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 Les plaisirs, la vie et la religion

8/5/2014

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

Plaisirs de la vie

Les plaisirs se subdivisent naturellement en trois catégories : sensoriels, intellectuels et mixtes

Cette subdivision s’opère en tenant aussi bien compte de la motivation du plaisir que de la manière dont il se réalise. Ainsi, si la motivation et la manière dont il se réalise sont liées aux sens, alors le plaisir sera dit sensoriel. Si la motivation et la manière dont il se réalise sont liées à l’intellect, alors le plaisir sera dit intellectuel. Si la motivation est liée à la raison, et si la manière dont il se réalise est liée aux sens, alors le plaisir sera dit mixte.

Les plaisirs sensoriels sont les plus cruciaux et leurs motivations sont bien déterminées. Lorsque cela est possible, il est aisé de les satisfaire. Une fois les sens repus, tout surplus de ces plaisirs sensoriels provoque de la douleur.

Quant aux plaisirs intellectuels, ils correspondent au mouvement de la pensée qui évolue dans les choses rationnelles auxquelles l’âme aspire, et à la sensation que l’on appréhende des vérités. Lorsqu’on appréhende ces vérités, on a le sentiment d’un bonheur inégalé. Ces plaisirs intellectuels sont à la portée de la raison : dès lors qu’elle pousse ses recherches, elle les expérimente de manière illimitée.

Si, en revanche, vous voulez d’un bonheur acquis au prix de grandes difficultés, alors concentrez-vous sur notre troisième catégorie de plaisirs, à savoir les plaisirs motivés par l’âme et qui sont traduits par le corps. Vous conviendrez alors qu’il est plus facile de vider l’océan avec une petite cuiller. Au niveau sentimental, ce genre de plaisirs est représenté par l’amour passionnel. Si l’âme s’accroche en effet à cet amour, elle rencontrera durant son parcours des désagréments tels qu’ils la dégoûteront du plaisir que cet amour est sensé lui procurer. Si les besoins de l’âme ne s’arrêtent à aucune limite, alors le pouvoir de l’illusion amoureuse étendra sur elle sa mainmise et lui inspirera le désir de fusion avec l’être aimé, le désir d’union et de satisfaction éternelles. Puis ce pouvoir l’abandonne en proie à de faux espoirs, nourris par un fol amour infini, et dont l’intensité ne diminue jamais. Une telle âme trouvera alors le moyen de traduire ce qu’elle ressent dans ce corps a priori capable, mais qui, en fin de compte, se révèle impuissant. Qu’est-ce que ce corps, persévérant mais confronté à des obstacles, aura réalisé pour une telle âme ? Et même si l’âme parvient à s’exprimer à travers ce corps, combien de fois pourra-t-elle le faire ? 

Si nous évaluons ensuite la quantité de plaisirs qui ne font pas partie de la deuxième catégorie et que l’homme peut chercher à obtenir, nous remarquons qu’aucun des plaisirs sensoriels ne constitue un plaisir véritable, même si le contraire est établi dans l’esprit de la plupart des gens. Car ces plaisirs — en plus d’être limités par des considérations religieuses, sanitaires, coutumières et financières — sont limités par leur assouvissement.

Puis que se passe-t-il une fois que ces plaisirs sont assouvis ? Quand on mange davantage, on vomit ; quand on boit davantage, on gonfle ; quand on câline davantage, on en pâtit ; bref, quand on veut plus de plaisirs que ce que permet la limite de l’assouvissement, on est réduit à l’impuissance. Néanmoins, il existe des gens qui veulent ignorer tout cela, qui n’ont d’yeux que pour les instants où ils satisfont leurs plaisirs et qui affirment que l’homme vit dans le moment présent sans réfléchir au moment suivant. À ces gens, nous répondons : Regardez-vous pendant que vous prétendez ressentir présentement du plaisir, délivrez-vous des illusions qui ont pris possession de vos esprits. Vous vous rendrez compte que dans tous vos plaisirs, vous avez besoin de l’aide d’un tiers pour pouvoir les satisfaire, même si vous êtes vous-mêmes incapables de préparer les causes nécessaires à leur réalisation. Imaginez seulement que vous perdiez l’une de ces causes ou que telle autre vous soit retirée, imaginez au moins que ce plaisir peut prendre fin et vous quitter. Comment vous sentiriez-vous alors ?

