"> Coran : exegèse - Sourate 108 Al-Kawthar - Musulman et fier de l\'être
 

Sourate 108 Al-Kawthar (L'Abondance)

Added 17/1/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

Au nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Nous t’avons certes accordé l’Abondance

2. Accomplis la salat pour ton Seigneur et sacrifie

3. Celui qui te hait sera certes sans postérité

Descente et composition :

Quinzième sourate révélée, "Al-Kawthar " est mecquoise, elle tient la cent huitième place dans le Coran.

Elle repose sur trois « signes » (versets) : c’est la plus courte sourate du Coran.

Il s’agit d’une des trois sourates qui s’adressent spécifiquement au Prophète — "Ad-Dohâ" (Le jour montant) et "Ach-Charh" (L’épanouissement) étant les deux autres.

Elle a un rapport étroit avec sourate "Ad-Dohâ", dans laquelle Dieu dit : « Ton Seigneur t'accordera certes [de Ses bienfaits] et tu seras satisfait », v. 5.

Thème :

La sourate évoque les faveurs divines accordées au Prophète , les convenances qui en résultent pour manifester la gratitude, et la situation de ses ennemis.

Contexte de la révélation :

Le Prophète et Khadîja venaient de perdre leur fils ‘Abdoullâh. Les ennemis de l’Islâm se gaussèrent de Mouhammad qui n’avait pas de descendance masculine. Yazîd Ibnou Roumâne narre cette anecdote : « Lorsque l’on évoquait le nom du Messager de Dieu , Al-‘Âs Ibnou Wâ’îl As-Sahmî s’écriait : " Laissez-le ! C’est un homme dépourvu de postérité [masculine ; "abtar"]. Quand il mourra, personne ne perpétuera son nom, et vous en serez débarrassés. " » Ce fut donc dans ces circonstances qu’Allâh fit descendre sourate "Al-Kawthar".

Les mérites de la sourate :

Sa caractéristique est qu’elle est brève, donc facilement assimilable par tout musulman pour être récitée dans les prières. C’est une des premières sourates que l’on apprend aux enfants et aux nouveaux adeptes de l’Islam. Certes courte, elle est néanmoins profonde en sens : sa sémantique est riche et édifiante. Allâh a défié les communautés des hommes et des djinns de produire ne serait-ce qu’une sourate aussi courte que celle-ci mais aussi importante d’envergure : nul n’y est parvenu jusqu’à présent.

 

 

Champ lexical et définitions :

Verset 1:

Allâh réconforte Son Envoyé en déclarant qu’Il lui fait don de « la rivière de l’abondance » (Al-Kawthar).

Anas Ibnou Mâlik a raconté qu’un jour le Prophète était parmi ses compagnons, il s’assoupit, puis soudain, il leva sa tête en souriant. « Qu’est-ce qui te fais rire, Ô Envoyé de Dieu ? », le questionnèrent-ils. Mouhammad répondit : « Tantôt il m’a été révélé cette sourate : " Au Nom d’Allâh Le Tout Clément, Le Tout Miséricordieux. (…)" », puis il ajouta :

— « Savez-vous ce qu’est "Al-Kawthar" ?

— Dieu et Son Envoyé le savent certes mieux que nous, rétorquèrent-ils.

C’est une rivière dans le paradis que mon Seigneur — à Lui la puissance et la gloire —, m’a promise, et dont les faveurs sont abondantes. C’est un bassin où viendra s’abreuver ma communauté au jour de la Résurrection. Ses vases sont au nombre des étoiles dans le ciel. (…) », (rapporté par Aboû Dâoûd, An-Nasâ’î, Mouslîm).

Pourquoi Allâh a-t-Il utilisé le verbe أعطى "a’tâ" plutôt que آتى "âtâ" ?

1. Le verbe أعطى « a’tâ », dans le Saint Coran, s'utilise seulement pour le don matériel, tandis que le verbe آتى « âtâ » s’emploie pour le don matériel (argent …) et moral (sagesse, royauté, lucidité, miracle...).

2. Le verbe أعطى "a’tâ" sous-entend que le donateur transfert la propriété de la chose à un tiers, alors que le verbe آتى "âtâ" n’implique pas ce transfert et le don peut-être retiré.

(Tu donnes le pouvoir à qui Tu veux et Tu l’enlèves à qui Tu veux)

(تؤتي الملك من تشاء وتنزع الملك ممن تشاء)

3. La certitude que le don a bien été octroyé se manifeste dans l’usage de أعطى "a’tâ" au passé.Le mot إ نا"inâ" — pluriel de majesté, car Allâh parle de Lui-même —, précède le verbe أعطى "a’" pour montrer que ce don vient exclusivement de Dieu : aucune créature n’est en mesure d’accorder l’abondance autant qu’Allâh .

Pourquoi dit-Il الكوثر "al-kawthar" et non الكثير "al-kathîr" ?

 

1. Le mot الكوثر "al-kawthar" est le superlatif positif du mot الكثير "al-kathîr" (prospérité illimitée).

2. Le vocable الكثير "al-kathîr" peut signifier le don du bien ou du mal. En revanche le mot الكوثر "al-kawthar" signifie exclusivement le don du bien.

3. Certains exégètes ont défini الكوثر "al-kawthar" comme étant :

- une rivière du paradis, dont les rives sont bordées de dômes en perles creuses, son sable est du musc, ses cailloux des perles, ses cruchons sont aussi innombrables que les étoiles ornant le firmament, son eau est plus blanche que le lait, sa saveur plus douce que le miel, des oiseaux y viennent se désaltérer et leur cou est semblable à celui du chameau.

- Le bassin du Prophète — de la même nature que la rivière suscitée —, destiné aux pieux qui ne seront pas touchés par la soif au jour du Jugement dernier ; d’où l’invocation : « Seigneur, abreuve-nous du bassin du Prophète de manière à ne plus sentir la soif ».

- La notoriété sur terre.

4. Le terme الكوثر "al-kawthar" peut être un nom propre alors que الكثير "al-kathîr" n’est qu’un adjectif. Lorsqu’on dit par exemple : السيد الكوثر أقبل cela signifie "Mr Générosité est venu" et dénote que la personne est très généreuse. Une exception cependant pour le nom Ibnou Kathîr (élève d’Ibnou Taymyia et auteur d’une exégèse du Coran).

Verset 2 :

La lettre ف "fa" du mot فصل fait le lien entre ce que Dieu a accompli pour le Prophète et ce que celui-ci doit entreprendre en conséquence. Dieu n’a pas exigé de lui d’être reconnaissant, car le remerciement du serviteur ne peut jamais équivaloir le don divin consenti : subséquemment, la prière et le sacrifice sont assurément les meilleures manifestations du sentiment de reconnaissance. En effet, la prière est l’adoration par excellence envers notre Seigneur, et le sacrifice est la meilleure action que l’on puisse réaliser à l’égard des hommes, puisqu’il signifie la donation, le partage de ce que l’on a sacrifié à l’adresse des pauvres.

Pourquoi a-t-Il dit وانحر "wa nhar" et non واذبح "wa dhbah" ou وضحي "wa dahhî" "sacrifie" ?

1. Le verbe ذبح "dhabaha" signifie égorger n’importe quel animal, c’est un verbe transitif direct, donc il nécessite un complément d’objet direct (COD).

Le verbeنحر "nahara" est un verbe intransitif, qui implique l’idée que l’animal sacrifié est un chameau.Or, le camélidé avait plus de valeur aux yeux des Arabes que n’importe quel autre animal à destination de la consommation, la phrase nécessite par conséquent l’usage de نحر "nahara".

2. Comme Dieu a parlé d’abondance, le Prophète devait donc donner en grande quantité et sacrifier ce qui coûte le plus cher. Etant donné que le chameau est du très gros bétail, que les moyens de conservation étaient rudimentaires, un individu ne peut consommer à lui seul tant de viande, il était obligé d’en offrir.

3. Dieu n’a pas dit ضحي "dahhî", car ce verbe ne s’utilise que pour le sacrifice de l’Aïd.

4. Il n’a pas dit وتصدق "wa tassadaq" "donne l’aumône", car cela ne précise pas la valeur de l’aumône, alors que le mot وانحر "wanhar" reflète l’importance du don.


Pourquoi n’a-t-Il pas dit فصل لنا "Prie pour Nous" ou لله فصل "Prie pour Allâh" ?

1. S’Il avait dit "Prie pour Nous", cela signifierait que la prière est la réponse au don d’Allâh . De surcroît, si Dieu avait utilisé la première personne du pluriel ("Nous"), on aurait l’impression qu’Il n’est pas Seul à être adoré. Dieu ne se sert du pluriel que lorsqu’Il est l’Auteur d’une générosité ou d’une action, et non lorsqu’Il est Le Destinataire des actions de Ses serviteurs : « Nous t’avons certes accordé l’Abondance », « Accomplis la salat pour ton Seigneur ».

