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 Les relations incestueuses en Islam

19/3/2012

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 



L'inceste désigne une la relation sexuelle entre membres de la même famille et soumise à un interdit. Ce tabou, considéré comme un universel  présent dans toute société, prend cependant différentes formes selon les formations sociales. Il règlemente non seulement la sexualité mais également les mécanismes de filiation et de mariage.

LE CORAN
Le Coran n’a pas de mot spécifique pour l’inceste. Il regroupe cependant les interdits de mariage pour parenté dans les versets 19, 26 et 27 de la
Sourate IV An-Nisâ (les femmes) 4 :
– Verset 19 : « Ô vous qui croyez ! Il ne vous est pas permis de recevoir des femmes en héritage contre leur gré, ni de les empêcher de se remarier
pour vous emparer d’une partie de ce que vous leur aviez donné, à moins qu’elles n’aient manifestement commis une action infâme. Comportez-vous
envers elles suivant la coutume. Si vous éprouvez de l’aversion pour elles, il se peut que vous éprouviez de l’aversion contre une chose en laquelle Dieu a
placé un grand bien. »
– Verset 26 : « N’épousez pas les femmes que vos pères ont eues pour épouses – exception faite pour le passé – ce serait vraiment un acte abominable
et haïssable, un chemin détestable. »
– Verset 27 : «Vous sont interdites : vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles, vos tantes maternelles, les filles de vos frères, les filles
de vos sœurs, vos mères qui vous ont allaités, vos sœurs de lait, les mères de vos femmes, les belles-filles placées sous votre tutelle, nées de vos femmes
avec qui vous avez consommé le mariage, nulle faute cependant ne vous sera imputée si le mariage n’a pas été consommé – les épouses de vos fils, issus de vos reins. Il vous est encore interdit d’épouser deux soeurs – exception faite pour le passé – Dieu est, en vérité, celui qui pardonne, Il est miséricordieux. »
LA PARENTÉ CONSANGUINE
Du point de vue de la parenté consanguine (Nasab) les interdits, très peu nombreux, ne concernent que la mère, la fille, la soeur, la tante paternelle
et maternelle, la fille du frère et celle de la soeur auxquels la plupart des textes consultés ajoutent la grand-mère, la petite-fille, la demi-soeur, la
grand-nièce et la grand-tante. Ceux qui ajoutent la demi-sœur ajoutent également
les nièces par les demi-germains.
Comment expliquer ces interdits ? El-Ghazali (1058-1111) dans Kitab Adab Al-Nikah signale que :
– Le prophète a dit : « Choisissez avec soin les épouses pour votre sperme car les caractéristiques héréditaires sont susceptibles de revenir » ; et

il poursuit : « La parenté entre époux ne sera pas trop rapprochée car cela diminue la passion charnelle. »
– Le Prophète a dit : « Ne vous mariez pas avec de trop proches parentes. Car vos enfants, en tant que produit d’un désir affaibli seront malingres et de constitution faible.


Mariages interdits

a) Le mariage entre parents et enfants : il est interdit à un père d’épouser sa fille qui pourtant ne posséderait alors que la moitié des caractéristiques
de son partenaire comme dans le cas du mariage entre cousins germains qui pourtant lui est permis. La prohibition des rapports père/fille et mère/fils
réclame donc une interprétation différente.
b) Le mariage entre oncle et nièce : un père A et une mère B ont une fille (AB) qui se marie avec le frère de la mère (B) : Oncle et nièce ont en commun B et sont différents par A que la nièce a mais pas son oncle. Ici encore, le partenaire interdit ne possède que la moitié de ses caractéristiques en commun, comme le cousin germain qui lui est pourtant permis.
c) Le mariage entre oncle et nièce par des demi-germains : un des germains est enfant d’un père A et d’une mère B. Il est donc AB. Le deuxième
est enfant de la même mère B et d’un autre père C. Il est donc BC. La fille de ce demi-frère est enfant de son père BC et de sa mère DE. Il est donc BCDE.
On voit que l’oncle a très peu en commun avec la nièce de son demi frère (beaucoup moins que des cousins parallèles patrilatéraux) qui pourtant
lui est interdite.
d) Enfin, il faut tenir compte du mariage également interdit entre un grand-oncle et sa petite-nièce : La petite-nièce (ABCD) interdite a pourtant des caractéristiques très différentes de son grand-oncle (A). Quel que soit le sexe des parents intermédiaires, elle est sûrement plus différente de lui du point de vue de sa constitution corporelle que deux cousins germains qui eux, peuvent se marier. Si le mariage grand-oncle/petite-nièce est interdit, ce n’est donc pas à cause d’un problème d’identité de nature, mais du fait que cette société veut faire du grand-oncle l’équivalent d’un grand-père qui, avec la grand mère, sont des parents interdits.

