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 Les moyens pour entrer en communion avec Dieu

1/2/2013

La plus simple forme de relation avec Allah consiste en une série d'éléments harmonieux et concordants. Les références islamiques sont contre une relation avec Allah sur la base d'un élément unique, tel que la peur ou l'espoir, l'amour ou le recueillement. Une telle relation est dépourvue d'harmonie et d'équilibre. Les éléments qui composent la relation avec Allah sont très nombreux et figurent en détail dans le saint Coran, les hadiths et les prières de demandes.

Ce sont essentiellement: l'espoir (en Allah), la peur (d'Allah), l'imploration, le recueillement, l'humilité, l'appréhension, l'amour, le désir, la familiarité, l'anâbah (le retour vers Allah, repentant), le tabattul (retraite spirituelle, récollection), l'istighfâr (demande de pardon), la crainte, l'obéissance, l'asservissement (à Allah), le thikr (l'invocation d'Allah), la pauvreté (le besoin d'Allah), l'i'tiçâm (se protéger par Allah).

Ainsi, dans une invocation de, l'Imâm Zayn al-'Âbidîn (p) dit:

«Ô Seigneur! Je Te demande de remplir mon coeur d'amour de Ton Amour et de Ta crainte, de croyance et de Foi en Toi, de Ton appréhension et de Ton désir».(1)

De ces éléments multiples se forme un beau spectre harmonieux de la relation avec Allah. Chacun de ces éléments constitue une porte de la Miséricorde et de la Connaissance d'Allah. Ainsi, la demande de la miséricorde ouvre la porte de la Miséricorde d'Allah, et la demande de pardon ouvre la porte du Pardon d'Allah.

De même chacun de ces éléments est considéré en soi comme une voie pour le mouvement ou la conduite vers Allah. D'autre part, la crainte ou l'appréhension est une autre voie vers Allah. Le recueillement est une troisième voie vers Allah; l'espoir, l'invocation ou l'espérance constitue une quatrième voie vers Allah.

L'homme doit se mouvoir vers Allah à travers différentes voies et ne pas se contenter d'une voie unique, car chaque voie conduisant à Allah a son propre charme, sa propre saveur et un délice particulier qu'on ne retrouve pas dans les autres voies. De là l'insistance de l'Islam sur le principe de la multiplicité des éléments de la relation avec Allah.

Dans ce voyage, l'Imam Ali al-Sajjâd (p) prie Allah par trois moyens, conformément à la volonté d'Allah qui nous commande de Lui demander les moyens d'aller à Lui:

«Ô vous qui croyez! Craignez Allah et recherchez les moyens de vous rapprocher de Lui! Combattez pour Sa Cause! Peut-être serez-vous heureux».(2)

«Ceux-là mêmes qu'ils invoquent, recherchent le moyen de se rapprocher de leur Seigneur».(3)

Les moyens que l'Imam demande à Allah dans ce voyage sont: le besoin, la demande et l'amour. Quelle pertinence! Ce maître incontesté du Invocation sait parfaitement ce qu'il demande à Allah, comment demander et où sont les points d'accès à la Miséricorde du Miséricordieux!

Le premier moyen: le besoin

Le besoin lui-même est une émanation de la Miséricorde d'Allah, car le Créateur couvre de Sa Miséricorde les besoins de toutes Ses créatures, y compris les animaux et les plantes, et ce sans qu'elles le Lui demandent. Évidemment cela ne signifie nullement l'inutilité de la demande et de la sollicitation, lesquelles constituent en fait, à côté du besoin, un autre aspect de la Miséricorde d'Allah. Ainsi, si elles ont soif, Il les désaltère, lorsqu'elles ont faim, Il les nourrit, et lorsqu'elles sont dénudées, Il les revêt: «C'est Lui qui me nourrit et qui me donne à boire; c'est Lui qui me guérit , lorsque je suis malade» (4), et ce lors même qu'ils ne connaissent pas Allah parfaitement, ne savent pas comment L'implorer, ni quoi Lui demander: «Ô Toi qui, par tendresse et compassion, donne aussi bien à celui qui Te demande, qu'à celui qui ne Te demande pas, ainsi qu'à celui qui ne Te connaît pas».(5)

