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 Les produits "Halal": polémique

17/4/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

Le business des produits halal

Dans l'islam, le mot halal (arabe : حلال [ḥalāl], « permis », est antonyme de haram. Halal définit ce qui est permis pour le musulman et haram ce qui est un péché et ce qui est sacré, et qui lui est donc interdit.

Les interdits alimentaires de l'islam

Le Coran et la sunna spécifient les aliments haram ainsi que les conditions sous lesquelles certains aliments deviennent halal . Les principaux interdits sont posés par le Verset 145 ou 146 de la Sourate 6 (Les Bestiaux) :

Coran, traduction de Kasimirski, Sourate 6

146. Dis-leur : Je ne trouve, dans ce qui m'a été révélé, d'autre défense, relativement à la nourriture, que les animaux morts, le sang qui a coulé et la chair de porc ; car c'est une abomination, une nourriture profane sur laquelle fut invoqué un autre nom que celui de Dieu. Si quelqu'un y est contraint, que ce soit par le besoin et non pas par l'appétit sensuel ou comme transgresseur ; certes. Dieu est indulgent et miséricordieux.

Voici donc les quatre premiers interdits alimentaires dans le Coran :

1-La bête morte 2-Le sang 3-La viande de porc 4-L'animal abattu au nom d'un autre que Dieu.

Dans le Coran, on trouve d'autres précisions :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd'hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »

 Le Coran, « La Table », V, 3 ; (ar) المائدة.

Objectif:pénétrer les marchés de consommateurs musulman

Rappelons que le marché halal est d’abord, et avant tout, une invention des pays occidentaux pour pénétrer les marchés de consommateurs dans les pays musulmans. Au départ, il s’agissait simplement de fournir des certificats d’exportation assurant aux pays islamiques que la viande avait bien été abattue par un musulman - l’animal étant égorgé et tourné vers la Mecque. En effet,dans les années 70 et 80, il s’agissait surtout d’un moyen d’exporter vers ces pays musulmans, lesquels ne connaissaient pas de « marché » halal. Dans ces pays là, on abat les animaux de façon traditionnelle, mais personne ne demande si elle est halal ou non.
Depuis, le marché halal a pris des dimensions considérables : il touche non seulement la viande mais aussi tous les produits carnés, les produits alimentaires sans alcool, les médicaments et les cosmétiques. Ce business est né grâce aux technologies modernes qui ont permis d’accélérer les échanges, de raccourcir les distances donc de faire voyager les denrées périssables en un temps record, et de les conserver. Le halal n’existerait pas sans ces technologies. Il n’existerait pas non plus sans l’OMC, les zones de libre-échange, l’idéologie libérale qui privilégient aujourd’hui les logiques économiques sur les logiques culturelles.
D’après les dernières études, en France, le marché halal est estimé à 5,5 milliards d’euros soit deux fois celui du bio, ce qui paraît considérable. Mais on a peu d’estimations, celles qui circulent ont été publiées dans un rapport payant du cabinet privé Solis, un rapport sérieux mais dont on ne peut garantir la méthodologie. Sous prétexte qu’il s’agit d’aliments religieux, de surcroît, islamiques, que l’on toucherait à un sujet « sensible », on ne fait pas d’étude de marché dans les institutions publiques, à l’université ou dans les écoles de commerce. Pourtant les produits halal commercialisés sont-ils religieux lorsque leurs process de production échappent totalement aux institutions religieuses, que les bénéfices vont essentiellement aux entreprises agroalimentaires ? Il faut lever ce tabou et poser la question.
Pour le consommateur, ce qui pose problème, aujourd’hui, c’est qu’avec son extension, il devient de plus en plus difficile d’identifier dans les produits halal ceux qui sont véritablement certifiés. En fait, on a vu arriver, parmi les consommateurs, des musulmans français éduqués qui défendent des valeurs éthiques et morales et qui, d’une certaine façon, sont plus efficaces que les autorités religieuses à les faire respecter. Ce sont donc ces musulmans éduqués qui sont socialisés en Europe, dans des sociétés sécularisées, et non pas les primo migrants des années 80-90, qui posent des questions sur les méthodes d’abattage et qui demandent des preuves de conformité et plus de transparence sur l’étiquetage des produits. C’est ce manque de visibilité qui fait qu’on parle

aujourd’hui du halal comme d’un problème, d’un marché opaque.

Le halal a la cote

Depuis trois ans, le marché halal a progressé de 10 à 15 % par an, pour atteindre en 2010 5,5 milliards d'euros, selon les dernières données du cabinet spécialisé dans les sondages ethniques, Solis. "Les abatteurs font donc le choix du rite halal afin d'avoir une souplesse supplémentaire, et de pouvoir vendre indifféremment leur viande à des clients halal ou non", explique Jean-Baptiste Gallo. De la viande halal peut ainsi être trouvée dans les rayons des supermarchés sans la mention de son origine. Rien dans la loi n'oblige les professionnels mettant sur le marché des viandes obtenues à partir d'animaux abattus sans étourdissement à préciser qu'elles on été abattues selon le rite halal ou casher. Il en va ainsi des parties des animaux qui ne peuvent pas être mangées dans la religion musulmane ou juive, ou encore quand l'offre de certains morceaux halal ou casher est supérieure à la demande.

