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 Le baiser: histoire et mécanisme biologique

29/3/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك


Chez l'Homme, les lèvres qui entourent la bouche et couvrent les dents ont deux rôles principaux.

Les lèvres aident à la
prononciation des mots et permettent donc à l'Homme de bien parler et de se faire comprendre : essayez de prononcer une phrase en repliant les lèvres ! Elles permettent notamment de prononcer correctement les consonnes dites « labiales » comme p, b, m, f, v. Sans les lèvres, il est très difficile d'articuler correctement et de communiquer avec les autres.

D'autre part, les lèvres jouent un rôle important dans l'expression du visage : on appelle cela
l'expression faciale. C'est un aspect important de la communication et du comportement. Le sourire en est la première preuve ! Grâce à ses lèvres, l'Homme est capable d'exprimer de nombreuses émotions : la joie, la tristesse, la déception, l'incompréhension, le dégoût, l'interrogation...

Les lèvres servent aussi à embrasser .Aujourd’hui, le baiser est l’expression de l’intimité, de l’affection et de l’Amour, de la sensualité amoureuse 

L’histoire du baiser

L’histoire du baiser et des baisers est ainsi l’histoire du retrait progressif du baiser du rite social, du rite de la vie publique, de son dépérissement des conventions qui organisent et donnent sens aux gestes et aux échanges nécessaires de la vie sociale et publique, pour codifier l’échange amoureux et sensuel.

Le baiser des Sociétés Antiques.

Une précision préalablement : aucun baiser n’apparaît sur les murs des cavernes, dans les manifestations connues à ce jour de l’Art rupestre, ni dans l’Art funéraire de l’Homme Néandertalien, ni des début de l’Homo Erectus,... Même si le réalisateur du film "la Guerre du Feu ", le suggère très fortement. Les lèvres, la bouche, sont-elles des zones érogènes absolues ?

Il n’apparaît pas non plus dans les manifestations connues à ce jour des arts et autres symboles des sociétés antérieures à celles de l’Antiquité, celles qui sont considérées aujourd’hui comme fondatrices de nos cultures et de notre civilisation. Les Arts sumériens, mésopotamiennes comme pharaoniques de la société égyptienne dont nous sommes actuellement si friands ne représentent rien du baiser sur les lèvres ou de ce qu’il pourrait y ressembler. N’était-il pas pratiqué ? C’est une autre histoire même si les représentations de la fécondité sont nombreuses et souvent sublimes.

En revanche, la société juive à l'aube de son histoire a peut-être inventé le baiser comme nous le connaissons. En effet, la Bible, est le premier ouvrage qui évoque le baiser. Une recherche lexicographique détermine un peu plus de 40 occurrences dans l’Ancien Testament. Ainsi, le premier baiser serait-il entre juifs ?

Une observation et une lecture attentives de la Bible permettent de découvrir toutes les formes de baiser sur la bouche connues et pratiquées dans l’Histoire.

Tout d’abord et avant toute chose, le baiser de Dieu, le baiser sans lequel il n’est rien de possible.

Quand Dieu créa l’Homme, il donne vie à un être de glaise par un baiser : il lui insuffle ainsi par la bouche vie, âme et amour de son Créateur. Dieu créa la femme de la côte d’Adam ! Est-ce là la véritable et fondamentale différence ?

Quand Laban accueille son neveu Jacob, on lit : " Il le prit dans ses bras et, l’ayant baisé plusieurs fois, le mena en sa maison ". Le baiser de salutation entre hommes d’une même famille, d’une même tribu.

" Moïse, étant allé au-devant de son beau-père, se prosterna et le baisa ; ils se saluèrent avec des paroles de paix.

Et Jethro entra dans la tente de Moïse. "

Le baiser de salutation s’accompagne de geste de révérence. Il situe l’un par rapport à l’autre. Il résume la convenance et la distance sociales.

Le baiser du pardon, de la réconciliation et de la paix retrouvée : David baisa Absolom et le pardonne ainsi du meurtre d’Amnon.

Le baiser de politesse est remplacé par une pratique anglaise : le shake-hand. En public, au pire des cas, on échangera des accolades.

Le Cantique des cantiques est peut-être la plus belle preuve de l’invention du baiser amoureux. Et il est des temps bibliques. Il est aussi le seul texte où il n’est pas question de Dieu. Seul l’amour de la Sulamite pour le roi et son Roi le justifie. Et de l’Amour, il n’est question que du baiser sur les lèvres, de toutes ses saveurs dans les métaphores de la société hébraïque aux temps de la création de la tradition juive.

Le manquement, le baiser oublié, est un acte grave : Jésus, le maître des apôtres, reproche à Simon-Pierre de ne pas l’avoir baisé comme il aurait fallu dans sa posture de maître !

Juda convient avec ses complices romains qui ont pour mission d’arrêter le Christ qu’ils le reconnaîtront par le baiser dont il l’honorera.