Dans un merveilleux munâjât, l'Imam Ali (p) énumère les innombrables motifs de la sollicitation par les serviteurs de la Miséricorde d'Allah:

«Mon Seigneur! Ô mon Maître! Tu es le Maître et je suis l'esclave! Qui d'autre que le Maître fait miséricorde à l'esclave!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Puissant et je suis l'humilié! Qui donc d'autre que le Puissant fait miséricorde à l'humilié!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Créateur et je suis la créature! Qui donc d'autre que le Créateur fait miséricorde à la créature!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es l'Immense et je suis le mesquin! Qui donc d'autre que l'Immense fait miséricorde au mesquin!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Fort et je suis le faible! Qui donc d'autre que le Fort fait miséricorde au faible!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Riche et je suis le pauvre! Qui donc d'autre que le Riche fait miséricorde au pauvre!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Donateur et je suis le quémandeur! Qui donc d'autre que le Donateur fait miséricorde au quémandeur!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Vivant et je suis le mortel! Qui donc d'autre que le Vivant fait miséricorde au mortel!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es l'Éternel et je suis le passager! Qui donc d'autre que l'Éternel fait miséricorde au passager!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Permanent et je suis l'éphémère! Qui donc d'autre que le Permanent fait miséricorde à l'éphémère!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Dispensateur et je suis l'allocataire! Qui donc d'autre que le Dispensateur fait miséricorde à l'allocataire!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Généreux et je suis l'avare! Qui donc d'autre que le Généreux fait miséricorde à l'avare!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Sain et je suis le malade! Qui donc d'autre que le Sain fait miséricorde au malade!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Grand et je suis le petit! Qui donc d'autre que le Grand fait miséricorde au petit!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Guidant et je suis l'égaré! Qui donc d'autre que le Guidant fait miséricorde à l'égaré!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Pardonneur et je suis le pécheur! Qui donc d'autre que le Pardonneur fait miséricorde au pécheur!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Guide et je suis le perdu! Qui donc d'autre que le Guide fait miséricorde au perdu!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Vainqueur et je suis le vaincu! Qui donc d'autre que le Vainqueur fait miséricorde au vaincu!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es le Seigneur et je suis le vassal! Qui donc d'autre que le Seigneur fait miséricorde au vassal!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Tu es l'Orgueilleux et je suis l'humble! Qui donc d'autre que l'Orgueilleux fait miséricorde à l'humble!?

Mon Maître! Ô mon Maître! Fais-moi miséricorde par Ta Miséricorde, agrée-moi par Ta Noblesse, pat Ta Générosité et par Ta Grâce, ô Toi Détenteur de la Générosité et de la bienfaisance, des faveurs et des bienfaits».

Dans ces séquences, l'Imam Ali (p) invoque son besoin et son indigence pour s'attirer la Miséricorde d'Allah, c'est dire qu'il fait de son indigence et de son besoin le motif, la cause et la justification de la sollicitation de la Miséricorde divine.

Ainsi, la créature attire la Miséricorde du Créateur, le faible attire la Miséricorde du Fort, le malade attire la Compassion du Bien-portant et ainsi de suite.

Telles sont les lois d'Allah, lesquelles sont immuables. Là où il y a besoin et pauvreté, il y a la Miséricorde et la Grâce d'Allah. De même que l'eau descend obligatoirement vers le terrain bas, de même la Miséricorde d'Allah descend là où il y a besoin, car Allah est Généreux et Noble, et le propre du Généreux est de faire montre de sa générosité et de sa compassion surtout là où le besoin se fait sentir.

Dans Invocation al-Sahar déjà cité, l'Imam al-Sajjâd dit:

«Ô Mon Dieu! Donne-moi, car je suis pauvre et aie pitié de moi, car je suis faible».

Il fait ainsi de sa pauvreté et de sa faiblesse un moyen ou un motif de sollicitation de la Miséricorde d'Allah.

Évidemment ceci ne doit pas être pris dans un sens absolu ou comme le seul moyen ni le moyen impeccable d'obtenir la Miséricorde d'Allah, car dans les lois divines, il y a d'autres facteurs qui attirent la Grâce du Créateur et il y a des obstacles et des voiles qui empêchent la descente de la Miséricorde du Miséricordieux. Par conséquent, lorsque nous énonçons que le besoin et la pauvreté sont un motif de la venue de la Miséricorde d'Allah, il faut comprendre cet énoncé dans le cadre de ces lois générales.

