"> Les Savants Musulmans - LES SAVANTS MUSULMANS: ABOU BAKR AL - Musulman et fier de l\'être
 

LES SAVANTS MUSULMANS: ABOU BAKR AL RAZI (850-923)

Added 18/5/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

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Par Bennani Karim Tajeddine

ABOU BAKR AL RAZI (850-923)

ABOU BAKR AL RAZI (850-923) Abou Bakr Mohammad Ibn Zakariya Al Razi, perse d’origine, dont le nom connu en arabe est Razi, et en latin Rhazes ou Rasis, fut un scientifique pluridisciplinaire ayant activement contribué aux domaines de la médecine, de l'alchimie et de la philosophie. Après une expérience alchimique, il parvint à isoler l'acide sulfurique et l'éthanol dont il appliqua les propriétés à des fins médicales. Entre autres, dans la pratique médicale, il défendit vigoureusement la démarche scientifique dans le diagnostic et la thérapeutique. Il formula une clairvoyante réflexion, universelle et d’actualité, reflétant l’esprit critique en vigueur à l’époque :

« La vérité, en médecine, est une moyenne qu’on ne peut atteindre : tout ce que l’on peut lire dans les livres a beaucoup moins de valeur que l’expérience d’un médecin qui pense et raisonne […] La lecture ne fait pas le médecin, mais bien l’esprit critique et le talent d’appliquer à des cas particuliers les vérités dont il a connaissance » (cité dans M. Bergé, Les Arabes, p.363).

Il apporta plusieurs améliorations au système de formation des futurs médecins et de l'organisation hospitalière. Actuellement, son nom est annuellement commémoré, lors de la journée de la pharmacie, se référant symboliquement à son anniversaire, célébré tous les 27 août par l'institut Razi, en Iran près de Téhéran.

Razi naquit dans la ville de Ray (en langage perse, Razi signifie « de la ville de Ray »), une ville située au sud de Téhéran, dans la province du Khorassan. Il effectua une bonne partie de ses recherches dans celle-ci. Au cours d’une période de son existence, Ibn Sina vécut aussi dans cette cité. Au début, Razi fut d'abord musicien, avant de s’intéresser à l'alchimie, à la philosophie, aux mathématiques et à l’astronomie. Il fut parmi les savants soutenants la sphéricité de la Terre.

Selon certains biographes, Razi avait souffert d'une maladie des yeux suite aux émanations d’expériences alchimiques. Il abandonna alors ce domaine pour se consacrer à la médecine, mais il aurait dit, lui-même, que sa vue avait été affectée par les lectures prolongées. Vers l'âge de trente ans, il débuta une formation approfondie en médecine à Ray. Comme tous les savants lettrés de l’époque, il lisait et écrivait en arabe. Il étudia les textes majeurs du Patrimoine courant de l’humanité. Il poursuivit sa formation en voyageant en Syrie, en Egypte, en Espagne pour compléter ses connaissances livresques de pratique clinique et expérimentale. De retour, il fut nommé médecin à la cour du prince Samanide Abou Salih Al Mansour, régnant sur le royaume de Khorassan, au nord de la Perse. Compte tenu de sa notoriété, il fut chargé de diriger l'hôpital de Ray puis du maristan (hôpital central) Muqtadari de Bagdad sous le règne du Calife Abbasside Al Mouktafi. Selon une légende, pour choisir l'emplacement des bâtiments à construire dans la ville, Razi aurait fait suspendre des morceaux de viande en différents lieux. Il choisit les sites là où les viandes s’étaient le moins vite décomposées.

A la mort du souverain Al Mouktafi, en 907, Razi retourna à Ray. De nombreux étudiants l'y suivirent et y poursuivit son enseignement médical. Devenu aveugle à la fin de sa vie, il mourut à Ray le 27 octobre 925 (ou 932 selon d’autres sources), en l'an 313 du calendrier musulman.

Médecin, enseignant et homme de science

Savant de progrès et humaniste, Razi introduisit des pratiques novatrices dans le soin des patients et de la formation des médecins. Il distinguait entre trois aspects de la médecine : la santé publique, la médecine préventive et le traitement des maladies spécifiques. Il organisa des consultations externes, promut les soins à domicile et ouvrit l'hôpital et l'accès aux soins à tout le monde, pauvres et riches. Insistant sur le rôle de la médecine préventive, il fut l'auteur du premier traité médical à l'usage des non-médecins basé sur sept principes essentiels destinés à préserver la santé :

* modération et équilibre lorsque le corps est en mouvement et est au repos.