2. Il n’a pas dit "Prie pour Allâh", car dans le Coran, à l’identique du verset « Ton Seigneur t’accordera et tu seras satisfait », s. 93 « Ad-Dohâ » (Le Jour montant), v.5, le verbe أعطى « a’tâ » est toujours lié au mot « Seigneur » et non au terme « Allâh ».

Pourquoi n’a-t-Il pas dit وانحر لربك "sacrifie pour ton Seigneur" ?

1. La prière est une adoration que tout le monde peut accomplir alors que le sacrifice ne peut être le fait que des plus aisés. Allâh ne charge aucun de Ses serviteurs au-dessus de ses moyens ou de ses forces.

2. La chair des animaux sacrifiés ne parvient pas à Allâh , mais uniquement la piété des actes qu’Il agrée alors.

Verset 3 :

Le mot الأبتر "al-abtar" a plusieurs sens:

- tout ce qui disparaît définitivement ;

- celui qui a perdu tous ses garçons, ou celui qui n’en a pas du tout ;

- le perdant.Dieu n’a pas dit « ton ennemi », mais juste « celui qui te déteste » : cette locution englobe ceux qui combattent et ceux qui ne combattent pas Mouhammad ; elle est intemporelle : la détestation concerne les contemporains du Prophète mais aussi les gens des époques qui allaient venir.

Pourquoi a-t-Il ditالأبتر "al-abtar" et non المبتور "al-mabtoûr" ?

1. "Al-abtar" est le superlatif du mot "al-mabtoûr", il implique la notion de durée dans le temps.

2. "Al-abtar" est mis en parallèle avec "al-kawthar" : aussi vrai que l’abondance accordée à Mouhammad sera grandiose, aussi réelle sera la déchéance de ceux qui le détestent.

Suite à la révélation de cette sourate, le Prophète égorgea cent chameaux : tant de générosité laisse rêveur…mais le Prophète est réputé pour ne jamais craindre l’appauvrissement par le don…

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Sourate 114 An-Nâss (Les Hommes)

Added 17/1/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

1. « Dis: « Je cherche protection auprès du Seigneur des Hommes

2. Le Souverain des Hommes

3. Dieu des Hommes

4. contre le mal du mauvais conseiller, furtif,

5. qui souffle le mal dans les poitrines des Hommes

6. qu'il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain » 

Descente et composition :

             « An-Nâss » est la vingt-et-unième sourate révélée, mais la cent quatorzième et dernière dans  l’ordre de placement des sourates dans le Coran. Elle fait suite à « Al-Falaq » (« L’Aube naissante ») et comprend six versets. 

             « Al-Falaq » et « An-Nâss » (« Les Hommes ») sont appelées « Al-Mou’awwidhatayn » (المعوذتين : « Les deux préservatrices »). Toutes deux portent aussi le nom d’« Al-Mouchaqchiqatayn » (المشقشقتين) : « Celles qui protègent de l’hypocrisie ». Dans l’absolu, l’une ne va pas sans l’autre lorsqu’elles sont récitées comme invocations.

 Thème :

             Sourate « An-Nâs » est relative à la demande de protection contre un mal invisible : les suggestions insidieuses des démons (الوسواس : Al-waswâs). 

Contexte de la révélation :

             Il est identique pour la descente de « Al-Falaq ». Pour mémoire et brièvement, « An-Nâs » fut révélé pour  que  l’archange Gibrîl (Gabriel ; psl) exorcisât le Prophète Mouhammad de la sorcellerie de Labîd Ibnou Al-A’sam.

 Intérêts de sourate « An-Nâs » :

             C’est une sourate que les croyants récitent matin et soir, mais également au moment du coucher pour se protéger de la présence abusive du diable.

En effet, le Messager d'Allâh informe les musulmans : « Chacun de vous a un compagnon [parmi les démons] qui lui est attaché. » (mentionné par Mouslim).

 Les Prophètes ne sont pas épargnés par cette présence du malin :

وكذلك جعلنا لكل نبيء عدواً شياطين الإنس والجن يوحي بعضهم إلى بعض زخرف القول غروراً

(الأنعام 112).

 « Ainsi, à chaque prophète Nous avons assigné un ennemi : des diables d'entre les Hommes et les Djinns, qui s'inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées », s. 6 Al-An’âm (Les Bestiaux), v. 112.

On demanda au Prophète  : « Et toi, ô Messager de Dieu ? ». « Oui, répondit-il, mais mon Seigneur m’a soutenu contre lui jusqu’à ce qu’il se soumît à moi. Il ne me suggère que le bien. » (rapporté par Mouslim).   

قَالَ رَبّ بِمَآ أَغْوَيْتَنِي لاُزَيّنَنّ لَهُمْ فِي الأرْضِ وَلاُغْوِيَنّهُمْ أَجْمَعِينَ * إِلاّ عِبَادَكَ مِنْهُمُ الْمُخْلَصِينَ قَالَ هَذَا صِرَاطٌ عَلَيّ مُسْتَقِيمٌ * إن عبادي ليس لك عليهم سلطان إلا من اتبعك من الغاوين)  . (الحجر:(41 

« Il dit : "Ô mon Seigneur, parce que Tu m'as induit en erreur, eh bien je leur enjoliverai la vie sur terre et les égarerai tous, à l'exception, parmi eux, de Tes serviteurs élus ". [Allâh] dit : " voici une voie droite [qui mène] vers Moi. Sur Mes serviteurs tu n'auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés », s. 54 Al-Hijr, v.41.

              D’après Anas ibn Mâlik, le Prophète a dit : « Satan pose sa trompe sur le cœur du fils d’Adam. Lorsque celui-ci mentionne Dieu, Satan disparaît et lorsqu’il oubli Dieu Satan l’aspire : tel est le tentateur qui suggère la mal et se dérobe furtivement. »

روي عن أنس بن مالك قال: قال رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم : " إن الشيطان واضع خطمه على  قلب ابن آدم فإذا ذكر الله خنس وإذا نسي التقم فذلك الوسواس الخناس"

             Il est de l’éthique du musulman de préserver ses coreligionnaires des insufflations sataniques comme il le ferait pour lui-même. 

 « Satan coule dans les veines du fils d’Adam comme le sang et j’avais peur qu’il pollue vos cœurs » :

(إن الشيطان يجري من ابن آدم مجرى الدم وإني خشيت أن يقذف في قلوبكما)

; cette parole a été prononcé par le Messager d’Allâh à l’adresse de deux hommes qui l’avait aperçu en compagnie de son épouse Safia , devant l’entrée de la mosquée, alors qu’il effectuait sa retraite spirituelle. Le voile intégrale ayant été commandé aux femmes du Prophète , les deux individus ne pouvait savoir de qui il s’agissait, et Satan Le Maudit pouvait dévier leurs pensées : pour prévenir les suggestions démoniaques, le Prophète a décliné l’identité de son épouse.

             Satan est un djinn qui a atteint à une période un grand degré de foi au point qu’il fut autorisé à côtoyer les anges. Après avoir créé Adam (psl), Allâh demanda aux anges de se prosterner devant ce nouvel être, à qui Il a enseigné le nom de toute chose. Tous obéirent excepté Iblis, l’ancêtre des satans : il s’est enorgueilli et a refusé de reconnaître la supériorité d’Adam (psl). Selon ses prétentions, le feu ne devait pas s’incliner devant une créature modelée à partir du limon fétide. Son outrecuidance lui valut la malédiction de Dieu et le bannissement du lieu où il avait été admis. Il s’est néanmoins promis, avec la permission de Dieu, d’égarer avec lui un maximum  de pervers parmi les Hommes. 

 

             Pour parvenir à leur fin, les ruses de Satan sont multiples et s’adaptent à la faiblesse de chaque humain : le diable est versé dans l’art d’embellir les moindres mauvaises actions des humains. Il incite l’homme à minimiser les péchés et à différer le repentir.  On dénombre six degrés d’égarement, par ordre d’importance, auxquels Satan voudrait mener ses victimes : 

1 - L’incrédulité, le polythéisme et l’animosité envers le Prophète : celui qui est touché par ces maux a perdu sa vie d’ici bas et son au-delà ;

2 - L’hérésie et l’innovation : toutes deux sont sources de séditions et n’incitent pas au repentir.

