"> Les Savants Musulmans - TEMOIGNAGES ET HOMMAGES AUX SAVANTS - Musulman et fier de l\'être
 

TEMOIGNAGES ET HOMMAGES AUX SAVANTS MUSULMANS (1)

Added 24/3/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك



Par Bennani Karim Tajeddine  

 

Antérieurement, l’impact d’œuvres de savants musulmans était directement perçu durant le lent processus de transfert du Patrimoine universel de l’humanité vers le repère propre de l’Occident. Cependant, après la révolution industrielle, submergeant comme un raz de marée le monde musulman, les colonialismes entrainèrent inversement du rapport de force. Il se substitua alors aux reconnaissances, une islamophobie latente et l’identification plutôt à ce qui se rapproche le plus de la culture occidentale : les cultures gréco-romaine et judéo-chrétienne.

 

Néanmoins, l’histoire est une science assurant la traçabilité d’événements, remet les pendules à l’heure et chaque chose à sa place. Elle est en mesure de rappeler la parabole des deux gouttes d’eau d’Ibn Khaldoun en vue de garder constamment en mémoire que ce qui a été bien dans le passé est en mesure de revenir vers l’avenir. Un érudit de la Renaissance, Pierre Gassendi, rend hommage au pouvoir suggestif de l’histoire :

 

« L’histoire est véritablement la lumière de la vie, car non seulement elle chasse les ténèbres du passé et dissipe les confusions, mais encore elle arme l’esprit de ses exemples innombrables et lui fournit le moyen de voir et de comprendre, à l’aide du passé, ce qu’on doit attendre de l’avenir, quelle fin on doit attribuer à la vie ».

 

Des témoignages variés de chroniqueurs, dont certains précédant les périodes des colonialismes, rendent hommage, directement ou indirectement, à l’apport des savants musulmans au Patrimoine universel de l’humanité:

 

« A mesure qu’on pénètre dans l’étude de cette civilisation, on voit les faits nouveaux surgir et les horizons s’étendre. On constate bientôt que le Moyen Âge ne connut l’antiquité classique que par les Arabes ; que pendant cinq cents ans, les universités de l’Occident vécurent exclusivement de livres arabes, et qu’au triple point de vue matériel, intellectuel et moral, ce sont eux qui ont civilisé l’Europe. Quand on étudie leurs travaux scientifiques et leurs découvertes, on voit qu’aucun peuple n’en produisit d’aussi grands dans un temps aussi court. Lorsqu’on examine leurs arts, on reconnaît qu’ils possédèrent une originalité qui n’a pas été dépassée. L’action des Arabes, déjà si grande en Occident, fut plus considérable encore en Orient. Aucune race n’y a jamais exercé une influence semblable. Les peuples qui ont jadis régné sur le monde : Assyriens, Perses, Égyptiens, Grecs et Romains ont disparu sous la poussière des siècles, et n’ont laissé que d’informes débris ; leurs religions, leurs langues et leurs arts ne sont plus que des souvenirs. Les Arabes ont disparu à leur tour ; mais les éléments les plus essentiels de leur civilisation, la religion, la langue et les arts, sont vivants encore, et du Maroc jusqu’en Inde, plus de cent millions d’hommes obéissent aux institutions du prophète. »[i] (Gustave Le Bon)

 

« [Les Musulmans] furent des transmetteurs, et la chrétienté, qui avait si largement laissé se perdre les acquisitions de l'Antiquité, leur doit beaucoup. Mais ils ne furent pas que cela, comme d'aucuns les disent avec une grande injustice, car ils travaillèrent sur tout ce qu'ils avaient acquis et les fruits de leurs efforts, ils les donnèrent aussi. Plus tard, quand ils s'endormirent, quand ils ne furent plus créateurs, par un juste retour des choses, ils reçurent à leur tour de ceux qu'ils avaient auparavant nourris. La colonisation européenne les réveilla, leur apporta la science et la pensée modernes. De cette invasion ils eurent sans doute beaucoup à souffrir, mais cette souffrance fut rédemptrice.»[ii] (Jean-Paul Roux)

 

« La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce. » (Friedrich Nietzsche)

 

« Les mathématiques, la chimie, la médecine, s'introduisirent peu à peu dans les écoles les plus renommées de l'Europe, tant par des traités que par les découvertes et les expériences. Sans les Arabes, difficilement y aurait-il eu un Gerbert, un Albert le Grand, un Arnaud de Villeneuve, un Roger Bacon, un Raimond Lulle ; tous ils avaient fréquenté les sages de l'Espagne ou étudié leurs écrits. »[iii] (Johann Gottfried von Herder)