* modération dans la nourriture et les boissons.

* élimination des surabondances.

* amélioration et réglementation des habitats.

* éviter les excès néfastes avant qu'ils ne deviennent incontrôlables.

* entretien d’une harmonie entre les objectifs et les moyens disponibles.

* acquisition de bonnes habitudes notamment concernant la pratique de l'exercice physique.

Enseignant reconnu et fin pédagogue, il initia la pratique des visites au chevet des malades en compagnie de ses étudiants. Il leur posait souvent des questions et écoutait leurs réponses, de celles des plus novices jusqu’à celles des plus expérimentés, avant de donner sa propre réponse. Il insistait sur la nécessité d'une formation continue au cours de la vie du médecin et les encourageait à prendre des notes sur leurs observations et à en discuter entre eux en vue de développer les aptitudes intellectuelles nécessaires à l’innovation continuelle.

Razi est reconnu pour ses talents d'observations alliés à une grande rigueur scientifique. Il joua un rôle fondamental dans le développement de la méthode clinique devant constituer la base d'un raisonnement débouchant sur le diagnostic puis sur la thérapeutique. Il insistait sur la complémentarité entre savoir théorique et pratique. Il fut un sévère critique de l'œuvre de Galien, la jugeant manquant d'observations empiriques, tout en l’admirant en même temps pour la richesse de ses connaissances. Dans ses livres, Razi avait l’habitude de citer ses sources scientifiques, sans discrimination raciale ou confessionnelle, qu'elles fussent arabes ou grecques, alors que ce fut une pratique peu courante à son époque.

Contrairement aux usages médicaux antérieurs, il recommandait une démarche globale pour appréhender une maladie, estimant qu’entre autres, l'état psychologique du malade conditionnait la réussite du traitement et que l'entourage du malade pouvait jouer un rôle positif dans la voie de la guérison : « Il faut que les malades et ses proches soient avec le médecin et non contre lui, qu’ils ne lui cachent rien des états du malade et de son comportement. » Il insistait aussi sur le rôle de la diététique dans le soin et la prévention des maladies.

En orientant ses connaissances de chimie au profit des recherches médicales, il devint le fondateur de la thérapeutique basée sur l'usage des substances chimiques comme médicaments pour soigner des maladies. Il œuvra pour la constitution de la pharmacologie comme discipline médicale. Dans son traité « Kitab …Fi Tebb », un chapitre important fut consacré à cette discipline et demeura une référence en la matière jusqu'au XVIIe siècle en Europe. En revanche, il attira très tôt l’attention de ses contemporains sur l'usage excessif des médicaments et les résultats imprévisibles sur la santé suite à la combinaison de plusieurs médicaments à la fois. Ibn Al Nadim, biographe, répertoriant les savants musulmans, identifia cinq domaines dans lesquels Razi s'était brillamment distingué :

1. Il fut reconnu comme le meilleur médecin de son temps pour avoir compris pleinement et appliqué les connaissances médicales de ses prédécesseurs.

2. Il voyagea dans de nombreux pays et en retira des expériences variées. Ses visites répétées à Bagdad et ses services auprès de nombreux princes et souverains furent relatés par plusieurs sources concordantes. 3. Il fut un enseignant en médecine, pédagogue, ayant attiré d’innombrables étudiants, débutants ou non.

4. il fut reconnu comme sociable, compatissant, bon, droit et dévoué au service de ses malades, riches ou pauvres.

5. Il fut un lecteur et un écrivain prolifique.

Il convient d’ajouter à cette liste le rôle précurseur de Razi dans le développement d'une médecine scientifique basée sur les faits et d’une vision très évoluée sur la médecine hospitalière associant clinique scientifique, formation universitaire et souci de santé publique. Razi écrivit 184 livres et articles dans plusieurs domaines scientifiques, dont 61 relevant de la médecine, tous en langue arabe. Ses principaux ouvrages sont :

En médecine

* « Kitab… fi Tebb » : encyclopédie médicale de 22 volumes reprenant en partie les connaissances antérieures sous forme de longs extraits aux références précises et des commentaires, enseignements et observations de Razi. Il fut traduit en latin au XIIIe siècle, sous le titre Liber Continens. Il exerça une profonde influence sur la médecine occidentale. Aux côtés de neuf autres ouvrages, il constitua le fonds de la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris en 1395. Cet ouvrage rayonna durant dix siècles et connut encore plus de quarante éditions de 1498 à 1866. Pendant près d'un millénaire, jusqu'à Claude Bernard, l’œuvre de Razi constituait une référence incontournable dans le domaine médical.

