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 Renforcer le sentiment d’appartenance de vos enfants

10/1/2013

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Beaucoup de familles peinent à combler le besoin d’appartenance de leurs enfants. Pourquoi est ce qu’en public il semble avoir honte d’être musulman, pourquoi semble-t-il si loin lors de nos réunions de famille, pourquoi ai-je peur qu’il perde son identité religieuse une fois qu’il sera à l’école ? Une des clés de ces réponses, c’est le besoin d’appartenance. Alors comment faire en sorte que votre enfant soit fier d’être ce qu’il est, assez fort pour partager avec des personnes d’autres groupes d’appartenance tout en restant lui-même ? Voici quelques pistes..

Qui suis-je ?

Chez les enfants, le sentiment d’appartenance se vit d’abord au sein de la cellule familiale. Il se développe petit à petit en fonction de la qualité des relations entre les membres de la famille, pour ensuite s’élargir à l’école, au club de sport…

Comment faire en sorte que l’enfant se reconnaisse dans sa propre cellule familiale, et soit solide arrivé à l’adolescence, face aux quantités de groupes, mais également face aux heurts de la vie, aux manques ressentis, aux différents choix qui s’offriront à lui ? La réponse est dans la relation que vous aurez construit avec l’enfant. Toutes nos dernières chroniques rappellent une seule et unique chose : nous devons respecter nos enfants, tout en les cadrant, leur fixer des limites, leur permettre de s’épanouir en répondant à leurs interrogations sans tabou. Un enfant qui ne trouvera pas chez lui les réponses à certaines de ses questions les cherchera ailleurs. Un enfant qui n’aura pas l’attention dont il a besoin la trouvera ailleurs. A nous d’être disponibles, d’être à l’écoute, d’avoir les réponses, ou des pistes de réflexions pour permettre à l’enfant de grandir sainement, et d’avoir les armes nécessaires psychologiquement et spirituellement parlant. Ne déléguons pas à l’école notre devoir d’éducation. Son rôle d’instruction est déjà conséquent. Si votre enfant est comblé dans son besoin d’appartenance, l’école lui permettra d’apprendre les mathématiques, le français, la géographie… Si votre enfant ne se situe pas, qu’il ne sait pas vraiment qui il est, il cherchera des réponses durant les sept heures qu’il passe par jour quatre à cinq fois par semaine chez l’éducation nationale.

Le but de tout parent n’est-il pas de rendre son enfant autonome physiquement, psychologiquement et spirituellement parlant ? Mais comment arriver à ce que l’enfant s’auto-discipline ? Comment lui faire aimer sa religion ? Comment lui inculquer le respect des autres et surtout le respect de lui même ? Car c’est en lui apprenant à se respecter qu’il sera capable de refuser les mauvaises propositions. Et comment être le bon exemple pour lui ?

Germain Duclos écrit (dans son livre « L’estime de soi, un passeport pour la vie ») que la famille, premier noyau d’appartenance de l’enfant, conditionne ou influence beaucoup sa capacité future d’adaptation. Votre enfant ne doit pas avoir peur des autres. Nous sommes arrivés dans une période critique pour les musulmans, et ce dans beaucoup de pays du globe. Lui permettre de combler son besoin d’appartenance l’émancipera, et lui permettra de côtoyer, dans le respect, tout type d’individus, et ceci de manière épanouie. Restons ouverts sur le monde pour que nos enfants le découvre avec nous, puis qu’il s’y engage seul, fort et conscient.

Le sentiment d’appartenance dans nos foyers musulmans

Nous, parents musulmans, souhaitons que nos enfants restent sur le droit chemin. Ils naissent musulmans, et notre rôle est de les aider à le rester, comme l’a si bien expliqué Karima Mondon lors d’une de ses conférences. Tout ce que l’enfant apprendra dans sa cellule, il le reproduira dans différents groupes d’appartenances. Plus il grandira, plus il reconnaîtra les différents groupes, et si son besoin d’appartenance n’est pas comblé, il est facile pour lui d’en chercher un autre, ou ses membres seront plus à l’écoute par exemple.

Pour combler le besoin d’appartenance d’un enfant né dans une famille musulmane, il ne suffit pas de lui inculquer en boucle des invocations, ou les histoires des compagnons du Prophète (saws). Pour que l’enfant aime et se reconnaisse dans sa cellule familiale, pour qu’il se sente musulman, il lui faut des règles claires de vie, lui transmettant des valeurs éducatives sur le respect de soi et des autres, sur le respect de son environnement… Comme l’explique Brigitte Racine dans son livre « La discipline un jeu d’enfant », Ces règles doivent être claires, concrètes, constantes, cohérentes et conséquentes ! En effet, au delà des textes religieux, des invocations, votre enfant doit apprendre à vivre avec sa famille, avec ses amis, savoir comment évoluer dans différents environnement…

Le Ramadan, un nouveau départ ?

Quelle période serait plus propice que le mois béni de Ramadan pour inculquer de belles valeurs à vos enfants ? La patience, la générosité, le partage, la Paix… Et ce n’est pas tout loin de là ! Le Ramadan est source de renouveau, de renaissance, les parents font preuve de plus de patience et de tolérance envers leurs enfants. Le respect s’impose dans nos foyer, le bonheur de partager un repas reprend tout son sens, et vos enfants le vive pleinement.