3 - Les grands péchés "al-kabâïr"(الكبائر) : c’est l’ignominie pour qui porte la foi et l’antichambre de la      Perdition ;

4 - Les petits péchés "as-saghâïr"(الصغائر) : les démons font feu de tout bois, car à force de      s’accumuler et de réitérer, les péchés mêmes minuscules se renforcent les uns les autres au point de dépasser en gravité un grand péché ;

5 - L’embellissement des actes autorisés mais non rétribués par Dieu, « al-moubâhât » (المباحات) :         persister dans la pratique de ces actes garantie le piétinement qui empêche la progression dans le cheminement spirituel ;

6 - L’embellissement des œuvres secondaires au détriment des œuvres prioritaires : agir ainsi conduit l’auteur à commettre maintes erreurs dans ses choix existentiels, ce qui peut le léser irrémédiablement.

 Chaque suppôt de Satan a une spécialité : Al-walhân (الولهان) qui perturbe le croyant lorsqu’il s’adonne aux ablutions ; Khinzab (خنزب) qui distrait le musulman en prière. Toutefois, le must pour ces êtres ténébreux c’est encore de réussir à séparer l’homme de son épouse.

             Voici neuf entrées par lesquelles les démons peuvent nuire à leur proie, mais également les qualités nécessaires pour leur claquer la porte aux nez :

        1)     la cupidité, elle est la pauvreté même, car l’Homme n’est jamais content de ce qu’il possède et il désire toujours plus, et fait preuve d’ingratitude envers Dieu. C’est pour cette raison qu’il faut lui opposer la satisfaction, le remerciement et la louange à Allâh pour tous Ses dons.

        2)     Le trop grand espoir en la vie entraîne une ambition démesurée et l’oubli de l’au-delà. La remémoration de la mort freine les ardeurs les plus tenaces, encourage les croyants à revenir à l’essentiel (l’adoration de Dieu) et à ne pas s’attacher à l’éphémère.

        3)      Le plaisir, il conduit aux futilités, à l’excès dans le comportement. Avoir en pensées le jugement divin au jour de la Résurrection est salvateur.

        4)     Se plaindre des épreuves que Dieu envoie sur soi est indécent, car en vérité Il ne charge quiconque au-dessus de ses forces ; ne pas comprendre que derrière chaque épreuve il y a une sagesse divine et un bienfait diminue la récompense, voire l’annihile. Pour se sortir des griffes diaboliques, il faut justement garder en tête la rétribution de Dieu pour toute affliction supportée avec  une belle patience.

        5)     L’orgueil, le sentiment le mieux exploité par les tentateurs furtifs : Iblis ne fut-il pas perdu à cause de ce défaut ? L’humilité est l’arme fatale pour lutter contre les fléaux de l’orgueil.

        6)     Sous estimer autrui, donc mépriser ses semblables, revient à se condamner à ne jamais pouvoir accéder au paradis. Seul le respect pour autrui peut contrebalancer cette tare dans le comportement.

        7)     L’amour de la vie mondaine éloigne le cœur humain de son Créateur, le diable y fait pénétrer l’ostentation et la surenchère dans la course effrénée aux biens matériels. Quoi de mieux que de purifier le cœur en y plaçant une sincérité à toute épreuve de l’intention lorsqu’on œuvre ?

        8)     La recherche de la célébrité et/ou du pouvoir, ici bas n’est pas dans l’éthique du musulman : Dieu rabaisse celui qui agit ainsi. L’anonymat et la discrétion augmentent la valeur de l’individu et de ses actes : le croyant ne cherche qu’à plaire à Dieu, il n’espère de salaire que de Sa part.

        9)     Le défaut de l’avidité est identique à celui de la cupidité, il replie les mains de l’Homme, la générosité n’est pas le fort du cupide, et pourtant, pour son salut, il vaudrait mieux qu’il s’y précipite !


 Champ lexical et définitions :

             Dans sourate « An-Nâss », il est question de l’emploi de trois attributs divins lorsqu’on veut invoquer la protection d'Allâh contre le mal invisible, à savoir les incitations démoniaques : les trois qualités exaltées sont La Seigneurie (الرب, Ar-Rab), La Souveraineté (الملك, Al-Moulk), La Divinité (الإِله, Al-Ilah).

 La Seugnerie sous-entend une proximité entre Dieu et Ses créatures se traduisant par une relation de serviteur à Maître.

La Souveraineté fait référence à Celui qui est difficile à atteindre du fait de Sa Majesté.

La Divinité implique l’adoration qui fait lien entre les deux attributs précédents.

             La répétition du mot « an-nâs » (« les gens ») après chaque attribut renforce l’idée que chacun nom divin suffit comme protection. On retrouve ces trois attributs rassemblés dans certains versets tel : 

" ذلكم الله ربكم له الملك لا إله إلا هو فأنى تصرفون"

« Tel est Allâh votre Seigneur ! A Lui appartient toute la Royauté. Point de divinité à part Lui. Comment pouvez-vous vous détourner de son culte » s.39.Az-Zoumar (Les Groupes), v.6.

 Un parallèle peut être fait avec sourate « Al-Fâtiha » (L’Ouverture).

 « Al-waswâs » est comparable à une voix intérieure (un chuchotement) qui dicte de mauvaises idées à l’Homme

(حديث النفس بما هو كالصوت الخفي).

 « Al-khannâs » est celui qui devient petit dès que l’Homme se rappelle de son Seigneur, c’est-à-dire qu’il disparaît aussi promptement qu’il apparaît (لاختفاء بعد الظهور).

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Sourate 113 Al-Falaq (L'Aube Naissante)

Added 17/1/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

Au nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 

  1. « Dis : " Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante,  
  2. contre le mal des êtres qu’Il a créés 
  3. contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit, 
  4. contre le mal de celles qui soufflent [les sorcières] sur les nœuds, 
  5. et contre le mal de l’envieux quand il envie. " »

Descente et composition :

              Vingtième sourate à être révélée,  juste après celle de « L’Eléphant ». «  Al-falaq » (« L’Aube naissante ») est entièrement mecquoise d’après l’affirmation d’Al-Hassan, de ‘Attâ’ et de ‘Ikrimah (rapporté par Kourayb d’après Ibnou 'Abbâs ; que Dieu les agrée tous). Dans l’ordonnancement du Coran elle est la cent treizième. Elle comporte cinq versets (littéralement « signes »).

            Sourate « Al-Falaq » et sourate « An-Nâss » (« Les Hommes ») forment un duo appelé « Al-Mou’awwidhatayn » (المعوذتين ; « Les deux préservatrices »). Toutes deux portent aussi le nom d’« Al-Mouchaqchiqatayn » (المشقشقتين) : "Celles qui protègent de l’hypocrisie" ; hypocrisie qui est abordée dans sourate « At-Tawbah » et sourate « Al-Kâfiroun ».

Thème :

             Sourate « Al-Falaq » traite de la demande de protection divine contre le mal visible des créatures.On rapporte que Abdoullâh Ibnou Masʻoud ne considère pas « Al-Falaq » et « An-Nâss » comme des sourates coraniques, mais plutôt comme des invocations, des demandes de protection divine. Toutefois, les autres compagnons du Messager d'Allâh estiment que ce sont deux sourates tirées du Coran : il a été authentiquement rapporté que le Prophète les a récitées dans les unités de prière.


Contexte de la révélation :

             Certains savants disent que sourate « Al-Falaq » a été révélée suite au souhait des Qoraïchites de désigner un homme pour jeter un mauvais sort au Prophète . D’autres érudits pensent qu’elle l’a été en réponse à la sorcellerie opérée par Labîd Ibnou Al-Aʻsam (لبيد بن الأعصم) sur le Prophète . Voici ce qui est narré : le Prophète a été ensorcelé ; il lui semblait aller chez ses femmes, mais en réalité il ne s’y est pas rendu. Des juifs ont incité un jeune coreligionnaire, au service du Prophète , à dérober à celui-ci son peigne et quelques uns de ses cheveux. Ils confièrent le produit de leur larcin au malveillant Labîd Ibnou Al-Aʻsam, qui en usa à des fins de sorcellerie à l’encontre du Prophète . Peu de temps après, le Messager de Dieu tomba malade. Un jour, alors qu’il s’est assoupi, le Prophète reçut la visite de deux anges, l’un se plaçant au-dessus de sa tête, et l’autre à ses pieds ; ils tinrent ces propos :

                  « Qu’est-ce qu’il a ?

                  Il est atteint d’un mal.

                  De quel mal ?

                  De la sorcellerie.

                  Et qui l’a ensorcelé ?

                  Labîd Al-Aʻsam, le juif.

                  Au moyen de quoi ?

                  Au moyen d’un peigne et des cheveux.

                  Où sont-ils ?