On relate qu’An-Nâsir Li-Dîn Allâh, Roi de Cordoue, écrivit de sa propre main que tout au long des cinquante années que durèrent son règne et son pouvoir incontesté sur cette terre bénie, seules quelques heures furent pour lui des moments de bonheur. Mises bout à bout, ces quelques heures donnèrent l’équivalent de quatorze journées de bonheur. C’est pour cette raison que les philosophes stoïciens enseignent que le monde est fait de souffrances et d’épreuves.

N’y prête pas attention, disent-ils, et tourne-toi vers les plaisirs spirituels et vers les perfections intellectuelles. Tu découvriras que, lorsque l’homme en ressent quelque plaisir, il n’a plus aucune limite à laquelle il devrait s’arrêter. Il est sans cesse et éternellement heureux des connaissances qu’il a apprises et des vertus qu’il a acquises.

Telle est la position du sage qui s’inspecte continuellement dans le but d’acquérir de nouveaux savoirs, qui observe le monde dans le but d’en tirer des leçons, qui possède toutes les richesses du monde en étant heureux de son sort favorable sans être ébranlé dans ses principes, qui perd tout dans ce monde en étant heureux car il sait que le sort peut être défavorable. Lorsqu’il dort la nuit, il épie le lever du jour afin de reprendre le plaisir qu’il éprouve dans la réflexion, et que le sommeil a interrompue. S’il tente une chose et parvient à la réaliser, il ressent toujours son plaisir. Et si cette chose ne se réalise pas, il aura au moins acquis la connaissance d’un chemin qui ne mène pas vers cette chose. Lorsqu’il subit quelque préjudice, il le relativise en mettant l’accent sur l’intérêt de l’expérience qu’il vient de connaître. Le regard que pose le savant sur l’érudit, un regard empreint de bonheur à l’égard du savoir qu’il en tire, est semblable au regard que pose le naïf sur l’ignorant. Le naïf apprend en effet de l’ignorant, ou tout du moins, il en tire des enseignements par contraposée. Que d’erreurs ont en effet mené à des choses justes !

Par conséquent, le sage n’est jamais de mauvaise humeur puisqu’il est toujours heureux. La raison de cet état est qu’il connaît la réalité de toute chose. Car cette vie terrestre, aussi verte et douce qu’elle puisse être, laisse toujours place à un arrière-goût futile ou amer à ceux qui veulent cueillir ses fruits. Ainsi, il n’existe pas dans la vie terrestre de bonheur égal à lui-même. Tous les profits qu’elle apporte ou presque sont accompagnés de conséquences préjudiciables.

Il faut que cela devienne une ligne à suivre pour la secte des philosophes épicuriens , qui considèrent que le monde est entièrement fait de plaisirs. Le fondateur de cette doctrine n’ignore pas en effet que les souffrances de ce monde sont nombreuses pour qui n’est pas un sage. Pourtant, il a voulu se satisfaire autant qu’il lui est possible des plaisirs mondains.

Dans la définition de ses vertus morales, la Législation de l’Islam est revenue à la sagesse naturelle et primordiale. C’est pour cette raison que l’état du croyant est éminemment semblable à l’état du sage. La religion lui ordonne en effet de prendre de ce bas-monde ce qu’il désire parmi les choses licites, et de ne pas se plaindre lorsqu’il perd ses avantages matériels. À travers cette éducation qu’a enracinée de manière définitive la croyance à la prédestination, nous avons été épargnés des maux qui résultent des souffrances et qui frappent les autres nations, comme le suicide, la démence, etc. Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Et n’oublie pas ta part en cette vie » .

Si l’âme est encline, quoiqu’il arrive, à la satisfaction de ses plaisirs, alors l’homme raisonnable est celui qui ne permet pas à son âme de satisfaire ses plaisirs sensoriels. La raison peut même pousser la réflexion sur le plaisir et ses conséquences jusqu’à conclure que le plaisir doit être maté : elle le mate avant qu’il ne la mate.