Le baiser sur la bouche est ainsi très important dans la société juive des temps bibliques à l'époque de Jésus.

Les Perses ont été de grands fervents du baiser entre hommes, du baiser social entre pairs. Il était l’expression de l’égalité sociale dans une société très hiérarchisée et dont les codes étaient alors foisonnants, précisément afin de marquer la place de chacun et sa reconnaissance par tous les autres.

Cette place du baiser sur la bouche qui marque l’égalité sociale, aux côtés d’autres : baiser des pieds, du bas du vêtement, de la main, du poignet, du front, etc.,... organisera très fortement les échanges sociaux jusqu ’au Moyen Age de nos sociétés occidentales, voire dans certaine institutions comme l’Eglise, jusqu’à l’époque moderne. Aujourd’hui ils sont une forte référence.

Les Grecs de l’Antiquité grecque si souvent enseignée et dont la société est érigée en modèle ne semblent pas avoir inventé très spontanément le baiser de salutation masculine et sociale. Il apparaît être un emprunt perse après les conquêtes d’Alexandre le Grand. Introduit, il se généralisa au point de devenir une sorte de caricature de salutations. Les Romains s’y adonnèrent avec la même allégresse, au point que son excès est considéré, au 1er siècle après J.-C. comme une gêne majeure de la vie sociale. Les "baiseurs " sont des gêneurs. Nombre d’auteurs latins de cette époque impériale s’en plaignent et appellent à un assainissement des mœurs.

Le baiser moyenâgeux

¨Le Moyen Âge est une époque bénie pour les rituels et la ritualisation des gestes de la vie sociale. L’absence d’un droit dominant et "universel ", la place laissée encore aux violences sociales, la primauté de la religion encore disputée, notamment dans son rapport aux pouvoirs de toute sorte, l’église elle-même se définissant comme une entité féodale comme les autres, en concurrence vis à vis des autres, la valeur de l’individu encore engoncée dans le système de valeurs qui le fait sujet de Dieu comme de toute autorité séculière,... appellent le rituel qui s’impose comme pacification et reconnaissance de la vie sociale, tentative de pérenniser les équilibres difficilement acquis, etc... Plus tard, cet ensemble de codification des rites de la vie et de l’échange social s’appellera l’étiquette.

Le baiser de la Renaissance.

Le baiser connaîtra alors une série de traitements qui prépare sa version moderne.

Le baiser est de plus en plus marqué par les usages que l’on en fait dans la famille, au sens très élargi du terme. Entre parents, parents et enfants, même adultes. Tant entre hommes, entre femmes, qu’entre homme et femme.

Le baiser est de plus en plus une marque d’affection. Cette dernière irrigue la vie sociale bien au-delà de la famille et l’amitié.

Le baiser est pratiqué très systématiquement entre les membres de l’Eglise et plus particulièrement, en cette époque de développement de mouvements monastiques, entre moines et nonnes.

Le "baiser de paix ", qui ponctue des échanges du type que "paix soit avec vous " ou encore "que Dieu vous bénisse ", est pratique systématique dans les églises, on baise du baiser de paix à l’accueil, on baise du baiser de paix lors des adieux : "Allez-en paix !"; il délimite le lieu et le temps du culte des lieux de l’ici-bas et les autres temps de la vie sociale.

En revanche, il s’échange de moins en moins entre clercs et laïcs, surtout si le laïc est de l’autre sexe, surtout si le clerc reçoit l’hommage d’une femme, fût-elle d’un rang séculier qu’elle veut supérieur, Reine d’Angleterre, par exemple. L’église n’oublie pas la femme, même si elle est de rang royal et que le clerc lui doit hommage et allégeance.

Avec la Renaissance, le baiser quitte peu à peu la scène sociale et publique.

Le premier baiser à subir la nouvelle loi est le baiser des gens d’église. Le baiser de paix n’est plus directement échangé. Il est pratiqué à l’aide d’un instrument : une bague pour les évêques, une tablette niellée, auscultatoire, ou encore la croix, un reliquaire, la nappe de l’autel, etc.,..

Le baiser d’hommage, entre hommes, est lui aussi en voie de disparition avec ce type de lien qui n’est plus nécessaire : tout le monde se soumet à l’Etat, à son incarnation, aux pouvoirs, les éléments qui vont permettre la naissance de la démocratie (nous sommes tous sujets d’une même autorité) rend obsolète le baiser d’hommage et de fidélité, "en nom de foi ".)

Le baiser perd ainsi, avec son sens sacré et sa ritualisation d’un autre âge, tout rôle authentiquement social.

L’aire du baiser se rétrécit. Le baiser familial, bourgeois, devient par la force des choses dominant dès la Renaissance. Et encore, bien des baisers familiaux (entre cousins par exemple) seront regardés parfois avec circonspection.

