"> Une histoire, une moralité - Les trois filtres du savant :une belle - Musulman et fier de l\'être
 

Les trois filtres du savant :une belle moralité à méditer.

Added 10/2/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

dikr

Il était une fois, à l’époque des califes abbassides, dans la capitale musulmane Bagdad, un grand savant connu pour sa sagesse. Cet homme avait passé sa vie à étudier le Coran et les paroles du Prophète saws et il était très pieux. Jamais on ne l’entendait dire du mal de quelqu’un, se moquer des autres ni répéter des paroles inutiles. Tout le monde l’aimait, car il avait toujours une parole gentille ou un sourire pour les gens qu’il rencontrait, et il était toujours prêt à aider les autres.

Un jour, l’un de ses voisins vint le trouver :

-  As-salamou alaykoum !

-  Wa alaykoum as-salam wa-rahmatou llahi wa-barakatouhou, répondit le savant.

-  Sais-tu ce qu’on vient de me dire à propos de ton ami Abdallah ? Poursuivit le voisin.

-  Attends un peu, répliqua le savant. Je vois que tu brûles d’envie de me dire quelque chose. Mais avant que tu me le dises, j’aimerais te faire passer un petit test. Cela s’appelle le test des trois filtres...

-  Des trois filtres ?! S’étonna le voisin.

(JPEG)- Exactement, poursuivit le savant. Avant que tu ne me parles de mon ami, ce serait une bonne idée de prendre le temps de filtrer ce que tu comptes me dire. Nous allons faire passer ce que tu voulais me dire dans trois filtres : ce qui en restera, tu pourras me le dire. C’est pourquoi j’appelle cela le test des trois filtres.
Tu es prêt ?

-  Oui, répondit l’homme, de plus en plus étonné. (En effet, quand il bavardait avec ses voisins, il n’avait pas l’habitude de prendre tant de précautions).

-  Commençons, dit le savant. Le premier filtre est celui de la vérité. As-tu bien vérifié que ce que tu veux me dire est vrai ?

-  Non, répondit l’homme. En fait on vient juste de me le raconter et...

-  Bien, dit le savant. Donc, tu n’es pas du tout sûr que ce soit vrai. Le filtre de la vérité n’a pas gardé ce que tu voulais me dire. Essayons maintenant le second filtre, celui du bien. Est-ce que ce que tu voulais me dire sur mon ami est quelque chose de bien ?

-  Euh, non, au contraire...

-  Ah, poursuivit le savant. Donc tu voulais me dire quelque chose de mal sur mon ami, mais tu n’es pas certain que ce soit vrai. Je ne sais pas si je vais pouvoir t’écouter... Mais peut être que tu réussiras quand même le test, car il reste encore un filtre : le filtre de l’utilité. Si tu me dis ce que tu voulais me dire sur mon ami, est-ce que cela me sera utile ?

-  Euh bien... non, pas vraiment.

-  Alors, conclut le savant, si ce que tu voulais me dire n’est pas vrai, n’est pas bien et n’est même pas utile, ce n’est pas la peine de me le dire, tu ne crois pas ?

 


 

Les paroles peuvent faire beaucoup de mal, et il ne faut pas les répandre n’importe comment. Une parole qui n’est ni vraie, ni bonne ni utile ne vaut pas la peine d’être dite.

Alors avant de dire quelque chose, ou de répéter ce qu’on t’a raconté, n’oublie pas de soumettre tes paroles au test des trois filtres ! Cela t’évitera certainement des péchés.

Allah nous dit dans le Coran :

« Ô vous qui croyez ! Ne vous moquez pas les uns des autres, car il se peut que ceux-ci soient meilleurs que ceux-là. Que les femmes ne se moquent pas les unes des autres, car il se peut que celles-ci soient meilleures que celles-là. Ne vous calomniez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel vilain mot que « perversion », quand on a déjà la foi. Ceux qui ne se repentent pas, voilà les injustes. » 

http://www.aslim-taslam.net/article.php3?id_article=1001
Sourate 49, Al Hujurat (Les appartements), verset 11

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Les trois portes de la sagesse:On ne change pas le monde! On se change soi-même!

Added 22/9/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

On ne change pas le monde! On se change soi-même!


  • Les trois portes de la sagesse
  • Un roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, le Roi envoya son fils auprès d'un Vieux Sage.

    - « Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie » demanda le Prince.

    - « Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car sans cesse tu devrais revivre ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Va maintenant, suis cette route, droit devant toi ».

    Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.

    Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire « CHANGE LE MONDE ».

    « C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas. »

    Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

    Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.

    Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le Chemin ? »

    - « J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas ».

    - « C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. » Et il disparut.

    Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire « CHANGE LES AUTRES ».

    « C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration. »

    Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

    Bien des années passèrent. Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le Chemin ? »

    - « J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses. »

    - « Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir. »

    Et le Vieil Homme disparut.

    Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots « CHANGE-TOI TOI-MEME ».

    « Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire », se dit-il.

    Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

    - « J'ai appris, répondit-il, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser. »

    - « C'est bien », dit le Sage.

    - « Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il donc jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise. »

    - « C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. »

    Puis il disparut.

    Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait « ACCEPTE-TOI TOI-MÊME ».

    Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. « Quand on combat, on devient aveugle », se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer ; il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

    Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le Chemin ? »

    - « J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même totalement, inconditionnellement. »

    - « C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte ».

    A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut
    « ACCEPTE LES AUTRES ». Tout autour de lui, il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.

    Il rencontra à nouveau le Vieux Sage qui demanda « Qu'as-tu appris sur le Chemin ? »

    - « J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement. »

    - « C'est bien, dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte. »

    Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut « ACCEPTE LE MONDE »

    « Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose, par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

    Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

    - « J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à l'accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »

    - « C'est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

    Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita.

    - « Tu es prêt maintenant à franchir le dernier Seuil, dit le Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence. »

    Et le Vieil Homme disparut.

    Charles Brulhart
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    Le récit de Youssouf...comment est-il considéré comme un miracle du Prophète

    Added 16/8/2011

    سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك



    Ce que nous voulons, à travers la recherche propre à ce sujet (le récit de Youssouf), est mettre en évidence deux points  :

    1. Le premier point : Comment ce récit est en fait un miracle au compte du prophète - paix et bénédictions d'Allah sur lui –

    2. Le deuxième point : Comment ce récit est une preuve qu’Allah prépare ses prophètes durant leur première vie, avant (leur mission qui est de transmettre) le message, afin qu’ils supportent les fardeaux de cette mission au moment ou ils sont envoyés à leur communauté.

    Le premier point :Allah, Le Très Haut, a décrit le récit de Youssouf, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, de manière détaillée dans le Coran afin qu’il soit un signe, bien plus, des signes de la prophétie du prophète Mohammed, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, et la mise en évidence de cela est la suivante : Il était illettré, il ne lisait absolument pas les livres des premiers (Les gens du livre) et il n’a rien étudié de leur histoire et il n’a rien transcrit de cela de sa propre main, pour ne pas qu’on doute de sa mission et que l’on ne l’accuse de parler de ce qu’il a lu et étudié, Allah dit :

    " Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n'en n'écrivais aucun de tamain droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes " (L’araignée – 48)

     

    Il était de ceux qui sont loin de connaître le récit de Youssouf et des autres, il ne lui est pas venu à l’idée et il n’a rien entendu de cela avant qu’Allah le lui révèle, à travers son livre évident et clair (le Coran), Allah, Le Très-Haut, dit au début de la sourate Youssouf : "Alif, Lam, Ra. Tels sont les versets du Livre explicite. 2. Nous l'avons faitdescendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. 3. Nous teracontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans leCoran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)"(Youssouf - 1 à 3)

    Et il dit après que Youssouf conta sa vision et la communiqua à son père, puis que son père lui fit des recommandations à son propos : "Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des signes pour ceux qui interrogent " (Youssouf – 7)

     

    Le récit de Youssouf ne faisait pas partie des histoires connues chez les arabes, et de ce qui était répandu entre les gens dans leur récit, il était même complètement absent. De plus, Mohammed n’était pas avec Youssouf et ses frères ! Et il n’a pas témoigné de leur complot et de leur ruse envers lui, sinon on l’aurait accusé d’avoir parlé d’une affaire qu’il a vu ou qui était connu et répandu chez son peuple. Allah dit à son prophète Mohammed, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui : " Ce sont là des récits inconnus que Nous te révélons.Et tu n'étais pas auprès d'eux quand ils se mirent d'accord pour comploter " (Youssouf – 102)

     

    Et personne ne peut dire qu’il a connu les détails du récit des juifs, car la sourate est descendue durant la période mecquoise alors que les juifs vivaient au Cham et à Médine et ses alentours, et il n’est connu de lui qu’il ai été en relation avec eux avant l’hégire, ou qu’il ai étudié une partie de leur science. Si une de ces choses s’était réellement produite, alors elle aurait été dévoilée, et ceci, à cause de la longue période et le grand nombre de ces antagonistes, de l’embarras éprouvé par son peuple envers son prêche et tous les efforts déployés pour ruser contre lui et pour l’empêcher (de prêcher), de leur accrochement à entacher sa réputation et d’en finir de lui et de son prêche. Ils allèrent même jusqu’à le traiter de sorcier, de divin et de fou, ils l’accusèrent de mensonge alors qu’au fond d’eux-mêmes ils avaient la certitude de sa sincérité et de sa digne confiance. Ils se concertèrent afin qu’il s’accorde sur son emprisonnement ou son expulsion, la décision finale se porta sur son assassinat, Allah le sauva de leur ruse, et il lui prescrit l’exode à Médine, là ou l’islam prit toutes sa puissance et ou l’état islamique fut fondé, Allah, Le Très-Haut, a dit : "(Et rappelle-toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t'emprisonner ou t'assassiner ou te bannir. Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes." (Le butin – 30)

     

