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 L'appel à l'Islam(ad-Da’wah): les règles de bienséance

23/9/2015

 

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

 

 

 

Allah a exposé la manière d’appeler [les gens à l’islam], et ce qu’il convient au prédicateur de faire lorsqu’Il dit : « Dis : « Voici ma voie, j’appelle les gens (à la religion) d’Allah, moi et ceux qui me suivent, nous basant sur une preuve évidente. » » [Yûsuf : 108] Celui qui invite à l’islam doit donc avoir de la science et des preuves évidentes de ce à quoi il invite et de ce qu’il interdit, afin de ne pas parler sur Allah sans science. Il doit vouer cet acte sincèrement à Allah, et non pas à une école de pensée (Madhhab), ni à l’avis d’untel ou untel, mais il doit le faire pour Allah Seul, Celui dont il cherche la récompense et le pardon. Il cherche ainsi  à ce que les gens se réforment, et pour cela, il est indispensable qu’il possède la sincérité (Ikhlâs) et la science, car Allah dit : « Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. » [An-Nah: 125]

Ceci est un exposé de la manière de prêcher (ad-Da’wah). Il faut que cela soit fait avec sagesse, c'est-à-dire avec science – de ce qu’Allah a dit et ce que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit. La science a été désignée par la sagesse, car elle repousse le faux et aide à suivre la vérité. Cette science doit être accompagnée d’une bonne exhortation, et de la discussion menée de la meilleure manière qui soit, lorsque cela est nécessaire, car pour certaines personnes, l’exposé de la vérité avec ses preuves suffit, parce qu’elles cherchent la vérité et lorsqu’elle leur apparaît, elles l’acceptent ; il n’est donc pas utile de l’exhorter. Chez d’autres personnes, il existe quelques réticences et un manque de réaction : il faut alors les exhorter de la meilleure manière. Le prêcheur exhorte et rappelle les gens vers Allah, lorsque c’est nécessaire, avec l’ignorant et les insouciants, et avec ceux qui se laissent aller à la facilité, jusqu’à ce qu’ils soient convaincus et qu’ils s’accrochent à la vérité. Il se peut que la personne que l’on prêche ait certains doutes, alors il faut discuter avec elle, en cherchant à dissiper ce doute, et le prêcheur doit alors expliquer la vérité en citant les preuves, et en discutant de la meilleure façon pour effacer ce doute par les preuves des Textes, en usant de bonnes paroles, de bonnes manières et de douceur, et non pas avec violence et dureté, si bien qu’on n’éloigne la personne de la vérité, et qu’elle s’entête dans son égarement. Allah dit : « C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage»[Âl-‘Imrân : 159] Allah a dit à Mûsâ et Hârûn lorsqu’Il les a envoyés à Pharaon : « Puis, parlez-lui avec douceur. Peut-être se rappellera-t-il ou (Me) craindra-t-il ? »[Tâ-Hâ : 44]

Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit dans un récit authentique : « La douceur n’est pas ajoutée à une chose sans l’embellir, et elle n’est retirée d’une chose sans l’enlaidir.» (Muslim : 2594) Et Il a dit : « Celui qui est privé de douceur est privé de  tout bien. » (Muslim : 2592)

Le prédicateur doit rechercher la vérité, appeler avec douceur, s’efforcer de vouer son œuvre sincèrement à Allah, et corriger les choses de la façon qu’Allah a ordonné, c’est-à-dire l’appel vers Allah avec sagesse, bonne exhortation et discussion de la meilleure façon. Dans tout ce qui a précédé, il doit être doté de science et connaître les preuves afin de convaincre celui qui recherche la vérité, dissiper le doute chez celui qui en a, adoucir le cœur de ceux qui sont insensibles, éloignés et durs, car les cœurs s’adoucissent au rappel d’Allah et à la bonne exhortation, et l’exposé de ce qu’il y a auprès d’Allah comme bien pour celui qui accepte la vérité, et ce qu’il y a comme danger, s’il rejette l’appel qui lui est venu avec vérité.