* « Kitab al-Mansouri fi al-Tebb » (Livre de médecine pour Mansour), traité médical plus général dédicacé au souverain samanide de Ray, Abou Salih Al Mansour.

* « Kitab fi al jadari wa al hasbah » (La variole et rougeole)

* « Kitab ila man la yahduruhu al tabib » (Livre pour qui n'a pas accès à un médecin)

* « Shukuk 'ala alinusor » (Doutes sur Galien) : Essai critique sur la théorie de Galien et sur la façon dont ses successeurs s'en servirent aveuglément

* « Al-Tebb al Moulouki » (Médecine royale)

* « Al-Mourshid aw Al Fousoul » (Aphorismes) Guide du médecin nomade

En chimie

* At Tadbir

* Sirr Al Asraar

En psychiatrie et psychologie

Razi est l'auteur d'un des premiers traités en psychologie et en psychiatrie. L'hôpital qu'il dirigea à Bagdad fut le premier à posséder un service dédié aux malades mentaux. La qualité de ses diagnostics furent relatée par l'Encyclopædia Britannica en 1911 : « Les sources les plus dignes de confiance qui font état de l'existence précoce de cette maladie sont à mettre au compte de Rhazes du IXe, par qui les symptômes sont clairement décrits, sa pathologie expliquée par une théorie humorale ou de fermentation, et des prescriptions données pour son traitement. »

Pharmacie Razi contribua à la pratique précoce de la pharmacie grâce à des textes, mais aussi par l’innovation. Il convient de citer l'introduction d'onguents au mercure, le développement d'outils comme le mortier, les spatules et les fioles qui demeurèrent en usage dans les pharmacies jusqu'au début du XXe.

L’éthique scientifique

Razi introduisit un nombre important d'idées novatrices médicales et psychologiques ayant révolutionné le domaine médical. Il s'opposa farouchement aux charlatans et aux faux médecins parcourant les villes et les campagnes pour vendre des prétendus médicaments miracles. Quant aux médecins, il leur disait, que malgré leur savoir, ils n'avaient pas des réponses toutes faites à tous les problèmes médicaux et ne pouvaient guérir toutes les maladies. Il leur recommandait de mettre à jour leurs connaissances, en étudiant continuellement des livres médicaux et à diffuser toute information nouvelle pour demeurer à jour dans les soins.

Dans son ouvrage critique sur Galien, il estima qu’il y avait quatre raisons pour lesquelles les hommes importants laissaient perpétuer des erreurs au gré des générations :

1. La négligence, ces hommes étant devenus trop sûrs d'eux-mêmes

2. La légèreté d'esprit ou de l’indifférence

3. De la tentation de vouloir faire passer ses propres idées par rapport à celles d’autrui ou de l'impétuosité due au fait de croire avoir toujours raison

4. la sacralisation du savoir des anciens et le refus d'accepter de nouvelles données ou de nouvelles idées qui puissent remettre en cause l’ordre établi depuis les générations précédentes

Autrement, en vue qu’une civilisation se maintienne dans le dynamisme, les savants doivent surmonter les points faibles ci-dessus.



