"> Relation frère sœur: comment éviter les - Musulman et fier de l\'être - Bloguez.com
 

 Relation frère sœur: comment éviter les problèmes?

10/1/2013

http://www.ajib.fr/wp-content/uploads/2012/02/freres-soeurs.jpg

Quel parent, au quotidien, ne souhaite pas que les disputes cessent, ou espère que ses enfants s’entendent ? Quel être n’a en lui aucun ressentiment ou regret lorsqu’il pense à ses relations avec ses frères et sœurs lorsqu’il était enfant ?

Accueillir les sentiments de chacun

Nous avions abordé le sujet lors d’un précédent article, l’écoute et l’accueil des sentiments sont primordiaux pour avancer et régler certaines choses. Lors d’une dispute ou d’un différent, il est important de ne pas s’arrêter à la première version du premier enfant arrivant à vous. Même si vous pensez savoir quel est le problème, même si vous êtes persuadés que l’aîné est « l’oppresseur », écoutez chaque enfant l’un après l’autre, donnez un temps d’écoute à chacun sans qu’il ne soit interrompu. Synthétisez ou reformulez chacun des deux récits pour que les enfants se sentent entendus et compris. Et sans jugement aucun, selon la situation, essayez de mettre des mots sur leurs sentiments réciproques et apportez leur une piste afin qu’ils arrivent à régler eux même leur différent.

D’après de nombreux psychologue et d’après Maria Montessori, une formidable « observatrice » de l’enfant, la Justice est encrée chez l’enfant entre 6 et 11 ans environ. Avant il faut lui apprendre, pendant il faut la respecter pour qu’ensuite elle soit enracinée. L’enfant arrivera presque toujours par lui même à une solution raisonnable et juste. Il est intéressant de le constater lorsqu’il sent que l’on a confiance en ses capacités.

Exemple 1 :

Inès : « Maman, Sarah m’a encore piqué mon chemisier préféré, je ne la supporte plus ! »
Vous : « Tu semble très en colère que Sarah t’ait encore emprunté ce chemisier et je peux le comprendre. »
Sarah : « Oui mais il est encore trop grand pour toi tu ne le mets jamais ! C’est bon je vais te le rendre ! »
Vous : « Tu aimes beaucoup le chemisier de ta sœur apparemment »
(…)
Vous : « Inès, et si tu fabriquait une pancarte « propriété privée » pour accrocher à ton armoire ? Parfois Sarah, il suffit de demander pour avoir ce que l’on souhaite. »
Sarah : « Si tu veux Inès, on peut faire des échanges, lorsque j’aimerai que tu me prête ton chemisier, tu pourras même porter le blouson que tu aimes tant ! »
Inès : « Ah cool c’est une bonne idée, et la ceinture kaki à fleurs aussi ? »
(Et vous disparaissez du tableau…)

Exemple 2 :

Riyad : « Je ne veux plus de ce petit frère qui m’empêche de dormir la nuit et qui casse mes jouets, je veux qu’il retourne d’où il vient !! »
Vous : « Tu semble fatigué par la présence de ton frère et je comprends cela. Il pleure souvent la nuit et est très maladroit avec tes jouets. Je te propose de les ranger de sorte qu’il ne puisse atteindre que ceux que tu accepte qu’il touche, qu’en dis-tu ? »
Riyad : « Je pourrais arranger mon étagère pour mettre toutes les choses fragiles en haut, et mes peluches au sol !! Et maman, est ce que on peut m’acheter un coffre pour ranger les jouets auxquels je tiens fort fort fort ? »

Intervenir lorsqu’il y a brutalité

Il est préférable de laisser les enfants régler au maximum leurs différents. Cependant en tant que parents, nous sommes les « garde-fous » des comportements qui pourraient s’avérer agressifs, voire dangereux. Les enfants ont besoin qu’on les empêche de se faire du mal, et attendent de nous qu’on leur montre comment manifester la colère de manière acceptable. Il est important de mettre des limites et de ne pas tolérer, à partir d’un certain âge, qu’un enfant en tape un autre même si ce dernier « le mériterait bien ».

