légale) et de jeûner le mois de Ramadan. Nous avons cru en lui et au message d’Allah qu’il nous a apporté, nous observons tout ce qu’il nous demande de faire, et rejetons ce qu’il nous a interdit de commettre. Suite à cela , Ô Roi, notre peuple nous a attaqué et infligé le plus sévères des châtiments afin de nous faire renoncer à notre religion et nous ramener aux anciennes pratiques immorales et à l’adoration des idôles. Ils nous ont opprimés et rendu notre vie impossible, et nous ont empeché d’appliquer notre Religion. C’est alors que nous sommes venus dans votre pays, et que nous vous avons choisi parmi tant d’autres, avec le désir de gagner votre protection et dans l’espoir de vivre dans la justice et la paix, parmi vous".

Le Negus fut impressionné par ce discours et voulut en savoir plus. Il demanda à Ja`far — que Dieu l’agrée — : "Auriez- vous quelque chose que votre Prophète vous a apporte concernant Dieu ?". "Oui," répondit Ja`far. " Alors lisez-le pour moi", demanda le Negus.

Ja`far, de sa chaleureuse et mélodieuse voix, récita le premier passage de Sourate Maryam, qui a pour sujet Jésus et sa mère Marie. À l’écoute des mots du Coran, le Negus fut ému aux larmes. Il dit aux Musulmans : "Le message de votre Prophète — paix et bénédictions sur lui — et celui de Jésus — paix sur lui — ont une seule et même source". Puis il dit à `Amr et à ses compagnons : "Partez, car par Dieu, je ne vous les livrerai jamais".

Mais l’histoire ne s’arrêta pas là. `Amr décida de recourir à la ruse et d’aller trouver le roi afin de : "lui mentionner un détail concernant la croyance des Musulmans qui lui emplira certainement le cœur de colère et de haine".

Le lendemain, `Amr se rendit auprès du Roi et lui dit : "Ô Roi, ces gens à qui vous avez accordé l’asile et que vous protégez disent des choses terribles à propos de Jésus le fils de Marie. Il serait un esclave... Envoyez donc les chercher, et demandez-leur en quels termes ils parlent de Jésus".

Le Negus convoqua les Musulmans, une fois de plus, Ja`far — que Dieu l’agrée — étant leur porte-parole. Le Negus posa cette question : " Que dites-vous de Jésus, fils de Marie ?". "En ce qui le concerne, nous ne disons que ce qui a été révélé à notre Prophète", répondit Ja`far — que Dieu l’agrée —. "Et qu’est-ce donc ?" demanda-t-il. "Notre Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit que Jésus est l’esclave de Dieu et Son Prophète. Son Esprit et Son Verbe qu’Il a insufflés à la Vierge Marie".

Le Negus fut visiblement ébloui par cette réponse et s’exclama : "Par Dieu, Jésus fils de Marie est exactement comme l’a décrit votre Prophète — paix et bénédictions sur lui —".

Les évêques ne purent que grommeler leur écœurement et se firent réprimander par le Negus. Il se tourna vers les musulmans et dit :

"Allez en paix. Quiconque vous tourmentera, le paiera et quiconque s’opposera à vous sera puni. Car par Dieu, je préférerais renoncer à une montagne d’or plutôt qu’il soit fait du mal à l’un d’entre vous".

Concernant `Amr et ses compagnons, il somma ses intendants : "Rendez-leur leurs présents, je n’en ai nul besoin". `Amr et ses compagnons se retirèrent, misérables et frustres. Les Musulmans demeurèrent sur la terre du Negus, qui s’avéra être extrêmement généreux et bon envers ses protégés. Ja`far — que Dieu l’agrée — et Asmâ, son épouse passèrent dix années en Abyssinie qui devint leur deuxième patrie. Asmâ y donna naissance à trois enfants qu’ils nommèrent `Abd Allâh, Mohammad et `Awn. Leur second enfant fut probablement le premier enfant dans l’histoire de la communauté musulmane à être appelé Mohammad, du nom du noble Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

En l’an 7 de l’hégire, Ja`far et sa famille quittèrent l’Abyssinie avec un groupe de Musulmans et partirent pour Medine. Lorsqu’ils arrivèrent à destination, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — revenait de la victorieuse conquête de Khaybar. Il était tellement heureux de retrouver Ja`far qu’il dit : " je ne sais ce qui me rend le plus heureux, la conquête de Khaybar ou la venue de Ja`far".

Les musulmans, d’une manière générale, et plus spécialement les pauvres parmi eux, étaient aussi heureux du retour de Ja`far que ne l’était le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Ja`far devint très vite connu comme se souciant du bien-être des pauvres et des démunis. Il fut d’ailleurs surnommé "le Père des Pauvres".