    Un peuple qui prend une telle position envers lui, donne à chacun un aperçu de son rôle alors qu’il vivait parmi eux, il était donc certes aux aguets. Par conséquent, s’ils avaient trouvé le moindre contact entre lui et les juifs et qu’ils avaient su qu’il a récolté d’eux des informations, alors ils se saurait empressés de dévoiler au grand jour (cette supercherie) tout en propageant cela à tout coin de rue sans avoir besoin de mentir sur lui, sans même a avoir à penser à son assassinat ou à son expulsion et enfin sans même avoir besoin de l’accuser de ce qui contient en soi même sa réfutation, en fait il l’accusèrent et prétendaient qu’un homme étranger de la Mecque l’enseignait. Allah a donc fait que ce qu’ils espéraient si fort soit vain et les a fait taire à jamais, Allah, Le Très-Haut dit : "Et Nous savons parfaitement qu'ils disent : ‹Ce n'est qu'un être humain qui lui enseigne (le Coran)›.Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire." (Les abeilles – 103)

     

    Le récit de Youssouf ne peut être une information résumée qui serait exprimée en une ou deux phrases. C’est plutôt un récit qui possède des choses incroyables et des sujets diverses, il est advenu avec des gens d’origine et de nature totalement différente, et dont la période (de ce récit) est très longue : partant d’une vision véridique puis un complot, puis un sauvetage s’ensuit une vente, puis un hébergement… puis des avances faites qui sont suivies d’un ennui, ensuite une infaillibilité devant la turpitude... puis la prison ou sera fait un appel à l’unicité (tawhid) avec délicatesse et politique exemplaire, puis l’interprétation authentique d’un rêve qui est suivi de sa sortie de prison en toute innocence, puis l’investigation des affaires de l’état et le rassemblement de ses frères qui les reconnaîtra, alors qu’eux non, avec tout ce qui c’est dit et tout ce qui est arrivé entre eux… jusqu’à la fin (du récit) qui se conclut par le dévoilement par Youssouf de sa propre identité et son pardon qu’il accorde à ses frères, puis la venue de ses parents auprès de lui dans la meilleure des situations, et bien d’autres détails que connaît chaque personne qui a science du livre d’Allah.

    Ce récit a été exposé avec détail sous tous ses aspects, de la manière la plus complète dans l’ensemble de ses chapitres, avec les plus précises des expressions, et par un procédé (linguistique) des plus clairs. Est-il plausible, vraisemblable que l’on dise après cela, que la sincérité du prophète, que la paix et salut d’Allah soient sur lui, dans ce qu’il a narré comme nouvelle, comme événement et comme choses incroyables en suivant cette méthode claire et ce procédé exemplaire est le résultat du hasard et de la perfection !!!Allah, Pureté à lui, a terminé la sourate de Youssouf comme il l’a commencé, en indiquant (aux gens) de façon générale, le but dans lequel il a exposé ce récit : un signe de la prophétie de Mohammed et de sa sincérité à propos de la législation avec laquelle il est venue, et une preuve que l’histoire de Youssouf et les autres (récits du Coran), sont de ce qui a été descendu par révélation (divine) et de ce qui est puisé de la même niche que celle dont ont puisé tous les prophètes.

    Ce n’est donc pas une histoire inventée, mais plutôt une confirmation de ce qui existait déjà avant lui, et l'exposé détaillé des lois religieuses dont ont besoin, dans leur vie et pour l’au-delà, ceux qui sont responsables et concernés par ces mêmes lois.

    Ce récit contient également guidance et miséricorde pour celui qui possède un coeur et qui prête l’oreille tout en étant témoin. Est-il donc possible que cette conduite exemplaire (orientée) par cette législation droite, juste soit le fruit de la propre personne d’un illettré qui vécut dans une communauté, elle aussi, illettrée, sans que ce soit une révélation d’Allah ? Bien sur que non, c’est en réalité l’attention divine (portée à Mohammed), un message véridique, une révélation sincère et claire, qui a été descendue sur le coeur de Mohammed par l’intermédiaire de l’esprit digne de confiance (l’ange Gabriel), que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, afin qu’il soit une miséricorde pour les mondes : « Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d'intelligence. Ce n'est point là un récit fabriqué. C'est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient. » (Youssouf – 111)

     

    Le deuxième point :Dans les détails des récits, se trouvent des secrets et des points étonnants par lesquels Allah a assisté ses envoyés et leur a favorisé la faculté de diriger les communautés et de guider les peuples pour qu’ils acquièrent les moeurs les plus nobles, les comportements les plus éminents, une sagesse profonde, la force dans leur détermination et les croyances authentiques. Tout ceci est éclairci en divers aspects :

     

    1. parmi ces aspects : la pureté de l’âme de Youssouf et son innocence, et ceci apparut au moment ou il eut une vision véridique lors de son jeune âge et au début de son adolescence, qui fut concrétisé par l’interprétation, de cette vision, qui fut la prosternation de ses parents et ses frères devant lui au moment de sa vieillesse et à la fin de sa vie : "Quand Joseph dit à son père : ‹Ô mon père, j'ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi›." (Youssouf – 4) "Et il éleva ses parents sur le tròne, et tous tombèrent devant lui, prosternésEt il dit : ‹Ô mon père, voilà l'interprétation de mon rêve de jadis.Allah l'a bel et bien réalisé " (Youssouf – 100)

     

    2. Parmi ces aspects : ce qu’Allah lui a spécialement donné comme particularités qui ont fait que son père s’attacha encore plus à lui et l’aima plus, et qui entraîna la ruse et le complot de ses frères contre lui. Certains d’entre eux proposèrent de le tuer afin que leur père se consacre entièrement à eux et que leurvie, avec leur père, après cela, devienne des plus agréables. D’autres virent que l’éloigner de son père suffira amplement. Puis, lorsque leurs avis convergèrent donc, pour cette dernière proposition, ils le jetèrent donc au plus profond d’un puits. Allah lui fit révélation : "Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu'il s'en rendre compte " afin qu’il le réconforte et ôte la peine qu’il éprouva au fond de lui-même. Il lui accommoda ceux qui le sortir du puits, mais ils le vendirent à un prix vil, quelques dirhams. Allah le préserva et le plaça chez des gens qui prirent soin de lui, et il lui donna maîtrise et pouvoir sur terre et lui enseigna l’interprétation des songes : "Et Allah est souverain en Son Commandement, mais la plupart des gens ne savent pas " (Youssouf – 21)

     

    3. Parmi ces aspects : La bonté, la clémence, un coeur ouvert et une patience à toute épreuve, après qu’Allah lui ai donné maîtrise et pouvoir et qu’il l’ai placé comme gérant de la trésorerie, puis que ses frères se soient réunis auprès de lui, il ne se vengea pas d’eux, mais plutôt il leur pardonnera de cette erreur et il leur fit grâce avec la capacité (de les punir). Il se contenta de faire allusion à ce qu’ils reconnurent d’eux-mêmes pour ce qui est de leur acte passé et que cela est un complot abject envers lui : "Il dit : ‹Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorant ? [injustes]›. 90. - Ils dirent : ‹Est-ce que tu es... Certes, tu es Joseph !› - Il dit : ‹Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Allah nous a favorisés. Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdr e la récompense des bienfaisants›. 91. - Ils dirent : ‹Par Allah! Vraiment Allah t'a préféré à nous et nous avons été fautifs›. 92. - Il dit : ‹Pas de récrimination contre vous aujourd'hui ! Qu'Allah vous pardonne. C'est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux." (Youssouf – 89 à 92)

     

    4. Parmi ces aspects : Sa chasteté et la pureté de son âme alors que tout ce qui invite à l’accomplissement de l’acte défendu était présent et la provocation à la turpitude effective, avec l’isolement répété avec la femme de Al-Aziz, sa présence auprès de lui toujours plus intense, l’invitation à la turpitude qu’elle proposa à Youssouf, sa vie avec elle dans sa demeure, la discrétion qu’elle prit lorsqu’elle ferma les portes. Youssouf a certes été parmi les pures fidèles envers Allah et de ceux qui sont surs (de son aide), il demanda la protection de son seigneur et se réfugia auprès de lui, et il trouva ignoble de d’agir en réponse au meilleur des asiles qu’Allah lui offrit par la trahison portée à son honneur (qu’Allah a protégé jusqu’à ce jour). Il se rappela ce qu’atteint les injustes, comme mauvais devenir : la ruine et la perte. Et par cela Allah dérouta de son chemin le mal et la turpitude, et mit en évidence son innocence devant les plus hauts témoins. "Or celle [Zulikha] qui l'avait reçu dans sa maison essaya de le séduire. Et elle ferma bien les portes " et dit : ‹Viens, (je suis prête pour toi!)› - Il dit : ‹Qu'Allah me protège ! C'est mon maître qui m'a accordé un bon asile. Vraiment les injustes ne réussissent pas›. 24. Et, elle le désira. Et il l'aurai désirée n'eût été ce qu'il vit comme preuve évidente de son Seigneur. Ainsi [Nous avons agi] pour écarter de lui le mal et la turpitude. Il était certes un de Nos serviteurs élus." (Youssouf – 23 et 24) Jusqu’Allah dit en citant la parole de Aziz d’Égypte après qu’il témoigna de l’innocence de Youssouf : "Joseph, ne pense plus à cela ! Et toi, (femme), implore le pardon pour ton péché, car tu es fautive› " (Youssouf – 29) Jusqu’Allah dit en citant la parole de l’épouse de Aziz avec les femmes qui lui reprochèrent l’amour et l’attachement qu’elle lui vouait : "J'ai essayé de le séduire, mais il s'en défendit fermement. Or, s'il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés "(Youssouf – 32)

    Youssouf, que la paix et le salut d’Allah soient sur eux, a certes connu la voie qui permet de se débarrasser (de cette épreuve), il chercha secours auprès de celui qui a dans sa main les coeurs et la destinée des affaires, il les dirige comme il veut. Il reconnut la stérilité de sa propre capacité et de sa propre puissance, pour reconnaître la capacité d’Allah et sa toute-puissance au moment ou il entendit son avertissement de le faire jeter en prison si, il ne répond pas à son désir et ne concrétise pas ce qu’elle veut.

