Un jour, il sera peut-être possible de connaître la
personnalité d'un individu en regardant un cliché de son cerveau en
activité. Alors, les recruteurs pourront décider si un cv, accompagné
d'une photo du cerveau du candidat, convient pour le poste. Des
internautes surfant sur des sites de rencontres pourront trouver l'âme
sœur en évaluant la compatibilité de leurs caractères, d'après des
clichés d'imagerie cérébrale.
À vrai dire, ce jour ne semble pas si éloigné. Du moins au
Laboratoire de psychologie de l'Université de New York, où des
volontaires ont accepté de remplir des questionnaires de personnalité
avant de subir une irm qui mesurait l'activité de repos de leur cerveau.
Les neuroscientifiques ont vu apparaître différents types d'activité
cérébrale spontanée chez ces personnes, une empreinte cérébrale du
tempérament, ou neurotempérament.
Quel est donc ce code cérébral de la personnalité ? Il met en
relation de grands profils d'activation du cerveau, et chacune des cinq
grandes dimensions de la personnalité répertoriées : l'extraversion, le
névrosisme ou instabilité émotionnelle, l'ouverture, l'agréabilité et le
caractère consciencieux.
Les images cérébrales montrent que les extravertis ont une activité
de repos naturellement élevée dans les aires dites paralimbiques et le
gyrus fusiforme, des structures cérébrales impliquées dans la
reconnaissance des visages et les différentes formes de plaisir. Cela
explique pourquoi l'extraverti se met en avant en société, car il
retrouve du plaisir à établir de nombreux contacts et se lasse
facilement en l'absence de stimulations sociales.
Les névrotiques, ou instables émotionnels, ont une activité de repos
élevée dans les zones préfrontales dorsomédianes, impliquées dans
l'anxiété, l'auto-évaluation et la peur. Les personnes ouvertes (à la
nouveauté, au changement, aux idées différentes) se reconnaissent à
l'activité de leur cortex préfrontal dorsolatéral, associé à la
flexibilité mentale, à l'imagination, la curiosité intellectuelle. Les
personnes agréables se signalent par un cerveau très actif dans les
aires dites extrastriées (voisines du cortex visuel) postéromédianes et
sensorimotrices, dont l'action conjointe favorise les mécanismes
d'empathie et d'attention sociale. Quant aux individus consciencieux,
ils présentent une activité supérieure dans une partie du lobe temporal
médian classiquement dévolue à la planification, l'organisation et la
discipline.
Finalement, à chacun son cerveau : selon son type de personnalité, on
utiliserait préférentiellement certains modules cérébraux orientant le
comportement et la pensée. Mais n'oublions pas qu'un tempérament est un
mélange de ces cinq dimensions, dans des proportions variables d'un
individu à l'autre. C'est justement le dosage de ces proportions qui
fait l'unicité du caractère, le neurotempérament de chacun.
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