On trouve dans le Noble Coran des exemples de l'invocation de la pauvreté et de la faiblesse en vue de la sollicitation de la Miséricorde d'Allah et de l'obtention de la réponse positive à notre appel, étant donné que le besoin appelle une réponse (satisfaction) de la part d'Allah, tout comme le invocation et la sollicitation suscitent Sa réponse, ou en d'autres termes l'exposition du besoin en soi tient lieu de Prière de demande (invocation).

Citons quelques-uns de ces exemples coraniques:

1- Ayyûb(6) (p), l'adorateur pieux et durement éprouvé, s'est contenté d'exposer son état pathétique au Seigneur, alors qu'il traversait la phase la plus pénible de ses épreuves: «Et Job (Ayyûb), quand il en appela à son Seigneur: "Le mal m'a touché, vraiment! Cependant, Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux!" Nous lui répondîmes, alors, et lui déblayâmes le mal qu'il avait, et lui apportâmes sa propre famille, et une en plus, semblable, à titre de miséricorde de Notre part, et de rappel aux adorateurs». (Sourate al-Anbiyâ', 21: 83-84).

Ainsi, comme on peut le constater, les propos que le Coran prête à Ayyûb ne comportent pas de prière de demande; cependant, Allah nous dit: «Nous lui répondîmes, alors, et lui déblayâmes le mal qu'il avait», comme si l'exposition du besoin et du manque équivalait au invocation.

2- Thu-l-Nûn (p)(7), un autre adorateur dévoué expose son besoin et son malheur à Allah, alors qu'il se trouvait dans les ténèbres du ventre d'une baleine: «Et Thû-l-Nûn (Jonas) quand il partit, irrité. Il pensa que Nous n'allions pas l'éprouver. Puis, il fit, dans les ténèbres, l'appel que voici:"Pas de divinité, à part Toi! Gloire à Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes". Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants». (Sourate al-Anbiyâ', 21: 87-88).

Là encore l'exaucement n'est pas une suite donnée à une demande, mais à un besoin et une angoisse exprimés, car Thû-l-Nûn n'avait présenté aucune requête, se bornant à dire à l'adresse d'Allah: «Gloire à Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes», lorsqu'Allah l'exauça et le délivra de ses soucis: «Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse».

3- Un autre exemple est l'histoire du Prophète Mûsâ (p) et de son frère Hârûn lorsqu'Allah leur demanda de porter Son message à Pharaon: «Allez chez Pharaon, il est rebelle; adressez-lui des paroles courtoises; peut-être réfléchira-t-il, ou éprouvera-t-il de la crainte? Tous deux dirent: "Notre Seigneur! Nous craignons qu'il ne l'emporte sur nous ou qu'il ne se montre rebelle».(8)

Les deux frères n'ont pas demandé à Allah de les protéger contre Pharaon et sa clique, ni de leur assurer la sécurité dont ils ont besoin. Ils se sont contentés d'évoquer leur faiblesse et leur crainte de la puissance et de la terreur de Pharaon: «Notre Seigneur! Nous craignons qu'il ne l'emporte sur nous ou qu'il ne se montre rebelle». Pourtant Allah a pourvu à leur besoin de protection, de soutien et d'appui: «Allah dit: "Ne craignez rien, oui Je suis avec vous; J'entends et Je vois».(9)

4- Le Prophète Nûh (Noé) exprima devant Allah son désir de sauver son fils du déluge: «Noé invoqua son Seigneur en disant: "Mon Seigneur! Mon fils appartient à ma famille. Ta promesse est sûrement la Vérité; Tu es le plus juste des juges».(10)

Notons qu'ici Noé ne demande pas au Seigneur qu'Il sauve son fils, mais s'est limité à lui faire part de son besoin de le sauver du naufrage.