Exemple 1 :

Alexis : « Je t’avais dis d’arrêter de te pencher sur ma maquette » et VLAN, Alexis attrape son petit frère, de 2 ans et demi et le jette par terre.
Le Vous à éviter : « Alexis je t’ai vu, tu n’as pas honte de pousser ton PETIT frère comme ça ? Tu aimerait que je t’attrape et que je te jette en l’air ?? »
Le Vous à bannir : « Tiens prends ça (BAFFE) ! Tu verras ce que ça fait de s’en prendre à plus petit que soit ! »
Le Vous qu’il faut : « Alexis ! C’est normal d’être en colère tu avais passé du temps sur cette maquette, mais IL EST INTERDIT de frapper dans cette maison ! Tu es capable de dire à ton frère combien tu es furieux avec ta bouche et non avec tes mains. Je ne tolèrerait pas ce genre de comportement chez nous ! »

Exemple 2 :

Nassima : « Je vais te tuer ! » dit-elle à sa sœur cadette en lui tirant les cheveux violemment après que cette dernière lui ai déchiré sa poupée en tissu favorite.
Le Vous à éviter : « Nassima ça va pas dans ta tête t’as un problème ???? Ta sœur n’a que 3 ans !! Tu en as 6 ! Elle n’a pas fait exprès en plus ! »
Le Vous à bannir : « Viens ici je vais t’apprendre à faire du mal à ta sœur de cette manière (FESSÉE) »
Le Vous qu’il faut : « Arrête Nassima (d’un ton ferme et grave) ! Tu peux te fâcher contre ta soeur avec les mots, et lui expliquer à quel point tu tenais à cette poupée, mais la violence n’est pas la bienvenue sous ce toit, c’est interdit ! »

Nous vous laissons imaginer les réactions de vos enfants face à chaque « Vous »… Le « Vous à éviter » n’aide pas votre enfant à exprimer sa colère autrement, il renforcera en lui une frustration et une rancœur vis à vis de son frère ou sa sœur. Vous venez à sa défense sans chercher à comprendre pourquoi il a eu ce geste, et en général vous repartez avec « la victime physique » en laissant seule la première victime, « du cœur » ou « de l’âme »… Le « Vous à bannir » va juste apprendre à votre enfant qu’on peut aimer et frapper, seuls les coups seront intégrés et non votre raisonnement, relire notre article sur la punition.

Le Docteur Haim Ginott, mort en 1973, enseignant, psychothérapeute et psychologue fut un des premiers contemporains à percevoir que les problèmes de jalousies et de rivalités entre les frères et sœurs pouvaient être réduits à d’inoffensifs « problèmes du quotidien ». Faber et Mazlish se sont beaucoup inspirées de ses travaux, et elles même ont fait un travail colossale qui a aidé bon nombre d’adultes présents à leurs ateliers à « se réconcilier » une fois adulte avec leur fratrie, leurs parents… Un travail formidable, qui en amont peut être évité grâce aux parents, les « maîtres », « éducateurs », et « accompagnateurs » ici bas. Tant que les enfants vivent sous le toit de leurs parents rien n’est « trop tard » pour une bonne entente.

Éviter la comparaison

La comparaison, qu’elle soit positive ou négative, aura des répercutions néfastes sur beaucoup d’enfants. Nous comparons beaucoup nos enfants, voici quelques exemples afin d’illustrer cette notion :

Comparaisons négatives

Exemple 1 : « Sabah tu laisse tout traîner dans le salon ! Regarde ton frère, lui au moins il ramasse ses affaires dès qu’il a finit ! »
Exemple 2 : « Belinda est un amour à côté de toi !! Toi, Sophie, tu ne me laisse aucun répit, j’en peux plus tu me fatigues !! »
Exemple 3 : « Si seulement tu pouvais avoir les résultats scolaires de ta sœur ! Elle au moins on ne se fait pas de souci pour le collège ! »

Comparaisons positives

Exemple 4 : « Aïcha, tu es vraiment plus débrouillarde que ta soeur machaALLAH »
Exemple 5 : « Ah, voilà Imran ! Toi au moins tu es soigné mon fils ! »

Voici des comparaisons qui peuvent affecter émotionnellement et psychologiquement vos enfants. Cela peut créer des rivalités fraternelles, de la jalousie, voire de la haine sur le long terme. Au quotidien on ne se rend pas compte des conséquences, les répliques ci-dessus vous semblerons même certainement anodines… Pour les fidèles lecteurs de notre chronique, cet article vous rappellera peut être celui sur les petits surnoms qu’on donne à nos enfants. Alors… que dire à Sabah lorsqu’on constate encore une fois qu’elle a laissé ses affaires d’école sur la table du salon ? Comment expliquer à Sophie que l’on a la migraine à force de la voir sauter dans tous les sens ? Ou encore comment aborder avec son enfant la question du bulletin scolaire qui est catastrophique, et lui exprimer nos appréhensions ? Utilisez la description. Décrivez ce que vous voyez, ce que vous ressentez, ou encore ce qu’il faut faire ! C’est aussi simple que ça et ça fonctionne, dans le respect de chaque individu au sein du foyer, sans mettre en compétition les enfants d’une même fratrie.

