"> L’éthique des affaires en is - Musulman et fier de l\'être - Bloguez.com
 

 L’éthique des affaires en islam

30/5/2014

 

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

Ethique des affaires en islam

Le devoir d’obéissance du musulman envers Allah et Son Messager ne concerne pas seulement la dimension purement culturelle(Al’ibâdât) de son existence, mais aussi celle qui régit les activités politiques, économiques et sociales (Al Mu’amalat). Aussi, le commerçant et le consommateur musulmans ne peuvent ainsi, dans leur recherche du profit, leur effort visant à augmenter leur richesse et leur volonté de satisfaire leurs besoins ou leurs désirs matériels, adopter des pratiques et des

moyens qui conviennent aux principes et règlements énoncés dans le Coran et la Sunna.
Le Prophète d’Allah (saw) a clairement averti que, parmi les questions auxquelles chaque serviteur aura à répondre en priorité le Jour du Jugement, deux porteront sur son argent : Quelle est sa provenance ? Comment et dans quelles genres d’activités a-t-il été dépensé ?... Alors, tout musulman qui s’engage dans les affaires (que ce soit en tant que vendeur, acheteur ou investisseur) doit nécessairement connaître et respecter certains principes essentiels, dont les suivants :
1. La nécessaire présence du consentement mutuel

 

Le consentement des parties contractantes constitue le fondement même de la validité des opérations commerciales (sauf cas exceptionnels) : la propriété d’autrui étant, à l’image de sa vie et de son honneur, sacrée pour le musulman, il est bien évident qu’il ne lui est pas permis de s’approprier quoique ce soit appartenant à quiconque sans l’accord de ce dernier. Il est à noter que, pour qu’il y ait un consentement réel de part et d’autre, il est notamment nécessaire que :

 

- Aucun des contractants ne profite de périodes de pénurie ou des éventuelles difficultés financières de l’autre en le contraignant à accepter une transaction qu’il réprouve (comme la vente de vivres ou des produits de première nécessité en période de soudure ou de Ramadan à des prix excessifs).

 

- Chaque contractant fasse preuve d’honnêteté, de franchise et de droiture envers l’autre.

 

2. Le devoir d’équité et de justice

 

Toute forme d’injustice et d’abus est sévèrement condamnée en islam. C’est en vertu du devoir de justice et d’équité que, dans les opérations de financement, le risque doit nécessairement être partagé entre le détenteur de fonds (l’investisseur) et l’utilisateur de ces fonds (l’entrepreneur) : ainsi, en cas de résultat positif de l’activité, les bénéfices sont répartis (selon des proportions déterminées à l’avance) entre les deux contractants. Et en cas de résultat négatif, la perte financière est supportée par le détenteur de fonds, tandis que l’entrepreneur perd, lui, le fruit de ses efforts et le temps engagé dans son activité. En d’autres mots, il ne peut être question, dans le droit musulman, de faire supporter tout le risque lié à l’opération engagée à l’entrepreneur seulement - comme c’est le cas dans les crédits accordés par les établissements financiers traditionnels.

 

3. Le devoir de bienveillance

 

Dans le domaine des transactions, comme partout ailleurs, l’adoption d’une attitude bienveillante constitue une source importance de mérite et de récompense pour le musulman. C’est en vertu de ce devoir de bonté qu’il est notamment recommandé :

 

- au vendeur d’accepter de revenir sur la transaction conclue lorsque l’acheteur regrette celle-ci.

 

- au créancier de donner gracieusement un délai de remboursement supplémentaire (ou, mieux encore, de pardonner complètement) à son débiteur lorsque celui-ci se trouve dans la gêne et a des difficultés pour honorer ses engagements.

 

L'éthique des affaires en islam [3/3] - Mohammed... par Bobby-Gold

 

4. Le devoir d’adosser les transactions financières à un actif tangible

 

En islam, la monnaie n’est pas identifiée comme un objet de commerce (excepté dans certains cas particuliers) : en effet, celle-ci n’a aucune utilité intrinsèque et ne constitue qu’un moyen d’échange ; chaque unité d’argent étant en tout point équivalente à une autre unité de la même dénomination. Du point de vue donc de la Chari’a, tout surplus obtenu suite à un échange dans la même monnaie constitue du ribâ (intérêt) et est par conséquent prohibé par l’Islam. La réalisation d’un bénéfice est par contre justifiée dans le cas où quelque chose ayant une utilité intrinsèque est vendue pour de l’argent (ou lorsque des monnaies différentes sont échangées l’une contre l’autre).

 

5. L’interdiction des transactions portant sur des éléments prohibés

 

Avant de s’engager dans un contrat (commercial ou autre), le musulman doit s’assurer que l’objet de celui-ci est licite et ne s’oppose ainsi pas à ses impératifs moraux et religieux. Il lui est ainsi interdit d’investir par exemple dans :

 

- Les activités liées aux jeux de hasard et aux casinos,

 

- L’industrie pornographique,

 

- Les sociétés de production d’aliments ou de boissons illicites (porc, alcool, viande non halal,…).

