Pendant
longtemps, les médecins ont considéré de tels évanouissements comme des
crises d'hystérie. Au cours de ce type de crises « psychogènes », tout
se passe comme si la personne qui en est victime tentait d'échapper à
une situation inconfortable par un réflexe de perte de conscience.
Perdre du sang, en particulier beaucoup de sang, signifie pour le
corps un danger réel, plus ou moins important. De la petite coupure
bénine à la grosse hémorragie,
le corps interprète la vue du sang comme une menace et réagit en conséquence.
Lorsque l'on perd du sang, que ce soit par une blessure ou lors d'une prise de sang, le corps 'comprend' que du sang s'échappe et qu'il vaut mieux éviter d'en perdre trop! Une zone du cerveau s'active alors: c'est le Système Nerveux Autonome, ou cerveau végétatif.
Cette portion du cerveau s'occupe de toutes les fonctions réflexes et
automatiques de l'organisme: respirer, faire battre le coeur, etc... A
la vue du sang, celui-ci s'occupe de placer le corps dans un état
d'économie de sang. Le rythme cardiaque et la respiration ralentissent,
la pression artérielle diminue, le tout entrainant la diminution de
l'apport d'oxygène au cerveau. Sueur, fatigue intense, nausées, pâleur,
vertiges... sont les symptômes de ce qu'on apelle le malaise vagal.
Chez certains, le phénomène apparaît aussi à la vue du sang d'une
autre personne (voir à sa simple évocation): la faute est à l'empathie.
Par identifcation à la personne concernée, le SNA (Système Nerveux
Autonome) lance la procédure décrite ci-dessus. La concentration et
l'habitude des professionnels de santé leur permet de ne pas être
affecté par le phénomène lorsqu'ils effectuent une prise de sang ou une
opération sur un patient. Pourtant, il est fréquent de les entendre
exprimer que si le sang des autres ne leur est d'aucun effet, il leur
reste difficile de regarder l'aiguille lorsqu'eux-mêmes subissent une
prise de sang.