Exemple 1 : « Sabah, je voie le contenu de ton cartable sur la table du salon, c’est bientôt l’heure de dîner ! »
Exemple 2 : « Sophie, je suis fatiguée cet après-midi j’aimerai un peu de calme. »
Exemple 3 : « La télévision et les jeux vidéos sont interdits en semaine, et tes devoirs passent désormais en priorité même le week-end »
Exemple 4 : « Ça me fait plaisir Aïcha, j’aime que vous preniez soin de vos vêtements. »
Exemple 5 : « Je vois que tu as brossé tes dents »

Ce sont des exemples, selon les situations dans vos familles respectives, les descriptions de ce que vos enfants doivent corriger varieront. Et pour que ces phrases banales et simples aient de l’impact sur vos enfants, comme le disait « Super Nany », il suffit de se mettre à hauteur de vos enfants ! Vos yeux doivent être sur la même parallèle afin que l’enfant comprenne consciemment et inconsciemment que ce que vous dîtes lui est adressé ! Faites le test : pour une même situation, échangez avec votre enfant de deux manières différentes : de la cuisine alors qu’il est dans le salon, et droit dans les yeux à sa hauteur… Vous serez surpris de la différence !

Vos enfants sont différents

Nous pensons que la logique souhaite que l’on donne à nos enfants la même quantité (de nourriture, de cadeaux, de vêtements, de marque d’affection, de temps…). Hors, être équitable ne veut pas dire donner en même quantité. Il faut donner selon les besoins de chacun, sans avoir peur de la différence. Au contraire, c’est le fait d’être différent avec chaque enfant qui comblera pleinement leur besoin.

Exemple 1 : Vous avez deux fils. Fathi, 4 ans, est un enfant ayant besoin d’affection. Tandis qu’Idriss, 6 ans, a un grand besoin d’écoute. Il est tard, vous souhaitez leur dire bonne nuit, ils dorment dans la même chambre et votre rituel est le suivant : un gros câlin avec des chatouilles au pied à chacun, pas de jaloux et dodo ! Fathi est comblé comme chaque soir, tandis qu’Idriss aimerait discuter ne serait-ce que 5 minutes à la place des chatouilles… Démontrez leur que vous les aimez chacun spécialement… Les formules : « Je vous aime tous pareil » n’est pas une vérité en soi : nos enfants sont des individus à part entière, avec leur qualité et leur défaut, sans les souligner obligatoirement il faut leur dire qu’ils sont tous spéciaux dans nos cœurs…

Exemple 2 : Vous êtes à table avec vos enfants. Pour qu’il n’y ait pas de jalousie, vous avez pris l’habitude de donner la même quantité de nourriture et de jus de fruits à Yaqob et Meriem. Ça a l’air de fonctionner, personne ne s’en plaint. Meriem ne se plaindrait pas d’avoir moins de viande et plus de jus de fruits. Inversement Yaqob aimerait plus de viande… Leur demander à chacun ce qu’il souhaite vous prendrait certes un peu plus de temps, mais cela leur prouverait que vous les connaissez particulièrement et que vous aimez leur faire plaisir.

Un de vos enfants aura certainement besoin un jour de plus de temps (naissance, école, blessure, handicap…), vous ne devez pas culpabiliser et vous croire injuste. Mesurez la situation et adaptez votre temps et votre énergie pour que personne n’en pâtisse. Expliquez toujours vos décisions, vos choix. Ce n’est pas la quantité mais la qualité de votre éducation, de votre amour, qui fera de vous de bons parents inchaAllah. Nous pourrions rebondir sur le comportement à avoir justement dans ce genre de situation, afin de ne pas responsabiliser outre mesure l’un de vos enfants par exemple dans le cas d’un frère ou d’une soeur handicapé(e).