Abû Hurayrah — que Dieu l’agrée — disait de lui : "Le meilleur des hommes envers nous autres nécessiteux était Ja`far — que Dieu l’agrée —. Il passait devant nous en rentrant chez lui, et nous donnait ce qu’il avait comme nourriture. Et s’il n’avait plus de nourriture , alors il nous envoyait un pot contenant du beurre et rien d’autre. Nous l’ouvrions et en léchions le fond, jusqu’à le rendre propre".

Le séjour de Ja`far à Médine ne fut pas long. Au début de la huitième année de l’Hégire, le Prophète mobilisa une armée pour affronter les forces Byzantines en Syrie, car un de ses émissaries, envoyé en paix, fut lâchement tué par un gouverneur Byzantin. Il nomma Zayd Ibn Haritha commandant en chef de cette armée, et donna les instructions suivantes : "Si Zayd est blessé ou tué, le commandement reviendra à Ja`far. Si Ja`far est blessé ou tué, alors votre commandant sera `Abd Allâh Ibn Rawâhah. Si `Abd Allâh est tué, il appartiendra alors aux musulmans de choisir leur commandant".

Jamais auparavant le Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’avait donné de telles instructions à une armée, et les musulmans prirent cela comme le signe d’une bataille acharnée, et qu’ils pourraient même subir de lourdes pertes. Lorsque l’armée musulmane parvint à Moutah, un petit village dans les collines de Jordanie, ils découvrirent que les Byzantins avaient rassemblé cent mille hommes auxquels s’ajouta un nombre formidable d’Arabes chrétiens venus leur prêter main forte. Ces hommes venaient des tribus de Lakhm, Judham, Qoudâ`ah et d’autres encore. L’armée Musulmane elle, ne comptait que trois mille hommes. Contre toute attente, les forces Musulmanes engagèrent la bataille. Zayd Ibn Haritha ,le compagnon bien-aimé du Prophète — paix et bénédictions sur lui — fut parmi les premiers à tomber.

Ja`far Ibn Abî Tâlib — que Dieu l’agrée — lui succéda aux commandes. Enfourchant son cheval dont la robe était d’un roux flamboyant, il s’infiltra dans les rangs Byzantins. Il éperonna son cheval et s’écria : "Comme le Paradis est merveilleux lorsque l’on s’en rapproche ! Comme ses breuvages sont délicieux et désalterants ! Le châtiment envers les Byzantins est tout près !".

Ja`far — que Dieu l’agrée — continua à se battre héroïquement et finit par être tué. Le troisième à prendre les commandes, `Abd Allâh Ibn Rawâhah, fut tué à son tour. C’est alors que Khâlid Ibn Al-Walîd, le combattant intrépide qui avait embrassé l’Islam depuis peu, fut choisi pour commander les troupes. Il ordonna un repli tactique, redéploya les Musulmans et lança l’offensive de plusieurs directions. Finalement. Le gros des forces Byzantines s’enfuit dans la confusion.

C’est à Medine que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — apprit la mort de ses trois commandants. Il en ressentit une douleur et chagrin profond. Il se rendit à la demeure de Ja`far — que Dieu l’agrée — et rencontra Asmâ, son épouse. Elle se préparait pour le retour de son mari. Elle avait préparé du pain, avait lavé et habillé les enfants. Asmâ raconta : "Lorsque le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — s’approcha de chez nous, je vis son noble visage endeuillé par un voile de tristesse. Je devins inquiète . Mais je n’osai pas l’interroger au sujet de Ja`far — que Dieu l’agrée — de peur d’apprendre des nouvelles déplaisantes. Il nous salua et demanda : "Où sont les enfants de Ja`far ?". Je les appelai et ils vinrent l’entourer joyeusement, le sollicitant de toute part. Il se pencha et les enlaça, cependant que des larmes débordaient de ses yeux. "Ô messager d’Allah," demandais-je, "Pourquoi pleures-tu ? As-tu appris quelque chose à propos de Ja`far et ses deux compagnons ?". "Oui," répondit-il. "Ce sont des martyres, à présent". Les sourires et rires s’éffacèrent des visages des petits enfants lorsqu’ils entendirent leur mère pleurer et gémir. Des femmes se rassemblèrent autour d’Asmâ. "Ô Asmâ," dit le Prophète, "Ne dit rien de blâmable et ne frappe pas ta poitrine". Ensuite il pria Allah de protéger la famille de Ja`far — que Dieu l’agrée — et de lui accorder la subsistance, et leur assura qu’il avait atteint le Paradis. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — quitta la maison d’Asmâ et se rendit chez sa fille Fâtimah — que Dieu l’agrée — qui pleurait également. Il lui dit : "Pour ce qui est de Ja`far — que Dieu l’agrée —, tu peux pleurer jusqu’à la mort. Prépare donc à manger pour sa famille, car aujourd’hui ils sont accablés par le chagrin".

