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 Les enseignements de la bataille d'Ouhoud

27/9/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

 

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Par Bennani Karim Tajeddine

 

Cet article est dédié à toute provocation touchant le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui), dans le passé, dans le présent et dans le temps, vers le futur, jusqu’à ce que son Message soit universellement diffusé et ait le dessus.

 

 

Selon le Coran et l’histoire, le scénario exemplaire susceptible de causer le déclin de la communauté musulmane est concentré dans l’enseignement de l’échec de la bataille d’Ouhoud ; de surcroît, en présence du Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui).

 

Sans le moindre doute, cette bataille mémorable comporte les ingrédients indispensables à la compréhension du point faible le plus important guettant continuellement les musulmans jusqu’à la phase ultime de la fin des temps !!!

 

Pour rappel, depuis les temps immémoriaux, les Quraychites, Mecquois, symbolisaient le clan le plus puissant de la Péninsule arabique. Or, quand ils perdirent la bataille de Badr face aux musulmans, ils craignirent que le vent ne tournât définitivement en leur défaveur. Auparavant, certes, aucun clan n’avait jamais menacé leur prestige et invincibilité. Evidemment, l’issue de la bataille constituait la gifle la plus cuisante, risquant de détrôner leur souveraineté coutumière sur les arabes. Ce premier échec les rendit vulnérables, humiliés, diminués et leur suprématie remise en cause. En effet, à moins d’une riposte urgente, le rapport de force n’allait pas tarder à s’inverser et d’entrainer irréversiblement la perte de leur influence. Pour reconquérir leur statut d’élite, les Quraychites résolurent de prendre le plus rapidement leur revanche. Invoquant la vengeance de leurs morts à Badr, ils rassemblèrent en peu de temps trois mille hommes.

 

Entretemps, le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) fit un songe précurseur présageant un événement prochain énigmatique : une armure solide, la pointe de son épée cassée et plusieurs vaches égorgées gisant inanimées sur le sol ensanglanté. L’interprétation de la vision concluait que : Médine ne courait aucun risque et qu’elle demeurerait une cité imprenable (armure), un membre important de la famille du Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) passerait de vie à trépas (épée) et que de nombreux Compagnons seraient sacrifiés (vaches égorgées).

 

Bouleversé par ces signes avertisseurs, sonnant l’alarme comme une trompette, le Messager mobilisa ses Compagnons. Corrélativement, le déplacement massif des Quraychites vers Médine fut confirmé. Tant bien que mal, en réaction inspirée, une armée réduite, de moins de 700 combattants, s’apprêtait à défendre corps et âme la cité rayonnante, aux mille et une lumières.

 

En dépit du manque flagrant d’effectifs, le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) concocta une stratégie ingénieuse et infaillible. Or, pour le succès assuré de cette bataille, les instructions du Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) étaient parfaitement claires : ne jamais quitter son poste, advienne que pourra !!!

 

Du même point de vue, sachant que les Quraychites venaient par le nord, ils n’avaient d’autre choix que d’emprunter l’unique passage entre les montagnes menant à Médine. S’adaptant à la topographie du terrain, le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) disposa un bataillon à droite et une cinquantaine d’archers sur une hauteur dissuasive, acculant les Quraychites à perpétrer une offensive frontale

 

En conformité avec les instructions prophétiques, l’armée musulmane créa la surprise par une attaque imprévisible comme meilleure défense face à l’agression des Quraychites. Grâce à l’agencement judicieux de l’échiquier du combat et à la bravoure des combattants, la victoire devenait à portée de main. L’armée musulmane semait le trouble, divisait les rangs adverses et gagnait rapidement du terrain. Désemparés et pris de court, en peu de temps, les Quraychites subirent de lourdes pertes en vies humaines. Ils commencèrent alors à fuir, abandonnant un butin jonché sur le sol ensanglanté.

 

Concluant hâtivement à la défaite, quelques archers s’illusionnèrent que la bataille était désormais irréversiblement gagnée. A l’exception d’une minorité fidèle à son poste, les archers se précipitèrent vers le butin de guerre. Entre le meilleur et le pire, il n’y a qu’un pas à franchir pour se retrouver au fonds du fossé. Alors que la bataille d’Ouhoud devait être une victoire sensationnelle, avec peu de combattants ; malheureusement, à cause de l’attraction du butin, les archers incriminés sapèrent les efforts collectifs durement consentis et le moral des troupes. Ils offrirent un succès inespéré sur un plateau d’or aux ennemis. Avec suffisamment de bon sens, ces derniers, la balle dans leur camp, n’avaient qu’à viser juste pour marquer le but sans défenseur.    