     Le plaisir est un grand obstacle à l’obtention de la droiture

Dieu l’a insufflé en l’homme à son avantage et pour permettre le maintien de son existence : le plaisir alimentaire qui le pousse à se nourrir ; le plaisir charnel qui grandit et se fortifie dès la puberté ; le plaisir d’avoir des enfants ; celui d’habiter une belle demeure ou de gagner beaucoup d’argent.Ces plaisirs jouent donc un rôle à l’avantage des humains et pour leur pérennité sur Terre. Si l’être humain n’était pas habité par ce sentiment, il ne mangerait plus, ne se reproduirait plus ; n’ayant pas d’attrait pour l’argent, il aimerait la pauvreté et le dépouillement : la Terre ne serait jamais aménagée. Or, les savants affirment qu’à chaque fois que la pauvreté entre dans un pays, la mécréance l’accompagne : quand la pauvreté touche les gens, ils penchent plus aisément vers la mécréance.  

         Allâh dit : « Les hommes sont irrésistiblement attirés dans leurs passions trompeuses par les femmes [et celles-ci par les hommes], les enfants, les amoncellements d’or et d’argent,  les chevaux de race, les troupeaux et les champs. C’est là une jouissance de la vie d’ici-bas, mais c’est auprès de Dieu que se trouve le meilleur séjour. », s. 3 Âl-Imrâne (La Famille Imrâne), v.14.
En expliquant ce verset, les érudits ont déclaré qu’on a embelli toutes ces choses-là pour les êtres humains : s’agit-il de Dieu ou de Satan le Maudit ? D’aucuns penchent pour Dieu, d’autres pour Satan. En fait les deux positions sont justes, Allâh a mis en nous l’amour pour ces éléments, et Satan le Maudit nous pousse à l’excessivité dans les plaisirs jusqu’à ne plus pouvoir les canaliser.  

         L’homme perd souvent de vue les objectifs de sa création, et se laisse berner et conduire par sa folie, il en devient esclave : maintes personnes abusent de la nourriture jusqu’à la boulimie, alors que peu suffit au maintien de la vie ; l’excès se rencontre aussi dans les autres plaisirs. L’Islam, en tout état de cause nous conseille le juste milieu. A une époque donnée, avoir beaucoup d’enfants était une source de grande fierté. Mais les parents exultent moins lorsqu’ils comprennent qu’il leur faut déployer un important sens des responsabilités pour l’entretien et l’éducation de leur progéniture.
Allâh a décrété des lois pour mettre de l’ordre dans les passions et mettre en garde Ses serviteurs contre l’outrance dans les attitudes. Le Prophète Mouhammad a dit à un Compagnon : « Garantie-moi ce que tu as entre ta moustache et ta barbe, et ce que tu as entre tes jambes, et je te garantirai le paradis. » L’Envoyé de Dieu signifiait par là que les méfaits de la langue et les plaisirs charnels illicites mènent en enfer.    

 

         Le désir sexuel illicite est la première source de perdition des jeunes : certains sont prêts à se déposséder de leur religion – alors qu’ils sont convaincus de son bien-fondé –, à entrer en conflit avec leurs parents, à cause de cette passion qui les mène par le bout du nez : ils ne contrôlent plus leur regard, mais ce sont leurs yeux qui les maîtrisent et leur concupiscence qui les domine. Ils sont aliénés par leur passion, car la liberté n’est réelle pour les humains que dans la mesure où c’est leur raison qui jugule leurs désirs et qu’ils ne vont pas à l’encontre de ce en quoi ils croient. Fréquemment, l’amertume suit le plaisir illicite. En s’dressant aux hommes, l’envoyé de Dieu  affirmait : «  La pire des épreuves que j’ai laissée après moi aux hommes est l’épreuve des femmes.

La relation homme-femme est donc source de tentations. Et il ajoutait : « La Terre a été embellie et Allâh vous y a placés pour voir ce que vous allez faire. Faites attention à l’embellissement et aux femmes. La pire des calamités dans laquelle les fils d’Israël sont tombés est la calamité des femmes.