    Il demande alors à son seigneur qu’il le protège de toute déviation et qu’il écarte de lui la ruse de ces femmes : "Il dit : ‹Ô mon Seigneur, la prison m'est préférable à ce à quoi elles m'invitent. Et si Tu n'écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants› [des pêcheurs] " (Youssouf – 33)

    Et Allah n’est pas à rejeter (l’invocation) d’un serviteur qui l’a craint et qui l’a invoqué, lui uniquement, avec une sincérité pure. La prison fut pour lui préférable que la turpitude : "Son Seigneur l'exauça donc, et éloigna de lui leur ruse. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient et l'Omniscient. 35. Puis, après qu'ils eurent vu les preuves (de son innocence), il leur sembla qu'ils devaient l'emprisonner pour un temps." (Youssouf – 34 -35)

     

    5 : Parmi ces aspects : Il (Youssouf) ne fut point préoccupé par les épreuves consécutives dont il fut touché, relative à son seigneur, sa religion et l`appel à l`unicité, hérité de ses pères : Ibrahim, Ishaq, Yacoub, que le salut et la paix d`Allah soient sur eux. Il profita du besoin des deux (détenus) qui se trouvaient avec lui en prison, qu`ils avaient de lui en ce qui concerne l`interprétation des songes qu`ils ont vus. Il débuta par parler de lui-même pour mettre en valeur sa propre personne afin qu`ils acceptent sa parole, ensuite il les conseilla en leur rappelant l`unicité (d`Allah) et sa splendeur et il les mit en garde du polythéisme et de son caractère abject, il argumenta sa parole par la preuve (convaincante) avec délicatesse et en leur rappelant (la valeur) de la compagnie au moment de l`épreuve. Il leur dit tout cela avant qu`il leur interprète leur songe afin d`attirer le plus possible leur attention et de s`assurer de leur acceptation et afin d`éloigner leur refus (d`accepter l`interprétation donnée).

    Il développa longuement cette argumentation et fit qu`elle soit un but en soi-même (qui n`est autre que l`appel à l`unicité d`Allah et le rejet de toute forme de polythéisme), puis il conclut par l`interprétation de leur songe dans un court verset : Allah, Le Très Haut, dit : "Deux valets entrèrent avec lui en prison. L'un d'eux dit : ‹Je me voyais [en rêve] pressant du raisin...› Et l'autre dit : ‹Et moi, je me voyais portant sur ma tête du pain dont les oiseaux mangeaient. Apprends-nous l'interprétation (de nos rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants›. 37. ‹La nourriture qui vous est attribuée ne vous parviendra point, dit-il, que je ne vous aie avisés de son interprétation [de votre nourriture] avant qu'elle ne vous arrive. Cela fait partie de ce que mon Seigneur m'a enseigné. Certes, j'ai abandonné la religion d'un peuple qui ne croit pas en Allah et qui nie la vie future›. 38. Et j'ai suivi la religion de mes ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous convient pas d'associer à Allah quoi que ce soit. Ceci est une grâce d'Allah sur nous et sur tout le monde; mais la plupart desgens ne sont pas reconnaissants. 39. Ô mes deux compagnons de prison! Qui est le meilleur : des Seigneurs éparpillés ou Allah, l'Unique, le Dominateur suprême ? 40. Vous n'adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et à l'appui desquels Allah n'a fait descendre aucune preuve. Le pouvoir n'appartient qu'Allah. Il vous a commandé de n'adorer que Lui. Telle est la religion droite ; mais la plupart des gens ne savent pas. 41. Ô mes deux compagnons de prison! L'un de vous donnera du vin à boire à son maître; quand à l'autre, il sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête. L'affaire sur laquelle vous me consultez est déjà décidée.›" (Youssouf – 36 à 41)

    Regarde la saine nature de Youssouf et l`authenticité de sa croyance et l`effort qu`il produit pour oublier son malheur. Observe le rappel (que Youssouf exprima) de ses purs prédécesseurs qui étaient des réformateurs, et de leur grandeur, afin qu`il les prenne comme modèle dans (l`appel à) l`unicité et la mise en garde du polythéisme et la mise en évidence, par la preuve et l`argumentation, des dommages qu`il cause. Regarde la bonté de son caractère avec ses deux compagnons (de prison) jusqu`au point ou ils témoignèrent de sa connaissance, de son éminence et de sa bienfaisance, observe sa politique avec eux dans son appel à Allah et sa préférence (de ce prêche) par rapport à ce qu`ils lui demandèrent, sans même qu`il délaisse ceà quoi leurs âmes se sont rattachées : l`interprétation de leur songe, sans même faire face au mal qui a été indiqué à travers le songe comme mauvaise fin, bien au contraire il a cité l`affaire de manière imprécise, il dit : " L'un de vous donnera du vin à boire à son maître ; quand à l'autre, il sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête ". Allah réalisa ce qu`il dit et chacun d`eux eu pour destinée ce qui fut cité lors del`interprétation de leur songe.

     

    6. Parmi ces aspects : Youssouf, malgré sa pleine confiance en son seigneur et le fait qu`il s`en remette entièrement à lui, voulut prendre les moyens qui lui permettront de se débarrasser du malheur qui le toucha, et ceci ne dévalorise en rien et ne diminue point la pleine confiance (tawakkul) qu`il porte en Allah, il fut alors jeté en prison injustement et cruellement, et ceci par le témoignage même de son antagoniste, et repousser l`injustice est un acte légiféré et qui est même parfois obligatoire, il dit alors à celui des deux (prisonniers) qu`il crut sauvé : "cite moi auprès de ton maître". Mais Allah voulut qu`il augmente (Youssouf en degré) en épurant son coeur et qu`il accroît sa sincérité dans sa confiance portée à Allah, ainsi que la force de sa patience devant l`épreuve, alors le diable fit oublier à ce jeune homme qu`il cite Youssouf, en bien, auprès de son maître. Il demeura donc en prison quelques années, puis Allah lui choisit une voie meilleure que celle qu`il avait dessinée pour lui-même, afin qu`il se libère (de cette épreuve), comme nous allons le voir.

     

    7. Parmi ces aspects : Allah voulut que sa délivrance se réalise par le biais de la science et de la sagesse et surtout par sa connaissance dans l`interprétation des songes, non par l`intercession de quiconque. Puis à cause du besoin de la communauté envers lui, que ce soit gouverneur et gouvernés, sans que lui, n`ai besoin d`eux, ceci étant plus noble et plus honorable pour lui-même, afin qu`il ne soit pas redevant devant quiconque, sinon Allah. Il (Allah) lui facilita alors le chemin vers cela : le roi d`Egypte vit un songe qui le préoccupa, les nobles de son peuple furent impuissants devant son interprétation : "Et le roi dit : ‹En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres ; et sept épis verts, et autant d'autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve›. 44. Ils dirent : ‹C'est un amas de rêves! Et nous ne savons pas interpréter les rêves!›" (Youssouf – 43-44) Et lorsque cette affaire d`interprétation se termina auprès de Youssouf, il l`interpréta avec justesse et clarifia qu`elle dévoilera pour la communauté son futur relatif à sa prospérité et à sa pénurie sur une période de quatorze ans : "Alors [Joseph dit] : ‹Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez. 48. Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles sauf le peu que vous aurez réservé [comme semence]. 49. Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir.›" (Youssouf – 47 à 49)

    Cette interprétation eut un impact considérable dans le coeur du roi, il s`empressa alors de faire venir Youssouf auprès de lui, ce qu`il refusa jusqu`à que l`on se penche sur son affaire avec les femmes, car il fut jeté en prison à cause d`elles : " [Joseph] dit : ‹Retourne auprès de ton maître et demande-lui : ‹Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains? Mon Seigneur connaît bien leur ruse›. "(Youssouf – 50)

    Le roi s`exécuta et mit en évidence (devant les gens) l`innocence de Youssouf : "Alors, [le roi leur] dit : ‹Qu'est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph ?› Elles dirent : ‹A Allah ne plaise! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui›. Et la femme d'Al-Azize dit :‹ Maintenant la vérité s'est manifestée. C'est moi qui ai voulu le séduire. Et c'est lui, vraiment, qui est du nombre des véridiques!› 52. ‹Cela afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'en vérité Allah ne guide pas la ruse des traîtres."(Youssouf – 51 et 52)

    Et lorsque le roi le demanda après cela et qu`il se présenta devant lui : "Et [Joseph] dit: ‹Assigne-moi les dépôts du territoire : je suis bon gardien et connaisseurs› " (Youssouf – 55)

    Sur de lui, et ayant science que personne, sinon lui, dans la communauté est apte à gérer les affaires économiques de l`état et à administrer les affaires d`ordre générale de manière à ce que le pays ne puisse être préservé que par lui. Il demanda donc cela pour l`intérêt de la communauté, non pour son propre compte. Le roi lui répondit favorablement en conséquence de sa science, de sa sincérité et de la confiance qui lui était portée, Allah a donc parachevé sur Youssouf les bienfait qu`il désira : "Ainsi avons-nous affermi (l'autorité de) Joseph dans ce territoire et il s'y installait là où il le voulait. Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons et ne faisons pas perdre aux hommes de bien le mérite [de leurs oeuvres]." (Youssouf – 56)

    Ainsi, il apparaît clairement qu`Allah a purifié Youssouf et l`a préservé grâce aux épreuves consécutives suivies à chaque fois d`une délivrance (se tirant ainsi d`affaire). Puis il l`éprouva par la ruse de ses frères et du fait qu`ils le jetèrent au fond de la forêt, ensuite Allah le sauva, puis il l`éprouva par le fait que la caravane le vendit, puis il lui accorda un bel accueil, puis il l`éprouva par la femme de Al-Azize et le fait qu`elle soit à son affût et par les femmes qui se coupèrent les mains, puis Allah le protégea et le garda (de tomber dans le péché), puis il l`éprouva par la prison, puis il le fit sortir en toute innocence et savant de son seigneur et des affaires de la communauté à un moment ou le besoin du pays d`un gardien (du trésor public), se fit énormément ressentir, un gardien ayant science et gérant les affaires (de l`état) et capable de la conduire durant son règne de la meilleure des façons.

    Il fut investit de ses fonctions et les responsables se soumirent (à son ordre). Dans le récit de Youssouf, en dehors de ce que nous avons cité, se trouve beaucoup de points qui indiquent qu`Allah s`est engagé à éduquer et à protéger Youssouf. Il (Allah) l`a pris en charge durant les étapes de sa vie afin qu`il le choisisse comme un prophète et qu`il puisse assumer les fardeaux du message (divin), puis pour qu`il fasse de sa noble vie des signes évidents qui prouvent sa sincérité en ce qui concerne les informations qu`il a communiquées et la confiance qu`il lui a été faite pour ce qui est de la transmission (de la révélation) du seigneur des mondes.

