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 La notion de (ar-rizq (moyens de subsistance) en Islam

19/9/2013

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

Tout ce que l’homme acquiert (ar-rizq) sur Terre est délimité par ALLAH

     

Traduction d’un extrait de l’ouvrage « La pensée islamique »

par le Professeur Mohammed Mohammed Ismaël

 
 

La notion de rizq[1] est différente de celle de milkya[2]. Le rizq c’est le don. En effet, le verbe razaqa[3] signifie donner, offrir. Par contre la milkya, c’est l’appropriation légale d’une chose. Le rizq, lui, peut être licite ou non, mais restera invariablement désigné par rizq. Ainsi, la somme perçue par une personne en récompense de ses actes est un rizq, au même titre que la somme obtenue par le parieur au jeu de hasard. Car, dans les deux cas, il s’agit d’un bien donné par ALLAH (SWT)[4] à chaque individu, après qu’il ait entrepris une démarche en vue d’obtenir un bien matériel.

 

La plupart des gens croient qu’ils sont eux même à l’origine de leur propre enrichissement. Il y a ce fonctionnaire qui, suite à ses efforts en contrepartie d’un salaire déterminé pense qu’il est à l’origine de son enrichissement. Et quand lui parvient une augmentation en récompense d’efforts supplémentaires fournis, ou suite à la réclamation de cette augmentation, il pense encore qu’il est à l’origine de la somme acquise. Le commerçant qui gagne son salaire en travaillant durement pense qu’il est à l’origine des sommes acquises. Et le médecin qui soigne les malades en échange d’honoraires pense lui aussi qu’il est à l’origine de son cumul de biens matériels. Ainsi, chacun de ces individus qui entreprennent des actions en vue d’obtenir une récompense pécuniaire s’imagine être son propre pourvoyeur de biens.

 

Cette croyance que portent beaucoup d’individus vient de l’ignorance des circonstances réelles dans lesquelles leur parviennent ces biens. Ils prennent donc leurs efforts et leur acharnement pour des causes à l’acquisition de leur subsistance et autres bienfaits terrestres.

 

La vérité à laquelle le musulman doit se soumettre est que le rizq provient d’ALLAH (SWT) et non des êtres humains. Le musulman croit aussi que ces circonstances durant lesquelles lui parvient le rizq ne sont rien d’autre que des situations potentielles d’acquisition du rizq. Et si elles étaient des réelles causes, alors elles ne devraient jamais être absentes avant que le rizq n’arrive. Or, nous voyons qu’en réalité, le rizq peut s’acquérir sans que ces circonstances le précèdent. Et inversement, ces circonstances peuvent se produirent sans que le rizq ne suive. Par définition, une cause produit nécessairement sa (ses) conséquence(s). Ainsi, le travail et les efforts ne sont pas des causes à l’acquisition des biens mais des circonstances qui ne précèdent pas obligatoirement l’acquisition de biens.

 

En plus de cette erreur rationnelle, il est impossible de considérer ces situations dans lesquelles nous parvient le rizq comme des causes, ni les personnes qui provoquent ces circonstances comme étant celles qui sont à l’origine du rizq par leurs volontés propres, car cela contredit les enseignements du Coran dont le sens est tranché et l’authenticité certaine.

 

Et si une idée s’oppose avec le sens de tels textes révélés alors il faut obligatoirement prendre ces textes, dont le sens est sans équivoque, et rejeter tout ce qui s’y oppose. De nombreux versets montrent clairement qu’il n’y a pas d’interprétations possibles sur la réalité que le rizq provient d’ALLAH (SWT) et non des gens. Et c’est sur cette base que nous affirmons, avec certitude, que les moyens et les variantes que nous empruntons pour atteindre notre rizq ne sont que des circonstances précédant la venue du rizq.

ALLAH (SWT) dit :

 
 
إ.ِنَّ اللَّهَ يَرْزُقُ مَنْ يَشَاءُ بِغَيْرِ حِسَابٍ (37)

 

[3.37] [...] Allah donne certes à qui Il veut sans compter

 
 

وَكُلُوا مِمَّا رَزَقَكُمُ اللَّهُ حَلَالًا طَيِّبًا (88)

 

[5.88] Et mangez de ce qu'Allah vous a attribué de licite et de bon [...]

 
 

وَلَا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُمْ مِنْ إِمْلَاقٍ نَحْنُ نَرْزُقُكُمْ وَإِيَّاهُمْ (151)

 

[6.151] […] Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous pourvoyons à vos besoins et aux leurs. [..]