L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/


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LES SAVANTS MUSULMANS: AL KINDI (801 à 873)

Added 11/5/2011

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Par Bennani Karim Tajeddine

 AL KINDI (801 à 873)

« Abou Yousseuf Yaaqoub Ibn Ishaq Al Kindi », couramment identifié sous le nom latinisé « Alchindus » ou « Al Kindi », est considéré comme l’un des plus grands philosophes arabe. Il fit des études à Bassora et à Baghdad. Il bénéficia du mécénat de trois califes abbassides. Il fut l’un des grands pionniers de la Maison de la Sagesse (Baït al Hikma) où il y fut recruté par le Calife Al Mamoun. Il eut alors comme collègues le prestigieux Al Khawarizmi et les frères prodiges Banou Moussa. Dans un milieu brillamment motivant, il produisit alors de nombreux ouvrages couvrant des domaines diverses : l’arithmétique, dont des manuscrits sur les nombres indiens, l'harmonie des nombres, la géométrie des lignes, les multiplications, la mesure des dimensions spatiales et du temps et les algorithmes. Il définit l'espace et le temps comme finis, car, selon lui, une grandeur infinie constitue un paradoxe avec la réalité. Dans le domaine de la géométrie, il étudia la théorie des lignes parallèles et donna un lemme sur l’existence de deux lignes dans le plan, à la fois non parallèles et sans intersection.

Sans le moindre doute, Al Kindi demeure l’un des pionniers consolidant l’enracinement de la culture de recherche&développement. Il fut l’initiateur d’un vaste mouvement d’adaptation des textes scientifiques et philosophiques de l’antiquité. Dans son fihrist (Inventaire), Ibn Al Nadim souligna qu’Al Kindi fut l’auteur d’au moins deux cent quarante et une œuvres polyvalentes dont les principales sont réparties selon domaines suivants :

* Géométrie (32 ouvrages)

* Philosophie (22)

* Médecine (22)

* Astronomie

* Physique (12)

* Arithmétique (11)

* Logique (9)

* Musique (7)

* Psychologie (5)

Deux de ses œuvres furent consacrées à l'optique. Cependant, à l'époque, avant les découvertes d’Hassan Ibn Al Hayttham, il lui fut difficile de distinguer entre la théorie de la lumière et celle de la vision. Dans ses ouvrages sur la théorie musicale, il mit en évidence les accords harmonieux des sons possédant chacun une amplitude précise. Il définit le degré d'harmonie d’une musique comme fonction de la fréquence des sons lesquels produisaient des ondes stimulant l'oreille. Il publia le premier ouvrage d’analyse sur les spectres de sons (Manuscrit sur le déchiffrement des messages cryptographiques) retrouvé en 1987 dans les archives ottomanes d'Istambul. Cet ouvrage présente la technique d'analyse fréquentielle des lettres du texte déchiffré. Dans ses recherches, il fut parmi les premiers à s’intéresser à la philosophie d’Aristote, sans négliger celle de Platon. Dans son ouvrage « Philosophie première », il introduisit la métaphysique comme « la connaissance de la Réalité Première, Cause de toute réalité ». Cette connaissance essentielle permet de remonter aux causes des choses, alors que la

connaissance du monde matériel étant simplement la connaissance pratique des choses. Il définit alors deux façons d’interpréter la réalité :

* La métaphysique comme source de connaissance la plus pure, orientée vers l'immobile, l'immuable et la sagesse.

* Le monde matériel, considéré mouvant, changeant, instable et source d'une connaissance grossière.

En combinant entre vérité de la Révélation et celle de la philosophie grecque, Al Kindi avança que chaque chose devait avoir pris naissance nécessairement par l’initiation opérée par Le Créateur. Métaphoriquement parlant, comme questionnement, l’œuf est-il à l’origine de la poule ou la poule à l’origine de l’œuf ? Pour sortir du cercle vicieux, Dieu, Exalté-Soit-Il, est inéluctablement Le Créateur du principe premier de toute chose à la base de l’extraordinaire unité de la Création. En d’autres termes, l’intervention première d’Allah est le coup de sifflet symbolique de tout processus existentiel.



L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/

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LES SAVANTS MUSULMAN:LES FRERES BANOU MOUSSA BEN SHAKIR

Added 6/5/2011

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Par Bennani Karim Tajeddine

 LES FRERES BANOU MOUSSA BEN SHAKIR (Nés vers 800, 805 et 810- Morts après 873)


Mohammed, Ahmed et Al Hassan, connus par les frères Banou Moussa, sont les enfants talentueux d’Ibn Shakir, ami du Calife Abbasside Al Mamoun. Après la mort du père des enfants prodiges, le Calife Al Mamoun les aurait pris en charge, les aurait élevés et leur aurait assuré une formation scientifique approfondie. Très tôt, ils firent partie d’hommes de sciences brillants ayant contribué à l’essor des savoirs. Ils fréquentèrent assidument la Maison de la sagesse. Après la mort de leur protecteur, les Banou Moussa restèrent au service de son successeur Al Mou’tassim (833-842).