Le baiser devient le geste des Amants.

Pourquoi sur la bouche?

Mais pourquoi les bouchent s’attirent-elles? D’où vient cette tradition quasi universelle? Est-ce un réflexe ou un conditionnement social?

Au début des années 2000, le Dr Helen Fisher, anthropologue à l’Université Rutgers (New Jersey) s’est en particulier intéressée à l’aspect neuropsychologique et «chimique» du baiser sur la bouche. Elle explique que de nombreuses zones du cerveau s’activent lorsque la bouche et la langue sont stimulées. En revanche, le cerveau réagit peu aux signaux envoyés dans le dos, par exemple. Les scientifiques ont enregistré des cas de personnes ayant été poignardées dans le dos sans même s’en rendre compte.

Une théorie veut que le baiser, désigné par le terme «osculation» chez les scientifiques, découle de la pratique des premières femmes, qui mâchaient les aliments pour leurs enfants, avant de les leur distribuer de bouche à bouche.

Helen Fisher n’y adhère pas, estimant que l’objectif premier du baiser sur la bouche est de choisir le bon partenaire.

Ce qui, selon l’anthropologue, est d’ailleurs vrai pour certains animaux qui pratiquent une certaine forme de bouche-à-bouche: les oiseaux qui se picotent le bec, les éléphants qui enlacent leurs trompes et l’introduisent parfois dans la bouche de leur partenaire.

En 2008, Susan M. Hughes, chercheuse en psychologie à l’Albright College de Pennsylvanie, entourée d’un groupe de scientifiques, a mené une étude sur le sujet. Son équipe a réalisé des entretiens détaillés auprès d’un millier d’étudiants pour tenter d’éclaircir les mystères du contact labial. Il convient de noter que cette étude s’appuie sur des éléments déclaratifs et non une méthode expérimentale.

Trois hypothèses

Les chercheurs ont formulé trois hypothèses:

  • 1) Embrasser son partenaire sur la bouche, sentir son haleine, sa salive, est un moyen de le tester, de collecter des informations (chimiques et biologiques) à son sujet;
  •  2) Le baiser sur la bouche permet d’établir un lien fort
  • 3) S’embrasser sur la bouche a pour fonction d’amener l’état d’excitation sexuelle précédant un rapport.

Un mécanisme biologique explique le rôle du baiser

  Pratiqué par 90 % des peuples de la planète, le baiser ne serait pas simplement un geste affectueux. Comme derrière beaucoup de comportements instinctifs humains, un mécanisme biologique permettant d’expliquer le rôle du baiser existerait bel et bien.

L’explication est à chercher dans la salive. Ce liquide biologique sécrété par les les glandes salivaires, et partagé par les amoureux au moment du baiser, est porteur de nombreux germes bactériens et viraux apportés par la nourriture, mais aussi par les aérosols retrouvés dans l’air ambiant. Si la contraction de maladies est donc possible lors du mélange de salive au cours du baiser, le système immunitaire peut également se renforcer en fabriquant des anticorps  spécifiquement ciblés contre les différents microbes auxquels l’organisme est exposé.

D’après les travaux de Colin Hendrie de l’Université de Leeds, publiés dans la revue Medical Hypotheses, le baiser aurait donc un rôle protecteur, en permettant aux amoureux de s’immuniser notamment contre un virus tétatogène, le cytomégalovirus (CMV), que les futures mères doivent particulièrement éviter.

La monogamie, une pression du CMV

Le bébé peut alors être exposé au virus dès lors que la mère contracte le cytomégalovirus au cours de la grossesse , car il est capable de traverser la barrière placentaire pour atteindre les cellules fœtales. Cela peut provoquer chez l’enfant la maladie des inclusions cytomégaliques, une infection congénitale caractérisée par une hépatite , un ictère , une augmentation de la taille du foie  et de la rate, une microcéphalie et un retard de croissance. Les séquelles peuvent être très lourdes pour l’enfant, qui peut être atteint de surdité et de retard mental, voire perdre la vie.

Les baisers tendres en début de relation amoureuse auraient donc pour but d’infecter les femmes par le CMV avant qu’elles ne tombent enceintes, afin qu’elles soient immunisées. La synthèse d’anticorps se poursuivrait jusqu’à obtenir une immunité  maximale après six mois de relation amoureuse, mais uniquement contre la souche de CMV portée par son conjoint. La monogamie est donc nécessaire pour protéger l’enfant, sans quoi un baiser d’un autre homme peut mener à une nouvelle infection par une nouvelle souche de CMV contre laquelle la femme n’est pas protégée.





Sources:http://lebaiser.free.fr/baisers-2.htm

http://vie2science.over-blog.com/article-pourquoi-s-embrasse-t-on-sur-la-bouche-79893280.html

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/biologie-3/d/le-baiser-des-amoureux-un-partage-utile-de-microbes_27729/

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