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 Blasphémer relève-t-il de la liberté d'expression?

2/7/2012

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Au sens habituel, le blasphème se définit comme une offense verbale (orale ou écrite) contre une religion en générale ou l’un de ses dogmes en particulier. Ce caractère verbal distingue le blasphème du sacrilège, qui consiste en un acte offensant une religion. Pratiquement, cette distinction importe peu, car blasphème et sacrilège provoquent souvent les mêmes réactions, allant jusqu’à la mise à mort.

Du point de vue religieux, se pose la question de savoir ce qui constitue le caractère offensant du blasphème ; autrement dit : où finit la “simple” critique, celle qu’on peut et même qu’on doit accepter, et où commence l’offense (le blasphème) et donc l’inacceptable ? Le simple fait de dire « Dieu n’existe pas » constitue-t-il par exemple un blasphème ? Dans les faits, le blasphème n’est la plupart du temps considéré comme tel que s’il comporte une dimension jugée “violente”, méprisante ou simplement humoristique (indépendamment du bon ou du mauvais goût de cet humour). Il semble donc que ce soit moins le contenu d’une idée que la manière dont elle est exposée qui constitue le blasphème.

Quand le blasphème devient tendance

Le blasphème est devenu le sport à la mode et il n'est plus une activité dite intellectuelle qui n'estime devoir, précisément pour se faire respecter, mettre à bas le respectable traditionnel, moquer les sentiments religieux, offenser les croyances et se parer des plumes d'une modernité dupe de rien et surtout pas de ce qui risquerait de transcender.

En dehors du poncif que dans les sociétés « pluriculturelles et civilo-laïques comme la nôtre », le sacré des uns n'est plus celui des autres, on aura tendance à contester le caractère paradoxal de cette évolution. Au contraire, rien ne semble plus naturel que l'interaction entre un monde qui non seulement s'abandonne au profane mais le théorise comme une sorte de salut et la défense du sacré, quelle que soit sa forme. Cette volonté de tenter de maintenir haut, au milieu d'un délitement général, des valeurs auxquelles on attache du prix parce qu'elles sortent la tête de la matière et à tort ou à raison donnent des frissons d'éternité, explique pourquoi, aujourd'hui, ce mouvement à la fois s'accroît mais, à cause de son efficacité toute relative, n'entrave aucunement le processus de sécularisation dont les effets sur tous les plans se font sentir.

Rien, en tout cas, ne paraît plus indigent que cette mécanique du blasphème persuadant à bon compte les esprits forts qu'ils sont forts alors qu'ils ne sont que faibles, trop contents de pouvoir remplacer le dialogue des intelligences par la dérison, le sarcasme qui, exclusifs, représentent les qualités d'un monde qui ne sait plus ce qu'est penser, analyser, respecter, s'émouvoir, lever le visage, questionner, rêver, imaginer, parier.

Religions monothéistes et blasphème

Du point de vue laïque, il ne peut exister de « blasphème ». La notion est strictement religieuse. Pour les religions monothéistes en revanche la condamnation du blasphème est un thème central depuis un des premiers livres recueillis dans la Bible, le Lévitique : « Si un homme insulte son Dieu, il doit porter le poids de son péché ; ainsi celui qui blasphème le Nom du Seigneur sera mis à mort ». Même son de cloche chez les juifs, les chrétiens et les musulmans. La sentence sera régulièrement exécutée au fil des siècles. La plupart des croyants modernes se sont écartés de ces conceptions. Mais de récentes affaires ont remis au goût du jour les débats sur ce thème. Pour les laïques, une seule certitude : la liberté de penser est absolue ou elle n’est pas.

Pourtant, les religions monothéistes ont réussi à imposer la condamnation du blasphème comme une norme. On trouve la condamnation à mort du blasphème dans les textes fondamentaux du Judaïsme, Christianisme et Islam.
Dés un des premiers livres recueillis dans la Bible, le Lévitique (24.1016), on peut lire : "celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort, toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de dieu"

Selon l'apôtre Jean, les Juifs voulaient lapider Jésus, parce que, étant homme, il disait être dieu, ce qu'ils estimaient être un blasphème (Jean 10 : 33). Puis les serviteurs de dieu sont aussi accusés de blasphème par Saint Marc : "Vous venez d'entendre le blasphème : que vous paraît-il? " Tous le condamnèrent (comme) méritant la mort" (Mc 14,64).
Dans le Coran, l'insulte à Allah ou la compagnie de blasphémateurs est passible de mort également : « Ceux qui injurient (offensent) Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l’au-delà et leur prépare un châtiment avilissant » [Sourate Al Ahzab 33:57]


Les religions sont donc unanimes pour condamner le blasphème, même si elles en donnent des définitions et des modalités de répression fluctuantes. Cela atteste de la subjectivité absolue du blasphème et de l’impossibilité de le réprimer notamment dans une société où se pratiquent plusieurs religions

Certains représentants de l'Islam ont également relancé l’appel à condamnation du blasphème. Le 14 février 1989, l’ayatollah Khomeiny, prononçait en tant que jurisconsulte un décret qui condamnait à mort Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques (publié le 26 septembre 1988), ainsi que ses éditeurs. Et il enjoignait les « musulmans zélés » « de les exécuter où qu’ils se trouvent », pour en faire un combat exemplaire contre le blasphème, pour que « personne n’ose insulter la sainteté islamique ».



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