A l’évidence, les relations privilégiées des frères Banou Moussa auprès des califes, fortement motivés par le développement des sciences, eurent des résultats très encourageants et immédiats. L’environnement socioculturel devint en phase avec la transformation positive des mentalités dans la voie d’une culture intellectuelle rayonnante à Bagdad. De fil en aiguille, ce processus ne cessa alors de s’étendre, comme une tâche d’huile, jusqu’à atteindre les endroits les plus reculés du monde musulman. Grâce à leur immense fortune, ils mirent à profit leurs richesses pour enraciner une culture motivée par la recherche et le développement des savoirs. Ces frères de génie, alliant avec justesse : intelligence, savoirs et finances, contribuèrent alors à la naissance des domaines scientifiques pointus comme la géométrie, la mécanique, l’astronomie et la musique. Leur ouvrage le plus célèbre en mathématique demeure le « Livre de la mesure des figures planes et sphériques » traduit en latin au XIIe siècle. Ils furent les pionniers dans la discipline de la mécanique en élaborant leur ouvrage intitulé le « Livre des procédés ingénieux ».

Parmi les trois frères, Mohammed semble avoir été le mathématicien le plus remarquable. Partant de l’œuvre d’Apollonius, il laissa à la postérité le livre des coniques.

Ahmed écrivit des traités sur la mécanique. Il décrivit les dispositifs pneumatiques, les instruments de musique et les automates comme l’orgue hydraulique.

Al Hassan écrivit un traité sur l’ellipse dont il ne fut conservé qu’un fragmentent en hébreu compilé par Ibn al-Samh.

L’histoire extraordinaire de ces frères, partageant les mêmes passions en quête des savoirs, se consacrant utilement à la plus noble des tâches au profit du Patrimoine universel de l’humanité, restera gravée dans les mémoires pour promouvoir l’un des meilleurs exemples à suivre. Leur mémoire constitue une invitation permanente aux riches du monde musulman pour mettre au service du développement une partie de leurs moyens financier.



L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/

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Les SAVANTS MUSULMANS: 5) 1-AL KAWARIZMI (780 – 850)

Added 29/4/2011

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Par Bennani Karim Tajeddine

La réaction en chaine initiée par les premières générations de savants musulmans déclencha d’innombrables vagues successives de compétences variées évolutives. Bien entendu, il aurait fallu d’innombrables encyclopédies pour mettre en lumière leur apport et honorer convenablement leurs mémoires. Quelques savants, ci-après, sont rappelés à titre symbolique, tout en rendant hommage à tous les nobles savants de l’humanité.

(1) : AL KAWARIZMI (780 – 850)

Extrêmement doué dans le domaine des mathématiques, ce savant fut attiré à Bagdad par le calife Al Mamoun en vue de développer cette branche à la base de la rigueur de la plupart des sciences. Il enseigna le système d'écriture décimale des nombres et les procédés de calculs fondamentaux sur des opérations isolées effectuées sur chacun des chiffres. L'ouvrage d'Al Khwarizmi sur les chiffres fut découvert dans une traduction latine du 12e siècle. En 825, Al Khawarizmi publia un traité sur le calcul sous le nom latin « Algorithmi de numero indorum » et un ouvrage connu en arabe par « Kitab al Jabr wal mouqabala ». Le nom d’Al Khawarizmi transcrit dans la forme latine « Algorismus » est à l'origine du terme « algorithme » bien connu mondialement. La philosophie d’Al Khwarizmi est de décomposer chaque problème mathématique complexe en une suite finie de règles ou de méthodes parfaitement définies, en un nombre limité d'étapes, débouchant finalement sur la solution du problème. Autrement, cette gymnastique de mathématiques appliquées permet de réaliser des tâches intellectuelles d'une grande complexité en les découpant méthodiquement en séquences détaillés et procédures hiérarchiquement structurés.