Quant aux gens qui ordonnent le bien et réprouvent le mal, ils doivent adopter le comportement recommandé par la Loi d’Allah, vouer sincèrement leurs actes à Allah, et se comporter comme se comportent les prédicateurs, avec douceur et absence de dureté, excepté lorsque c’est nécessaire avec les oppresseurs, les orgueilleux et ceux qui s’obstinent. Dans ce cas, avec eux, il est autorisé d’utiliser la force et le châtiment exemplaire, selon la Parole d’Allah : « Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. » [Al-‘Ankabût : 46] et la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « Celui qui voit un acte blâmable qu’il le change par la main ; s’il ne peut pas, alors par la parole ; s’il ne peut pas, qu’il le réprouve dans son cœur, et cela est le degré le plus faible de la foi. » (Muslim : 49)


Pour les autres personnes, il agit en réprouvant le mal et en appelant au bien comme le fait le prédicateur : il appelle avec douceur et sagesse, il donne des preuves afin que celui qui fait le mal s’accroche à la vérité, et cesse de suivre son chemin égaré, et ce en fonction de ses capacités, comme Allah dit : « Craignez Allah autant que vous pouvez. » [At-Taghâbûn : 16] et comme le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit dans le hadith cité précédemment : « Celui qui voit un acte blâmable… » Il existe des versets généraux qui montrent cela, comme la Parole d’Allah : « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable. » [At-Tawbah : 71] et Sa Parole : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. » [Âl-‘Imrân : 110]

Allah a menacé ceux qui ont délaissé cela, et Il les a maudits par la bouche de Dâwûd et ‘Isâ lorsqu’Il dit : « Ceux des enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de Dâwud et ‘Isâ fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. » [Al-Mâ’idah : 78-79]

Cette mission est importante et la responsabilité est grande ; il est donc obligatoire aux gens de foi et ceux qui ont la capacité, parmi les gouvernants, les savants et les individus musulmans qui ont la capacité et la science, de réprouver le mal et d’ordonner le bien. Cela n’est pas réservé à un groupe précis, même si cette obligation pèse plus sur ce groupe et c’est à lui qu’incombe cette lourde charge. Mais, cela ne signifie pas que les autres sont dispensés de cette responsabilité. Il est obligatoire de les aider et d’être avec eux pour réprouver le mal et ordonner le bien, de façon à ce que le bien se répande et que le mal diminue, surtout si ce groupe ne s’occupe pas de ce qui est demandé et que le but n’est pas atteint, car le domaine est vaste, et le mal est important et aider ceux qui s’en chargent est obligatoire quoi qu’il en soit.

Si ce groupe s’occupe de cela et atteint le but recherché, alors l’obligation ne pèse plus sur le reste de la communauté, dans cet endroit précis et ce pays précis, car ordonner le bien et réprouver le mal est une obligation pour une partie de la communauté (Fardh Kifâyi). Si le résultat est atteint avec ce groupe et ceux qui les aident, cela devient une Sunna (un acte méritoire) pour le reste de la communauté. Alors que si le mal ne peut cesser que par ton intervention, car tu es la seule personne présente dans le village, la tribu ou le quartier et qu’il n’y a personne qui ordonne le bien dans ces endroits, alors c’est une obligation individuelle pour toi de réprouver le mal et d’ordonner le bien car tu es celui qui le connaît, et qui peut le réprouver. Dans ce cas, il t’est obligatoire de le faire. S’il y a avec toi une autre personne, cela devient une obligation collective : celui de vous deux qui l’effectue dispense l’autre de ce devoir, lorsque le but est atteint. Par contre, si vous le délaissez tous les deux, vous êtes tous les deux coupables. 