LA PARENTÉ PAR ALLIANCE ET SON EXTENSION À DE SIMPLES RELATIONS SEXUELLES
Parmi les parents par alliance et en prenant un , on peut distinguer les alliés des consanguins et les consanguins des alliés.

Les alliés des consanguins

Il est interdit de se marier avec l’épouse du père, l’épouse du fils « issu de vos reins », et les principales écoles ajoutent celles des autres ascendants
(femme du grand-père) et descendants (femme du petit-fils). L’interdit s’étend dans la plupart des textes aux cas où ces femmes ont été de simples partenaires sexuelles de ces mêmes consanguins. Dès le moment où un homme a eu un coït (wat’) légitime ou non avec une femme – que celle-ci soit d’ailleurs, semble-t-il, libre ou une esclave – elle devient interdite au père, au fils de cet
homme et à ses autres ascendants et descendants .
Le Coran n’interdit nulle part d’épouser la femme du frère. Au contraire, le verset 19 indique que l’on peut hériter des veuves de certains
parents à condition seulement que les veuves l’acceptent. Il s’agit d’une référence à la coutume du lévirat (présente aussi dans La Bible) selon laquelle on
héritait de la femme de son frère mort. C’était un devoir (de protection) autant qu’un droit. Certains textes 10 donnent une extension plus grande à cette autorisation en permettant le mariage avec la veuve d’un parent pour des raisons ici aussi pratiques, « si l’on a une soeur en bas âge pour qu’elle
s’en occupe ».
Il semble que dans la société préislamique on pouvait hériter de la veuve de son père. Le verset 26 (« exception faite pour le passé ») permet à
ceux qui ont déjà épousé la femme de leur père de la conserver. Cette tolérance (qui vise probablement les nouveaux convertis) montre l’intervention

d’une morale de l’intention : on peut garder la veuve car on l’a épousée sans savoir que c’était mal. S’il s’agissait d’éviter les effets néfastes d’un contact
des identiques, il serait impératif de faire cesser ce contact immédiatement. Plus intéressant encore, il est souvent interdit de se marier avec la femme
légitime du père 11, même quand celui-ci n’a pas consommé son mariage. Ceci montre que l’interdiction vise à empêcher une atteinte à la propriété du
père et au respect qui est dû à celui-ci. Les textes juridiques ne parlent pas de contacts d’identiques, ou non, mais de droits respectés ou lésés. Les interdits visent en définitive à empêcher l’instauration d’une rivalité matrimoniale, tout aussi désastreuse pour l’intégration du groupe familial qu’une rivalité économique entre des hommes proches parents (deux frères ou un père et
son fils). Cette interprétation me semble renforcée par les interdits suivants dont on pourrait trouver des équivalents dans d’autres sources :
« Ne surenchérissez pas sur la vente de votre frère ; ne demandez pas en mariage une femme qu’il a demandée . »