A l’évidence, les recherches mathématiques devaient être utiles et répondre aux questions pratiques de la vie quotidienne comme le commerce, l’édification d’ouvrages, la fabrication, l’artisanat ou encore l'héritage... Une des œuvres d’Al Khwarizmi proposait des solutions appropriées : « Al Moukhtasar fi hisab Al-Jabr wa Al mouqabala » traduit par « L'abrégé sur le calcul par la restauration et la comparaison ». Ce livre traite des équations du premier et du second degré. L’histoire reconnait à ce talentueux mathématicien son rôle précurseur de fondateur de l’algèbre. La désignation de cette branche mathématique fait référence au verbe arabe « jabara », qui signifie réduire. Son Traité permit d’introduire les chiffres arabes dans la numérotation telle qu’on la connait actuellement. Il affirma que l’objectif de ses recherches était de proposer des techniques adaptées pour résoudre les calculs les plus fréquents en rapport avec les projets de son époque :

« J’ai confectionné, dit Al Khawarizmi, mon ouvrage, Kitab al Jabr, au sein duquel j’ai condensé dans la science du calcul, les éléments délicats et les notions les plus élevées. C’est que, dans la pratique, les gens ont besoin de ces notions, dans les opérations ayant pour but d’évaluer une surface, de relever le cours d’un fleuve, de tracer le plan d’une construction et d’autres procédés pratiques de tout genre et dans tous les domaines » (cité dans M. Bergé, Les Arabes, p.347).

Il convient de rappeler que le moine Gerbert, ayant fait ses études dans les universités de Cordoue et de Fès, y apprit les derniers enseignements. Plus tard, devenu le célèbre pape Sylvestre, il contribua activement à diffuser les mathématiques. Les livres d’Al Khawarizmi

ont été copiés et ont circulé dans tout le monde musulman. A partir du XIIe siècle, ils furent diffusés en Europe dans leur version latine.

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LES SAVANTS MUSULMANS:4) MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS DIVINES

Added 25/4/2011

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Par Bennani Karim Tajeddine

MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS DIVINES

« Le plus grand changement que l’opinion ait produit sur notre globe fut l’établissement de la religion de Mohamed. Ses musulmans, en moins d’un siècle, conquirent un empire plus vaste que l’empire romain. Cette révolution, si grande pour nous, n’est, à la vérité, que comme un atome qui a changé de place dans l’immensité des choses, et dans le nombre innombrable de mondes qui remplissent l’espace ; mais c’est au moins un événement qu’on doit regarder comme une des roues de la machine de l’univers, et comme un effet nécessaire des lois éternelles et immuables: car peut-il arriver quelque chose qui n’ait été déterminé par le Maître de toutes choses? Rien n’est que ce qui doit être. »i (Voltaire)

Assurément, en réaction aux recommandations divines, dès le VIIIe siècle, les fruits de l’arbre, planté sur le terrain de la maîtrise du Patrimoine universel de l’humanité et de son développement, devinrent mûrs et variés. De nombreux témoignages corroborent que les gouvernants ne cessèrent de donner à juste titre l’exemple depuis le commencement de la civilisation en s’impliquant activement en faveur de l’éclosion rapide des sciences. A titre de rappel, quand le Calife Haroun Rachid s’empara d’Ankara ou quand le Calife Al Mamoun remporta la victoire sur l’empereur byzantin Michel III, ils n’exigèrent pas de butin matériel, ni de l’argent périssable ni de l’or. Ils privilégièrent le recours à l’intelligence à la place, à l’imagination créatrice, à la raison et aux savoirs utiles- qui sont la source de tous les trésors- en requérant comme dédommagement de guerre la livraison des manuscrits de l’antiquité !!!

En 832, le calife Al Mamoun fonda une Académie des sciences : la Maison de la Sagesse « Baït al Hikma » à Bagdad. Le modèle de cette institution prestigieuse joua un rôle moteur dans l’approfondissement et la diffusion des connaissances. Son modèle se généralisa dans le monde musulman et déboucha sur le concept d’université. Avec un prodigieux esprit d'ouverture, l'ère de la science commença par un effort systématique d'intégration de l'héritage de toutes les cultures antérieures. Les pionniers de cette réaction en chaîne avaient rentabilisé l’essentiel des manuscrits des savants attitrés du passé. Sachant bien entendu que, quelle que soit la civilisation d’origine, toutes les œuvres humaines produites appartiennent au Patrimoine universel de l’humanité. Les savants musulmans jouèrent un rôle dynamique en faveur de l’évolution de ce Patrimoine dans le temps en y mettant en plus de l’éthique conformément à la recommandation coranique :

« Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. » Coran (3,110)

Pour accélérer le transfert du Patrimoine universel de l’humanité vers le repère propre de la civilisation musulmane, les souverains payaient, en l’équivalent du poids en or, chaque livre traduit. Les multiples encouragements et l’engouement collectif eurent alors pour conséquence de rendre disponible, dès le IXe siècle, la majeure partie des écrits du monde connu en langue arabe. L’un des savants symbolisant ce mouvement remarquable vers la connaissance fut probablement Al Kindi. Il fut l’initiateur d’un vaste mouvement de recherche des textes scientifiques et philosophiques des savants

de l’antiquité. Dans son fihrist (Inventaire), Ibn Al Nadim témoigna qu’Al Kindi fut l’auteur de deux cent quarante et une œuvres traitant brillamment de disciplines polyvalentes. En savant exemplaire, il orienta la stratégie de développement durable des sciences. Il laissa à la postérité une recommandation toujours d’actualité :

« Nous ne devons pas avoir honte d’admirer la vérité et de l’accueillir, d’où qu’elle vienne, même si elle nous vient de générations antérieures et de peuples étrangers. La vérité n’est jamais indigne ; elle ne diminue jamais qui la dit, ni qui la reçoit. Au contraire, la vérité ennoblit. »

Les témoignages de nombre de chercheurs mettent en lumière le bien fondé des quêtes des savoirs entreprises dès le commencement de la civilisation musulmane:

« Les khalifes Al-Mansour, Haroun-Al-Raschid, Al-Mamoun cultivèrent la philosophie, l'astronomie et les mathématiques. Al-Mamoun appela à sa cour beaucoup de savants étrangers, et il fit, à grands frais, traduire en arabe les classiques grecs. Partout la domination arabe répandait les bienfaits de la civilisation. Bagdad, Bassora, Rufa, Cordoue, eurent des écoles et des bibliothèques publiques, où affluaient les hommes avides de s'instruire. L'université de Cordoue jouit longtemps d'une grande célébrité. La bibliothèque de la capitale des émirs d'Espagne fut la plus vaste du monde [...]. Au douzième siècle, on ne compta pas moins de soixante-dix bibliothèques publiques dans les contrées de l'Espagne soumises aux Maures. [...] C'est, dit-on, par les croisades que la science des Arabes fut révélée aux Occidentaux. Mais on exagère ici, évidemment, l'influence des croisades. Car déjà dès le neuvième siècle, par conséquent deux cents ans au moins avant la première croisade, les savants de l'Occident s'étaient trouvés en contact avec les Maures d'Espagne et connaissaient les trésors de l'académie de Cordoue. Au dixième siècle, Gerbert, élu pape sous le nom de Sylvestre II, avait été élevé en Espagne, et avait même appris la langue arabe. [...] Hormis les Arabes et les Grecs, tout le reste de l'Europe était encore plongé dans les ténèbres. »ii (Ferdinand Hoefer)

« Quatre ou cinq siècles durant, l'Islam fut la civilisation la plus brillante de tout l'Ancien Monde. Cet âge d'or va, en gros, du règne du fils d'Harûn al-Rashid, Ma'mûm (813-833) [...] à la mort d'Averroès, le dernier des grands philosophes musulmans [...] en 1198 [...]. A ces étages supérieurs, la civilisation musulmane, en ces siècles d'or, est à la fois une immense réussite scientifique et une relance exceptionnelle de la philosophie antique. Ces réussites ne sont pas les seules (que l'on songe à la littérature), mais elles éclipsent les autres. Science d'abord : c'est la que les « Sarrasins » [...] ont le plus apporté de nouveautés. Rien moins, pour parler bref, que la trigonométrie et l'algèbre (au nom caractéristique). [...] De même pourrait-on faire l'éloge des géographes mathématiciens, des observatoires astronomiques et de leurs instruments [...]. Donnons-leur, bien qu'ils soient des maîtres, non des élèves, de très bonnes notes en optique, en chimie [...], en pharmacie [...]; leur médecine est indéniablement excellente [...]. Sur le terrain philosophique, c'est de reconquête qu'il faudrait parler, d'une reprise pour l'essentiel des thèmes de la philosophie péripatéticienne. L'élan de cette reconquête cependant ne se limite pas à reprendre et

retransmettre- ce qui à soi seul ne serait pas un mince mérite ; cette reprise est aussi prolongation, élucidation, création. »iii (Fernand Braudel)