Prendre garde que personne ne bloque l’enfant dans « un rôle »

Un enfant peut être cantonné à « un rôle » de différentes manières. Cela va malheureusement conditionner son développement psychique tout au long de son enfance, et peut, dans certains cas, être très négatif pour sa vie future. Si nous nous intéressons à cela, c’est que ce rôle va quasiment dans chaque famille interférer dans les relations entre frères et sœurs, et créer des tensions, plus ou moins importantes. Mais qui définit le rôle de l’enfant ? Silence, ça tourne…

Il y a trois « metteurs en scène » au sein d’un foyer : le parent, l’enfant lui même, et le frère (ou la sœur). Place aux exemples afin de mieux comprendre ce qu’est un « rôle » ;

Exemple 1 – Le parent metteur en scène : « Haroun ! Moussa cherche ses balles de tennis partout ! Pourquoi faut-il toujours que tu prennes les affaires des autres ?? » Dans ce cas, Haroun a le rôle du « chipeur », celui qui vole les affaires de ses frères et sœurs, et le parent l’appui, donc l’arrose. Un proverbe dit : « On arrose pas les mauvaises herbes », pour les enfants c’est la même chose : en appuyant sur les mauvaises actions et les défauts, non seulement on enferme l’enfant dans un rôle négatif, mais en plus on « arrose » ses mauvais actes qui risquent, de ce fait, de se reproduire encore et encore. Le parent a juste à dire : « Moussa cherche ses balles de tennis, peux-tu l’aider à les trouver rapidement car il risque d’arriver en retard à son match ? ». Ainsi vous pourrez « arroser » la bonne action de Haroun s’il retrouve les balles de son frère, il se sentira récompensé de par vos paroles et préfèrera cette situation à un conflit pour le futur.

Exemple 2 – L’enfant lui même metteur en scène : « Je suis une menteuse, j’aime bien raconter des histoires, c’est comme ça. » Dans ce cas, c’est Hanna qui s’enferme dans un rôle dont il faut absolument la sortir. Pour se faire il suffit de lui prouver que vous avez confiance en elle et que même s’il lui arrive de mentir, vous êtes convaincu que c’est passager et que ça n’est pas « en elle ». Encore une fois, arroser les bons comportements pour qu’ils poussent et deviennent grands et forts, et ignorer autant que faire se peut les mauvais comportements pour qu’ils meurent sans égard. Ici vous pourriez répondre à Hanna : « Tu peux aussi dire tout simplement la vérité, si tu le souhaite » ou « Tu es capable de dire de belles choses lorsque tu dis simplement la vérité ». Le mensonge disparaîtra alors, Hanna voyant que cela ne lui apporte rien, contrairement à la vérité.

Exemple 3 – Le frère ou la sœur metteur en scène : « Je te déteste Alex ! Tu cherches toujours à me dire des choses blessantes… Maman, elle n’arrête pas de m’envoyer paître lorsque je lui parle ! ». Dans ce cas très clairement, Cassandra classe Alex dans le placard des « méchantes ». Ça n’est pas toujours conscient de la part d’un enfant, mais vous ne devez pas surenchérir ni prendre partie, et ceci pour préserver les liens entre vos enfants sur le long terme. Il suffira de ne pas répondre du tac o tac, réfléchir un instant puis répondre : « Cassandra, essaie de l’aborder différemment ou à un autre moment, tu seras surprises des réponses de ta sœur. » Car même si vous n’y croyez qu’à moitié, ce genre de réponse encourage très souvent l’enfant à prouver que vous dîtes vrai. Encore une fois il suffit d’arroser un bon comportement. Petite précision au passage, si Alex s’attaque à Cassandra physiquement, occupez vous uniquement de Cassandra et ignorez Alex. C’est le meilleur moyen pour qu’Alex stoppe, voyant qu’elle n’obtient pas l’attention désirée. Si vous fâchez Alex, ou parlez avec elle après sa mauvaise action, elle aura gagné face à sa sœur et aura votre attention : double récompense. Et Cassandra sera la victime ignorée : double punition ! Prenez plutôt Cassandra par l’épaule en ignorant complètement Alex : « Tu as certainement mal après un coup pareil, viens que je te passe de l’arnica. Alex a besoin d’apprendre à exprimer sa colère avec des mots, et pas avec des gifles ! » Et Alex reste seule dans la chambre, face à ce qui vient de se passer… très instructif !

Votre enfant a un problème, mais ne pose pas problème !

Dans de nombreuses familles où se trouve un enfant handicapé, ou ayant un problème particulier, il est souvent difficile de gérer. On ne sait pas quel comportement adopter face à l’enfant, et face à ses frères et sœurs. Trop dur, trop laxiste ? Quel est le bon comportement à avoir ? L’on souhaite bien faire, on fait d’ailleurs au mieux. La réponse réside dans cette phrase : votre enfant a un problème mais n’a pas besoin de ressentir qu’il pose problème.