Dans l'hagiographie des Prophètes, on rencontre un exemple où l'exaucement est le résultat du concours de trois facteurs, ou l'effet de trois causes conjuguées: 1- le besoin (manque inconscient); 2- la demande ou la requête (manque conscient); 3- l'effort, le mouvement et l'action. Il s'agit de l'histoire du nourrisson Ismâ'îl (p) et de sa mère lorsqu'ils furent amenés par le Prophète Ibrâhîm (p) dans une vallée aride, sur ordre d'Allah. Une fois sur place, Ibrâhîm (p) les laissa là et les confia à la protection d'Allah en disant: «Ô Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée (la Ka'bah), - ô notre Seigneur - afin qu'ils accomplissent la Çalât».(11)

Lorsque l'eau laissée par Ibrâhîm (p) fut épuisée, le nourrisson Ismâ'îl, assoiffé, se mit à crier, à agiter les pieds et les mains, tandis que sa mère Hâger s'efforçait de chercher de l'eau en faisant le va-et-vient entre les monticules, Çafâ et Marwah, montant alternativement sur l'une et sur l'autre pour jeter un regard scrutateur sur le désert dans l'espoir de découvrir une source (c'est ce qu'on appelle, le sa'y = effort, une autre cause ou motif de la descente de la Miséricorde), tout en implorant Allah de lui trouver cette denrée rare qu'est l'eau dans cet endroit isolé et désertique (et c'est là la demande ou la prière de demande (le manque conscient). Après quoi, Allah répondit au besoin et au manque du nourrisson, aux efforts et au mouvement de la mère, à sa demande et sa prière, en faisant jaillir de la terre, aux pieds de l'enfant une source abondante (à l'endroit dit ZamZam aujourd'hui). En voyant le miracle, la mère descendit du monticule précipitamment pour abreuver son nourrisson et se mit à amasser de la terre pour la disposer en remblai autour de la source dans le but d'empêcher l'eau de se dissiper, tout en répétant le mot zam zam.

Cette scène que les pèlerins rejouent chaque année en commémoration de cet événement historique hautement symbolique constitue l'une des plus belles scènes de la relation du serviteur avec le Créateur, relation fondée sur trois points de départ:

1- Le besoin et le manque

2- L'effort et le mouvement

3- La prière de demande (invocation) et la sollicitation ou la requête.

Le deuxième moyen: la prière de demande et la sollicitation

Revenons aux moyens que l'Imam al-Sajjâd présente pour s'attirer la Miséricorde d'Allah pour rappeler que le premier de ces moyens est "son besoin et son manque", le second en est "le invocation", lequel constitue l'une des principales clés de la Miséricorde". En effet Allah dit: «Appelez-Moi, Je vous répondrai». (Sourate Ghâfir, 40: 60) et: «Mon Seigneur ne se souciera pas de vous sans votre invocation». (Sourate al-Furqân, 25: 77).

Le troisième moyen: l'amour

Le serviteur attire la Miséricorde d'Allah par l'amour plus que par n'importe quel autre moyen.

Maintenant examinons les détails de ces trois moyens dans les munâjât de l'Imam al-Sajjâd (p):

1- «Ton agrément est mon désir, Te voir est mon besoin, Tu possèdes le remède de ma maladie, l'apaisement de ma passion, le soulagement de ma souffrance, la dissipation de mon affliction».

Ce sont là les composants du moyen de "besoin-manque".

2- «Ton voisinage est l'objet de ma sollicitation, Ta proximité est le but de ma demande. Sois donc mon compagnon dans ma solitude, le conjurateur de mon trébuchement, le pardonneur de mon faux pas, l'acceptant de mon repentir, l'exauçant de ma prière, le tuteur de ma protection, le pourvoyeur de mon besoin».

Le moyen ici est "le invocation".

3- «C'est Toi, à l'exclusion de tout autre, que je veux, et c'est pour Toi, à l'exclusion de tout autre, ma veille et mon insomnie! Ta rencontre est la prunelle de mes yeux, Ton lien avec moi est mon âme! Mon désir c'est Toi, ma passion c'est Ton amour».

Et là, c'est le moyen de "l'amour".