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    LE CALIFE ET LE SAVANT

    Added 2/5/2011

    سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

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    Par Bennani Karim Tajeddine

    Durant les périodes fastes, les chercheurs, de plus en plus nombreux, avaient coutume de se référer à la célèbre maxime, gravée dans toutes les mémoires : « Demandez le savoir même si c’est en Chine. »

    Répondant à l’appel, un étudiant quitta son foyer pour se vouer corps et âme à la connaissance. Des années durant, il voyagea de pays en pays en quête du savoir.

    Au fil du temps, son repère relatif se rapportait à la vie nomade des caravanes. De caravansérail en caravansérail, il partagea l’eau et le pain et le meilleur et le pire avec ses compagnons de fortune. A l’instar d’Ibn Batouta, il explora la route de la soie, traversa le désert de Gobi, rencontra les Mongols et côtoya tant d’autres peuples laborieux de l’extrême Orient. Poursuivant son périple au péril de sa vie, il s’embarqua un jour à bord d’une jonque. Chemin faisant, il découvrit enfin l’île de ses rêves. Sans aucune hésitation, il décida de s’y installer pour joindre l’utile à l’agréable et, surtout, apprendre une des sciences en vigueur.

    Bien entendu, les habitants de cette île merveilleuse étaient réputés pour la précision presque mathématique de leurs travaux. Il commença alors un long apprentissage auprès d’un maître chevronné. Il persévéra longtemps avant de parvenir à son tour à réussir avec dextérité l’exécution d’opérations ingénieuses sur des objets infiniment petits.

    Fort de son art, il retourna chez lui et demanda à présenter le fruit de son enseignement au Calife. Il fut alors bien accueilli et convié à exposer sa science en présence du Calife, d’Oulémas prestigieux, de dignitaires et du peuple à l’intérieur d’un immense amphithéâtre à ciel ouvert. Par ses proportions grandioses et ses nombreux étages, l’espace de rencontre ressemblait plutôt à un cirque romain. Comme un gladiateur attendant le combat ultime, le savant se plaça devant l’estrade la plus richement sculptée d’arabesques, réservée uniquement au Calife et à sa suite. Devant les acclamations chaleureuses du peuple, il reçut alors l’autorisation solennelle de commencer la présentation de sa science.

    Quand le soleil fut au zénith, le savant sortit deux petites aiguilles d’un petit paquet en or scintillant aux réverbérations lumineuses. Il montra au public la première, rouge, et la seconde, noire. La curiosité fut à son comble, chacun se demandait ce qu’il allait bien en faire. Soudain, de sa main droite, il lança l’aiguille rouge à grande vitesse vers le ciel et, de sa main gauche, il la visa avec une précision professionnelle au moyen de l’aiguille noire. Avec célérité, l’événement eut lieu promptement de sorte que personne n’eut vraiment le temps de suivre attentivement le déroulement du scénario. Mais, en application de l’une des découvertes en optique du savant Ibn Haytham, des miroirs judicieusement disposés agrandissaient l’image et la projetaient harmonieusement sur un écran géant. Les spectateurs virent sans peine que l’aiguille rouge avait bel et bien pénétrée dans la fente de l’aiguille noire.

    Le public se leva d’un seul coup pour acclamer le savant talentueux. Des applaudissements retentissants succédèrent comme du tonnerre dans le ciel. Ahuri par le spectacle, le Calife et le Grand vizir se déplacèrent physiquement pour constater à l’œil nu la prouesse extraordinaire exécutée avec précision et maîtrise. Ils témoignèrent sans équivoque de l’accomplissement du phénomène prodigieux. Le Calife ordonna qu’on donne immédiatement cent dinars d’or au savant. Ce dernier fut extrêmement heureux que les efforts de vingt années aient été finalement couronnés de succès.

    Tout à coup, diamétralement opposé au scénario précédent, alors que le public était en liesse et que le savant, emporté par l’ivresse de la réussite, commentait joyeusement les rudiments techniques de l’opération, le Calife prit une décision paradoxale. Imprévisible, il changea de comportement et prit soudain l’air sévère d’un caïd autoritaire prêt à prononcer une sentence irrévocable. Il demanda silence et tout le monde se tut.

    Il ordonna qu’on donne immédiatement cent coups de fouet au savant. L’écho de sa voix s’amplifia, se répercuta sur les parois et se perdit dans les méandres d’innombrables couloirs des bâtiments circulaires. Sur-le-champ, comme des prédateurs à l’affût d’un gibier de potence, des gardes, aux allures féroces et agressives, s’emparèrent impitoyablement du savant. Ils lui ligotèrent les mains et les pieds. Comme pour un mouton sacrifié, ils unirent leurs forces pour le hisser très haut. En peu de temps, ils parvinrent à le suspendre à un crochet encastré sur une poutre réservée aux condamnés au fouettement. Après avoir dénudé son dos, le sifflement aigu du premier coup de fouet dans l’air transforma la joie générale de fête en tristesse des funérailles. Le premier cri poussé fut tellement lancinant que les cœurs battirent la chamade. Chacun se demandait quelle étrange mouche avait bien du piquer le Calife. Au fil du temps, chaque coup fut ressenti comme un cauchemar invivable et une punition à un délit commis à l’insu du public. Après avoir été fouetté jusqu'au sang, au centième coup, le savant perdit

    connaissance. En colère, le peuple hurla fort et réclama des explications à la réaction lunatique et imprévisible du Calife.

    Ce dernier se leva et observa calmement la foule. Son charisme finit par imposer silence total. Il se tourna en direction du savant et prit la parole pour éclaircir le symbolisme de ses réactions duales :

    « Ce savant a passé plus vingt ans de sa vie à apprendre une science à l’étranger. Positivement, il a pu arriver à bout d’un art nouveau conformément au Hadith du Prophète (PSDL) : « Celui qui fait l’effort de réflexion (Ijtihad) et parvient à un résultat juste a deux récompenses ; celui qui fait l’effort de réflexion mais commet l’erreur, a une seule récompense » C’est pour cette raison, me référant au deuxième cas, j’ai récompensé son effort et sa combativité louable par cent dinars d’or.

    En revanche, comme vous l’avez remarqué, je l’ai condamné à cent coups de fouet. La sévérité de la seconde réaction parait manifestement en contradiction flagrante avec le bien fondé de la première. Naturellement, j’ai fait exprès de vous choquer afin que le paradoxe et l’enseignement en découlant serve de leçon et demeure à tout jamais gravé dans toutes les consciences. »

    Le Calife marqua une pause. Le public sembla désorienté et rentra dans un cercle vicieux de questionnements. Or, n’ayant pas de réponse objective, il attendit le dénouement du récit. Le Calife poursuivit :

    « Si je suis rentré en colère, c’est simplement parce que la science exposée, quoique riche d’illusions, n’apporte pas la brique indispensable à l’édification évolutive de notre « Maison », que d’autres devront continuer indéfiniment de bâtir. Autrement dit, son utilité pratique demeure négligeable au regard de l’intérêt général d’une civilisation universelle. »

    Avant de mettre terme au meeting, le Calife évoqua l’exemple sublime du Prophète ( Paix et Salut de Dieu sur lui), qui fut bâtisseur pratique durant toute sa vie, qui a placé une magnifique brique pour parachever magistralement la Maison de ses prédécesseurs :

    « Moi et mes prédécesseurs sommes des références pour l’humanité. Un jour un homme construit une magnifique maison mais il oublie de déposer une brique. Les gens observent cette très belle construction mais grand fut leur étonnement, lorsqu’ils constatèrent l’oubli de la brique. Ils interrogèrent le Prophète et il leur répondit : « Je suis comme cette brique, je clôture la chaîne des messagers. »(Hadith)

    Les scribes gravèrent en lettres d’or les conclusions implicites du Calife afin qu’elles soient écrites, comprises et accomplies jusqu’à la fin des temps.


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    Foi Ordinaire, Science ordinaire

    Added 11/2/2011

    سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

    William D. Phillips

    Prix Nobel de Physique obtenu en 1997 pour sa co-découverte de méthodes permettant de refroidir et de capturer des atomes avec la lumière du laser. Il a rejoint l’Institut National des Standards et de la Technologie américaine en 1978 où il est en charge du Groupe de Refroidissement des Atomes par Laser dans la Division de Physique Atomique. Il est professeur de Physique à l’Université de Maryland.*

    Abstract (Phillips doit envoyer un papier pour le dossier de presse) : De nombreux scientifiques sont également dotés de croyances scientifiques conventionnelles. Moi-même, en tant que physicien croyant, en suis un exemple. Ce texte explore la nature de mes croyances et la relation existant entre ma science et ma croyance. J’y compare ma compréhension des domaines religieux et scientifique. Alors qu’en ce qui me concerne, la science et la religion sont parfaitement distinctes à bien des égards (par exemple dans la viabilité d’une revendication), elles partagent également de nombreux traits (par exemple des conclusions basées sur une connaissance reçue, l’expérience et la raison). Ma croyance religieuse n’est pas dénuée de fondement ou irrationnelle, ni scientifique.

    Introduction

    Je suis né dans une famille qui ne plaisantait pas avec la religion. Nous priions et avant les repas et avant de nous coucher. Nous appartenions à une église Méthodiste et assistions à la messe de l’école aussi bien qu’aux offices du Dimanche. En bref, l’enfant que j’étais percevait sa famille à l’image de la plupart des autres qu’il connaissait. Il ne m’était donc jamais venu à l’esprit que la foi religieuse pût ne pas être naturelle ni ne faire partie de la vie.

    Aussi longtemps que je me souvienne, je me suis toujours beaucoup intéressé à la science. Au début, je suppose qu’il s’agissait simplement d’une curiosité enfantine : découvrir la façon dont les choses fonctionnent. Mais lorsqu’on m’a appris que l’on pouvait faire de cette curiosité une profession, j’ai compris que c’était le métier que j’avais vraiment envie d’exercer. À 10 ans environ, je savais que je voulais devenir physicien. Peut-être était-ce parce que la physique était plus hygiénique et moins odorante que la chimie et la biologie (bien que je sois toujours fasciné par ces disciplines) ou peut-être était-ce parce que la physique aborde les questions les plus fondamentales quant à la façon dont l’Univers fonctionne (bien qu’à cette époque je n’eus presque aucune notion de ce que ces questions voulaient dire et impliquaient) ? Quoi qu’il en soit, j’étais voué à devenir physicien et physicien je suis aujourd’hui !

