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 Le visas "Moujamala":statut légal et religieux

7/9/2016

Voilà un  sujet qui fâche. Pour de nombreux intervenants sur ce créneau, il doit rester tabou, comme il l'a toujours été. Et pourtant, le business généré par les visas de complaisance «visas de moujamala»se chiffre en centaines de millions de DH.


Les «harrrgas» de «complaisance»

Chaque année, ce sont plus de 200MDH qui sont traités au noir et qui échappent à l'œil, qui se veut très vigilant, de l'administration du fisc. «Tout est payé en espèces pour qu'il n'y ait pas de traces, témoigne un pèlerin « Harrag ». Et d'ajouter, «nous sommes comme punis d'avoir accepter le visa accordé par l'ambassade d'Arabie saoudite. Des pèlerins pestiférés par le ministère des Habous qui n'a pas de contrôle à exercer sur eux en dépit de son rôle de fixateur des quotas». En effet, ce sont quelque 3000 visas qui sont accordés sous l'étiquette «moujamala» (littéralement complaisance). Aspirant à en tirer quelques privilèges, leurs titulaires se heurtent à une réalité toute autre.

D'abord, officiellement, et puisqu'ils ne sont pas inclus dans les quotas officiels, ils n'ont pas la latitude de passer ni par les agences de voyages, ni via le ministère des Habous pour organiser leur pèlerinage. « Les pèlerins titulaires des visas «moujamala» partent à l'aventure. Ils ne disposent d'aucune garantie. Sur place, ils peuvent être livrés à eux-mêmes. L'agence avec laquelle ils ont traité peut les renier à tout moment pour ne pas subir les affres des contrôleurs du ministère de Tourisme », ajoute la même source. Parfois, ces «harragas» peuvent devenir des SDF proprement dits. «L'agence de voyage n'a aucune obligation écrite. Si elle n'est pas sérieuse, elle peut empocher l'argent sans réserver l'hôtel à son client». Un tas de problèmes qui conduit à une seule question: pourquoi tolérer que ce type de visa soit accordé puisqu'il n'est pas bien encadré?

«C'est l'ambassade d'Arabie Saoudite qui en est l'instigatrice. Lui refuser cet endroit reviendrait à créer un grave incident diplomatique», explique une source proche du dossier. Du côté de cette chancellerie, on refuse catégoriquement de s'exprimer sur le sujet. «C'est une question très personnelle. Nous avons nos propres critères pour accorder les visas de «moujamala». Cela relève du droit privé», lance laconiquement un proche de l'ambassadeur saoudien. Même son de cloche auprès des responsables du ministère des Habous et des Affaires islamiques qui n'ont pas daigné répondre à nos questions. «Toute l'équipe qui s'occupe du Haj est en congé. Ils rentrent d'un voyage très fatigant et ont droit à une quinzaine de jours de repos», prétexte-t-on au sein du département d'Ahmed Taoufiq. On dirait que tout le monde s'est passé le mot pour passer sous silence ce dossier-là. Les agences de voyages ne font pas dans l'originalité. Leurs patrons, connus pour ne pas avoir leur langue dans leur poche pour pointer du doigt les procédés mis en place en matière d'allocation des quotas, jouent aux évasifs quand on les interpelle sur la question des visas des «moujamalas». «Pourquoi voulez-vous parler de ce sujet ? Il ne concerne que 3.000 personnes. Il y a tant d'autres sujets grand public auxquels vous devez vous intéressez», tente de nous persuader l'un d'entre eux. C'est que ces 3.000 personnes constituent du pain béni pour les agences de voyages qui se font payer au noir avec la complicité de tout le monde, y compris du ministère des Affaires islamiques qui tarde à mettre en place un cadre qui délimite l'ensemble des contours régissant les visas de complaisance.

Des pélerins  quasi-clandestins

Ces pèlerins qui ne suivent pas la voie normale (inscription auprès des préfectures ou des agences de voyages) accomplissent donc le pèlerinage de manière quasi-clandestine. A la Fédération nationale des agences de voyages (FNAVM), qui estime entre 2 000 et 4 000 le nombre de ces visas, soit l'équivalent du quota d'une centaine d'agences de voyages, on s'interroge sur les conditions dans lesquelles ces «pèlerins spéciaux» accomplissent leur devoir religieux puisqu'ils ne voyagent ni à travers les agences ni avec les délégations du ministère des habous et des affaires islamiques. D'autres interrogations viennent aussi à l'esprit. Comment, par exemple, obtiennent-ils leur dotation en devises saoudiennes dans la mesure où ils ne sont pas considérés par l'Office des changes comme faisant partie du contingent national. Pourtant, arrivés sur place, ils sont obligés, hormis les frais de gîte et de nourriture, de s'acquitter auprès des autorités saoudiennes d'une somme de 1 029 rials, au moins, pour garantir le paiement de certaines prestations sur place. Pourquoi ne pas intégrer ces pèlerins aux quotas des agences ou tout simplement au contingent du ministère des habous ? Le chiffre d'affaires non réalisé et qui échappe aux circuits normaux est estimé à environ 90 millions de DH, sans parler des désagréments que peut causer la présence de ces personnes en matière d'organisation sur les lieux du pèlerinage. Pendant ce temps, les futurs pèlerins voyageant dans un cadre officiel, eux, attendent toujours leurs visas.

Vendre un visas " Moujamala" est interdit par la religion

Par ailleurs, selon le président du Conseil des Oulémas de Casa-Anfa, Omar Mohssine, ce genre de trafic est interdit. «Si les autorités concernées accordent un certain nombre d’autorisations à la personne pour qu’elle les utilise comme bon lui semble, il n’y a aucun problème à ce qu’elle les revende. Par contre, si ces autorisations sont attribuées à une personne déterminée à titre gratuit et que l’autre s’amuse à les vendre, ceci est religieusement interdit», certifie-t-il.

 

 

 

Sources:

http://www.maghress.com/fr/challenge/3972

www.lavieeco.com

 LE Matin

 

 

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