                  Dans les spathes [de palmier] sous une pierre se trouvant au fond du puits de Dharwâne (ذَرْوَان). »

Sur ce, le Prophète s’éveilla et dit à son épouse 'Âïcha  : « Ô Aïcha ! Je crois que Dieu m’a montré [la cause de] mon mal. »

Il demanda à ʻAlî, Az-Zoubaïr et ʻAmmâr Ibnou Yâssir (que Dieu les agrée) de se rendre au puits et de l’assécher : l’eau semblait mélangée au henné. Ils soulevèrent une pierre et retirèrent de dessous les spathes renfermant le peigne et les cheveux du Prophète . Ils trouvèrent également une corde comportant onze à douze nœuds, selon les versions.

C’est à cette occasion que « Al-Falaq » et « An-Nâs » furent révélés, et l’archange Gibrîl (Gabriel) put les réciter : à chaque récitation, un nœud se déliait et l’état du Messager d'Allâh s’améliorait jusqu’à la guérison totale. Gibril lui dit alors: « Au Nom d'Allâh, je te garantie contre tout ce qui peut te nuire, contre tout envieux et contre tout mauvais œil ! Que Dieu te guérisse ! »

Les musulmans proposèrent au Prophète  : « Ô Messager de Dieu ! Ne devons-nous pas tuer ce scélérat ? »

Le Prophète leur répondit : « Dieu m’a guéri, et je déteste faire du mal aux gens. »


 Les mérites de la sourate « Al-Falaq » :

             « Al-Falaq » et « An-Nâs » constituent une protection pour le musulman. Il est autorisé de les lire à quelqu’un pour le protéger : le Prophète les récitait à ses petits-enfants Al-Hassân et Al-Houssayn . 'Âïcha rapporte que le Messager de Dieu les lisait pour lui-même lors de sa dernière maladie, puis il soufflait dans ses mains et les passait sur son corps. Lorsqu’il ne pouvait plus le faire, elle prenait ses mains bénites et les y récitait pour lui.

              Ouqba Ibnou ‘Âmir rapporte ces paroles du Prophète  : « Des versets qui n’ont pas leur pareil m’ont été révélés : « Al-falaq » et « An-Nâs. » (mentionnée par Abou Dâwoud et At-Tirmidhî) ; « Dis : ʺ Il est Allâh, Unique ʺ ; [puis récite] « Al-Falaq » et « An-Nâs » le soir et le matin. Lis-les trois fois, elles te protègent de tout mal [elles te suffisent] »

Ce même ‘Ouqba raconte qu’il accompagnait le Prophète entre Al-Jahfa et Al-Abwa’, lorsque le vent se leva et que l’obscurité complète les surprit. Le Messager d'Allâh récita alors les deux sourates, puis il dit à ‘Ouqba  : « Ô 'Ouqba, récite-les ! Tu ne trouveras pas des sourates pareilles pour chercher protection auprès du Seigneur» (rapporté par Aboû Dâwoûd). 

Champ lexical et définitions :

              On ne le répétera jamais assez : pour savourer amplement la profondeur du Coran et la beauté  de son style inimitable, l’apprentissage de l’arabe littéraire, auprès des maîtres en la matière, est incontournable.  

1. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante       

قُلْ أَعُوذُ بِرَبّ الْفَلَق      

العوذ: اللجأ إلى شيء يقي من يلجأ إليه من يخافه

« Al-'aoûdh » signifie se réfugier auprès de quelque chose ou de quelqu’un pour se protéger de ce qu’on craint. Dans le coran, il est également dit : « Demande la protection de Dieu contre Satan le lapidé »

(فاستعذ بالله من الشيطان الرجيم  ; " fasta’idh billahi minach-chaytânir-radjîm "). 

Le terme « Al-Falaq » a été interprété de différentes manières, il est :

            ·         une demeure en enfer, d’après Oubayy Ibnou Ka’b ;

            ·         une prison en enfer, selon Ibnou Abbâs  ;

            ·         une grotte en enfer, suivant Saïd Ibnou Joubayr  ;         

            ·         un fleuve de l’enfer, selon Al-Kalbî ; (que Dieu les agrée tous).

            ·         un des noms de l’enfer ;

            ·         l’aube naissante, pour la majorité des érudits. Il s’agit de la lumière qui point des ténèbres.


Dans maintes sociétés et traditions, la nuit a une connotation négative : elle représente l’obscurité effrayante ;  elle est l’atrocité de la douleur ; elle est l’instant de tous les dangers sur la route ; elle symbolise  le manque de secours et l’insécurité ; etc.

 « L’aube naissante » est donc une faveur de la part de Dieu, car elle estompe progressivement les peurs et les dangers de l’obscurité. Allâh est qualifié par Lui-même de « Seigneur de l’aube naissante », car Il est « Lumière sur lumière », Il est Le Protecteur par excellence en dehors duquel il n’y a point de soutien.

Quand la créature sombre dans le noir de l’angoisse, son espoir croît au rythme du lever du jour…clarté qu’elle espère ardemment. Comble de la félicité, la lumière de Dieu est douce et enveloppante, tout à l’opposé d’une luminosité brutale, à l’image d’un projecteur qui agresse par son éclairage aussi inattendu qu’aveuglant.

 2. « contre le mal des êtres qu’Il a crées, 

مِن شَرّ مَا خَلَقَ 

Dans ce verset, Allâh commence par mentionner le mal en général, dont il faut Lui demander la protection : le mal, les épreuves, dont la créature est à l’origine. Outre l’hostilité  naturelle du monde qui entoure l’Homme, le mal se camoufle aussi dans ses beautés et ses plaisirs. De surcroît, il est affirmé dans les traditions musulmanes que les humains entre eux, et les djinns, sont des épreuves réciproques.

 Selon Al-Hassan Al-Basri , « …le mal des êtres qu’Il a créés » regroupe l’enfer, Iblis (le père des diables) et toute sa cohorte.

 3. contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit,

وَمِن شَرّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ 

Puis Allâh cite précisément les maux dont les croyants doivent se prémunir. Ainsi, la méfiance est  de mise à l’égard de l’obscurité, car c’est fréquemment la nuit où dans les endroits ténébreux qu’ont cours les pires forfaits (meurtres, cambriolages, turpitudes sexuelles,…).

 Le terme « Al-Ghâsiq » (الغاسق) correspond à une description de la nuit lorsque l’obscurité s’accentue ; « Waqaba » (وقب) signifie s’approfondir et s’épaissir sur une grande étendue (وقبت الشمس غابت) : les deux mots employés côte à côte renforce et personnifie les ténèbres malsains, qui s’amplifient et s’étendent. 

4. contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières),  sur les nœuds

وَمِن شَرّ النّفّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ

La sorcellerie est une réalité comme le prouve ce qui est advenu au Prophète . Le Coran a cité Hâroût et Mâroût, les deux anges mis à l’épreuve par Dieu, et qui ont enseigné la sorcellerie aux humains, non sans les avoir prévenus qu’ils étaient une tentation pour les Hommes.

Cette pratique réprouvée par l’Islam s’est perpétuée jusqu’à ce jour dans les sociétés modernes, pourtant réputées matérialistes et incrédules aux phénomènes paranormaux.

« An-nafth » (نفث) désigne le fait de souffler en bougeant la langue sans faire sortir de salive : cette définition ne fait-elle pas venir à l’esprit l’image d’un affreux reptile à la langue vibrante ?

« Al-‘ouqad » (الْعُقَدِ) sont des nœuds que les sorcières font avec des fils : ils symbolisent les entraves, les mauvais sorts, qui tiennent prisonnière la victime. 


 5. et contre le mal de l’envieux quand il envie »

 وَمِن شَرّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ  

« Al-hassad », « l’envie » : c’est un sentiment par lequel on souhaite que le bienfait accordé à un individu lui soit ôté pour en jouir à sa place ; cet état d’âme est pire lorsque son auteur désire la faillite de qui il envie sans pour autant vouloir jouir du bienfait dont celui-ci bénéficie. C’est une maladie du cœur, qui peut se transformer en une haine aveugle.

« L’envie est un péché majeur qui consume les bonnes actions. » [Rapporté par Abou Dâwoûd et Ibnou Mâjah.]

Le Prophète disait : « Prenez garde à l’envie, car l’envie engloutit les bonnes actions, comme le feu réduit le bois en cendre. » [Mentionné par Al-Baïhaqî.] 

Contrairement à « al-hassad », « al-gibtah » (littéralement (l’allégresse ») traduit le désir d’un individu de posséder le même bienfait qu’un autre, sans toutefois souhaiter la faillite de l’envié.