 
 

وَمَا مِنْ دَابَّةٍ فِي الْأَرْضِ إِلَّا عَلَى اللَّهِ رِزْقُهَا (6)

 

[11.6] Il n'y a point de bête sur terre dont la subsistance n'incombe à Allah […]

 
 
اللَّهُ يَبْسُطُ الرِّزْقَ لِمَنْ يَشَاءُ وَيَقْدِرُ (26)

 

[13.26] Allah étend largement Ses dons ou [les] restreint à qui Il veut. […]

 
 
 

وَلَا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُمْ خَشْيَةَ إِمْلَاقٍ نَحْنُ نَرْزُقُهُمْ وَإِيَّاكُمْ (31)

 

[17.31] Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté; c'est Nous qui attribuons leur subsistance; tout comme à vous. […

 
 

نَحْنُ نَرْزُقُكَ (132)

 

[20.132] […] c'est à Nous de pourvoir à tes besoins. […]

 
 
 

لَيَرْزُقَنَّهُمُ اللَّهُ (58)

 [22.58] Allah leur accordera ses dons
 

فَابْتَغُوا عِنْدَ اللَّهِ الرِّزْقَ (17)

 

[29.17] […] recherchez votre subsistance auprès d'Allah. […]

 

اللَّهُ يَرْزُقُهَا وَإِيَّاكُمْ 60)

 

[29.60] […] C'est Allah qui attribue leur subsistance ainsi que la vôtre. […]

 

اللَّهُ الَّذِي خَلَقَكُمْ ثُمَّ رَزَقَكُمْ (40)

 

[30.40] C'est Allah qui vous a voua attribué votre subsistance. […]

 

وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ أَنْفِقُوا مِمَّا رَزَقَكُمُ اللَّهُ قَالَ الَّذِينَ كَفَرُوا لِلَّذِينَ آَمَنُوا أَنُطْعِمُ مَنْ لَوْ يَشَاءُ اللَّهُ أَطْعَمَهُ إِنْ أَنْتُمْ إِلَّا فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ (47)

 

[36.47] Et quand on leur dit: ‹Dépensez de ce qu'Allah vous a attribué›, ceux qui ont mécru disent à ceux qui ont cru: ‹Nourrirons nous quelqu'un qu'Allah aurait nourri s'Il avait voulu? Vous n'êtes que dans un égarement évident›.

 

إِنَّ اللَّهَ هُوَ الرَّزَّاقُ ذُو الْقُوَّةِ الْمَتِينُ (58)

 

[51.58] En vérité, c'est Allah qui est le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, l'Inébranlable

 

Ces versets et de nombreux autres sont tranchés dans leur signification. Une seule compréhension est possible et la porte des interprétations sur cette question est fermée. Cette compréhension est : le rizq provient d’ ALLAH (SWT) Seul et de personne d’autre. Cependant, ALLAH (SWT) a ordonné à ses serviteurs d’agir, et par cette action libre est conféré à l’homme la capacité de choisir dans quelles circonstances il souhaite rechercher son rizq. Les esclaves d’Allah choisissent donc librement les circonstances dans lesquels ils souhaitent obtenir le rizq, mais jamais ils n’amènent le rizq par eux-mêmes, ceci est d’ailleurs clairement exprimé dans les versets.

 
 

C’est donc ALLAH (SWT) qui leur apporte des biens lors de la survenue de certaines circonstances, que ce rizq soit licite ou non, que la réalisation de ces circonstances soit soumise à l’indifférence de la Loi, interdite ou obligatoire. Peu importe que la circonstance soit suivie ou non du rizq. L’Islam a déterminé les voies que le musulman peut emprunter pour chercher l’obtention du rizq et celles qu’il ne peut pas prendre. Il a défini les manières légales du tamalouk (demande de la milkya ) mais pas celles du rizq. Il a limité la milkya à ces manières là. Il n’appartient à personne de posséder un rizq sauf de manière légale, parce que c’est cela la définition même du rizq licite. Si le moyen d’appropriation enfreint la loi, alors nous avons affaire au rizq illicite.

 
 

En résumé, qu’il soit licite ou illicite, le musulman croit avec certitude que le rizq est délimité par ALLAH (SWT), et Lui Seul.

 
 
 

 

[1] Rizq : richesse, fortune, santé, famille … tout ce qu’acquiert un individu dans cette vie.

 

[2] Milkya : Propriété. D’un point de vue linguistique milkya a le même sens que rizq, mais dans la législation islamique, ce sont deux notions différentes. Les deux mots représentent les biens d’un individu, mais leur sens diffère au regard de la manière dont cet individu a acquis ces biens : la milkya est toujours par définition licite, elle représente ce que l’individu possède légalement. Quant au rizq, il peut être licite ou illicite.

 

[3] Razaqa : Donner, c’est le verbe associé au nom commun rizq. En arabe, on cite habituellement le verbe associé à un nom lorsque le mot est défini.

 
 

[4] (SWT) : Gloire à Lui Le très haut.

 

http://albadil.edaama.org/

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