 

6. L’interdiction du Riba

 

Le terme ’’Ribâ’’ désigne, dans le fiqh (droit musulman), l’avantage qui est perçu par l’un des contractants sans contrepartie acceptable et légitime du point de vue de la Chari’a. C’est le cas notamment :

 

- du surplus concret perçu lors d’un échange direct entre deux choses de même nature qui se vendent au poids ou à la mesure. Ce type de ribâ est connu sous le nom de ’’ribâ al fadhl’’.

 

- du surplus perçu lors de l’acquittement d’un dû (et dont le paiement a été posé comme condition de façon explicite ou implicite dans le contrat) en raison du délai accordé pour le règlement différé. Ce type d’intérêt, appelé ’’ribâ an nassî’ah’’, est le plus répandu dans le monde de nos jours, au sein

 

notamment des crédits, des prêts et des placements proposés par les établissements bancaires et les organismes de financement traditionnels…

 

7. L’interdiction du gharar

 

En toute chose, le musulman doit se garder d’adopter une attitude ou de faire quelque chose qui aurait pour conséquence d’entraîner (inutilement et de façon injustifiée) des tensions et des conflits au sein de la société.

 

C’est justement pour cette raison que, dans les affaires et le commerce, il ne lui est pas permis de conclure un ’’bay’ oul gharar’’, c’est-à-dire une transaction qui renferme un flou non négligeable au niveau d’un des biens échangés et/ou qui présente en soi un caractère hasardeux et incertain.

 

Ce sont ces principes juridico-éthiques qui au-delà du vendeur, de l’acheteur ou de l’intermédiaire, fondent désormais les banques, les assurances et les autres institutions financières dites islamiques ou plus généralement la finance islamique.

 

VI - 2. Des outils financiers basés sur l’éthique islamique

 

1. Muchâraka : L’association dans le capital et le profit

 

La Muchâraka est un contrat par l’intermédiaire duquel deux ou plusieurs parties associent leur capital (ra’s ul mâl) dans une entreprise commerciale ou un autre projet financier. Les profits obtenus étant répartis entre elles suivant des proportions déterminées d’un commun accord dès le démarrage du contrat et les pertes étant supportées par chaque partie à hauteur de son investissement.

 

La Muchâraka Mutanâqissa est une Muchâraka particulière à travers laquelle l’investisseur participe au financement d’une opération commerciale avec l’intention de se retirer progressivement de celle-ci par la vente de sa part à son associé. La Muchâraka Mutanâqissa (dégressive) est employée la plupart du temps dans le financement immobilier.

 

2. Mudarabah : L’association dans le profit

 

La Mudarabah est un contrat par l’intermédiaire duquel un investisseur (rabb ul mâl) fournit des fonds à un entrepreneur (mudarib) afin que celui-ci puisse engager une activité commerciale ou un autre projet, les profits obtenus étant répartis entre eux suivants des proportions déterminées d’un commun accord à l’avance et les pertes étant supportés par chacun selon son propre apport.

 

3. Murabaha : L’achat-revente avec marge bénéficiaire

 

La Murabaha est un contrat de vente au prix de revient majoré d’une marge bénéficiaire connue et convenue entre l’acheteur et le vendeur. La Murabaha peut revêtir deux aspects :

 

- Une transaction directe entre un vendeur et un acheteur ;

 

- Une transaction tripartite entre un acheteur final (ou donneur d’ordre d’achat), un premier vendeur (le fournisseur) et un vendeur intermédiaire (exécutant de l’ordre d’achat et financier). Cette seconde formule a été retenue dans les opérations de financements islamiques : l’organisme de financement intervient ainsi en qualité de premier acheteur vis-à-vis du fournisseur et de revendeur à l’égard de l’acheteur donneur d’ordre (le client).

 

À l’origine, la Murabaha est un type particulier de vente et pas un mode de financement. Cependant, en considérant le fonctionnement du système économique actuel, les experts contemporains du droit musulman ont autorisé, sous certaines conditions, l’utilisation de la Murabaha sur la base du paiement différé comme mode de financement. Le recours à cet instrument doit néanmoins constituer une mesure transitoire et devrait être évitée lorsque l’utilisation de la Mushâraka est possible.

 

4. Ijâra thummal bay’ : Le crédit-bail / La location avec option d’achat

 

L’Ijâra thummal bay’ est un contrat de location d’un bien pour une durée déterminée, suivi d’un transfert de propriété (indépendant du contrat de location) au profit du locataire. Le droit de propriété du bien (ainsi que les risques qui y sont liés) revient au bailleur durant toute la période du contrat de location, tandis que le droit de jouissance revient au preneur.

 

5. Bay’ Salam : La vente à terme

 

Le bay’ salam est une transaction par laquelle un vendeur s’engage à livrer à une date future bien déterminée une marchandise clairement définie en échange d’un paiement effectué au comptant. En règle générale, la vente d’un bien non existant n’est pas permise en islam, étant donné que cela relève du bay’ ul gharar : le bay’ salam a néanmoins été autorisé de façon explicite dans des Ahâdîth et fait donc exception à cette interdiction.

 

http://yesouikend.com/

 

 

 

Category : A propos de l'islam: | Write a comment | Print

Comments