A) Les priorités à établir pour en parler :

Un point qu'il est important de noter est qu'il s'agit de privilégier, parmi les enseignements de l'islam, les éléments les plus importants pour en parler. Et il est pour cela nécessaire de tenir compte de la réalité dans laquelle on se trouve et de se préserver de raisonner avec devant soi l'idée d'une réalité d'autres temps et/ou d'autres lieux. Parce que nul ne peut nier que certains jeunes sont loin, très loin des réalités spirituelles. Alors si on parle seulement ou principalement du rituel, sans jamais ou presque jamais tenir de paroles qui sont à même de toucher le coeur (jamais on ne parle de Dieu selon Son Attribut correspondant à Son Nom "al-Wadûd", "Celui qui Aime") ; si on focalise son rappel et son action sur des choses qui ne sont que recommandées alors même que des choses obligatoires sont délaissées de façon générale ; si on insiste sur le fait de se préserver d'actes qui ne sont que légèrement déconseillés en ne réalisant pas que le public à qui on s'adresse est plongé dans ce qui constitue des kabâ'ïr… on se trompe de priorités. Et ce n'est pas là la façon de faire du Prophète (sur lui la paix).

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B) Le moment pour en parler :

Pour ce qui est du rappel concernant un point qui est erroné, on peut parfois être amené à parler immédiatement, parfois choisir d'intervenir plus tard.

Par contre, pour ce qui est du rappel général, il s'agit de ne pas être lassant. Abdullâh ibn Abbâs avait ainsi fait cette sage recommandation à son élève 'Ik'rima : "Fais aux gens le rappel chaque vendredi, ou deux fois par semaine, ou trois fois par semaine, et ne les amène pas à être lassés de ce Coran. Et que je ne te voie jamais te rendre auprès de gens occupés à parler, te mettre alors à leur faire le rappel après avoir interrompu leur conversation ; tu les fatiguerais [de l'islam et de ses enseignements]. Dans pareil cas, reste silencieux. S'ils te le demandent, fais-leur le rappel, qu'ils auront alors l'envie d'écouter…" (al-Bukhârî, 5978).

Ibn Abbâs ne faisait qu'exprimer là ce qu'il avait appris du Prophète (sur lui la paix). En effet, Abdullâh ibn Mas'ûd raconte : "Le Prophète choisissait des jours pour nous faire le rappel ("al-maw'iza"), de crainte que nous éprouvions ensuite de la lassitude" (rapporté par al-Bukhârî, 68, et Muslim, 2821).

Le Prophète savait parler des choses de la spiritualité et de l'au-delà sans oublier les choses de la vie quotidienne. Et il savait être un ami, un compagnon des discussions des gens qui l'entouraient. Alors qu'on demanda un jour à Jâbir ibn Samura : "T'asseyais-tu en compagnie du Messager de Dieu ?", il répondit : "Oui, souvent. Il se levait rarement du lieu où il avait accompli la prière de l'aube avant que le soleil se lève. Il s'en levait après que le soleil se fut levé. Les (Compagnons) se parlaient et évoquaient la période de l'Ignorance ; ils riaient alors et le Prophète souriait"(Muslim 670, 2322). Zayd ibn Thâbit relate : "Quand nous parlions des affaires de ce monde, il parlait de cela avec nous. Quand nous parlions des choses de l'au-delà, il parlait de cela avec nous. Et quand nous parlions de nourriture, il parlait de cela avec nous" (at-Tirmidhî dans Ash-Shamâ'ïl, 328 , la chaîne de cette parole n'est cependant pas correcte, à cause de la présence de Sulaymân ibn Khârija).

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C) La façon d'en parler :

La façon de dire quelque chose compte également, à côté de ce que l'on dit.

