La réalité de ce bas monde
11/2/2012
سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك
La Réalité de ce bas monde [1/2] - Dourous.net par Bobby-Gold
Par l’Imâm Ibn Qayyîm Al-Djawziyyah
[Ce bas monde est à l’exemple] d’un homme qui a construit
une maison, l’a embellit, y a rassemblé tous les appareils nécessaires, et y a
invité tous les gens. Chaque fois que quelqu’un entre, il le fait s’asseoir sur
un lit confortable, il le met devant un plat garni de viande, il pose entre ses
mains divers couverts précieux dont il a besoin, et il met à son service ses
esclaves et ses domestiques.
La personne douée de raison [al-‘Aqil] comprend que tout cela n’est que
jouissance temporaire appartenant au propriétaire de la maison [Sâhib ad-Dâr],
que cela soit les esclaves et domestiques mis à sa disposition ou les
ustensiles. Il a donc profité de cela toute la durée de son séjour dans la
maison, sans que son cœur ne s’attache à ces choses et que lui-même ne veuille
les posséder. Bien au contraire, il fut avec le propriétaire de la maison [Sâhib
ad-Dâr] comme se doit d’être un invité avec son hôte ; il s’assoie là où
l’hôte le fait s’asseoir, il mange ce qu’il a devant lui sans rien demander de
plus avec cela, se satisfaisant du savoir-faire [al-‘Ilm] du
propriétaire de la maison, de sa générosité et de la manière dont il traitait
ses invités. Il est entré dans la maison avec dignité, il a profité de ses
bienfaits avec dignité et il s’est séparé de lui avec dignité sans qu’il n’ait
à blâmer le maître de la maison.
Quant au fou [al-Ahmaq], son âme lui suggère d’habiter la maison, de
s’approprier les ustensiles qui sont dedans et d’en disposer selon ses passions
et désirs. Il choisit lui-même où il va s’asseoir et se met à déplacer les
ustensiles vers un coin de la maison et à les cacher. Chaque fois que le maître
[de la maison] lui présente quelque chose, son âme lui suggère de s’en emparer
et de se l’accaparer au profit des autres invités. Alors pendant ce temps, le
maître de la maison témoigne de ce qu’il fait, mais sa générosité l’empêche de
le faire sortir de sa maison. Lorsque enfin [le fou] pense qu’il s’est emparé
exclusivement de ces ustensiles et matériaux, qu’il est devenu maître de la
maison, et a disposé de ces ustensiles comme s’il était lui-même véritablement
maître [de cette demeure], l’a occupée et l’a prise pour sa maison, [le
propriétaire] envoie ses serviteurs qu’ils l’expulsent de manière violente et
le dépouillent de toutes les choses qu’il s’est accaparées, et ils ne lui
laissent pas un seul ustensile. Tout ce qu’il a gagné c’est la séparation du
maître de la maison - Il fut dévoilé auprès du maître entre ses serviteurs et
domestiques.
La Réalité de ce bas monde [2/2] - Dourous.net par Bobby-Gold
Il y a certes en cet exemple une réflexion avérée pour une méditation
véritable. Et cela est incontestablement conforme - Et le secours est auprès
d’Allâh ! ‘Abdullâh Ibn Mass’oûd -qu’Allâh l’agrée- a dit : « Tout un chacun dans ce bas monde est
un invité [Dhayfoun]. Ses biens sont confiés - Certes l’invité doit
partir [un jour] et toute chose confiée doit être restituée. » [Rapporté par al-Bayhaqî dans « Chu’ab il-Imân
»]
Il est rapporté dans les deux Sahîh d’après Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée-
qui a dit :
« Un fils de Abû Talha tomba malade. Puis, il
mourut alors que Abû Talha était dehors. Sa femme, ayant constaté la mort de
son fils, prépara quelque chose. Ensuite, elle plaça le corps dans un coin de
la maison.
A son retour, Abû Talha -qu’Allâh
l’agrée- dit : « Comment va l’enfant ? » - elle répondit : « Il s’est calmé
et j’espère qu’il se repose. » Abû Talha pensa que cela était véridique et alla
se coucher. Au matin après avoir fait ses grandes ablutions [Ghousl], sa femme
le retint au moment où il s’apprêtait à sortir et l’informa de la mort de son
fils.
Après quoi, il alla faire
la prière avec le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa
sallâm- puis mit ce dernier au courant
de ce qui s’était passé entre lui et sa femme. Alors, le Messager d’Allâh -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallâm- lui dit : « Puisse Allâh bénir votre nuit passée
ensemble. »
Sufyân a dit : Un homme des Ansâr a dit [plus tard] : « J’ai vu qu’ils ont eu
[Abû Talha et sa femme] neuf enfants qui tous récitaient le Qor’ân. ». »
[Rapporté par al-Bukhârî et Muslim]
Source : « ‘Iddatu as-Sâbibirîn wa dhakhîratu ach-Châkirîn »,
page 372-373.
-
Edition Dar Ibn al-Djawzî.
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