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 TEMOIGNAGES ET HOMMAGES AUX SAVANTS MUSULMANS (2)

24/3/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

Par Bennani Karim Tajeddine  

« Par âge d'or de la civilisation musulmane nous entendons l'existence d'une culture qui est à vocation universaliste. Et en effet, du VIIIe au XIIe siècle, on constate l'émergence d'un brillant humanisme. La splendeur de l'Islam est due principalement aux cités et à la vie urbaine. [...] Les grandes métropoles comme Damas, Bagdad, Ispahan, Le Caire, Alep, Kairouan, Fès, Cordoue sont des foyers rayonnants de culture. En effet, dans cette société urbaine cosmopolite, ou l'on voit des Arabes à côté de Byzantins, de Persans, de Turcs, de Syriaques, tout un monde de lettrés, de scribes, de juristes, de savants vit à l'ombre des grandes cours princières. Le mécénat des califes, émirs et gouverneurs est un des facteurs qui expliquent une civilisation aussi brillante. Il en résulte une valorisation des travaux de l'esprit et l'un des plus riches épanouissements culturels qu'ait connus l'histoire des civilisations. Un véritable enthousiasme intellectuel fait que l'on poursuit toutes les formes du savoir : l'histoire, la géographie, la philosophie, la médecine, les mathématiques. »[i] (Anne-Marie Delcambre)

                                     

 « Je suis un Européen du Sud, pour moitié andalou, autant dire à demi-musulman. Je sais trop ce que notre vieux continent doit à l'islam espagnol, et d'abord le retour à la raison grecque. [...] Non seulement les musulmans d'Espagne ouvrirent à la raison un espace où Averroès, Avicenne et Maïmonide s'aventurèrent hardiment, ils furent également médecins, géographes, astronomes, historiens, mathématiciens, alchimistes et physiciens, architectes miraculeux, musiciens raffinés, jardiniers délicats, horticulteurs et artisans subtils. Durant près de cinq siècles, les califes et les émirs ont tenu école de tolérance, défendant les juifs, accueillant les chrétiens, cohabitation sans exemple en ces temps de fanatisme. Cet héritage, je fais plus que l'accepter, j'en tire fierté. »[ii] (Michel Del Castillo)

 

 « Lorsque l'Espagne se trouva conquise par les Arabes, elle devint à son tour le principal foyer de la civilisation et des sciences. [...] A cette époque de barbarie, où aucune production de l'art ne s'élevait dans l'Europe féodale et où nos barons ne savaient que s'abriter derrière leurs donjons et leurs créneaux, déjà le génie de l'islamisme couvrait les Espagnes de nombreux monuments, dans lesquels la richesse le disputait à l'élégance de la construction. Grenade, Tolède et Cordoue s'ornaient de palais somptueux, enrichis de marbres et d'or; et à côté s'élevaient des écoles ouvertes à toutes les nations. C'était en présence de cette prospérité jusqu'alors inconnue; c'était en goûtant les bienfaits du gouvernement le plus pacifique qu'ils eussent jamais eu que les vaincus se félicitaient de leur défaite. En parlant des Arabes, les Espagnols disaient souvent alors : « ils nous ont pris notre terre, mais ils l'ont couverte d'or.» C'est au VIIIe siècle que commence à poindre dans la péninsule ibérique, ce grand mouvement intellectuel qui devait bientôt la placer à la tête des autres nations. L'impulsion une fois donnée, elle se continua, et devint telle, qu'au Xe siècle l'Espagne possédait incontestablement le sceptre de la civilisation ; l'Europe entière en recevait alors toutes ses lumières. »[iii] (Félix Archimède Pouchet)

 

 « Ces mêmes Arabes qui avaient détruit le dépôt sacré des connaissances humaines [bibilothèque d'Alexandrie] furent ensuite les premiers à en rétablir les fondements. Par mesure pour ainsi dire expiatoire, ils travaillèrent avec succès à éclaircir les principes de l'arithmétique et de l'algèbre, et à donner à ces sciences un développement qu'elles n'avaient pas encore reçu jusqu'alors. Ils s'attachèrent aussi à conserver les ouvrages que nous avaient transmis les Grecs : la trigonométrie et la géodésie reçurent des accroissements précieux, surtout l'astronomie. Alfraganus et Albaténius furent les dignes successeurs d'Hipparque et de Ptolémée. »[iv] (Adolphe Quetelet)

 

« Ce fut par ces traductions arabes des ouvrages de science et de philosophie grecque que l'Europe reçut le ferment de tradition antique nécessaire à l'éclosion de son génie. »[v] (Ernest Renan)

 

« La population maure avait apporté sur une terre inculte [l'Espagne] une civilisation modèle, avec l'élégance de ses mœurs, avec son commerce et son industrie. Mais au XVIe siècle la puissance des Maures, même soumis, fut regardée comme dangereuse pour le pouvoir établi et ils furent expulsés. On s'aperçut bientôt de la plaie profonde que cette expulsion avait faite à l'Espagne. »[vi] (Pellegrino Rossi)

                                


« [La civilisation des Arabes] transmit à l'Europe du moyen âge des découvertes, des industries, des sciences, empruntées sans doute pour la plupart à d'autres peuples, mais dont il est glorieux pour les Arabes d'avoir été du moins les propagateurs. En effet, tandis que l'Europe était plongée dans des ténèbres de barbarie que perçaient à peine quelques faibles lueurs, une vive lumière de littérature, de philosophie, de science, d'arts, d'industrie inondait toutes les capitales de l'islamisme. Bagdad, Bassorah, Samarcande, Damas, le Caire, Kaïoran, Fez, Grenade, Cordoue étaient autant de grands centres intellectuels. » [xiii] (Victor Duruy)

 



[i] L'Islam, Anne-Marie Delcambre, éd. La Découverte, 2004, p. 48

 

[ii] Michel Del Castillo, 18 Janvier 2002, dans Je suis un musulman, paru Le Monde, 18 Janvier 2002, Michel Del Castillo.

 

[iii] Histoire des sciences naturelles au moyen âge (1853), Félix Archimède Pouchet, éd. Baillère, 1853, Ecole arabe, p. 444-445

 

[iv] Histoire des sciences mathématiques et physiques (1864), Adolphe Quetelet, éd. Hayez, 1864, p. 9

 

[v] Discours et conférences, Ernest Renan, éd. C. Lévy, 1887, L'Islamisme et la Science (conférence prononcée à la Sorbonne, en 1883), p. 387

 

[vi] Cours de droit constitutionnel, Pellegrino Rossi, éd. Guillaumin, 1866, t. 2, p. 384

 

[vii] L’influence de l’islam sur l’Europe médiévale :W. Montgomery Watt

 

[viii][viii] « La nostalgie andalouse », André Miquel, Nouvel Observateur, collection Portrait, nº 3, 1990, p. 16-17

 

[ix] Science: its history and development among the world’s cultures, Colin Ronan (trad. Wikiquote), éd. Facts on File, 1983, p. 203

 

[x] Les promesses de l’Islam (Roger Garaudy)

 

[xi] Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France (1855), Adolphe Chéruel, éd. Hachette et cie, 1855, t. 2, p. 1137

 

[xii] A History of the Intellectual Development of Europe, John William Draper (trad. Wikiquote), éd. Harper, 1863, p. 356

 

[xiii] Histoire du moyen âge, Victor Duruy , éd. Hachette, 1861, p. 104

 

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