Le Messager d'Allâh informait : « Il n’y a d’envie [admise] que dans deux situations : celle d’un homme auquel Dieu a donné de l’argent et qui l’a consacré à la lutte contre ses ennemis jurés dans le sentier de la vérité ; et celle d’un homme auquel Dieu a accordé la sagesse, et qui la pratique puis  juge selon ses exigences. » [Rapporté par Boukhârî.]

Le Prophète a mis les gens en garde contre le mauvais œil qui est aussi une réalité : le regard de l’envieux est démoniaque ; croiser un tel œil peut pourrir la journée, voire l’existence d’un individu !

              Louanges à Allâh qui a fait don à l’humanité des versets protecteurs!

Al-wassat.com
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Notre relation spirituelle avec le Coran

Added 2/1/2011

tarekRésumé d’une conférence du Professeur Tariq Ramadan – 22 Mars 2008


Le Coran est un livre qui est révélé dans un contexte, petit à petit. Lors de notre lecture du Coran, nous avons besoin :

Du Cœur pour la lumière et de l’intelligence pour la compréhension.

Le vrai discours spirituel passe par un approfondissement du cœur. La spiritualité commence d’abord par la Lucidité.

La Lucidité : C’est ce que l’on est vraiment. Une observation de soi. Pour s’améliorer spirituellement, il faut être lucide intellectuellement.

La lucidité c’est aussi observer le sentiment qu’on a quand on nous dit quelque chose.

Comprendre pourquoi telle parole nous a fait mal, comprendre en quoi cette parole a du négatif et du positif par rapport à ma compréhension sur moi-même, mes intentions, …
Lors de la lecture d’un verset, on peut en extraire 3 dimensions :

1ère dimension :

Ce que nous dit le verset sur nous, notre intérieur.

2ème dimension :

Dieu nous dit tous la même chose, mais chacun va en prendre quelque chose de différent (Une histoire est un miroir ; on prend du miroir ce que le miroir nous dit à un moment de notre cœur).

Par exemple l’histoire de Ayoub touché par la maladie va nous interpeler un jour bien précis et on va en être très touché, s’arrêter sur le verset, pleurer. Or pourquoi à ce moment-là ce verset-là nous interpelle-t-il ? Et bien, c’est justement à ce moment que l’on va pouvoir commencer un travail d’analyse, de transformation, de changement pour transposer dans notre vie l’enseignement de cette histoire, pour nous réformer dans nos attitudes et pour changer.

3ème dimension :

Ce sont des attitudes humaines sur lesquelles on va s’arrêter.

Par exemple, l’histoire d’Iblis à Tentation de l’arrogance. On en retire une nécessité spirituelle d’être humble. C’est un principe que l’on doit comprendre pour être mieux que ce que l’on est.

En vérité, il n’y a de spiritualité que parce que l’homme a quelque fois perdu sa lucidité.

Le cheminement est le suivant : Lucidité à Compréhension à Transformation c’est l’appel spirituel du Coran.

Et dans ce cadre-là, le frère ou la sœur en Dieu doit être le miroir de mes progrès et pas l’accompagnateur de mes défauts……

Le Prophète (paix sur lui) connaissait les défauts des compagnons, mais les cachait aux yeux de tous. Le fait que le Prophète (paix sur lui) savait, cela imposait de changer.

Dieu nous demande la même chose par rapport au monde. La spiritualité nous transforme intimement pour transformer le monde extérieur.
Dieu nous demande d’observer le monde. De l’observation suit la reconnaissance de Ses signes.
L’harmonie de la nature implique la grandeur du Créateur.

La 1ère phase est l’observation : voilà ce que Dieu a voulu.

La 2ème phase est de comprendre Ses signes.

La 3ème phase implique d’aller jusqu’au bout de notre savoir : La présence de Dieu dans le cœur.


Enfin, la lucidité, ce n’est pas voir que nos défauts.

Une question importante dans notre spiritualité, c’est :

Qu’est-ce que je peux porter ? Qu’est-ce que j’apporte qui transforme les gens, le monde ?

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AL-AN˒AM (LES BESTIAUX)(1) 165 versets Pré-hég. n°55

Added 19/12/2010

SOURATE 6

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1.
Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre, et établi les ténèbres et la lumière. Pourtant, les mécréants donnent des égaux à leur Seigneur.

2. C’est Lui qui vous a créés d’argile; puis il vous a décrété un terme, et il y a un terme fixé auprès de Lui. Pourtant, vous doutez encore(2)!

3. Et Lui, Il est Allah dans les cieux et sur la terre. Il connaît ce que vous cachez en vous et ce que vous divulguez et Il sait ce que vous acquérez.

4. Et il ne leur vient aucun des signes d’entre les signes de leur Seigneur, sans qu’ils ne s’en détournent.

5. Ils traitent de mensonge la vérité quand celle-ci leur vient. Mais ils vont avoir des nouvelles de ce dont ils se moquent.

6. N’ont-ils pas vu combien de générations, avant eux, Nous avons détruites, auxquelles Nous avions donné pouvoir sur terre, bien plus que ce que Nous vous avons donnés? Nous avions envoyé, sur eux, du ciel, la pluie en abondance, et Nous avions fait couler des rivières à leurs pieds. Puis Nous les avons détruites, pour leurs péchés; et Nous avons créé après eux, une nouvelle génération.

7. Même si Nous avions fait descendre sur toi (Muḥammad) un Livre en papier qu’ils pouvaient toucher de leurs mains, ceux qui ne croient pas auraient certainement dit: «Ce n’est que de la magie évidente!»

8. Et ils disent: «Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui (Muḥammad) un Ange?» Si Nous avions fait descendre un Ange, c’eût été, sûrement, affaire faite(3); puis on ne leur eût point donné de délai.

9. Si Nous avions désigné un Ange [comme prophète], Nous aurions fait de lui un homme et Nous leur aurions causé la même confusion que celle dans laquelle ils sont.

10. Certes, on s’est moqué de messagers avant toi, mais ceux qui se sont raillés d’eux, leur propre raillerie les enveloppa.

11. Dis: «Parcourez la terre et regardez ce qu’il est advenu de ceux qui traitaient la vérité de mensonge».

12. Dis: «A qui appartient ce qui est dans les cieux et la terre?» Dis: «A Allah!» Il S’est à Lui-même prescrit la miséricorde(4). Il vous rassemblera, certainement, au Jour de la Résurrection: il n’y a pas de doute là-dessus. Ceux qui font leur propre perte sont ceux qui ne croient pas.

13. Et à Lui tout ce qui réside dans la nuit et le jour. C’est Lui qui est l’Audient, l’Omniscient.

14. Dis: «Devais-je prendre pour allié autre qu’Allah, le Créateur des cieux et de la terre? C’est Lui qui nourrit et personne ne Le nourrit. Dis: «On m’a commandé d’être le premier à me soumettre(5)». Et ne sois jamais du nombre des associateurs.

15. Dis: «Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un jour redoutable(6)».

16. En ce jour, quiconque est épargné, c’est qu’[Allah] lui a fait miséricorde. Et voilà le succès éclatant.

17. Et si Allah fait qu’un malheur te touche, nul autre que Lui ne peut l’enlever. Et s’Il fait qu’un bonheur te touche... c’est qu’Il est Omnipotent.

18. C’est Lui le Dominateur Suprême sur Ses serviteurs; c’est Lui le Sage, le Parfaitement Connaisseur.

19. Dis: «Qu’y a-t-il de plus grand en fait de témoignage?» Dis: «Allah est témoin entre moi et vous; et ce Coran m’a été révélé pour que je vous avertisse, par sa voie, vous et tous ceux qu’il atteindra.» Est-ce vous vraiment qui attestez qu’il y ait avec Allah d’autres divinités? Dis: «Je n’atteste pas». Dis [aussi]: «Il n’y a qu’une Divinité Unique. Et moi, je désavoue ce que vous (Lui) associez».

20. Ceux à qui Nous avons donné le Livre reconnaissent (le Messager Muḥammad) comme ils reconnaissent leurs propres enfants. Ceux qui font leur propre perte sont ceux qui ne croient pas.

21. Qui donc est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, ou qui traite de mensonge Ses versets(7)? Les injustes ne réussiront pas.

22. Et le Jour où Nous les rassemblerons tous puis dirons à ceux qui auront donné des associés: «Où sont donc vos associés que vous prétendiez?»

23. Alors il ne leur restera comme excuse que de dire: «Par Allah notre Seigneur! Nous n’étions jamais des associateurs».

24. Vois comment ils mentent à eux-mêmes! Et comment les abandonnent (les associés) qu’ils inventaient!

25. Il en est parmi eux qui viennent t’écouter, cependant que Nous avons entouré de voiles leurs cœurs, qui les empêchent de comprendre (le Coran), et dans leurs oreilles est une lourdeur. Quand même ils verraient toutes sortes de preuves, ils n’y croiraient pas. Et quand ils viennent disputer avec toi, ceux qui ne croient pas disent alors: «Ce ne sont que des légendes des anciens».