 

« En vérité, il faut un étrange aveuglement pour nier les bienfaits que l'humanité doit à ces prétendus Barbares de l'Orient. Comment [...] oublier que la renaissance de la philosophie, de la littérature et des sciences, est due aux travaux des Arabes? Ces Barbares, qu'on accuse d'avoir arrêté tout progrès, ont été l'instrument du progrès, même pour nous, hommes de l'Occident qui les méprisons aujourd'hui du haut de notre grandeur intellectuelle. Pendant que l'Europe était plongée dans les ténèbres de la barbarie, une brillante civilisation régnait à Bagdad et à Cordoue. On calomnie donc l'islam en disant qu'il a été un obstacle à toute culture. Si la civilisation arabe s'est arrêtée, c'est moins à la doctrine religieuse qu'il faut l'imputer qu'aux peuples qui ont remplacé la race arabe et qui étaient moins bien doués qu'elle par la nature. »[iv] (François Laurent)

 

« C'est peut-être en Espagne que les sciences des Arabes eurent le plus d'éclat ; c'est là que se fixa, pour ainsi dire, le règne de leur littérature et de leurs arts. Cordoue, Grenade, Valence, Séville se distinguèrent à l'envi par des écoles, des collèges des académies, et par tous les genres d'établissements qui peuvent favoriser les progrès des lettres. L'Espagne possédait soixante-dix bibliothèques ouvertes au public, dans différentes villes, quand tout le reste de l'Europe, sans livres, sans lettres, sans culture, était enseveli dans l'ignorance la plus honteuse. Une foule d'écrivains célèbres enrichit dans tous les genres la littérature arabico-espagnole ; et l'ouvrage qui contient les titres et les notices de leurs innombrables productions en médecine, en philosophie, dans toutes les parties des mathématiques, en histoire, et principalement en poésie, forme en Espagne une volumineuse bibliothèque. L'influence des Arabes sur les sciences et les lettres, se répandit bientôt dans l'Europe entière. »[v] (Pierre-Louis Ginguené)

 

« La plupart des Européens n’ont pas exactement évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni compris la nature de leurs emprunts à cette civilisation dans le passé et certains vont jusqu’à totalement méconnaître tout ce qui s’y rapporte. [...] s'il est généralement connu que l'Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu'il en fut de même d'autres pays, tels que la Sicile et la partie la plus méridionale de la France actuelle. [...] Le plus étrange [...], c'est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation hellénique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l'histoire même établit que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans. En d'autre termes, le patrimoine intellectuel des Hellènes n'est parvenu à l'Occident qu'après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient, et n'étaient les savants de l'Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l'ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant est qu'ils soient jamais parvenus à les connaitre. Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l'influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe comme on le dit quelquefois à tort. Car la plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n'étaient pas de race arabe. »[vi] (René Guénon)

 

« Depuis le VIIIe siècle jusqu'au XIIe siècle, l'Europe demeura plongée dans  une ignorance profonde. L'amour et la culture des sciences furent concentrés pendant ce long intervalle chez un seul peuple, les Arabes de Bagdad et de Cordoue. C'est à eux que nous avons dû la connaissance des ouvrages grecs qu'ils avaient traduits pour leur usage, et qu'ils nous ont transmis, longtemps avant qu'ils nous parvinssent dans leur langue originale. Jusqu'à ces derniers temps, on a pensé que c'était là la seule obligation que nous eussions aux Arabes ; et l'on a négligé de rechercher et d'étudier leurs propres ouvrages, pensant que l'on n'y devait trouver rien d'original, ni d'étranger aux doctrines et à l'érudition grecques. C'est une erreur sur laquelle on revient aujourd'hui, surtout depuis qu'on connaît les ouvrages hindous, et que l'on sait que les Arabes y ont puisé les principes du calcul algébrique qui les distingue essentiellement des ouvrages grecs. » [vii]] (Michel Chasles)

 

 « Les Musulmans ont accompli une tâche essentielle pour l'humanité. Le plus grand philosophe, Al-Farabi, était Musulman. Les plus grands mathématiciens, Abu Kamil et Ibrahim ibn Sinan, étaient Musulmans. Le plus grand géographe et encyclopédiste, al-Mas`udi, était Musulman. Le plus grand historien, al-Tabari, était également Musulman. » [viii]  (George Sarton)

 


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