L'abattage rituel halal

Selon la grande majorité des musulmans, la bête doit être consciente au moment de l'abattage (il semble que certains mouvements acceptent l'étourdissement, sujet polémique en ce moment surtout en France et en Europe). La bête doit être placée en direction de La Mecque. Au moment de l'égorger, le sacrificateur, qui doit être musulman, doit prononcer "bismillah", ce qui signifie "Au nom de Dieu". On laisse ensuite le corps se vider de son sang jusqu'à la mort de l'animal.

En Suisse, Suède, Norvège et Islande, tout abattage rituel, quelque soit son origine est interdit.

En France, seul l'abattage rituel musulman est autorisé. Il est effectué dans certains abattoirs. L'animal n'est pas étourdit, il reste totalement conscient au moment de l'abattage, il doit être mécaniquement immobilisé. En France, l'abattage rituel musulman doit être pratiqué par un sacricateur habilité par un des organismes eux-même agréés par le Ministère de l'Agriculture.

L'Allemagne a fait une dérogation afin d'autoriser l'abattage rituel juif uniquement.

L'Autriche varie suivant ses provinces, certaines exigent l'étourdissement.

Polémique - débat autour de l’électronarcose ou électroanesthésie

L'étourdissement de l'animal (électronarcose ou électroanesthésie) est refusé par la très grande majorité des musulmans. Elle est pourtant demandée par les associations de défense des animaux. Certains pays l'exigent, d'autres acceptent de faire des dérogations.

RISQUE BACTÉRIOLOGIQUE?!

Ce qui inquiète les professionnels de l'abattage, et qui a été révélé par le reportage d'Envoyé spécial "La viande dans tous ses états", ce sont les règles d'hygiène que ne respecterait par le rite halal. En effet, pour Jean-Baptiste Gallo, le halal présente "un risque bactériologique" car l'abattage rituel consiste à trancher tout le cou de la bête, œsophage compris, rendant alors possible la contamination de la viande par les matières présentes dans le système digestif de l'animal, et pouvant contenir la bactérie Escherichia coli. Lors de l'abattage traditionnel, ce risque est évité car l'œsophage est ligaturé.

Les associations de défense des animaux mettent également en cause l'absence d'étourdissement des bêtes. En effet, le rapport de la Maison de l'élevage insiste sur le fait qu'en Allemagne, où on peut trouver 2 500 abattoirs de ruminants, le rite halal respecte la règle de l'étourdissement. La méthode utilisée est alors celle du choc électrique : selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'étourdissement électrique de la tête, où le courant ne touche pas le cœur et ne provoque donc pas d'arrêt cardiaque, est conforme au rite halal, tout en respectant la loi.

Cela peut sembler paradoxal à certains mais partout où nous les avons interrogés, en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Allemagne, la très grande majorité des consommateurs musulmans de produits halal pensent que l’animal est mieux traité lorsqu’il est égorgé par une méthode halal. Pour eux, la méthode halal est assimilée à une pratique artisanale qui s’oppose à la méthode industrielle.

Les produits halal: problématiques

Il existe deux approches du halal : celle du consommateur et celle du producteur. Le consommateur dépend entièrement des produits qui se trouvent sur le marché ; son pouvoir d’agir sur la nature des produits qui lui sont offerts est donc très limité et résulte d’un travail de lobbying très complexe. S’il doit éviter tous les produits qui font l’objet de doutes quant à leur licéité, le poids de la contrainte serait tel que les difficultés deviendraient insurmontables, surtout lorsqu’il s’agit d’un responsable de famille qui doit subvenir aux besoins variés de ceux dont il a la charge, et qui consomme des produits qui utilisent ce genre d’ingrédients de base. Pour tous ces consommateurs musulmans, l’appel à la dérogation fondée sur des avis juridiques authentiques est une nécessité qui leur permet de se conformer à leur religion sans difficulté ni gêne. L’avis du Conseil Européen de la Fatwa fondé sur des recherches sur la gélatine animale est un exemple de dérogation. C’est là l’esprit de la religion, et recourir à la dérogation en cas de difficulté est un fondement de notre jurisprudence (fiqh). Cependant, il convient de rappeler qu’une fatwa ne change pas la règle ni le statut de l’élément en question, mais offre seulement un allégement et une facilité d’application.

La logique des producteurs du Halal (dont les organismes de certification Halal font partie) et des professionnels de l’agroalimentaire est totalement différente. La fatwa ne les concerne pas et c’est une grave erreur que d’y recourir. Un organisme de certification est tenu de fournir le maximum d’efforts pour exiger des professionnels de l’agroalimentaire de n’utiliser que des ingrédients totalement Halal. Les exigences de rentabilité ne permettent en aucun cas de se prévaloir d’une fatwa destinée aux consommateurs afin de certifier halal des produits contenant des ingrédients à base de gélatine animale qui peuvent être remplacés par d’autres ingrédients tout à fait licites.

Notre objectif est d’éviter de recourir à la fatwa en exigeant du producteur de fabriquer des produits qui satisferont tous les musulmans, y compris ceux qui ne sont pas convaincus par cette fatwa, ou qui, tout simplement, ne souhaitent pas qu’un dérivé de porc, même transformé et juridiquement Halal, fasse partie de leur alimentation et, par la suite de leurs tissus, organes et cellules.

En conclusion, un consommateur musulman a le droit de se baser sur une fatwa pour consommer de la gélatine animale, mais un organisme de certification ne doit certifier que les produits Halal par nature et non pas les produits rendus tel par le truchement d’une fatwa.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Halal

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2878

http://www.portail-religion.com/islam/halal-et-haram.php

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