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 L’État islamique : démocratie ou théocratie ?

21/3/2013

Peut-on dire que l’État islamique espéré correspond à une démocratie ou à une théocratie ? Peut-on qualifier l’islam de démocratique, laïque ou socialiste ?

Premièrement, l’État islamique est semblable à la démocratie dans la mesure où le peuple choisit son gouverneur, lui demande des comptes et le destitue éventuellement, et aussi au plan de la jouissance des libertés fondamentales et notamment la liberté d’expression politique, la reconnaissance de l’opinion opposée et de son droit à l’expression, et le droit de s’opposer pacifiquement au pouvoir en place.

Toutefois, l’État islamique diffère de l’État démocratique sur un point très important, à savoir que, dans le cadre d’un état démocratique, le peuple peut pleinement choisir ce que bon lui semble comme lois sans aucune restriction. Dans le cadre d’un état islamique, cette capacité legislative est conditionnée par le respect des règlements catégoriques de la Loi islamique. C’est pourquoi il n’est pas approprié de qualifier l’État islamique de démocratique bien qu’il en possède certaines qualités car il possède aussi des caractéristiques s’opposant à la philosophie de la démocratie. Ceci dit, si ce que l’on entend par ce qualificatif c’est que l’état islamique repose sur le choix du peuple et préserve ses libertés, alors cela est acceptable pourvu qu’on le dise explicitement pour éviter toute confusion.

Deuxièmement, l’État islamique est semblable à une théocratie, c’est-à-dire au pouvoir religieux chrétien qui a prévalu en Europe durant le Moyen-Âge, dans la mesure où les deux types d’états sont régis par une religion. Toutefois, l’état islamique est très différent d’une théocratie dans la plupart de ses traits. Le pouvoir dans un état théocratique est détenu par le clergé qui détient son pouvoir de Dieu, tandis que dans l’état islamique le chef de l’état est choisi par le peuple, et n’est pas nécessairement un dignitaire religieux, mais il doit alors consulter les dignitaires religieux ; il détient son pouvoir du peuple qui peut lui demander des comptes et le destituer.

De plus, la Loi islamique mentionne les principes généraux de la gouvernance et fournit certains détails à ce sujet alors que la religion chrétienne n’en dit rien laissant aux dignitaires religieux la charge de réfléchir et de choisir. Le pouvoir religieux dans la théocratie chrétienne revient aux hommes avec très peu de directives religieuses, tandis que le pouvoir dans l’état islamique consiste à appliquer la Loi islamique sous le contrôle de la Ummah, c’est-à-dire aussi bien le gouverneur et les gouvernés sont soumis au Livre de Dieu — Exalté soit-Il — et à la Tradition de Son Messager — paix et bénédictions sur lui —.

Troisièmement, de ce qui précède, nous concluons qu’il est impropre de qualifier l’islam en tant que religion de démocratique, de laïque ou de socialiste. L’islam est une entité à part entière que Dieu — Exalté soit-Il — a destiné à Ses serviteurs. L’islam rejoint la démocratie sur certains points et diffère d’elle sur d’autres. Il peut également rejoindre la laïcité sur certains points et différer d’elle sur d’autres. De même, il peut rejoindre le socialisme sur certains points et différer de lui sur d’autres. Il serait donc imprécis d’identifier l’islam à l’un de ces systèmes. Dieu — Exalté soit-Il —, l’artisan de cette religion, lui a donné le nom de « islam » et nous a appelés « musulmans ». Le Très-Haut dit : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous. » [2] Il dit également : « (...) lequel vous a déjà nommés "Musulmans" avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin à votre égard, et que vous soyez vous-mêmes témoins à l’égard des gens. » [3] Néanmoins, cela n’interdit pas aux musulmans d’accepter de vivre dans un pays démocratique, ou laïque, ou socialiste, aussi longtemps qu’ils jouissent de la liberté de prêcher leur religion. Il leur est permis également de se conformer aux lois de tels pays pour tout ce qui ne constitue pas un péché, tout comme ils peuvent revendiquer leurs droits tout en s’acquittant de leurs devoirs conformément aux lois en vigueur et sans conflit avec les préceptes islamiques.

Et Dieu est le plus savant.

P.-S.

Traduit de l’arabe du site islamonline.net.

Notes

[1] Sheikh Faysal Mawlawî est le Vice-Président du Conseil Européen de Fatwa et de Recherche.

[2] Sourate 5, Al-Mâ’idah, La table servie, verset 3. NdT.

[3] Sourate 22, Al-Hajj, Le pèlerinage, verset 78. NdT.

 

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