    Reste qu’il ne me semblait pas, alors, qu’il y eut de conflits fondamentaux entre mon intérêt pour la science et mon terrain d’entente avec la religion. Bien sûr, je savais que les histoires racontées par la Bible, et plus précisément les explications sur la Création, étaient littéralement en conflit avec la perception et la compréhension scientifique des origines de l’Univers et de ses habitants. Mais lorsque je fus en âge de percevoir clairement ces conflits, j’avais également appris l’existence d’une variété d’expressions littéraires, et les façons dont le sens profond émerge de procédés tels que celui des métaphores, des allégories et de la poésie. Mes parents aussi bien que le Pasteur m’encourageaient à être attentif au message spirituel des Écritures. La science était une chose, la religion en était une autre, et il n’y avait aucun problème.

    Aujourd’hui, je suis toujours un membre de l’Église, de même que je chante au sein d’une chorale Gospel. Notre famille prie avant les repas, se rend à l’Église presque tous les Dimanches et… je prie globalement moins souvent que je ne le devrais ! Ma perception de la religion est plus libérale que celle de certains et plus conservative que celle d’autres personnes. En bref, ma vie religieuse est assez conventionnelle. Il en est de même pour ma vie scientifique ! Je suis membre de la Société Américaine de Physique, l’organisation professionnelle des physiciens. J’écris des articles et donne des conférences qui sont accueillies de la façon dont toute conférence de physicien peut l’être, c’est-à-dire parfois avec respect, parfois avec scepticisme. J’ai l’honneur de diriger un groupe de 15 à 20 scientifiques à l’Institut National des Standards et Technologies (National Institute of Standards and Technology), personnes dont l’enthousiasme et l’intelligence me donnent envie de me lever le matin pour aller travailler. En tant que professeur à l’Université de Maryland, j’ai le plaisir d’enseigner la physique à des étudiants dont les questions suscitent en moi autant de defis personnels que de satisfaction à leur répondre. En bref, je suis un physicien ordinaire.

    Être un scientifique ordinaire doublé d’un Chrétien ordinaire me semble naturel. Cela semble tout aussi naturel à de nombreux scientifiques que je connais qui sont également de vrais croyants. Cependant, aux yeux de certaines personnes, il semble étrange, voire très étonnant, que quelqu’un puisse avoir une démarche sérieuse tout à la fois vis-à-vis de la science et vis-à-vis de la foi. Je vais maintenant essayer de montrer la façon dont ces deux aspects de ma vie fonctionnent et comment ils s’influencent l’un l’autre et s’informent respectivement. Il ne va s’agir, essentiellement, que du témoignage d’une personne ordinaire qui peut être sérieuse autant en ce qui concerne la science que la foi.

    Ma Science

    Je me compare un peu à la mécanique quantique. C’est-à-dire que, telle la façon pratique dont la mécanique d’une voiture fonctionne, je travaille de manière pratique sur la nature quantique d’atomes et de lumière. La mécanique quantique est la théorie de la physique qui décrit comment, au niveau submicroscopique, les atomes et les photons (particules de lumière) se comportent. Il s’agit d’une théorie qui a fait ses preuves et qui, autant que l’on puisse l’affirmer, décrit avec exactitude tout ce qui a trait au phénomène ordinaire que l’on vit chaque jour, auquel s’ajoute des phénomènes extrêmement riches qui ne sont perçus que via les instruments specialisés des physiciens quantiques.

    Le comportement des choses au niveau quantique (microscopique) est incroyablement différent de celui, plus familier, des objets plus grands (macroscopiques). Par exemple, dans la vie ordinaire, nous sommes habitués à affirmer que nous ne pouvons nous trouver en deux lieux différents en même temps (nous n’avons pas le don d’ubiquité). Par contre, dans l’univers quantique, il est commun qu’un atome, un photon ou un électron se trouvent en deux lieux différents au même moment. Dans le monde macroscopique, où ont lieu des événements ordinaires, les objets ont des propriétés qui ne s’altèrent pas du fait qu’on les observe ou non. Le panneau « sens unique » d’une rue indique, selon son emplacement, soit la direction Est, soit l’Ouest. Si nous devons le regarder pour savoir quel sens nous est interdit, puisqu’il s’agit d’un panneau usuel, nous n’avons pas besoin de le regarder pour savoir qu’il indique en soi et quoi qu’il en soit une direction (qui nous est interdite). En physique quantique, par contre, un atome peut tout à la fois pointer simultanément l’est et l’ouest. Et, lorsqu’on en fait l’expérience, on peut démontrer qu’il est erroné de supposer qu’il indique déjà une direction ou une autre avant même d’être observé par un oeil humain.

    Si ces caractéristiques de mécanique quantique paraissent étranges, voire confuses, à des non physiciens, soyez certains qu’elles le sont également pour des physiciens ! Nous ne prétendons pas comprendre la raison pour laquelle les choses fonctionnent aussi singulièrement ; nous savons simplement qu’elles le font et à partir de cette connaissance, nous réalisons des choses utiles. Nombre de choses que nous pensons aller de soi dans cette vie moderne (l’électroménager, par exemple) n’existent que parce que des scientifiques et des ingénieurs ont compris les aspects singuliers de la physique quantique et ont su créer des procédés à partir de ceux-ci.

    Je cohabite chaque jour avec les comportements pour le moins étranges de ces objets. Ils me sont aussi familiers que ne peut l’être le fonctionnement interne d’un engin à combustion pour un mécanicien automobile. Si je pense à l’étrangeté de la mécanique quantique, je suis aussi dérouté que quiconque. Mais je peux utiliser ma connaissance de ce comportement étrange pour obtenir des resultats qui sont aussi fiables que l’est celui du fonctionnement d’une automobile (bien entendu, les voitures, tout comme mes expériences en laboratoire, ne sont pas parfaitement fiables, mais ces défauts ne sont pas le résultat de problèmes fondamentaux inhérents à la compréhension de la mécanique des voitures ou de la mécanique quantique des atomes).

    Mon travail de recherche s’est axé sur le refroidissement par laser et la capture des atomes [1]. Aussi surprenant que cela puisse paraître, en braquant de la lumière sur un gaz d’atome… on peut le refroidir. Les températures atteintes figurent parmi les plus faibles observées pour n’importe laquelle des substances existantes – moins d’un millionième de degré au-dessus du zéro absolu. Cette température incroyablement faible implique que les atomes se déplacent extrêmement doucement, moins d’un centimètre par seconde (cela doit être comparé aux centaines de mètres par seconde parcourus par des gaz atomiques à une température se rapprochant de celle de la pièce). Lorsque des atomes se déplacent aussi doucement, leur caractère ondulatoire devient de plus en plus évident. En effet, autre aspect étrange et merveilleux de la nature : la physique quantique nous apprend que toutes les particules se comportent également comme des ondes. En revanche, lorsque les particules sont lourdes ou se déplacent rapidement, la longueur d’onde est tellement faible qu’habituellement, le caractère ondulatoire n’en est pas manifeste. Mais lorsque la vitesse de la lumière ou d’un atome est réduite à moins d’un centimètre par seconde, la longueur d’onde peut devenir plus importante que celle de la lumière visible. Ainsi, le caractère ondulatoire de l’atome peut devenir manifeste même au niveau macroscopique, à une échelle bien plus importante que les dimensions atomiques.

    Au cours de certaines de nos expériences, nous mettons des atomes de gaz dans un état particulier, appelé le « condensé Bose-Einstein ». Cet mise en « état » n’a été rendue possible que ces dernières années [2]. Dans un condensé, les atomes peuvent atteindre une longueur d’onde plus grande qu’un dixième de millimètre : assez importante pour que quelqu’un doté d’une bonne vue puisse la voir à l’oeil nu. D’une certaine façon, mon groupe de recherche, ainsi que d’autres qui effectuent le même travail, amenons certains des aspects étranges et étonnants de la mécanique quantique depuis le niveau subatomique jusqu’au monde macroscopique. Bien que notre intuition relative à ce qui arrive en ces circonstances ne soit souvent pas très bonne, il nous est toujours apparu que la mécanique quantique continue à donner une description exacte de ce que nous observons.

    Les expériences réalisées sur les atomes refroidis par les lasers et sur les condensés Bose-Einstein ont des applications à la fois fondamentales et pratiques. Une de ses applications pratiques peut être observée dans au moins 3 pays, qui, suite à de forts éboulements en 2001, utilisent désormais des horloges atomiques fonctionnant avec des atomes lasers refroidis afin que ces dernières leur fournissent leur temps national standard. Et le futur promet d’être encore plus excitant ! Nous espérons pouvoir utiliser les atomes refroidis par les lasers comme des « qubits » (morceaux d’atomes) dans les processeurs d’information quantique – ordinateurs quantiques qui seront différents des ordinateurs contemporains d’une façon plus fondamentale que les machines d’aujourd’hui ne diffèrent des bouliers. Ces nouveaux ordinateurs quantiques auront en leur coeur l’étrangeté quantique qui est si intriguante pour les physiciens et pourraient être à même de résoudre des problèmes ingérables par des ordinateurs ordinaires.

    Ma Foi

    Être décrit comme religieux m’embarrasse. Je suppose que cela est dû au fait que pour moi, le terme implique nécessairement que la personne est plus concernée par l’apparence extérieure conférée aux pratiques religieuses que par le noyau spirituel de la religion. Ainsi, je préfère me décrire comme une personne de foi.

    L’auteur de l’Épître aux Hébreux décrit la foi comme « la substance des choses espérées, l’évidence des choses non vues » (« the substance of things hoped for, the evidence of things not seen » [Hébreux 11:1 (KJV)]). Je trouve cette déclaration à la fois magnifique et profonde. La juxtaposition des mots solides « substance » et « evidence » et des descriptions éthérées « espoir pour » et « non vues » insiste sur le fait que la foi est croyance et qu’elle a un fondement différent de celui associé à la connaissance scientifique.