26. Ils empêchent [les gens] de s’approcher de lui(8) et s’en écartent eux-mêmes. Ils ne feront périr qu’eux-mêmes sans s’en rendre compte.

27. Si tu les voyais, quand ils seront placés devant le Feu. Ils diront alors: «Hélas! Si nous pouvions être renvoyés (sur la terre), nous ne traiterions plus de mensonges les versets de notre Seigneur et nous serions du nombre des croyants».

28. Mais non! Voilà que leur apparaîtra ce qu’auparavant ils cachaient(9). Or, s’ils étaient rendus [à la vie terrestre], ils reviendraient sûrement à ce qui leur était interdit. Ce sont vraiment des menteurs.

29. Et ils disent: «Il n’y a pour nous [d’autre vie] que celle d’ici-bas; et nous ne serons pas ressuscités».

30. Si tu les voyais, quand ils comparaîtront devant leur Seigneur. Il leur dira: «Cela(10) n’est-il pas la vérité?» Ils diront: «Mais si! Par notre Seigneur!» Et, il dira: «Goûtez alors au châtiment pour n’avoir pas cru».

31. Sont perdants certes ceux qui traitent de mensonge la rencontre d’Allah. Et quand soudain l’Heure leur viendra, ils diront: «Malheur à nous pour notre négligence à son égard(11), Et ils porteront leurs fardeaux sur leurs dos, et quels mauvais fardeaux!

32. La présente vie n’est que jeu et amusement. La demeure dans l’au-delà sera meilleure pour ceux qui sont pieux. Eh bien, ne comprenez-vous pas?

33. Nous savons qu’en vérité ce qu’ils disent te chagrine. Or, vraiment ils ne croient pas que tu es menteur, mais ce sont les versets (le Coran) d’Allah, que les injustes renient.

34. Certes, des messagers avant toi (Muḥammad) ont été traités de menteurs. Ils endurèrent alors avec constance d’être traités de menteurs et d’être persécutés, jusqu’à ce que Notre secours leur vînt. Et nul ne peut changer les paroles d’Allah, et il t’est déjà parvenu une partie de l’histoire des Envoyés.

35. Et si leur indifférence t’afflige énormément, et qu’il est dans ton pouvoir de chercher un tunnel à travers la terre, ou une échelle pour aller au ciel pour leur apporter un miracle(12), [fais-le donc]. Et si Allah voulait, Il pourrait les mettre tous sur le chemin droit. Ne sois pas du nombre des ignorants.

36. Seuls ceux qui entendent répondent à l’appel [de la foi]. Et quant aux morts, Allah les ressuscitera; puis ils Lui seront ramenés(13).

37. Et ils disent: «Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui (Muḥammad) un miracle de la part de son Seigneur?» Dis: «Certes Allah est capable de faire descendre un miracle. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas».

38. Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté. Nous n’avons rien omis d’écrire dans le Livre. Puis, c’est vers leur Seigneur qu’ils seront ramenés.

39. Et ceux qui traitent de mensonges Nos versets sont sourds et muets, dans les ténèbres. Allah égare qui Il veut; et Il place qui Il veut sur un chemin droit.

40. Dis: «Informez-moi: si le châtiment d’Allah vous vient, ou que vous vient l’Heure, ferez-vous appel à autre qu’Allah, si vous êtes véridiques?»

41. C’est plutôt à Lui que vous ferez appel. Puis, Il dissipera, s’Il veut, l’objet de votre appel(14) et vous oublierez ce que vous [Lui] associez.

42. Nous avons, certes, envoyé (des messagers) aux communautés avant toi. Ensuite Nous les avons saisies par l’adversité et la détresse - peut-être imploreront-ils (la miséricorde)! -

43. Pourquoi donc, lorsque Notre rigueur leur vînt, n’ont-ils pas imploré (la miséricorde)? Mais leurs cœurs s’étaient endurcis et le Diable enjolivait à leurs yeux ce qu’ils faisaient.

44. Puis, lorsqu’ils eurent oublié ce qu’on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes donnant sur toute chose (l’abondance); et lorsqu’ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés.

45. Ainsi fut exterminé le dernier reste de ces injustes. Et louange à Allah, Seigneur de l’Univers!

46. Dis: «Voyez-vous? Si Allah prenait votre ouïe et votre vue, et scellait vos cœurs, quelle divinité autre qu’Allah vous les rendrait? Regarde comment, à leur intention, Nous clarifions les preuves! Pourtant ils s’en détournent.

47. Dis: «Que vous en semble? Si le châtiment d’Allah vous venait à l’improviste ou au grand jour, qui seront détruits sinon les gens injustes?»

48. Nous n’envoyons des messagers qu’en annonciateurs et avertisseurs: ceux qui croient donc et se réforment, nulle crainte sur eux et ils ne seront point affligés.

49. Et ceux qui traitent de mensonges Nos preuves, le châtiment les touchera, à cause de leur perversité.

50. Dis-[leur]: «Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé.» Dis: «Est-ce que sont égaux l’aveugle et celui qui voit? Ne réfléchissez-vous donc pas?»

51. Et avertis par ceci (le Coran), ceux qui craignent d’être rassemblés devant leur Seigneur, qu’ils n’auront hors d’Allah ni allié ni intercesseur. Peut-être deviendraient-ils pieux!

52. Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant sa Face «Wajh». Leur demander compte ne t’incombe en rien, et te demander compte ne leur incombe en rien. En les repoussant donc, tu serais du nombre des injustes(15).

53. Ainsi, éprouvons-Nous (les gens) les uns par les autres(16), pour qu’ils disent: «Est-ce là ceux qu’Allah a favorisés parmi nous?» N’est-ce pas Allah qui sait le mieux lesquels sont reconnaissants?

54. Et lorsque viennent vers toi ceux qui croient à nos versets (le Coran), dis: «Que la paix soit sur vous! Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même la miséricorde. Et quiconque d’entre vous a fait un mal par ignorance, et ensuite s’est repenti et s’est réformé... Il est, alors, Pardonneur et Miséricordieux».

55. C’est ainsi que Nous détaillons les versets, afin qu’apparaisse clairement le chemin des criminels.

56. Dis: «il m’a été interdit d’adorer ceux que vous priez en dehors d’Allah». Dis: «Je ne suivrai pas vos passions: car ce serait m’égarer, et je ne serais plus parmi les bien-guidés».

57. Dis: «Je m’appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur, et vous avez traité cela de mensonge. Ce (le châtiment) que vous voulez hâter ne dépend pas de moi. Le jugement n’appartient qu’à Allah: Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges.

58. Dis: «Si ce que vous voulez hâter dépendait de moi, ce serait affaire faite entre vous et moi.» C’est Allah qui connaît le mieux les injustes.

59. C’est Lui qui détient les clefs de l’Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite.

60. Et, la nuit, c’est Lui qui prend vos âmes, et Il sait ce que vous avez acquis pendant le jour. Puis Il vous ressuscite le jour afin que s’accomplisse le terme fixé. Ensuite, c’est vers Lui que sera votre retour, et Il vous informera de ce que vous faisiez(17).

61. Et Il est le Dominateur Suprême sur Ses serviteurs. Et Il envoie sur vous des gardiens(18). Et lorsque la mort atteint l’un de vous, Nos messagers (les Anges) enlèvent son âme sans aucune négligence.

62. Ils sont(19) ensuite ramenés vers Allah, leur vrai Maître. C’est à Lui qu’appartient le jugement et Il est le plus prompt des juges.

63. Dis: «Qui vous délivre des ténèbres de la terre et de la mer?» Vous l’invoquez humblement(20) et en secret: «S’Il nous délivre de ceci, nous serons du nombre des reconnaissants.

64. Dis: «C’est Allah qui vous en délivre ainsi que de toute angoisse. Pourtant, vous Lui donnez des associés».

65. Dis: «Il est capable, Lui, de susciter contre vous, d’en haut, ou de dessous vos pieds(21), un châtiment, ou de vous confondre dans le sectarisme. Et Il vous fait goûter l’ardeur [au combat] les uns aux autres.» Regarde comment Nous exposons Nos versets. Peut-être comprendront-ils?

66. Et ton peuple traite cela (le Coran) de mensonge, alors que c’est la vérité. Dis: «Je ne suis pas votre garant(22).

67. Chaque annonce arrive en son temps et en son lieu. Et bientôt vous le saurez.»

68. Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion. Et si le Diable te fait oublier(23), alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes.