 

A l’évidence, comme l’effet boomerang, une réaction divine appropriée attend, tôt ou tard, toute indiscipline aux instructions prophétiques, et plus généralement, à toute dérive par rapport aux lois divines :

 

« […] Que ceux donc qui s’opposent à son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. », s.24 An-Noûr (La Lumière), v.63.

 

Dans le droit fil de ce qui précède, à l’instar d’un joueur professionnel en football, guettant l’opportunité de la négligence du gardien de l’équipe adverse, qui ne ratera certainement pas l’occasion de marquer le but décisif de la victoire ; par analogie, en fin limier, Khalid Ibn Al Walid, constatant l’absence des archers de leur poste de défense, réagit avec célérité pour retourner le rapport de force. Il se dirigea promptement vers la colline et élimina les derniers archers restés à leur poste, réduisant à néant toute chance de défense. Désormais, l’effet boomerang était à l’œuvre. Constatant le vide dans la défense, les polythéistes retournaient successivement sur leurs pas, l’un après l’autre, pour investir en force le champ de bataille.  

 

Entretemps, malgré le danger grandissant, le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) n’avait guère quitté son poste. Malheureusement, il devenait le point de mire de l’attention des polythéistes. Heureusement, dans les situations extrêmes, les héros émergent, prêts à défendre les nobles causes. Une vingtaine de Compagnons constituèrent un bouclier circulaire autour du Messager pour le défendre corps et âme de la tempête de flèches le visant spécifiquement.

 

L’image instantanée des scènes tragiques donnait l’impression que la bataille allait mettre en pièces les compagnons et le terme final au processus naissant de l’Islam. L’histoire démontre que chaque fois que l’Islam semble perdu, à l’instar du phénix renaissant de ses cendres, il revit extraordinairement et perpétuellement des ruses machiavéliques de ses détracteurs. Ce qui fut valable dans le passé l’est dans le présent et le sera dans le futur. Une péripétie miraculeuse, de dernière minute, se produisit simultanément, miroitant la subtilité d’une miséricorde divine. Anas Ibnou Nadr, l’oncle d’Anas Ibnou Mâlik, revenait d’un voyage, se dirigeant vers Médine. Empruntant un chemin proche du champ de bataille, il croisa soudain des compagnons désemparés, démoralisés et battant en retraite.

A titre de mémoire, il est de bon aloi de situer le rôle magistral de ce compagnon typique (Bénédictions sur lui) et de rappeler les témoignages, coranique et historique, sur la sincérité de son engagement. En effet, n’ayant pu prendre préalablement part à la bataille de Badr, il promit résolument de s’impliquer dans la suivante. Evidemment, le contexte de la bataille d’Ouhoud fut particulièrement propice. Son vœu n’allait pas tarder à être exaucé. Quand les rescapés désespérés l’informèrent de la mort du Prophète, il tint parole et exhorta à la reprise imminente de la bataille : « Que voulez-vous faire de la vie après lui ? Levez-vous et mourez de la même façon que lui ! »  

 

Par sa harangue, il rassembla exceptionnellement les survivants dispersés. Il donna l’exemple en se ruant le premier vers les polythéistes. Comme une tempête foudroyante du désert, les compagnons déferlèrent en trombe sur le champ de bataille. Sans le moindre doute, grâce à sa témérité légendaire, la bataille d’Ouhoud se termina honorablement… Plus tard, les Compagnons découvrirent son corps ensanglanté et transpercé de plusieurs flèches. Le verset suivant immortalise le vibrant hommage à son engagement sincère et à son rôle décisif dans le revirement renaissant de la bataille:

 

« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement). », s.33 Al-Ahzâb (), v.23.

 

Grâce à Dieu, le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) ressortit miraculeusement indemne des pièges tendus par les polythéistes. De nombreux compagnons finirent martyrs. Parmi eux, Hamza, l’oncle du Prophète (Bénédictions de Dieu sur lui), gisait mort. Quand le Prophète le retrouva parmi les cadavres, la vision de l’épée trouva sa signification dans la réalité. Jamais auparavant il ne fut aussi attristé et s’effondra en sanglots ininterrompus.

 

Pour mémoire, Hamza demeura enseveli au même lieu où il fut découvert ; et ce, durant quarante ans. Par la suite, il fut exhumé, son état physique n’avait guère changé, comme témoignage de sa sainteté et de la noblesse de son âme sublime. De nouveau il fut inhumé dans le cimetière des martyrs.