    Quelqu’un m’a récemment posé la question suivante :
    « Pouvez-vous imaginer qu’une preuve quelconque puisse un jour vous faire arrêter de croire en Dieu ? » La question est de grande importance car n’importe laquelle des hypothèses scientifiques doit être falsifiable. C’est-à-dire que l’on doit être capable de spécifier ce qui prouverait que l’hypothèse est fausse. Les énoncés qui ne sont pas falsifiables ne sont pas des énoncés scientifiques. Ma réponse à la question relative à Dieu est : « Non, rien ne pourrait me faire arrêter de croire en Dieu [3]. » Ma définition prouve que la croyance n’est pas d’ordre scientifique.

    Cela dit, je tiens à souligner le fait que ma connaissance scientifique soutient ma foi. Si cette dernière est non-scientifique (je ne dit pas anti-scientifique), elle n’en est pas irrationnelle pour autant ! Lorsque j’observe l’ordre, la compréhension et la beauté de l’Univers, j’en viens à la conclusion que ce que je vois a été créé à dessein par une intelligence supérieure. Mon appréciation scientifique de la cohérence et de la merveilleuse simplicité de la physique [4] renforcent ma croyance en Dieu. La structure de l’Univers semble être mystérieusement adaptée au développement de la vie. Le moindre petit changement de l’une des constantes fondamentales de la nature (par exemple, de ces chiffres qui décrivent la valeur de la force existant entre deux électrons) ou des conditions initiales de l’Univers (comme la quantité totale de matière) aurait été un obstacle au développement de la vie – telle que nous la connaissons. Pourquoi l’Univers est-il si incroyablement adapté à l’émergence de la vie ? Et plus encore, pourquoi l’Univers est-il si scrupuleusement adapté à notre existence à nous ? Certains répondent simplement que si cela n’avait pas été le cas, nous ne serions pas là pour nous en poser la question (c’est le Principe Anthropique Faible). Cependant, cela ne répond pas à la question de pourquoi, parmi l’infinité d’univers qui eûssent été possibles, le nôtre soutient-il et maintient-il la vie intelligente ? Cela semble tellement improbable que nombre de personnes en concluent que l’Univers tel qu’il est ne peut avoir été que conçu par un Créateur avisé.

    Cela constitue-t-il une preuve scientifique légitime pour prouver l’existence d’un créateur intelligent ? Cela se pourrait. Reste que cette preuve n’est pas partagée universellement. D’ailleurs, certains scientifiques, plus qualifiés et souvent plus intelligents que moi, des personnes qui connaissent davantage l’ordre et la beauté du cosmos, sont arrivés à une conclusion inverse (de même que de meilleurs scientifiques sont arrivés à la même conclusion que la mienne). L’hypothèse de l’existence d’univers multiples pose la question de la probabilité infime d’obtenir un univers adapté à la vie (bien que cette hypothèse, du moins pour le moment, ne soit pas plus démontrée que la croyance en l’existence d’un Dieu).

    J’ai le sentiment (un sentiment pour beaucoup dénué de fondement scientifique ou théologique) que nous ne trouverons jamais de preuves scientifiques à même de justifier l’existence de Dieu de façon convainquante. Je soupçonne Dieu de ne pas laisser Ses [5] « Empreintes » sur Son oeuvre. Un sage affirma que « s’il existait des preuves parfaitement convainquantes de l’existence de Dieu, alors, quelle serait l’utilité de la foi ? »

    Quoi qu’il en soit, de nombreux scientifiques trouvent la preuve d’ordre scientifique suffisamment imposante et irrésistible pour croire en un créateur doué d’intelligence, créateur qui aurait fait surgir êtres et mouvements dans tout ce que l’on voit autour de nous. Certains souscrivent à une croyance appelée « le Dieu d’Einstein » [6] : une incarnation de l’intelligence et de l’ordre derrière la création, cependant dénuée de la personnalité qui serait soucieuse de sa création et interfèrerait avec elle. En bref, il ne s’agit pas du Dieu de la religion traditionnelle. Il y a autant de variétés de ce genre de croyances qu’il existe de croyants. Ce genre de croyances a suscité une très belle expression poétique [7], dans laquelle une scientifique identifie son hymne favori : « Immortel, Invisible, Dieu le Plus Sage », par Walter Chalmers Smith, 1867 :

    Immortel, invisible, Dieu le plus sage,
    Dans la lumière inaccessible, se cache de nos yeux,

    Tout haut nous t’implorons : Oh aide-nous à voir
    La splendeur de la lumière cachée en toi.

    « Immortel, Invisible » est un hymne merveilleux, mais il place Dieu tellement loin des hommes qu’il ne peut figurer sur ma liste des 20 meilleurs hymnes ! Parmi mes favoris, se trouve « Dans le Jardin », par C. Austin Miles, 1913, avec son adorable refrain :

    Et il marche avec moi, et il parle avec moi,
    Et il me dit que je lui appartiens ;
    Et la joie que nous partageons alors que nous restons là, Personne ne l’a jamais connue.

    « Dans le Jardin » exprime ma croyance dans un Dieu personnel, un Dieu qui est à la fois le créateur de l’Univers et un être intimement concerné par le bien-être des créatures de cet univers. Le « Dieu d’Einstein » n’est pas tout à fait suffisant pour moi. Je crois en un Dieu qui veut de bonnes choses pour nous et qui désir, et attend de nous, de nous occuper de nos semblables. Je crois que Dieu souhaite de la sincérité, des relations aimantes autant envers soi-même qu’entre chacun de nous. Je ne sais comment je peux me reposer sur la beauté et la symétrie de la nature, ou sur l’improbable précision du réglage de l’Univers en astronomie pour soutenir ce genre de croyance. Alors pourquoi crois-je en un Dieu personnel et aimant ?

    Un autre de mes hymnes favoris me revient en mémoire, peut-être le premier que j’ai appris étant enfant : « Jésus m’aime ! Cela, je le sais, car la Bible me le dit » (Anna B. Warner, 1860). Je crois en la nature aimante de Dieu grace à ce que l’on m’a appris des écritures, des traditions transmises de siècle en siècle, et de la sagesse reçue de mes parents et professeurs. Mais il y a plus encore. Je suis persuadé de la véracité de ce en quoi je crois concernant Dieu car je peux sentir la présence de Dieu dans ma vie et dans le monde. La prière me conforte et m’aide à faire de bons choix. Les gens sont gentils et bons, sacrifiant leur bien-être personnel au bénéfice de celui des autres. Tout cela fait partie de « l’évidence des choses invisibles » qui me convainquent de la réalité d’un Dieu aimant. Bien entendu, je suis au courant des débats instaurés par ceux qui y sont opposés et formulent ainsi leur argumentaire : le recueillement laïque peut générer des états equivalents à ceux issus de la prière ; la valeur psychologique et/ou de survie mène à des attitudes altruistes. Quoi qu’il en soit, je crois.

    Ces croyances se maintiennent-elles sans le moindre doute ? Difficilement ! Je me suis souvent posé la question de savoir si cette croyance en Dieu était juste une béquille psychologique ou une acceptation de la tradition non remise en cause. De temps en temps, je me demande si je n’ai pas tout faux concernant Dieu : peut-être que Dieu n’est pas une personne mais seulement la somme mal définie d’une myriade de consciences de l’Univers. Reste que je n’ai pas ce genre de doutes concernant la physique, et cela représente une différence importante entre ma science et ma foi. Mais j’accepte que ce genre de doutes fasse partie de la vie de la foi. L’histoire de Thomas [Jean 20:24-29] fait partie, je pense, de ce qui, dans l’écriture, peut nous amener à considérer comme normal le fait de douter. Si Thomas, qui était un disciple et un compagnon quotidien de Jésus, a des doutes, alors il n’y a aucune raison pour qu’il soit mal que l’on en ait à notre tour.

    Parmi les choses qui fomentent le doute chez une personne de foi se trouvent les questionnements difficiles que doit affronter toute personne, scientifique ou non, se prévalant de croire en un Dieu personnel, aimant et actif. Dans mon esprit, la question principale est « pourquoi y a-t-il de la souffrance dans le monde ? » Bien entendu, une partie de la souffrance est le résultat des péchés de ceux qui souffrent. Les gens qui abusent de la drogue et de l’alcool finissent par en souffrir. Ce qui est moins facile à accepter, c’est que des personnes innocentes souffrent à cause des méfaits des autres : les enfants et la famille des personnes qui se droguent, par exemple. Mais si Dieu veut entretenir des relations sincères avec nous, alors nous devons être également libres de le rejeter ainsi que tout ce qu’il souhaite pour nous. La souffrance des coupables comme celle des innocents, en tant que résultat du péché, devrait nous paraître l’une des dérives inévitables du cadeau que Dieu nous a fait : le libre-arbitre. Ce qui pourrait être plus difficile à comprendre, c’est la souffrance de personnes innocentes dûe à des événements imprévisibles, hors de tout contrôle humain. Pourquoi Dieu a-t-il créé un monde dans lequel les volcans détruisent des villes entières et au sein duquel les maladies provoquent un mal indicible chez de jeunes enfants ? Je n’en sais rien. Cette question est aussi vieille que la religion elle-même, et la réponse reste aussi mystérieuse qu’elle l’a toujours été. Le livre de Job, tel que je le vois, a été écrit afin de poser cette question précise, et ce que je comprends de la réponse qui y est donnée, c’est qu’il y a simplement des choses que nous sommes et serons amenés à ne pas comprendre. Cela peut être celle d’avoir un monde dans lequel les créatures de Dieu sont réellement libres de faire des choix, et au sein duquel Dieu devait permettre la possibilité d’une telle souffrance iméritée. Cela peut être ainsi, mais je n’en ai aucune idée.