Un enfant handicapé a les mêmes besoins que n’importe quel enfant. Il a besoin que l’on reconnaisse ses frustrations : « ça n’est pas facile car tu aimerait pouvoir jouer avec eux, ça peut être frustrant je le comprends. ». Il a besoin que l’on apprécie ce qu’il arrive à faire, même si ça n’est pas parfait : « je trouve qu’aujourd’hui tu as fait de réels progrès ». Et a besoin qu’on l’aide à trouver des solutions dans sa vie de tous les jours : « ça c’est pas évident, comment réagis-tu dans ce genre de situation ? » afin d’acquérir une certaine autonomie (même morale).

Un enfant handicapé ou ayant un problème a besoin de vous pour être le plus autonome possible, selon le niveau de son handicap. Vous ne devez pas le favoriser au quotidien, mais seulement lorsque la situation vous y oblige. Vous devez certes l’accompagner et l’aider à s’épanouir avec son handicap, sans le nier ni l’amplifier. Les parents sont toujours très anxieux pour leurs enfants, et il n’est pas aisé de prendre du recul afin d’éviter de le surprotéger face au reste de la fratrie. Pourtant, chacun de vos enfants a sa place et ses droits. A vous de vous poser les bonnes questions : est ce que j’accorde plus d’importance à Lyne du fait de son handicap même lorsque je pourrais la laisser tranquille et m’occuper de ses deux frères ? Est ce que je n’en demande pas trop à Ilyess et Noredine simplement parce qu’ils sont complètement valides ? Nathalie ne porte-t-elle pas trop de responsabilités face au handicap de sa sœur ? Est-ce normal que j’attende autant de choses de la part de ma cadette tout simplement parce qu’avec elle, je veux oublier les soucis ? Peu importe la configuration de votre famille, qu’il y ait des enfants handicapés ne doit pas changer votre comportement. Chaque enfant a le droit à l’erreur, a le droit d’être en colère, a le droit de dire non, a le droit d’être triste, ou d’avoir des difficultés scolaires.

Votre planning sera forcément découpé différemment lorsque l’enfant handicapé a besoin de soins particuliers, mais vous devez faire en sorte : d’une que cet enfant ne se sente pas comme un poids empêchant au reste de la famille de faire ce qu’ils ont envie de faire, de deux que vous accordiez le temps nécessaire aux autres. Dans le livre de Faber et Mazlish, il y a quelques exemples vraiment touchants de familles ayant changé de comportement et ayant retrouvé une joie de vivre, ne s’interdisant plus rien même avec un enfant handicapé, trouvant des solutions, insolites parfois, pour le faire participer sans que cela entrave l’épanouissement du reste de la fratrie ! Un recueil de témoignages et de solutions pour le quotidien de ces familles.

Dis moi que tu m’aimes 10 minutes par jour

Brigitte Racine, infirmière, thérapeute familiale, conférencière et diplômée de l’Université Laval, du Centre de relation d’aide de Montréal et de l’Institut William Glasser de Californie, dont je vous recommande les ouvrages, affirme qu’un enfant a besoin qu’on entre dans son univers au moins 10 minutes par jour. Que ce soit dans la voiture sur le trajet du retour, au lit au moment du coucher, lors d’une promenade ou lorsque vous allez chercher le pain… l’enfant a besoin de se sentir aimé chaque jour que Dieu fait. Même s’il sait que ses parents l’aiment, cette attention le rassurera et le rendra coopératif et confiant.

Comment entrer dans son univers ? En le laissant parler de ce qu’il souhaite, ou en intégrant une activité en cours, comme un puzzle, un jeu de carte, de poupées, de construction. En écoutant et en le regardant dans les yeux tout simplement, car quelle plus belle preuve d’amour que de regarder son enfant dans les yeux ? Les yeux sont si expressifs qu’ils sont forcés de laisser paraître vos sentiments. Pas de faux semblants, ni de mots, vos yeux les rassurent et les réconfortent. Les résultats sont paraît-il impressionnants, les enfants ayant ces 10 minutes (minimum) quotidiennes dès leurs premiers mois de vie seraient plus coopératifs, plus heureux, plus confiants.

 

http://www.ajib.fr/2012/02/chronique-doum-zaza/

Category : A propos de l'islam: | Write a comment | Print

From the same author

Comments