Traduit de "Companions of The Prophet", volume 1, de Abdul Wâhid Hâmid.

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Salmân Al-Fârisî, que Dieu l’agrée

Added 6/12/2010

Sa naissance et ses débuts

Salmân Al-Fârisî (qu’Allâh soit satisfait de lui) naquit dans un village nommé Jiyân situé à Ispahan, ville située entre Téhéran et Chirâz dans l’actuelle République d’Iran. Salmân (qu’Allâh soit satisfait de lui) quitta la Perse et partit à la recherche du Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - dès qu’il eut connaissance de son avènement pour se rallier à l’islam.

Un jour, Salmân (qu’Allâh soit satisfait de lui) raconta sa vie en ces termes : J’étais un jeune persan et j’habitais Ispahan dans un village dit Jiyân dont mon père fut le chef et le concitoyen le plus riche occupant le rang le plus distingué. Dès ma venue au monde, il me vouait un amour extraordinaire. Cette affection paternelle s’était accrue considérablement de jour en jour, jusqu’à ce que mon père décida de m’enfermer à la maison par crainte pour moi, tel que l’on faisait exactement avec les jeunes filles. Je faisais des progrès dans le mazdéisme au point de devenir seul responsable d’entretenir le feu que nous adorions et de ranimer sa flamme pour qu’elle demeurât ardente du jour comme de nuit. Mon père possédait un grand domaine qui nous rapportait une récolte abondante et dont il prenait constamment soin et faisait la cueillette. Un jour, ayant été retenu par quelque affaire, il fut dans l’impossibilité de s’y rendre et s’adressa à moi en disant : "O mon fils ! Comme tu le vois, je suis tout à fait absorbé et je ne peux pas m’occuper aujourd’hui du domaine. Vas-y donc et prends-en soin à ma place". Je partis alors pour cette destination.

Sur ma route, je passai par l’un de ces édifices consacrés au culte des chrétiens et j’entendis leurs voix qui en émanaient pendant la célébration de la prière. Ceci retint mon attention tant que je ne savais rien sur la foi chrétienne ou sur les autres religions, comme j’étais pendant longtemps tenu éloigné du commerce des gens par mon père. Ayant entendu leurs voix, je pénétrai dans leur église pour voir ce qu’ils étaient en train de faire. Les ayant contemplés, j’admirai leurs prières et eut une grande aptitude à embrasser leur religion. Je me dis : "Certes, cette foi est meilleure que la nôtre". Je restais auprès d’eux jusqu’au coucher du soleil en transgressant l’ordre paternel. Je leur posai alors la question : "Quelle est l’origine de cette religion ?". – "Elle provient d’Ach-Châm", répondirent-ils.

A la nuit tombante, je rentrai chez moi. Et mon père de me demander ce que j’avais fait. – "O mon père ! J’ai passé par des gens en train de prier dans leur église et j’ai été fasciné par leur religion. Je suis resté, en effet, chez eux jusqu’au coucher du soleil". Affolé, mon père me dit : "O mon fils ! Ta religion qui est celle des tes ancêtres est beaucoup meilleure que cette foi qui ne comporte aucun bien". – "Non, leur religion prévaut certainement sur la nôtre". Mes paroles effrayèrent mon père qui eut peur que je n’abjure ma religion. Sur ces entrefaites, il me cloîtra à la maison tout en m’enchaînant les pieds.

Son séjour en Syrie

Je saisis une occurrence pour transmettre ce message aux nazaréens : "Quand une caravane en destination pour Ach-Châm (i.e. Syrie) passait par vous, veuillez m’en tenir au courant". Peu de temps après, l’occasion devint propice. Je pus alors me délivrer de mes chaînes et je sortis en leur compagnie après m’être déguisé. Une fois arrivant à Ach-Châm, je demanda : "Qui est l’homme le plus calé dans cette religion ?". – "L’archevêque placé à la tête de l’église", dirent-ils. J’allai le trouver et lui dis : "Je désire embrasser le christianisme et je voudrais bien rester auprès de vous à votre service pour que vous m’instruisiez dans la religion et que je fasse les prières, étant guidé par vous". Il consentit à ma proposition et je me suis mis alors à son service.