« Cette civilisation musulmane, maintenant si abaissée, a été autrefois très brillante. Elle a eu des savants et des philosophes. Elle a été, pendant des siècles, la maîtresse de l’occident chrétien. Pourquoi ce qui a été ne serait-il pas encore ? Voilà le point précis sur lequel je voudrais faire porter le débat. Y-a-t il eu réellement une science musulmane, ou du moins une science admise par l’Islam, tolérée par l’Islam ? Il y a dans les faits qu’on allègue une très réelle part de vérité. Oui ; de l’an 775 à peu prés, jusque vers le milieu du XIIIe siècle, c’est-à-dire pendant cinq cent ans environ, il y a eu dans les pays musulmans des savants, des penseurs très distingués. On peut même dire que, pendant ce temps le monde musulman a été supérieur, pour la culture intellectuelle, au monde chrétien. »iv (Ernest Renan)

« Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!... Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] Voyons donc les choses comme elles sont! Les croisades? Une piraterie de grande envergure, et rien de plus! [...] La noblesse allemande est à peu près absente de l’histoire de la culture supérieure: on en devine la cause... Le christianisme, l’alcool - les deux grands moyens de corruption… En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. « Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.» C’est ce qu’a senti, c’est ce qu’a fait ce grand esprit fort, le seul génie parmi les empereurs allemands, Frédéric II [Hohenstauffen]. »v (Friedrich Nietzsche)

« Mon père avait au contraire un grand respect pour les Arabes. Il avait aussi beaucoup d'estime pour leur courage au cours de l'histoire. Avec quelle flamme il m'apprenait, enfant, comment ils avaient été des conquérants inégalés, comment ils avaient soumis le Maghreb, la péninsule Ibérique et même une partie de la Gaule méridionale. Je l'entends encore me conter l'histoire de Schéhérazade, d'Aladin et la lampe merveilleuse, me décrire avec force détails l'épopée de l'empire fameux des Omeyades, du khalife de Bagdad entouré de ses esclaves turcs et berbères... »vi (Philippe de Gaulle)

« Il suffit ici d'évoquer quelques glorieux nom sans équivalent contemporains en Occident : Jabir ibn Haiyan, Al-Kindi, Al-Khwarizmi, Al-Fargani, Al-Razi, Thabit ibn Qurra, al-Battani, Hunain ibn Ishaq, al-Farabi, Ibrahim ibn Sinan, al-Masudi, al-Tabari, Abul Wafa, 'Ali ibn Abbas, Abul Qasim, Ibn al-Jazzar, al-Biruni, Ibn Sina, Ibn Yunus, al-Kashi, Ibn al-Haitham, 'Ali Ibn 'Isa al-Ghazali, al-zarqab, Omar Khayyam.

Une magnifique liste de noms qu'il ne serait pas difficile d'étendre. Si quelqu'un vous dit que le Moyen Age a été scientifiquement stérile, citez-lui seulement ces hommes, qui ont tous brillé dans une courte période, de 750 à 1100 après JC. »vii (George Sarton)


i Remarque pour servir de supplément à l'Essais sur les Mœurs » (1763), dans Œuvres complètes de Voltaire, Voltaire, éd. Moland, 1875, t. 24, chap. IX-De Mahomet, p. 588

ii Histoire de la chimie (1843), Ferdinand Hoefer, éd. Firmin Didot frères, 1866, p. 323

iii Grammaire des civilisations (1963), Fernand Braudel, éd. Flammarion, 2008, p. 128-138

iv Discours et conférences, Ernest Renan, éd. C. Lévy, 1887, L'Islamisme et la Science (conférence prononcée à la Sorbonne, en 1883), préambule, p. 378

v L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 60, p. 85

vi A propos des auteurs disant que De Gaulle n'aimaient pas les Arabes De Gaulle, mon père, Philippe de Gaulle, éd. Plon, 2004, t. 2, p. 465-466

vii Introduction to the History of Science, George Sarton (trad. Wikiquote), éd. Williams & Wilkins, 1927, p. 27


L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/

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