 

Quant à l’issue de la bataille d’Ouhoud, pressentant qu’elle risquait de s’enliser dans un cercle vicieux, le Prophète y mit terme. Symboliquement, elle se termina sans vainqueur ni vaincu. Les compagnons ressentirent néanmoins l’affliction et l’abattement envers une victoire à portée de main, volée. Le Créateur les réconforta en rappelant les règles du jeu, dont l’alternance du pouvoir entre croyants et autres, notamment lorsque le butin éphémère devient le point de mire :

 

« Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. (139) Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi l’ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin qu’Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu’Il choisisse parmi vous des martyrs - et Allah n’aime pas les injustes, (140) et afin qu’Allah purifie ceux qui ont cru, et anéantisse les mécréants. (141) Comptez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne distingue parmi vous ceux qui luttent et qui sont endurants ? (142) Bien sûr, vous souhaitiez la mort avant de la rencontrer. Or vous l’avez vue, certes, tandis que vous regardiez. », s.3 Âli ‘Imrâne (La Famille d’Imrâne), v.139.

 

Le retour d’expérience de cette bataille révèle que la communauté musulmane, comme toute autre, n’est pas invariablement invincible ni indéfiniment élue. Elle ne pourrait l’être qu’en fonction de sa piété sincère, de ses valeurs morales, de ses bonnes œuvres et le déploiement pertinent de ses efforts entre Grand et petit Jihad. Le message adressé, quel que soit l’espace ou le temps, sonnant profusément comme une trompette inexorable, est que quiconque désire bénéficier de la protection de Dieu doit faire de l’effort pour Sa cause le but fondamental de sa vie :

 

« Ô vous qui croyez ! Si vous faites triompher (la cause de) de Dieu, Il vous fera triompher et raffermira vos pas. » (47 :7)

 

A l’évidence, cette bataille dévoila le point faible le plus important et l’obstacle principal à l’évolution de la civilisation musulmane. De ce point de vue, le butin de guerre est parfaitement licite et il revient de droit aux combattants, mais à condition qu’il soit considéré seulement comme infiniment accessoire par rapport à l’effort sincère envers Allah. Or, si l’accessoire devient le but fondamental et que l’effort vers Allah devienne accessoire, alors Son soutien est purement et simplement retiré. La parabole de Lao Tseu qualifie d’imbécile quiconque inverse l’ordre hiérarchique cosmique des choses et végète dans le cercle vicieux des futilités : « Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. »

 

A toute fin utile, il convient de souligner que le dysfonctionnement de la bataille d’Ouhoud incombe uniquement à une minorité d’archers qui succombèrent inconsciemment à l’appât du butin. Quant aux compagnons du Prophète, bénédictions sur eux, ils ont accompli hardiment des prouesses exceptionnelles et se sont sacrifiés pour la cause. Plusieurs sont morts sur le champ de bataille pour devenir à tout jamais des légendes vivantes à l’origine du prodige de l’essor de l’Islam. En l’occurrence, le respect à leur égard est primordial et sans équivoque. Or, à part les Prophètes, tout être humain normal commet des erreurs. L’évolution même de l’humanité s’accomplit sur les cendres d’améliorations successives résultantes de la correction d’erreurs antérieures. Cependant, si l’erreur est permise une à quelques fois, sa récurrence illimitée en revanche conduit à état permanent de faiblesse. Or, comme les points faibles répétitifs dans le temps sont la cause principale du déclin et même de la disparition des communautés involutives, il est impératif d’en cerner les plus nuisibles pour retrouver la voie authentique de l’évolution.

 

Sans le moindre doute, à l’instar du point faible des israélites, symbolisé par le veau d’or, la bataille d’Ouhoud fut l’opportunité de découvrir celui des musulmans « inconscients ou rebelles », résidant en une passion incontrôlable envers le butin. En cas de reflux du Soutien divin, tandis que le cœur des premiers est complètement abreuvé dans le sang bancaire du veau d’or, celui des seconds bat la chamade à la vue du butin.        

 

Le Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur Lui) avait prévu qu’à terme, à la fin des temps, en dépit du grand nombre de musulmans, les cœurs deviendraient malades par le « Wahn » :

 

« Peu ne s’en faut que toutes les communautés vous tombent dessus comme les mangeurs tombent sur leur écuelle ! » Quelqu’un dit alors : Est-ce par notre faible nombre ce jour-là ? Il répondit : « Vous serez plutôt très nombreux ce jour-là, mais vous serez tels l’écume du torrent ; Dieu ôtera du cœur de vos ennemis la crainte que vous leur inspiriez et Il jettera dans vos cœurs le « Wahn » » Quelqu’un demanda : « Ô Messager de Dieu ! Qu’est-ce que le « Wahn » ? » Il répondit : « L’amour de la vie d’ici-bas et l’aversion de la mort » (Hadith rapporté par Thawbâne).

Face aux provocations d’ennemis qui n’ont plus la crainte inspirée autrefois par la discipline et l’honnêteté implacables des musulmans, ces derniers doivent revoir leurs cœurs et l’extraire de l’amour excessif du butin, dont la corruption constitue aujourd’hui la cause essentielle du mépris succédant à la crainte d’ennemis qui leur fut inspirée jadis.    

 

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