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 Soubhana Allah:des poissons mâles qui deviennent femelles et inversement

9/1/2015

Article paru dans l'édition du Monde du 06.11.08


L'un des effets les plus étonnants du changement climatique pourrait être de chambouler la vie sexuelle des poissons. Sur les 27 000 espèces peuplant les océans, les fleuves et les rivières, environ 10 % sont naturellement hermaphrodites et peuvent changer de sexe, généralement pour remplacer, en cas de disparition, le reproducteur ou la reproductrice dominants de la communauté.

Chez la majorité des autres espèces, en revanche, un individu naît mâle ou femelle et conserve ce sexe toute sa vie. Mais des facteurs environnementaux peuvent altérer cette détermination génétique, indique Jean-François Baroiller, spécialiste de la biologie des poissons au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

A commencer par les polluants. Certaines substances chimiques utilisées dans l'industrie (papeterie, cosmétiques, détergents) ou l'agriculture (insecticides, pesticides), dont la structure moléculaire est proche de celles des hormones mâles (androgènes) ou femelles (oestrogènes), peuvent modifier la différenciation sexuelle des poissons. Deux cas d'inversion de sexe sont avérés. Celui du saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha) du fleuve américain Columbia, où des individus génétiquement masculins (porteurs du chromosome Y) présentent pourtant un phénotype (ovaire) féminin. Et celui du tilapia (Oreochromis niloticus) d'Afrique, dont certains sujets génétiquement féminins possèdent des testicules et se reproduisent comme mâles.

Le plus souvent, on observe une altération n'allant pas jusqu'au changement de sexe : décoloration, développement chez les femelles d'une nageoire caudale typique des mâles, modification des orifices et des organes génitaux, etc. Des études récentes montrent que l'effet de ces polluants peut se manifester sur plusieurs générations et affecter ainsi des poissons qui n'ont pas été directement contaminés.

RISQUE DE DISPARITION

"Dans la plupart des cas, les concentrations actuelles de polluants dans les milieux naturels ne sont pas suffisantes pour provoquer une inversion complète de sexe", précise M. Baroiller. Le risque existe pourtant : en laboratoire, avec des concentrations un peu plus élevées, les chercheurs parviennent à un tel résultat.

Autre facteur de transsexualité : la température. Les aquaculteurs savent que dans les élevages de bars, une température précoce plus basse permet d'obtenir une plus grande proportion de femelles, que leur meilleure croissance rend économiquement plus intéressantes. Et que dans les élevages de tilapias au contraire, les mâles, plus recherchés, sont favorisés par des températures précoces plus élevées.

"L'influence de la température sur la différenciation sexuelle semble se manifester chez un grand nombre d'espèces", souligne le chercheur. Avec une amplitude variable : un réchauffement de 5o C à 6o C est nécessaire pour modifier le sexe de certains poissons, alors qu'un écart de 1°C suffit pour d'autres. Conjugué à la pollution des eaux, le réchauffement planétaire pourrait finir par "bouleverser dangereusement l'équilibre reproductif". Avec, à terme, "un risque de disparition de certaines populations, voire de certaines espèces".

 

Article paru dans l'édition du Monde du 06.11.08

 

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