Cependant, je ne tardai pas à constater qu’il était un mauvais homme. Il exhortait ses adeptes à la charité en leur faisant valoir sa rétribution immense. Et dès qu’ils lui faisaient l’aumône pour qu’il la dépense dans la voie de Dieu, il s’en accaparait sans rien donner ni aux pauvres ni aux indigents, jusqu’à ce qu’il eût amassé de l’or à emplir sept jarres. Par conséquent, je l’exécrais de tout mon cœur. Peu de temps après, il meurt et quand les nazaréens s’étaient réunis pour procéder à son enterrement, je leur dis : "Cet homme était méchant. Il vous ordonnait vivement de faire l’aumône et vous incitait incessamment à la charité et quand vous la lui faisiez, il la thésaurisait sans rien donner aux pauvres". – "Comment vous le savez ?!", dirent-ils. – "Je vais vous montrer le lieu où il a enfoui son trésor", dis- je.- "Oui, montre-le-nous", répliquèrent-ils.

Je leur désignai son emplacement d’où ils purent extraire sept jarres emplies d’or et d’argent. Les ayant vu, ils dirent : "Par Dieu ! Nous ne l’enterrerons pas". Ils le crucifièrent et se mirent à lapider son cadavre. Puis, ils désignèrent à son poste un autre homme auquel je m’attachais. Je n’ai jamais vu un homme plus ascète que lui, renonçant aux choses de ce monde et ne désirant que celles de l’au-delà. Il s’adonnait avec zèle aux dévotions jour et nuit. Je lui vouais donc un profond amour et je demeurais à ses côtés pendant une longue période. Dans son lit de mort, je lui dis : "O untel ! A qui me recommandez-vous ? Veuillez me conseiller. A qui devrais- je m’attacher après ton décès ?". – "O mon fils ! Je ne savais personne qui était de même discipline qu’un homme vivant à Mossoul qui s’appelait untel et qui n’avait jamais interpolé. Allez donc le rejoindre".

A la mort de mon compagnon, j’allai rejoindre l’homme du Mossoul, à qui je racontai mon histoire. L’ayant terminée, je lui dis : "Mon compagnon untel m’a conseillé, avant de mourir, de vous rejoindre et m’a informé que vous étiez encore attaché à la discipline vraie qu’il confessait". – "Restez donc chez moi", telle fut sa réponse. Je me séjournai chez lui et je constatai qu’il était un homme parfait. Mais, peu après, il rendit le dernier soupir. A l’article de la mort, je lui demandai : "O untel ! Par l’état que vous êtes par l’ordre de Dieu, vous avez une parfaite connaissance de mon état. A qui vous me recommandez ? Et qui m’ordonnez-vous d’aller rejoindre ?". – "O mon fils ! Par Dieu ! Je ne savais personne qui était de même discipline que nous, excepté un homme vivant à Nasybîn qui s’appelait untel. Allez donc à sa rencontre". Une fois qu’on fit enterrer l’homme, j’allai à la rencontre de l’homme de Nasybîn, à qui je racontai mon histoire et ce qui mon ex-ami m’avait commandé de faire. – "Restez donc chez nous", dit-il. Je m’arrêtai donc chez lui et je découvris qu’il emboîtait le pas à ses autres ex-amis qui furent de conduite parfaite. Mais, il cessa de vivre peu de temps après et au moment de son agonie, je lui dis : "Vous savez toute mon histoire, à qui vous me recommandez donc ?". – "O mon fils ! Par Dieu ! Je ne savais personne qui professait encore la même discipline que nous, sauf un homme vivant à cAmûriyya et qui s’appelait untel. Allez donc le rejoindre".

Je m’acheminai donc vers celui-ci et je lui racontai mon histoire. – "Restez donc chez moi", dit-il. Je me séjournai chez lui et je vis qu’il était homme de bien tels ses défunts compagnons. Chez lui, je pus faire fortune et j’eus quelques vaches et du butin. Le moine conseillant à Salmân de suivre le Prophète : Un certain laps de temps s’écoula et vint le moment de sa mort, je lui dis alors : "Vous savez toute mon histoire, à qui vous me recommandez donc et qu’est-ce que vous me commandez de faire ?". – "O Mon fils ! Je ne connais absolument personne sur cette terre qui se trouvait encore à cheval sur notre discipline. Mais c’est bien le temps de l’avènement d’un Prophète qui va apparaître au territoire arabe. Il professera la religion d’Abraham et s’expatria en émigration vers un terrain peuplé de palmiers, situé entre deux terres arides. Il sera reconnu à des signes incontestables : il mange du cadeau qu’on lui offre, ne touche jamais à ce qui est destiné à l’aumône et entre ses épaules, il y a le cachet de la prophétie. Tâchez-vous donc de partir pour ce pays". Puis, il rendit le dernier soupir. Quant à moi, je demeurais pendant quelques temps à cAmûriyya.