    Un autre problème difficile – et plus particulièrement pour les chrétiens –, c’est le statut de ceux qui ont une autre foi. En tant que Chrétien, je crois que Jésus révèle et dévoile l’existence de Dieu : je crois que Jésus est la preuve vivante du désir de Dieu de communiquer directement avec nous. Jésus, à travers sa vie et sa mort sacrificielles, nous réconcilie avec Dieu et nous garantie la vie éternelle. Alors qu’en est-il de ceux qui n’acceptent pas cette vision de Jésus ? Et qu’en est-il de tous ceux qui acceptent les principes de comportements préchés par Jésus, et qui vivent selon ces principes bien mieux que moi ? Après tout, Jésus a souvent dit qu’il ne faisait que précher ce que la Loi et les prophètes avaient enseignés il y a de cela fort longtemps. De nouveau, je n’en sais rien ! Pour moi, Jésus est « le chemin, et la vérité et la vie » [Jean 14:6]. Mais je ne peux prétendre (à) parler à la place de Dieu et dire que d’autres, qui empruntent un chemin spirituel différent, sont sur la mauvaise voie. D’ailleurs, l’une des bénédictions du projet de ce livre, c’est d’avoir pu apprendre de l’expérience d’autres scientifiques, dotés de fois différentes. J’ai été bien plus impressionné par les similitudes de notre expérience spirituelle que par leurs différences. Je ne prétendrais bien entendu pas que toutes les religions sont similaires, mais lorsque nombre d’entre elles ont autant de caractéristiques communes, il m’est difficile d’arguer que le Dieu aimant et personnel qui m’est familier n’est pas également en oeuvre dans le coeur de ces personnes de fois différentes.

    Si je crois que nous comprenons des choses importantes à propos de Dieu et de ses objectifs, je crois également qu’il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas et ne comprendrons jamais, du moins dans cette vie terrestre. Comme St. Paul le dit : « De même notre vision aujourd’hui est une image confuse dans un miroir dépoli ; mais alors, nous verrons face à face. Ma connaissance aujourd’hui est imparfaite ; mais alors, je connaîtrai comme Dieu me connaît. » [1Cor. 13:12]. D’une telle position d’ignorance, je sens que doit découler l’attention à ne pas être trop dogmatique dans mes croyances : je dois rester ouvert aux aperçus que les autres pourraient donner.

    La façon dont tout s’ajuste

    J’ai affirmé que la croyance basée sur la foi était différente de celle basée sur une evidence scientifique. Pourquoi crois-je qu’il existe ces deux façons d’appréhender les choses ? En tant que scientifique entrainé à accepter uniquement les évidences fiables et reproductibles, observées selon le support d’hypothèses, pourquoi crois-je dans « l’évidence des choses invisibles » ? Et pourquoi pas ?! Je pense que même les scientifiques qui croient dur comme fer que seules les évidences empiriques mènent à la vérité, peuvent trouver et faire une place, au sein de leur vie, à l’amour et au romantisme. Même s’ils croient que l’amour est uniquement de la biochimie, je doute beaucoup que, dans un moment tendre et romantique, ils ne fassent appel qu’à elle ! Si nous acceptons tous l’idée de céder une part importante de notre vie à quelque chose d’aussi éloigné de la rationalité scientifique qu’est l’amour, alors pourquoi ne le ferions-nous pas également avec la foi ? Je ne suis pas en train de prétendre que l’on doit croire en Dieu sous pretexte que la Science ne peut, non plus, expliquer l’Amour. J’affirme que si la science pouvait expliquer l’amour, il y aurait beaucoup de mérite à continuer de percevoir et vivre l’amour de façon non scientifique… et pourtant, je suis certain que la plupart d’entre nous continueraient à le faire. Si nous le souhaitons, et même sommes avides de le faire, pourquoi, dans ce cas, ne ferions-nous pas la même chose avec le foi ?

    J’ai conscience du fait que cet argument est un brin désinvolte, reste que je lui trouve du mérite. Il n’y a aucune raison de croire qu’il n’existe qu’une et une seule façon d’appréhender la vie. J’abonde particulièrement dans le sens de l’affirmation du physicien Freeman Dyson [8] selon laquelle la Science et la Religion regardent la même réalité à travers des fenêtres différentes. Il me semble que la vie serait plutôt assommante si nous ne la regardions qu’à travers la fenêtre de la Science.

    Un autre aperçu utile, parfaitement expliqué par Howard Van Till [9], est que science et religion posent toutes deux des questions différentes sur la réalité. La science peut poser des questions sur la façon dont les choses fonctionnent et sur la succession d’événements qui a mené aux circonstances actuelles ; la religion peut, elle, poser des questions sur la relation que l’on entretient avec Dieu et sur la façon dont on devrait se comporter les uns avec et envers les autres. En réalité, les problèmes n’apparaissent que lorsqu’on pose les mauvaises questions à la mauvaise discipline. Si le livre de la Genèse nous parle de Dieu en tant que le magnifique créateur (chaptre 1) et parent investi et personnifié (chapter 2), la cosmologie, elle, nous parle de l’évolution stellaire et la biologie, de l’origine des espèces. Mais essayer d’apprendre la cosmologie via la Genèse constitue non seulement un piêtre mélange des genres, mais encore fait-il prendre le risque de rater les importants messages spirituels contenus dans la Genèse.

    Cette description de la relation entre Science et Religion peut donner l’impression qu’elles sont deux disciplines totalement séparées, utilisant des méthodes entièrement différentes pour poser des problèmes absolument dissemblables. De mon côté, je ne vois pas les choses de cette façon. En tant que méthodiste, on m’a appris que la croyance se fonde à partir des quatre piliers que sont les Écritures, la Tradition, La Raison et l’Expérience (les quatre piliers du méthodisme). Je vois d’importants parallèles entre ces derniers et le fondement de la connaissance scientifique. Les Écritures (la Bible) et la Tradition (la sagesse des penseurs religieux à travers l’histoire) représentent la connaissance reçue. La science recèle également de nombreuses connaissances reçues : si on lit les textes classiques de physique, on accepte généralement pour acquises les descriptions de preuves expérimentales sans pour autant avoir besoin de répéter nous-mêmes lesdites experiences. En ce sens, on accepte beaucoup de la science sur simple foi. Cependant, il existe une différence essentielle : en science, on pourrait, en principe, vérifier à tout moment les expériences décrites – d’ailleurs, une multitude de témoins contemporains ont réalisé leurs propres vérifications. Or, cette sorte de vérification n’est généralement pas réalisable pour la connaissance reçue en religion.

    Pour moi, raison et expérience sont même encore plus comparables en science et en religion. Il existe une conception erronée selon laquelle la religion doit ignorer la raison et l’expérience en faveur de la connaissance reçue. Pourtant, cela n’est pas du tout cohérent avec la tradition religieuse. Les penseurs religieux – du moins depuis St Augustin – ont enseigné que lorsqu’une preuve empirique claire contredit les Écritures, c’est que nous les mésinterprétons.

    Ainsi, si les méthodes utilisées en science et en religion ne sont pas si différentes les unes des autres et qu’elles regardent la même réalité à travers des fenêtres différentes, la science et la religion peuvent-elles travailler de concert ? Certainement, lorsque des questions d’ordre moral et éthique ont besoin de et font appel à la connaissance scientifique. Cela semble naturel et même impératif qu’il en soit ainsi. Si, par exemple, nous voulons déterminer le bien-fondé du fait de distribuer de la nourriture et des céréales génétiquement modifiées dans des pays pauvres, nous devons évaluer à la fois l’aspect scientifique et éthique de la décision à prendre. Cette sorte de cooperation, au sein de laquelle chacun apporte sa pierre à l’édifice commun, paraît valoir vraiment la peine.

    D’autre part, les découvertes scientifiques peuvent également représenter un levier pour l’enseignement historique de la religion. Par exemple, l’enseignement de plusieurs traditions religieuses stipule que nous sommes tous frères et soeurs dans la paternité de Dieu. La biologie moderne, pour sa part, confirme l’identité génétique et l’ascendance commune de tous les êtres humains. Si des gestes récurrents d’inhumanité sont perpétrés envers les autres – malheureusement même parfois au sein de la même famille –, donnant un maigre espoir qu’une telle connaissance scientifique altère profondément les comportements, cela confirme néanmoins l’enseignement traditionnel.

    Je pense également que si la science et la foi se rencontrent, c’est que Dieu souhaite que nous découvrions l’univers qu’IL a créé autant que peut se faire. Tout comme de bons parents veulent que leurs enfants apprennent autant de choses que possible par eux-mêmes, je crois que Dieu se réjouis avec nous de chaque nouvelle découverte. Qu’Il veut que nous profitions de la fertilité de la vie à travers toutes les opportunités possibles. Et la découverte scientifique en fait partie. Je crois que Dieu nous appelle à faire du monde un lieu meilleur en augmentant la connaissance que nous en avons. Je pense que la recherche scientifique est un appel profondément religieux. C’est l’une des façons dont Dieu fait de nous des partenaires au sein d’une creation continue.

    Cependant, tout cela n’est qu’une expression de ma croyance religieuse sur la valeur de la science. Qu’en est-il de ce qui lierait plus directement la croyance religieuse à la connaissance scientifique ? Des études portant sur la précision du réglage de l’Univers et le principe anthropique – incluant l’examen d’hypothèses sur des multivers et les contraintes intrinsèques des lois et constantes physiques – pourraient, un jour, donner des preuves bien plus convainquantes de l’existence d’une intelligence prévalant derrière la création (tout comme elles pourraient ne pas donner de preuves…).

    Un autre domaine dans lequel la recherche scientifique pourrait apporter des contributions significatives à la croyance religieuse est celui de la conscience humaine. Je trouve que la conscience humaine et le libre-arbitre sont des arguments forts pour l’existence d’une sorte de transcendance. Si nous sommes réellement dotés d’un libre-arbitre, si nos actions représentent un vrai choix et ne sont pas uniquement le résultat de réactions biochimiques suivant des processus déterministes ou aléatoires, alors d’où vient cet arbitre ? S’il n’y a que de la physique et de la chimie, d’où nous viennent les décisions que nous prenons ? Bien entendu, peut-être notre libre-arbitre est-il illusoire, ou peut-être émerge-t-il d’un système complexe dont toutes les composantes sont déterministes ou aléatoires ?

    Mais je trouve ces hypothèses peu convainquantes et il me semble plus simple de croire en une transcendance qui fournit quelque chose se trouvant au-delà du déterminisme ou de la chance. J’appelle cela « transcendance de Dieu ». Cependant, en considérant le pauvre état d’avancement de notre compréhension scientifique de la conscience humaine et du libre-arbitre, ma conclusion sur la nécessité de transcendance n’est pas particulièrement bien fondée. Une meilleure connaissance de la conscience, qui pourrait avoir lieu via de futures recherches scientifiques, pourrait changer cette situation de manière significative.