69. Il n’incombe nullement à ceux qui sont pieux de rendre compte pour ces gens là. Mais c’est à titre de rappel. Peut-être craindront-ils [Allah].

70. Laisse ceux qui prennent leur religion pour jeu et amusement, et qui sont séduits par la vie sur terre. Et rappelle par ceci (le Coran) pour qu’une âme ne s’expose pas à sa perte selon ce qu’elle aura acquis, elle n’aura en dehors d’Allah, ni allié ni intercesseur. Et quelle que soit la compensation qu’elle offrirait, elle ne sera pas acceptée d’elle. Ceux-là se sont abandonnés à leur perdition à cause de ce qu’ils ont acquis. Leur breuvage sera l’eau bouillante et ils auront un châtiment douloureux, pour avoir mécru.

71. Dis: «Invoquerons-nous, au lieu d’Allah, ce qui ne peut nous profiter ni nous nuire? Et reviendrons-nous sur nos talons après qu’Allah nous a guidés, comme quelqu’un que les diables ont séduit et qui erre perplexe sur la terre, bien que des amis l’appellent vers le droit chemin (lui disant): - «Viens à nous». Dis: «Le vrai chemin, c’est le chemin d’Allah. Et il nous a été commandé de nous soumettre au Seigneur de l’Univers,

72. Et d’accomplir la Ṣalāt et de Le craindre. C’est vers Lui que vous serez rassemblés».

73. Et c’est Lui qui a créé les cieux et la terre, en toute vérité. Et le jour où Il dit: «Sois!» Cela est(24), Sa parole est la vérité. A Lui, [seul,] la royauté, le jour où l’on soufflera dans la Trompe. C’est Lui le Connaisseur de ce qui est voilé et de ce qui est manifeste. Et c’est Lui le Sage et le Parfaitement Connaisseur.

74. (Rappelle le moment) où Abraham dit à ˒Azar, son père: «Prends-tu des idoles comme divinités? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement évident!»

75. Ainsi avons-Nous montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il fût de ceux qui croient avec conviction.

76. Quand la nuit l’enveloppa, il observa une étoile, et dit: «Voilà mon Seigneur!» Puis, lorsqu’elle disparut, il dit: «Je n’aime pas les choses qui disparaissent».

77. Lorsqu’ensuite il observa la lune se levant, il dit: «Voilà mon Seigneur!» Puis, lorsqu’elle disparut, il dit: «Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés».

78. Lorsqu’ensuite il observa le soleil levant, il dit: «Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand» Puis lorsque le soleil disparut, il dit: «Ô mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah.

79. Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a créé (à partir du néant) les cieux et la terre; et je ne suis point de ceux qui Lui donnent des associés.»

80. Son peuple disputa avec lui; mais il dit: «Allez-vous disputer avec moi au sujet d’Allah, alors qu’Il m’a guidé? Je n’ai pas peur des associés que vous Lui donnez. Je ne crains que ce que veut mon Seigneur. Mon Seigneur embrasse tout dans Sa science. Ne vous rappelez-vous donc pas?

81. Et comment aurais-je peur des associés que vous Lui donnez, alors que vous n’avez pas eu peur d’associer à Allah des choses pour lesquelles Il ne vous a fait descendre aucune preuve? Lequel donc des deux partis a le plus droit à la sécurité? (Dites-le) si vous savez.

82. Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelqu’inéquité (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés».

83. Tel est l’argument que Nous inspirâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en haut rang qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient.

84. Et Nous lui avons donné Isaac et Jacob et Nous les avons guidés tous les deux. Et Noé, Nous l’avons guidé auparavant, et parmi la descendance (d’Abraham) (ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Et c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants.

85. De même, Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus et Elie, tous étant du nombre des gens de bien.

86. De même, Ismaël, Elisée, Jonas et Loṭ. Chacun d’eux Nous l’avons favorisé par dessus le reste du monde.

87. De même une partie de leurs ancêtres, de leurs descendants et de leurs frères et Nous les avons choisis et guidés vers un chemin droit.

88. Telle est la direction par laquelle Allah guide qui Il veut parmi Ses serviteurs. Mais s’ils avaient donné à Allah des associés, alors, tout ce qu’ils auraient fait eût certainement été vain.

89. C’est à eux que Nous avons apporté le Livre, la sagesse et la prophétie. Si ces autres-là n’y croient pas, du moins Nous avons confié ces choses à des gens qui ne les nient pas.

90. Voilà ceux qu’Allah a guidés: suis donc leur direction. Dis: «Je ne vous demande pas pour cela de salaire». Ce n’est qu’un rappel à l’intention de tout l’univers.

91. Ils n’apprécient pas Allah comme Il le mérite quand ils disent: «Allah n’a rien fait descendre sur un humain.» Dis: «Qui a fait descendre le Livre que Moïse a apporté comme lumière et guide, pour les gens? Vous le mettez en feuillets, pour en montrer une partie, tout en cachant beaucoup. Vous avez été instruits de ce que vous ne saviez pas, ni vous ni vos ancêtres. Dis: «C’est Allah». Et puis, laisse-les s’amuser dans leur égarement.

92. Voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre, confirmant ce qui existait déjà avant lui, afin que tu avertisses la Mère des Cités (la Mecque) et les gens tout autour. Ceux qui croient au Jour dernier, y croient(25) et demeurent assidus dans leur Ṣalāt.

93. Et quel pire injuste que celui qui fabrique un mensonge contre Allah ou qui dit: «Révélation m’a été faite», quand rien ne lui a été révélé. De même celui qui dit: «Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce qu’Allah a fait descendre.» Si tu voyais les injustes lorsqu’ils seront dans les affres de la mort, et que les Anges leur tendront les mains (disant): «Laissez sortir vos âmes. Aujourd’hui vous allez être récompensés par le châtiment de l’humiliation pour ce que vous disiez sur Allah d’autre que la vérité et parce que vous vous détourniez orgueilleusement de Ses enseignements».

94. Et vous voici venus à Nous, seuls, tout comme Nous vous avions créés la première fois, abandonnant derrière vos dos tout ce que Nous vous avions accordé. Nous ne vous voyons point accompagnés des intercesseurs que vous prétendiez être des associés(26). Il y a certainement eu rupture entre vous: ils vous ont abandonnés, ceux que vous prétendiez (être vos intercesseurs).

95. C’est Allah qui fait fendre la graine et le noyau(27): du mort il fait sortir le vivant, et du vivant, il fait sortir le mort. Tel est Allah. Comment donc vous laissez-vous détourner?

96. Fendeur de l’aube, Il a fait de la nuit une phase de repos; le soleil et la lune pour mesurer le temps. Voilà l’ordre conçu par le Puissant, l’Omniscient.

97. Et c’est Lui qui vous a assigné les étoiles, pour que, par elles, vous vous guidiez dans les ténèbres de la terre et de la mer. Certes, Nous exposons les preuves pour ceux qui savent!

98. Et c’est Lui qui vous a créés à partir d’une personne unique (Adam). Et il y a une demeure et un lieu de dépôt (pour vous.) Nous avons exposé les preuves pour ceux qui comprennent(28).

99. Et c’est Lui qui, du ciel, a fait descendre l’eau. Puis par elle, Nous fîmes germer toute plante, de quoi Nous fîmes sortir une verdure, d’où Nous produisîmes des grains, superposés les uns sur les autres; et du palmier, de sa spathe, des régimes de dattes qui se tendent(29). Et aussi les jardins de raisins, l’olive et la grenade, semblables ou différents les uns des autres. Regardez leurs fruits au moment de leur production et de leur mûrissement. Voilà bien là des signes pour ceux qui ont la foi.

100. Et ils ont désigné des associés à Allah: les djinns, alors que c’est Lui qui les a créés. Et ils Lui ont inventé, dans leur ignorance, des fils et des filles, Gloire à Lui! Il transcende tout ce qu’ils lui attribuent.

101. Créateur des cieux et de la terre. Comment aurait-Il un enfant, quand Il n’a pas de compagne? C’est Lui qui a tout créé, et Il est Omniscient.

102. Voilà Allah, votre Seigneur! Il n’y a de divinité que Lui, Créateur de tout. Adorez-Le donc. C’est Lui qui a charge de tout.

103. Les regards ne peuvent l’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards. Et Il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur.

104. Certes, il vous est parvenu des preuves évidentes, de la part de votre Seigneur. Donc, quiconque voit clair, c’est en sa faveur; et quiconque reste aveugle, c’est à son détriment, car je ne suis nullement chargé de votre sauvegarde.

105. C’est ainsi que Nous expliquons les versets. Et afin qu’ils disent(30): «Tu as étudié». Et afin de l’exposer clairement à des gens qui savent.