Son arrivée à la péninsule arabique

Un jour, un groupe de marchands arabes issus de la tribu (Kalb) passait par cAmûriyya, je leur préposai alors de m’emmener avec eux aux pays des Arabes, en échange de ma vache et de ma part du butin. Ils consentirent et moi de leur faire don de mes possessions. Une fois arrivés à Wâdî Al-Qura, ils me trahirent et me vendirent à un juif et j’entrai donc en son service. Peu après, l’un de ses cousins, issu des Banû Quraytha, ayant venu lui rendre visite, m’acheta et m’emmena avec lui à Yathrîb où je vis les palmeraies dont m’avait parlé mon compagnon de cAmûriyya et je connus alors Médine -en me référant à la description déjà faite par ce dernier-. Je m’y installai donc en compagnie de mon maître. A cette époque, le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - était en train de prêcher l’islam parmi ses compatriotes mecquois. Toutefois, je n’entendais rien de ses nouvelles, parce que j’étais tellement absorbé par mes charges d’esclave.

Sa conversion à l’islam

Quand le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - pénétra dans Yathrîb, je me trouvais en haut de l’un des palmiers de mon maître, en train d’y effectuer quelque besogne. Alors que mon maître était assis au pied duquel, l’un de ses cousins, vint lui dire : "Qu’Allâh fasse périr les Banû Qîla ! Ils sont à Qîbâ’, entourant un homme qui vient d’arriver aujourd’hui de La Mecque et qui prétend être un prophète". Aussitôt que ses paroles parvinrent à mes oreilles, je me sentis fiévreux et je fus tellement agité au point de craindre de perdre mon équilibre et de tomber sur mon maître. Je descendis donc du palmier, en disant à l’homme : "Qu’est-ce que vous êtes en train de dire. Veuillez me répéter cette nouvelle". Mon maître, pris d’un accès de colère, me donna un coup de poing en hurlant : "Pourquoi t’immisces-tu dans ce qui ne te regarde pas ? Vas-y occupe-toi de ton boulot".

Sur le soir, je pris quelques dattes de ce que j’avais cueillies et je me dirigeai vers le lieu où l’on donnait l’hospitalité au Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - . Je lui dis : "J’ai entendu dire que vous étiez un homme pieux et que vous aviez des compagnons étrangers et besogneux. Voilà quelque chose que je réservais pour en faire l’aumône. Je vois donc que vous le méritez". Après que je les leur donnai, il dit à ses Compagnons : "Mangez !". Tandis qu’il s’abstint à y goûter. Je me dis : "Voici l’un des signes (de la prophétie)".

Je partis, ensuite, et me mis à ramasser quelques dattes. Quand le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - quitta Qibâ’ et alla s’installer à Médine, je vins lui dire : "J’ai remarqué que vous ne goûtez pas à l’aumône, et vous voici un cadeau que je vous offre avec tout mon respect". Il en mangea et invita ses Compagnons de le partager avec lui. Je me dis : "Voici le second (des signes de la prophétie)". Je vins, un jour, trouver le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - pendant qu’il fut à Baqîc Al-Gharqad en train d’enterrer l’un de ses Compagnons. Je le vis assis, étant vêtu d’une pèlerine. Je le saluai, puis je retournai pour regarder son dos, en essayant de voir le cachet déjà décrit par mon compagnon de cAmûriyya.

Quand le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - m’aperçut en train de fixer son dos, il comprit mon intention. Sur ce, il ôta sa pèlerine en me dénudant son dos. Aussitôt que j’eus connu le cachet de la prophétie, je me jetai sur lui en l’embrassant tout en pleurant. Le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - dit alors : "Qu’est-ce que vous prend donc ?!". Je me mis à lui raconter mon histoire qu’il admira. Il m’ordonna avec joie de la répéter par moi-même à ses Compagnons qui s’en étonnèrent et s’en réjouirent. Salmân embrassa l’islam et fut délivré du joug de l’esclavage. Etant compté parmi les plus estimables Compagnons, il (qu’Allâh soit satisfait de lui) se chargea du gouvernement de certains pays à l’époque des Califes bien-guidés. De ses qualités : On rapporte qu’un jour le Prophète posa sa main sur Salmân et dit : "Si la foi était dans les pléiades, l’un de ces hommes l’aurait attrapée". Et, il désigna Salmân (qu’Allâh soit satisfait de lui).

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