Ce message s’adresse aussi aux femmes à l’égard des hommes.  

         L’épanouissement des jeunes musulmans dans leur religion dépend de la manière dont ils vont gérer leur comportement dans ce domaine. L’entrée précoce en Islam ne garantit pas à l’adhérent la réussite s’il ne maîtrise pas ses attirances sexuelles : beaucoup de jeunes ont épousé des femmes ou des hommes en ne considérant que des critères physiques et matériels. Puis, les crises conjugales surviennent, suivies du divorce : les enfants issus de l’union trinquent pour le choix passionné des parents. Ce n’est pas « l’amour qui rend aveugle » mais le plaisir : la personne qui succombe à ses faiblesses risque de nuire irréversiblement à son avenir et de le regretter toute sa vie.
Face à ce problème, les musulmans ont deux solutions : ou le mariage, ou l’abstinence. Point de troisième choix : le libertinage n’est pas une coutume des croyants mais celle des incrédules. Le choix de l’abstinence est considéré comme un grand acte d’adoration.Le prophète Youssef (paix sur lui) déclarait : « Je préfère la prison à ce à quoi ces femmes m’invitent [la fornication]. »
Le Prophète Mouhammad classe la personne qui résiste à la tentation de la fornication dans une des sept catégories de gens qui seront Ses protégés le jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne : « (…) Un homme qui a été séduit par une femme d’une grande beauté et d’une grande notoriété s’est abstenu et a refusé, et il a dit : ʺ Je crains Allâh Le Seigneur des mondes. ʺ ».            

 

         L’autre plaisir qui empêche les musulmans d’observer la rectitude est l’amassement d’argent : la ruse, le vol et l’usurpation vont servir une cupidité ardente qui ne cesse de croître et qui est comparable à une soif qui ne s’étanche jamais. L’Envoyé de Dieu  confirmait cela : « Si le fils d’Adam avait un fleuve d’or, il en espérerait un deuxième. S’il en avait deux, il en voudrait un troisième. Et rien ne remplit le fonds du fils d’Adam si ce n’est la terre. »
Seule la mort pourra stopper les convoitises de l’homme dont la cupidité est une seconde nature. Le désir de thésauriser taraude ceux qui n’en sont pas préservés : même jusqu’à un âge très avancé, ils ressentiront ce sentiment comme vital, ils en sont esclaves.  

 

         La gourmandise est également un fléau qui contrecarre la rectitude du croyant : le 20e siècle a connu une révolution alimentaire incomparable dans l’histoire de l’humanité. Autrefois, les gens se nourrissaient pour vivre ; actuellement, ils vivent pour manger, profiter des plaisirs de la table. L’objectif a changé : dans les pays riches, on s’alimente jusqu’à la morbidité. Dieu a créé l’homme en le dotant de la capacité de supporter la famine, mais pas la suralimentation.
Le Prophète dit : « Le pire des récipients que le fils d’Adam remplit est son ventre. »Et s’il faut vraiment combler, il conseillait de se satisfaire d’un tiers de nourriture, d’un tiers de boisson, et d’un tiers d’air. Or, les gens se goinfrent au-delà du dernier tiers si rapidement que la sensation de satiété n’a même pas le temps de jouer son rôle. L’envie de dormir qui s’ensuit est provoquée par la saturation du corps en nourriture. L’excès provoque des maladies, qui à leur tour gênent le croyant dans sa pratique religieuse : incapacité de prier, de jeûner, de lire le Coran ou d’augmenter ses actes d’adoration. « Ô enfants d'Adam, dans chaque lieu de Salat portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d'excès, car Il n'aime pas ceux qui commettent des excès. », s.7 Al-A‘râf (Les Murailles), V.31.
Une des visées du jeûne du mois de Ramadan est justement de se libérer de ses besoins terrestres et de retrouver le contrôle de soi, de son cœur, de ses envies. Malgré cela, dès le coucher du soleil, certains musulmans laissent libre cours à leur démesure épicurienne.

 

 

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http://www.islamophile.org/spip/Le-plaisir-avec-sagesse.html

 

 

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