    La science pourrait-elle prouver Dieu ? Imaginons un instant que l’on trouve de solides preuves selon lesquelles l’Univers n’aurait pas été construit d’après des contraintes intrinsèques (c’est-à-dire que d’autres combinaisons de constantes fondamentales et de conditions initiales auraient été permises). Imaginons que nous trouvions des arguments puissants contre l’existence d’univers multiples. Enfin, imaginons qu’une recherche poussée confirme indéniablement qu’une déviation infinitésimale des conditions actuelles qui règnent dans notre Univers aurait donné lieu à un monde désert et inintéressant, dénué d’étoiles ou de planètes, rendant impossible la vie intelligente. Une telle situation pourrait facilement amener les personnes les plus raisonnables à croire que l’hypothèse d’un créateur intelligent est bien plus simple que celle d’une naissance de l’Univers indirecte, spontanée et naturelle. En d’autres termes, il pourrait arriver que la croyance en Dieu devienne, de loin, la conclusion scientifique la plus raisonnable.

    Cela serait, pour moi et pour de nombreuses personnes, un dénouement très satisfaisant (bien que je doute fortement que cela arrivera – je doute du fait que Dieu ait laissé des « empreintes » aussi transparentes). Cependant, ce scenario ne représenterait un support scientifique qu’à une infime partie de ma croyance en Dieu. En effet, il ne toucherait pas au Dieu personnel et aimant que je connais.

    Puis-je d’ailleurs imaginer que la science puisse soutenir ma croyance dans un Dieu personnel de la même façon que j’ai imaginé qu’elle pourrait fournir un soutien efficace au concept d’un Créateur intelligent ? J’en doute ! Supposons que nous voulions tester Dieu. Est-il actif, aimant et attentionné ? Nous mettons en place une expérience contrôlée pour tester l’efficacité de l’intercession de prières (de telles experiences ont, en réalité, été réalisées. Sans succès jusqu’à présent). Imaginons que nous trouvions qu’effectivement, ceux pour qui nous avons été assigné de prier guérissent bien plus rapidement que ceux pour qui nous ne prions pas (même les patients eux-mêmes ne savent pas si l’on prie ou non pour eux). Devons-nous en conclure que Dieu est aimant et gentil parce qu’il exerce son pouvoir de guérison, ou qu’il est superficiel car il répond à la souffrance selon un choix arbitraire et hasardeux ?

    La difficulté de cette question reflète un dilemme théologique auquel je suis confronté de façon permanente : il me paraît difficle de comprendre la raison pour laquelle mes prières pour un ami souffrant devraient inciter Dieu à exercer un pouvoir de guérison alors que je crois que Dieu aime déjà mon ami bien plus profondément que je ne l’aime moi-même. Pourtant, malgré cela, je prie. Ainsi, je ne pense pas que des expériences puissent résoudre cette question, ou fournir des preuves évidentes sur l’existence d’un Dieu personnel.

    Cette discussion amène inévitablement la question : « Comment un Dieu, attentionné et actif au sein de notre monde, accomplit-il des actions entrant dans le cadre des lois de la physique, lois qui ont toujours été perçues comme étant des descriptions irrécusables de la manière dont l’Univers de Dieu fonctionne ? » Van Till [9] cite la validité non faillible de la loi physique en tant que preuve de la loyauté et fidélité de Dieu envers la Création. Dans ce cas, qu’en est-il des miracles ou violations de la loi physique tels qu’ils sont retranscrits dans les Écritures ou dans le récit d’expériences religieuses récentes ? J’ai un grand nombre d’observations à formuler.

    En premier lieu, nous devrions reconnaître que ceux qui ont écrit les Écritures n’avaient pas la même vision de l’immuabilité de certaines lois physiques que celle que nous en avons aujourd’hui. Ce que nous appèlerions « magie » était autrefois perçu comme un événement quotidien, et accepté comme faisant partie de la vie. Ainsi, le message spirituel delivré par l’intermède d’un miracle n’incluait pas forcément l’idée selon laquelle Dieu parfois suspend les lois physiques, inaltérables en d’autres circonstances. Je ne dis pas que Dieu ne pourrait pas ou ne voudrait pas faire cela, ou que nous serions aptes à verifier de telles suspensions si elles avaient lieu (la science, après tout, est principalement l’histoire d’un phénomène reproduisible ; les phénomènes irreproduisibles sont généralement abandonnés en tant que résultant d’observations non fiables). D’un autre côté, on pourrait imaginer que ce sont les interventions de Dieu qui sont plus subtiles, ayant lieu au niveau de la probabilité quantique – où la physique permet une multiplicité de résultantes plus ou moins probables, à partir desquelles Dieu pourrait choisir, sans entrer en contradiction avec les lois de la physique.

    Il s’agit de questions intéressantes et amusantes. Quoi qu’il en soit, je crois qu’elles sont beaucoup moins importantes que celles portant sur la façon dont nous, créatures de Dieu, devrions agir envers nos prochains. Lorsque j’étais enfant, j’aimais beaucoup l’histoire de Samuel [1Samuel 3:2-10]. L’enfant Samuel entend Dieu l’appeler dans la nuit, et pense qu’il s’agit de son mentor, Eli. Eli renvoie l’enfant au lit, mais lorsque la situation se reproduit une seconde, puis une troisième fois, Eli, lui, entend que c’est Dieu qui appelle Samuel, et conseille ce dernier sur la façon de lui répondre. Quand, enfant, j’entendais de petits bruits durant la nuit, j’imaginais que j’entendais mon nom et je pensais que peut-être, était-ce Dieu qui m’appelait ? En grandissant, j’ai pris conscience du fait que les bruits nocturnes se jouaient de notre esprit et qu’aucune de mes pensées imaginaires n’était vraie. À présent, je sais que ma première hypothèse était la bonne : Dieu m’appelle, ainsi que chacun de nous, à chaque instant, pour réaliser le travail qui doit être accompli. Je me souviens d’un autre de mes hymnes favoris, « Here I Am, Lord », par Dan Schutte, 1981 (troisième verset et chorus) :

    Moi, le Seigneur du vent et du feu, Je vais m’occuper du pauvre et du boiteux, Je vais dresser un festin pour eux, Que Ma main sauvera. Le meilleur pain, je leur fournirai, Jusqu’à ce que leurs coeurs soient satsfaits, Je donnerai ma vie pour eux Qui dois-je envoyer ?

    Ici je me tiens Seigneur. Est-ce vous Seigneur ? Je vous ai entendu appeler dans la nuit. Je vais y aller Seigneur, si vous me guidez. Je vais contenir vos disciples dans mon Coeur. L’un de mes passages favoris des Écritures est celui de « Matthieu 25:31-46 ». S’il est l’un de mes favoris, ce n’est pas tant que j’y trouve du réconfort mais parce qu’il semble me dire clairement ce que Dieu attend de moi. Ici, Jésus est clair sur l’idée selon laquelle la façon dont nous traitons ceux qui sont affamés, malades et oppressés est très importante pour lui. Il nous dit « comme vous l’avez fait au dernier de ceux-là… vous me l’avez fait à moi » [Mt. 25:40 (RSV)]. Cette responsabilité à aider ceux qui sont dans le besoin est impressionnante et prémonitoire. Il y a beaucoup à faire. Nous devrions probablement nous y mettre.

    (Traduit par Alessia Weil)

    Remerciements

    Je suis infiniment reconnaissant aux nombreuses personnes qui ont forgé ma foi et ma science à travers les années : mes parents, pasteurs, professeurs et mentors, mes amis et collègues, les membres de l’école du dimanche et les classes de cathéchisme que j’ai beaucoup appréciées à travers les années et, bien entendu, ma famille qui a toujours été d’un grand soutien. Enfin, je remercie Dieu pour tout l’amour, la beauté et la merveille de et dans cette creation.

    Notes

    * L’affiliation institutionnelle n’est donnée que pour les causes d’identification. Ce travail n’a pas été soutenu ni mené par le NIST ou l’Université de Maryland.

    [1]. W. D. Phillips, « Laser cooling and trapping of neutral atoms », Rev. Mod. Phys. 70, 721-741 (1998).

    [2]. M. H. Anderson, J. R. Ensher, M. R. Matthews, C. E. WiemanE. A. Cornell, « Observation of Bose-Einstein Condensation in a Dilute Atomic Vapor Below 200 Nanokelvin », Science 269, 198 (1995).

    [3]. Bien entendu, la réponse la plus honnête est que je ne sais pas s’il y a quelque chose qui me ferait arrêter de croire en Dieu. D’autres, dotés d’une foi plus grande que la mienne, l’ont vue se volatiliser face à des tragédies personnelles ou mondiales. J’espère que cela ne m’arrivera pas, mais je ne peux en être certain.

    [4]. Je me demande parfois si la raison pour laquelle les physiciens sont plus enclins à devenir croyant que ne le sont les biologistes est parce qu’ils perçoivent un monde plus simple, propre, ordonné et compréhensible que les biologistes.

    [5]. Utiliser des pronoms personnels tels que « Il » et « Ses » pour se referrer à Dieu ne veut pas dire que je crois qu’il soit homme. Cela veut plutôt dire que je crois que Dieu est personnel. Je crois que la Bible contient des images de Dieu incarné aussi bien en homme qu’en femme et que seules plusieurs images combinées peuvent nous donner un tableau complet de Dieu. Je crois que Dieu est notre mère, père, soeur, frère, ami et plus encore.

    [6]. Un nombre considérable de discussions a eu lieu autour de ne serait-ce que la vision de Dieu d’Einstein, étant donné qu’il faisait parfois plutôt référence à un Dieu personnel et, à d’autres moments, insistait sur une vision de Dieu plutôt impersonnelle.

    [7]. Ursula Goodenough, The Sacred Depths of Nature, (Oxford University Press, Oxford, 1998), p. 13.

    [8]. Freeman Dyson, Acceptance Address upon receiving the Templeton Prize for Progress in Religion, Washington National Cathedral, Washington DC, May 16, 2000.

    [9]. Howard J. Van Till, The Fourth Day : What the Bible and the Heavens are telling us about Creation (William B. Eerdmans Publishing Co., Grand Rapids MI, 1986).


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