Méditons à présent sur cette séquence des paroles d'al-Sajjâd (p), qui constitue un vrai et un merveilleux chef-d'oeuvre du genre, car le invocation, tout comme l'art et la littérature possède des chefs-d'oeuvre:

«Ma pensée s'est coupée de tout pour se concentrer sur Toi et mon désir s'est éloigné de tout pour se diriger vers Toi, car c'est Toi à l'exclusion de tout autre que je veux, et c'est pour Toi, à l'exclusion de tout autre, ma veille et mon insomnie, Ta rencontre est la prunelle de mes yeux etc.».

Ici nous avons traduit littéralement cette séquence de munâjât dont nous avions présenté un long passage dans la première partie de notre livre, pour mieux faire ressortir des nuances très significatives dans les expressions employées par l'Imam. Car al-Sajjâd (p) ne dit pas «ma pensée s'est concentrée sur Toi» - puisque la concentration de la pensée sur Allah n'exclut pas la possibilité de la concentration sur un autre, quand bien même le serviteur concentre sincèrement sa pensée sur le Miséricordieux -, mais «ma pensée s'est coupée de tout pour se concentrer sur Toi». Il y a donc dans la relation de l'Imam avec Allah une coupure avec tout ce qui n'est pas Allah, et une concentration exclusive sur Lui. Et dans tout amour sincère il y a "séparation" et "attachement": séparation ou rupture avec tout sauf Allah, est un attachement à Allah, à tout ce qu'Il aime et à tout ce qu'Il ordonne, en un mot, une rupture avec les créatures en vue d'un attachement exclusif au Créateur.

Il en va de même pour la seconde phrase: «mon désir s'est éloigné de tout pour se diriger vers Toi». La relation avec Allah comporte ici également, un "éloignement" de tout ce qui n'est pas Lui, le mouvement exclusif vers Allah, vers tout ce qu'Il aime et vers tout ce qu'Il ordonne.

Puis la troisième phrase vient confirmer d'une façon on ne peut plus éloquente cette vérité de l'amour sincère comportant deux volets, un attachement exclusif à Allah et une rupture totale avec tout ce qui n'est Lui: «car c'est Toi, à l'exclusion de tout autre, que je veux, et c'est pour Toi, à l'exclusion de tout autre, ma veille et mon insomnie».

"Veille" et "insomnie" sont deux contraires du sommeil, mais le premier, "la veille", consiste à veiller dans un état de "plaisir", alors que le second, "l'insomnie" exprime un état dans lequel quelqu'un est privé du sommeil à cause des soucis et des préoccupations, en l'occurrence la nostalgie et le désir d'Allah. Ils représentent donc deux des états de l'amour d'Allah: "le désir et le plaisir", le plaisir du souvenir d'Allah et de Sa présence auprès du serviteur, lorsque celui-ci se plonge dans les prières, le invocation et les invocations, d'une part, et le désir de Le rencontrer, d'autre part. L'aimant ou l'amoureux éprouve les deux états (le plaisir et le désir) lorsqu'il s'élève et se présente, recueilli, devant le Créateur, et tous les deux lui ôtent le sommeil et lui causent l'insomnie, pendant que les gens dorment profondément et se reposent tranquillement, totalement inconscients.

Notes:

1."Bihâr al-Anwâr", Tom 89, p. 92
2.Sourate al-Mâ'idah, 5: 35
3.Sourate al-Asrâ', 17: 57.
4.Sourate al-Cho'arâ', 26: 79-80.
5.Extrait de l'un des invocations du mois de Rajab.(voir "Mafâtih al-Jinân".
6.Job fut éprouvé par Allah par les maladies les plus pénibles. Il perdit ses biens et ses enfants, et cependant il ne se plaignît qu'à Allah.
7.Thû-l-Nûn quitta son peuple en colère, parce que ceux-ci ne croyaient pas en Allah. Il prit le bateau, mais le bateau s'arrêta, et d'après les coutumes des marins, ils tirèrent au sort pour connaître le responsable. Le sort tomba sur Thû-l-Nûn, et les marins le jetèrent à l'eau où une baleine le recueillit pour le vomir plus tard sur le rivage.
8.Sourate Tâhâ, 20: 43-45.
9.Sourate Tâhâ, 20: 46.
10.Sourate Houd, 11: 45.
11.Sourate Ibrâhîm, 14: 37.

 

http://www.al-shia.org/html/fre/index.htm

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