"> Le labre; un poisson a intelligence - Musulman et fier de l\'être - Bloguez.com
 

 Le labre; un poisson a intelligence machiavélique

1/6/2015

le labre

 

L’intelligence « machiavélienne »

On observe chez certains poissons des stratégies sociales complexes et pittoresques, comme l’illustre le cas du labre nettoyeur, un poisson des mers chaudes de la taille d’une souris.
 L’histoire se passe dans les récifs coralliens de la mer rouge. Les labres nettoyeurs sont des poissons qui proposent aux autres poissons du récif de leur faire la toilette. Ils mangent leurs parasites, leurs peaux mortes ou les morceaux de nourriture coincés entre leurs dents. En un mot, nourriture contre bien-être. Les labres demeurent dans des lieux précis appelés « station de nettoyage ».

Ils peuvent travailler seuls ou en équipe (souvent, un mâle et 5-7 femelles, les labres vivent fréquemment en harem) et pratiquer jusqu’à 2 000 interactions par jour. Ils proposent également à leurs clients des massages, qu’ils prodiguent avec leurs nageoires pectorales et ventrales, en se plaçant sur le dos de leur client. Des chercheurs ont effectué des prises de sang à des poissons régulièrement massés, et ils ont relevés des taux de cortisol, l’hormone du stress, plus bas.

Le machiavélisme de cette histoire vient du fait que les labres ont une forte préférence pour le mucus, le gel insoluble qui enduit la peau des poissons et les rend glissants, diminue les frottements avec l’eau, les rend difficiles à attraper par les prédateurs, protège leur peau des infections, des agressions chimiques et des coups de soleil. Or, si les labres ont envie de manger le mucus, les clients ont évidemment intérêt à ce que le nettoyeur ne le mange pas: le mucus est fort utile et les morsures désagréables.

Il y a trois sortes de clients, avec lesquels les labres adoptent des stratégies différentes:
•Les prédateurs. Eux sont susceptibles de manger le nettoyeur s’ils ne sont pas contents de ses services. C’est pourquoi les labres sont très coopératifs avec eux. Ils ne mangent pas leur mucus et leur prodiguent de nombreux massages.
•Les résidents. Ces poissons se déplacent peu et donc n’ont à leur disposition qu’une seule station de nettoyage. Leur seul moyen pour obtenir un bon service est de punir le nettoyeur si le service est mauvais. Aussi tancent-ils les mauvais nettoyeurs: ils les poursuivent en leur donnant des coups. À la visite suivante d’un résident les ayant réprimandé, les labres sont généralement aux petits soins: ils ne mangent pas de mucus et leur prodiguent moult massages.
•Les visiteurs. Ces poissons se déplacent beaucoup et peuvent donc mettre en concurrence plusieurs stations de nettoyage. S’ils ne sont pas contents du service, ils s’en vont simplement et fréquentent une autre station.

Les relations avec les visiteurs sont complexes. En premier lieu, on observe que les labres offrent un meilleur service aux visiteurs familiers qu’aux visiteurs inconnus. Ils choient leurs habitués. À l’inverse, décevoir un client de passage est moins grave, semble-t-il, pour les affaires.

Souvent, lorsqu’un labre toilette un poisson, le client suivant est déjà présent et observe le labre travailler. Les observations de terrain et les expériences en aquarium montrent que les clients observateurs sont très attentifs à ce qu’ils voient. Si le service est bon, ils ont tendance à inviter le nettoyeur à interagir, si le service est mauvais ils ont tendance à renoncer à interagir avec le nettoyeur.

On peut alors penser que les poissons nettoyeurs sont sensibles au fait d’être observés; que, sous le regard du client suivant, ils vont donner un bon service pour que le client en question ne parte pas. C’est le cas: le service est meilleur lorsqu’ils sont observés… en général, car il y a des variations selon l’observateur. Si ce dernier est un résident, ils ne font pas d’effort particulier: puisqu’il s’agit d’un client captif, il ne risque pas de partir à la concurrence. En revanche, quand l’observateur est un visiteur, les labres redoublent d’efforts, ne mordent pas, massent le client: ils font en sorte de convaincre les visiteurs de la qualité générale de leur service.

Les aléas de la vie conjugale

Quand un labre mange du mucus, le gain lui revient, mais le coût (perte d’un client) est supporté par toute l’équipe de nettoyeurs. Par conséquent, dans une station de type harem, le mâle est très attentif à ce que ses femelles soient très coopératives, et réprimande les mangeuses de mucus.

Cela a donné lieu à une anecdote amusante. C’est une femelle qui mord régulièrement les clients. Après l’avoir réprimandé plusieurs fois, son mâle décide de la chasser. Bannie, elle ouvre une station de nettoyage à quelques mètres de distance seulement, dans laquelle elle traite très bien ses clients car désormais, c’est à elle seule d’assumer les conséquences d’un mauvais service sur les affaires. Elle n’a, par contre, pas perdu son goût immodéré pour le mucus: elle fait régulièrement des virées dans son ancienne station pour mordre les clients de son ex-mâle. Elle fait donc la différence entre ses clients propres, qu’elle bichonne, et les clients de son ex, qu’elle malmène.

Conclusion

Il y a encore très peu d’études sur les mécanismes psychologiques qui sous-tendent ces comportements; par exemple on ne sait pas si les labres se représentent les pensées de leurs clients ou s’ils raisonnent uniquement sur la base de leur comportement observable. Les futures études nous en apprendront encore davantage sur la vie mentale des poissons.

Pour ce qui est des capacités mentales et de la sensibilité à la douleur, il n’y a pas lieu de faire de différence entre les poissons et les animaux terrestres. Les poissons ont droit à la même considération morale que les mammifères et les oiseaux, et devraient bénéficier de la même protection.

(Source : huffingtonpost)

Category : J'ai lu pour vous | Write a comment | Print

Comments