Primo il s'agit de parler aux gens de ce qu'ils sont à même de comprendre. Ainsi, en Inde on aime les histoires qui sortent de l'ordinaire ; en Europe, on est plus cartésien. Récemment Cheikh Abdullah Patel, ancien directeur de la Darul Ulûm Falâh-é Dârayn du Gujerat, de passage dans notre île, me disait que, à certains jeunes ulémas de l'Inde qui sont ses anciens élèves et qui sont invités à faire des discours en Angleterre ou dans d'autres pays occidentaux, il a recommandé d'éviter de bâtir des discours sur les histoires dont on est si friand en Inde, arguant que les deux publics n'ont pas la même mentalité. Je lui dis alors : "Ici aussi certains frères ne comprennent pas ce point ; voyez : un jour quelqu'un racontait comme histoire qu'un jour en Inde une tombe s'étant ouverte à cause d'une crue de la rivère voisine, on y vit un scorpion anormal, on chercha à le tuer mais aucun coup ne lui faisait rien, jusqu'à ce qu'un grand savant présent récite telle sourate du Coran, et le scorpion diminua de volume jusqu'à disparaître". Je n'avais pas plutôt fini de lui relater l'histoire qu'il me dit en substance : "Comment s'attendre à ce que les jeunes d'ici croient en cela ?" Puis il me raconta que quelqu'un de sa connaissance, établi dans un pays occidental et biologiste de formation, parlait aux musulmans des merveilles de la création en reliant à chaque fois cela à la Puissance du Créateur, et que cela enchantait son public (fin de citation).

Tout cela rejoint le contenu d'une parole de Alî, qui disait : "Relatez aux gens ce qu'ils sont à mêmes de comprendre. Aimeriez-vous que l'on dise de Dieu et de Son Messager qu'ils sont des menteurs ?" (al-Bukhârî 127 ; "wa-l-murâd bi "mâ ya'rifûn" : ay yaf'hamûn" : Fath' ul-bârî1/297). Ce n'est pas à dire qu'il y a des choses qu'il faille dissimuler ; c'est à dire qu'il faut choisir ses sujets en fonction de la mentalité de son auditoire.

Secundo il s'agit de faire appel non pas seulement à la raison de son interlocuteur et / ou de son auditoire, mais aussi à leurs sentiments. Car le Prophète savait, lui, émouvoir son auditoire : un Compagnon rapporte de lui et des autres que c'était comme s'ils voyaient le paradis et la géhenne (Muslim 2750), un autre rapporte que lui et les autres rapportent avaient "eu le cœur touché et les yeux ruisselant" de larmes (at-Tirmidhî 2676, Abû Dâoûd 4607).

Faut-il parler avec douceur ou dureté ? Il est vrai que parfois le Prophète a fait des sermons sur un ton de colère (voir par exemple al-Bukhârî 672 ; voir aussi Muslim 867) ; il est vrai aussi que, s'adressant directement à des personnes, il lui est aussi arrivé de leur parler avec colère (voir al-Bukhârî 5761) : al-Bukhârî a même titré : "Al-ghadhab fi-l-maw'iza wa-t-ta'lîm idhâ ra'â mâ yak'rah" ("Le fait de se mettre en colère dans le conseil ou dans l'enseignement, quand on voit ce qui ne va pas") (Al-Jâmi' us-sahîhkitâb ul-'ilmtarjama n° 28). Mais peut-on nier quegénéralement, aux personnes à qui il s'adressait directement, le Prophète expliquait avec douceur (voir par exemple Muslim 537) ? Dieu ne lui a-t-il pas dit dans le Coran : "C'est par une miséricorde de la part de Dieu que tu as été si doux envers eux. Et si tu avais été rude, au coeur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage" (Coran 3/159). En fait il faut prendre en compte la réalité dans laquelle on se trouve : en certains lieux / certaines occasions, "pousser un coup de gueule" (mais qui constitue vraiment "un cri du coeur") n'est pas le malvenu, bien au contraire ; mais en règle générale ce n'est pas ainsi qu'il s'agit de procéder : "La douceur ne se trouve en quelque chose qu'elle l'embellit" (Muslim 2594). Lire notre article au sujet du nah'y 'an il-munkar.

Tertio : le Prophète parlait de façon très claire : Aïcha raconte que, dans le propos du Prophète, chaque mot était prononcé de façon claire (al-Bukhârî 3375, Muslim 2493) et qu'il"n'enchaînait pas propos sur propos mais tenait un propos au milieu duquel se trouvaient des pauses ("baynahû fasl"), en sorte que chaque personne assise auprès de lui mémorisait (facilement)" (at-Tirmidhî 3639).

 

http://www.salafs.com/modules/news/article.php?storyid=10153

http://www.maison-islam.com/articles/?p=434

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