106. Suis ce qui t’est révélé de la part de ton Seigneur. Point de divinité autre que Lui. Et écarte-toi des associateurs.

107. Si Allah voulait, ils ne seraient point associateurs! Mais Nous ne t’avons pas désigné comme gardien sur eux; et tu n’es pas leur garant.

108. N’injuriez pas ceux qu’ils invoquent, en dehors d’Allah, car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance. De même, Nous avons enjolivé (aux yeux) de chaque communauté sa propre action. Ensuite, c’est vers leur Seigneur que sera leur retour; et Il les informera de ce qu’ils œuvraient.

109. Et ils jurent par Allah de toute la force de leurs serments, que s’il leur venait un miracle, ils y croiraient (sans hésiter,) Dis: «En vérité, les miracles ne dépendent que d’Allah.» Mais qu’est ce qui vous fait penser que quand cela (le signe) arrivera, ils n’y croiront pas?

110. Parce qu’ils n’ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux; nous les laisserons marcher aveuglement dans leur rébellion.

111. Et si Nous faisions descendre les Anges vers eux, [comme ils l’avaient proposé] si les morts leur parlaient, et si Nous rassemblions toute chose devant eux, ils ne croiraient que si Allah veut. Mais la plupart d’entre eux ignorent.

112. Ainsi, à chaque prophète avons-Nous assigné un ennemi: des diables d’entre les hommes et les djinns, qui s’inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l’auraient pas fait; laisse-les donc avec ce qu’ils inventent.

113. Et pour que les cœurs de ceux qui ne croient pas à l’au-delà se penchent vers elles(31), qu’ils les agréent, et qu’ils perpètrent ce qu’ils perpètrent.

114. Chercherai-je un autre juge qu’Allah, alors que c’est Lui qui a fait descendre vers vous ce Livre bien exposé? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu’il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent.

115. Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l’Audient, l’Omniscient.

116. Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah: ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges.

117. Certes ton Seigneur connaît le mieux ceux qui s’égarent de Son sentier, et c’est Lui qui connaît le mieux les bien-guidés.

118. Mangez donc de ce sur quoi on a prononcé le nom d’Allah si vous êtes croyants en Ses versets (le Coran).

119. Qu’avez-vous à ne pas manger de ce sur quoi le nom d’Allah a été prononcé? Alors qu’Il vous a détaillé ce qu’Il vous a interdit, à moins que vous ne soyez contraints d’y recourir. Beaucoup de gens égarent, sans savoir, par leurs passions. C’est ton Seigneur qui connaît le mieux les transgresseurs(32).

120. Evitez le péché apparent ou caché, (car) ceux qui acquièrent le péché seront rétribués selon ce qu’ils auront commis.

121. Et ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été prononcé, car ce serait (assurément) une perversité. Les diables inspirent à leurs alliés de disputer avec vous. Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs.

122. Est-ce que celui qui était mort(33) et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir? Ainsi on a enjolivé aux mécréants ce qu’ils œuvrent.

123. Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n’en sont pas conscients.

124. Et lorsqu’une preuve leur vient, ils disent: «Jamais nous ne croirons tant que nous n’aurons pas reçu un don semblable à celui qui a été donné aux messagers d’Allah». Allah sait mieux où placer Son message. Ceux qui ont commis le crime seront atteints d’un rapetissement auprès d’Allah ainsi que d’un supplice sévère pour les ruses qu’ils tramaient.

125. Et puis, quiconque Allah veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l’Islam(34). Et quiconque Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et gênée, comme s’il s’efforçait de monter au ciel. Ainsi Allah inflige Sa punition à ceux qui ne croient pas.

126. Telle est la voie de ton Seigneur dans toute sa rectitude. Nous avons [effectivement] bien détaillé les signes (ou versets) à des gens qui se rappellent.

127. Pour eux la maison du Salut auprès de leur Seigneur. Et c’est Lui qui est leur protecteur, pour ce qu’ils faisaient (sur terre).

128. Et le jour où Il les rassemblera tous: «Ô communauté des djinns, vous avez trop abusé des humains». Et leurs alliés parmi les humains diront: «Ô notre Seigneur, nous avons profité les uns des autres, et nous avons atteint le terme que Tu avais fixé pour nous.» Il leur dira: «l’Enfer est votre demeure, pour y rester éternellement, sauf si Allah en décide autrement.» Vraiment ton Seigneur est Sage et Omniscient.

129. Et ainsi accordons-Nous, à certains injustes l’autorité sur d’autres, (injustes) à cause de ce qu’ils ont acquis.

130. Ô communauté des djinns et des humains, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes signes(35) et averti de la rencontre de ce jour? Ils diront: «Nous témoignons contre nous-mêmes.» La vie présente les a trompés; et ils ont témoigné contre eux-mêmes qu’en (vérité) ils étaient mécréants.

131. C’est que ton Seigneur n’anéantit point injustement des cités dont les gens ne sont pas encore avertis(36).

132. A chacun des rangs (des récompenses) selon ses œuvres. Or ton Seigneur n’est pas inattentif à ce qu’ils font.

133. Ton Seigneur est le Suffisant à Soi-même, le Détenteur de la miséricorde. S’Il voulait, Il vous ferait périr et mettrait à votre place qui Il veut, de même qu’Il vous a créés d’une descendance d’un autre peuple.

134. Ce qui vous a été promis arrivera (certainement.) Et vous n’êtes pas à même de [Nous] réduire à l’impuissance.

135. Dis: «Ô mon peuple! Continuez à agir selon votre méthode; moi aussi j’agirai selon la mienne. Ensuite, vous saurez qui aura un meilleur (sort) dans l’au-delà.» Certes, les injustes ne réussiront jamais.

136. Et ils assignent à Allah une part de ce qu’Il a Lui-même créé, en fait de récoltes et de bestiaux, et ils disent: «Ceci est à Allah - selon leur prétention! - et ceci à nos divinités.» Mais ce qui est pour leurs divinités ne parvient pas à Allah, tandis que ce qui est pour Allah parvient à leurs divinités. Comme leur jugement est mauvais!

137. Et c’est ainsi que leurs divinités ont enjolivé à beaucoup d’associateurs le meurtre de leurs enfants, afin de les ruiner et de travestir à leurs yeux leur religion. Or si Allah voulait, ils ne le feraient pas. Laisse-les donc, ainsi que ce qu’ils inventent.

138. Et ils dirent: «Voilà des bestiaux et des champs frappés d’interdiction: n’en mangeront que ceux que nous voudrons.» - selon leur prétention! - Et voilà des bêtes dont le dos est tabou, et des bêtes sur lesquelles ils ne mentionnent pas le nom d’Allah. Des inventions contre Lui! Il les rétribuera pour ce qu’ils inventaient comme mensonges(37).

139. Et ils dirent: «Ce qui est dans le ventre de ces bêtes est réservé aux mâles d’entre nous, et interdit à nos femmes.» Et si c’est un mort-né, ils y participent tous. Bientôt Il les rétribuera pour leur prescription(38), car Il est Sage et Omniscient.

140. Ils sont certes perdants, ceux qui ont, par sottise et ignorance tué leurs enfants, et ceux qui ont interdit ce qu’Allah leur a attribué de nourriture, inventant des mensonges contre Allah. Ils se sont égarés et ne sont point guidés.

141. C’est Lui qui a créé les jardins, treillagés et non treillagés; ainsi que les palmiers et la culture aux récoltes diverses; [de même que] l’olive et la grenade, d’espèces semblables et différentes. Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent; et acquittez-en les droits le jour de la récolte. Et ne gaspillez point car Il n’aime pas les gaspilleurs.

142. Et (Il a créé) parmi les bestiaux, certains pour le transport, et d’autres pour diverses utilités(39); mangez de ce qu’Allah vous a attribué, et ne suivez pas les pas du Diable, car il est pour vous un ennemi déclaré.

143. (Il en a créé) huit, en couples: deux pour les ovins, deux pour les caprins... dis: «Est-ce les deux mâles qu’Il a interdits ou les deux femelles, ou ce qui est dans les matrices des deux femelles(40)? Informez-moi de toute connaissance, si vous êtes véridiques»;

144. ...deux pour les camélidés, deux pour les bovins... Dis: «Est-ce les deux mâles qu’Il a interdits ou les deux femelles, ou ce qui est dans les matrices des deux femelles? Ou bien étiez-vous témoins quand Allah vous l’enjoignit?» Qui est donc plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah pour égarer les gens sans se baser sur aucun savoir? Allah ne guide pas les gens injustes.

145. Dis: «Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc(41) - car c’est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah». Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux.

146. Aux Juifs, Nous avons interdit toute bête à ongle unique(42). Des bovins et des ovins, Nous leurs avons interdit les graisse
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