Que diriez vous de prolonger cet état d’esprit toute l’année ? De forcer le respect de ces petits êtres qu’Allah vous a confié ? Leur donner envie de vous ressembler, parce qu’être musulman, ce n’est pas être comme ce qu’ils montrent à la TV, mais c’est bien être soumis à la volonté de notre Créateur à tous, le respect de toutes choses ici bas, car tout est création d’Allah. N’est ce pas ce que l’on souhaite transmettre à nos enfants ?

Adulte, le sentiment d’appartenance se traduit comme une satisfaction de faire partie d’un groupe. Cela rapproche les individus, resserre les liens au sein d’un groupe de travail, d’une équipe, d’une association, ou d’un groupe de loisirs. Cela entraîne également une grande source de motivation au travail. L’ouverture aux autres, le partage, l’entraide, le respect de soi et des autres sont des facteurs clé.

Commencez dès maintenant à partager les tâches quotidiennes de votre foyer avec eux, qu’ils se rendent compte de ce que vous accomplissez chaque jour pour eux. Qu’ils soient fiers d’avoir un papa et/ou une maman qui arrive à réaliser chaque jour autant de chose pour le bien être de la cellule familiale. Il n’y a pas d’enfant trop petit, dès 2/3 ans, selon le rythme de chacun, ils sont en mesure de faire de petites tâches symboliques qui les impliqueront et leur donneront le sentiment d’appartenir à votre « groupe ». Cela évitera que votre enfant grandisse « à l’écart ». Car recevoir ne suffit pas pour combler son sentiment d’appartenance. Il faut aussi donner. Tout comme chacun de nous, à notre niveau. Voici quelques idées en ce mois béni pour vos enfants, en commençant par des idées pour les plus petits, pour arriver à des idées pour les adolescents :

Pour les 2/3 ans, ramasser ses jouets avant que les invités n’arrivent pour le ftour, rincer la menthe au lavabo, apporter des petits plats à table, apporter le Coran à Papa pour la lecture du soir… Pour les 4/5 ans, aider à mettre la table, aider à ranger les ustensiles propre après le repas à la mosquée… dès 6 ans, nettoyer la table après le repas, signer lui même ses cartes de vœux à l’occasion de l’Aïd, aider ses parents à faire les courses en plaçant les articles dans le panier à la supérette… dès 7 ans, régler son réveil-matin tout seul pour la prière du matin, faire la poussière dans le salon avant que les invités n’arrivent, ranger sa chambre pour accueillir les enfants, aider à la préparation du repas, préparer seul ses habits pour l’Aïd el fitr… dès 10 ans, en plus de toutes les tâches déjà citées, préparer des repas simples, pourquoi pas un potage sous la surveillance d’un parent, comparer les prix à la supérette à l’aide d’une calculatrice… (idées tirées du livre de Brigitte Racine, et adaptées pour certaines)

La da’wa commence avec nos enfants

Pour leur donner envie de participer activement à leur vie de famille, encore une fois ils doivent avoir un exemple parlant : vous ! Ne râlez plus lorsque vous balayez, ou lorsque vous étendez le linge, montrez à vos enfants que toutes ces tâches sont indispensables, et qu’elles peuvent devenir agréables si l’on sait pourquoi on les accomplit. Lorsque vous trouver des vêtements bien rangés dans vos armoires, n’êtes vous pas contents ? Lorsque vous entrez dans un salon parfumé et décoré, ne vous sentez vous pas dans un cadre chaleureux ? Lorsque vous dégustez un plat succulent, n’êtes vous pas reconnaissant ? Apprenez leur la reconnaissance envers Dieu d’abord, mais également envers vous. Cela les rendra coopératif, et cela les aidera à combler leur besoin d’appartenance.

Encore une fois, servez vous de ce mois de Ramadan comme tremplin pour changer vos mauvaises habitudes, devenir une « famille de rêve », que l’on aimerait tous avoir. Et pour savoir ce qu’il faudrait que vous changiez, et ce qu’il faut préserver, tournez vous vers vos enfants : à vos petits papiers, à vos stylos, chacun écrit ce qu’il aimerait. Faites ensuite le tri ensemble, de ce qui est réalisable, de ce qui est bénéfique. Et collez toutes ces idées sur le frigo. Même si votre aîné a 9 ans, il n’est pas trop tard pour changer les choses, il sera d’autant plus conscient des efforts que vous faites, et vous suivra volontiers en voyant son quotidien s’améliorer. Sa reconnaissance sera votre plus beau cadeau.

Quoi que nous fassions, gardons en tête que c’est Dieu qui guide. Il a des plans pour chacun de nous. Nous sommes de simples créatures, parfois instruments de sa Guidée, et nous nous devons de tirer vers l’exemplarité dans notre comportement d’abord. La da’wa commence à la maison, avec nos enfants. Commençons alors par nos foyers, pour qu’ensuite elle s’étende au plus grand nombre si Dieu le veut.

 

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