Les consanguins d’alliés


Le Coran interdit d’épouser la mère de la femme, sa fille et sa sœur : « Il vous est encore interdit d’épouser deux soeurs – exception faite pour le
passé – Dieu est, en vérité, celui qui pardonne. Il est miséricordieux. »
L’exception faite « pour le passé » montre que le mariage avec deux sœurs existait dans la période préislamique où les femmes pouvaient, comme dans
d’autres sociétés à polygynie sororale, préférer avoir une sœur plutôt qu’une étrangère comme co-épouse : « Zeïnab, fille d’Abou Salama rapporte qu’Oumm H’Abiba, fille d’Abou Sofyan lui a raconté avoir dit : “Ô Envoyé de Dieu, épouse donc ma soeur, la fille d’Abou Sofyan.
– Tu désirerais cela ? demanda-t-il. – Oui, répondit-elle, car je ne suis pas ta seule femme et ma sœur est celle avec laquelle je préfère partager mon bonheur. – Cela ne m’est pas permis, répondit le Prophète (à lui bénédiction et salut) : Ne me proposez jamais (vous, mes
épouses) vos filles ni vos sœurs” 14. »
Quoi qu’il en soit, la tolérance dont fait preuve Le Coran (« exception faite pour le passé ») implique ici encore l’intervention d’une morale de
l’intention : on peut garder les sœurs quand on les a épousées sans connaître l’interdiction. Répétons-le, si l’interdit était là pour éviter les effets néfastes
d’un contact des identiques, il faudrait dans tous les cas faire cesser ce contact immédiatement. Il s’agit bien de respecter un nouveau principe moral : c’est un péché d’épouser deux soeurs mais Dieu peut pardonner les fautes passées.
L’interdit des deux sœurs vaut pour le concubinage comme pour le mariage, que les deux soeurs soient libres ou esclaves ou l’une libre et l’autre
esclave . Il doit se comprendre comme interdit de transformer deux sœurs en rivales sexuelles directes simultanées. Interdit symétrique de celui, vu
plus haut, de transformer deux frères en rivaux. El-Bokhari parlant du mariage d’El-Hassan Ben El-Hassan Ben Ali, qui épousa à la fois, le même
jour, les deux filles d’un oncle paternel, ajoute que Djabir ben Zeïd « réprouva le fait à cause de la discorde qu’il pouvait faire naître 16 ».
Il est cependant permis d’épouser la sœur de sa femme après la mort de celle-ci, ou même de son vivant, à condition seulement de l’avoir préalablement
répudiée et d’attendre le délai légal (Idda). On comprend mieux qu’étant donné l’extrême facilité de la répudiation, il soit nécessaire de prolonger
les interdits qui protègent les frères d’une rivalité économique et matrimoniale  destructrice du lien fraternel par un autre qui protège aussi le
lien sororal tout aussi sacré. 


La mère et la fille


Le Coran interdit aussi d’épouser la mère ou la fille de sa femme. Notons que l’interdit est pour certains juristes moins fort dans le cas de
simples relations sexuelles que pour le mariage. Trois des quatre écoles affirment que si un homme tombe dans la fornication ou l’adultère avec une
femme , la mère et la fille de cette femme lui deviennent prohibées. Mais Chaffi défend le contraire en arguant que la prohibition pour affinité, comme
toute loi de prohibition, est une distinction accordée par Dieu à ses serviteurs. La luxure étant un crime, elle est incapable de créer un interdit divin
par son origine. On voit que l’argumentation de Chaffi est incompatible avec la théorie qui fonde les interdits sur la circulation d’humeurs.
Il faut cependant écouter la critique que font certains autres docteurs de la position chaffite. Ils répliquent que l’acte de chair est au principe d’une
participation mutuelle de sang entre les deux parties car l’enfant qui en est ou peut en être le fruit participe du père et de la mère en totalité. On a
d’ailleurs coutume de dire :
« Cet enfant est le descendant de tel homme et de telle femme. Cette participation étant établie entre l’enfant et chacun des deux parents, il en est virtuellement ainsi aussi entre les parents eux-mêmes car quoiqu’une portion de l’enfant soit une part de la mère, il est malgré tout attribué en totalité au père, ce qui fait qu’une part de la mère est attribuée au père, et vice versa .


Source:http://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/10_29_8.pdf

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