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 LES SAVANTS MUSULMANS:IBN SINA « AVICENNE » (980-1037)

5/8/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

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Par Bennani Karim Tajeddine

IBN SINA « AVICENNE » (980-1037)

Depuis sa tendre enfance, Ibn Sina s’intéressa passionnément pour les sciences naturelles et la médecine. En autodidacte, il acquit les connaissances essentielles. Il développa la gymnastique des calculs chez un marchand du nom d’Al Natili. Doté d’une excellente mémoire, il finit alors par dépasser son maître. De plus, il retint assidument l'intégralité du Coran. A force d’études, il finit alors par être fortement influencé par un traité d'Al Farabi, lui permettant l’accès aux arcanes de la Métaphysique d’Aristote. Cette précocité dans les études entraina aussi une précocité dans la carrière : à 16 ans déjà, il encadra des médecins célèbres.

Plus tard, étant parvenu à guérir le prince samanide de Boukhara, Nouh Ibn Mansour, d’une grave maladie, il fut invité à consulter la vaste bibliothèque de son palais. Sa passion pour les livres fut tellement forte qu’il finit en peu de temps par maîtriser la plupart des sciences connues de l’époque. Néanmoins, après la mort du prince et celle de son père, une existence errante gouverna désormais sa vie jusqu’à sa mort.

Au départ, il voyagea dans la région du Khârezm, principauté indépendante (de 994 à 1231) au sud de la mer d'Aral, sur les deux rives du Djihoun (Amou Daria), entre Boukhara et la mer Caspienne, à Djouzdjan. Un puissant protecteur, Abou Mohamed Chirrazi, l’autorisa à donner des cours publics. Dès lors, il s’attela à composer son œuvre majeure : Le « Qanûn » plus communément connu par « Canon de la médecine ».

Au cours de son périple, il passa par le Khorassan, actuel Nord-Est de l'Iran, ensuite à Rayy (Rhagès, proche de l’actuel Téhéran) et finalement à Hamadan (à l'ouest de l'Iran moderne) où l'émir bouyide Shams Addawla lui confia la fonction de ministre (vizir). Il s'imposa alors un programme de travail harassant, étalé infatigablement entre jour et nuit. Le jour, il le consacrait au domaine public et la nuit, grâce aux lumières des bougies, aux sciences. Outre le fait de poursuivre deux carrières, il travailla aussi deux projets scientifiques d’envergure, menant de front la composition du « Shifa » et celle du « Canon médical ». La tâche fut alors si écrasante qu'il s’entoura de deux disciples se partageant la révision des deux ouvrages, dont le fidèle Al Juzjani, secrétaire et biographe.

En 1021, à la mort du prince Shams Addawla et le commencement du règne de son fils Sama Addawla, consacré à l’élaboration d’encyclopédies, Ibn Sina négligea les ruses pernicieuses de ses pairs. Il tomba alors dans le piège d'intrigues politiques, d’ambitions malsaines et de rancœurs. Il connut alors la prison. Plus tard, déguisé en derviche, il put cependant s'en évader. Il trouva refuge à Ispahan auprès de l'émir Kakouyide Alae Addawla. En dépit de ces revirements, il ne perdit guère son orientation et sa détermination à poursuivre inlassablement le développement des savoirs. Il jouissait alors d'une telle réputation que plusieurs princes d'Asie l'attiraient à leur cour. Finalement, le roi de Perse lui confia à la fois la fonction de vizir et celle de médecin. Avec succès, il développa également les connaissances de son temps en philosophie. S’inspirant des travaux d’Aristote, il composa alors des traités de logique et de métaphysique, se révélant talentueux.

L'œuvre magistrale d'Ibn Sina est nombreuse et variée. Il est l'auteur d’un éventail d’ouvrages allant de plus modestes, en passant par des textes courts jusqu’aux monuments mémorables. Son œuvre couvre toute l'étendue du savoir de son époque : commentaires de sourates du Coran, logique, linguistique, poésie, physique, psychologie, médecine, chimie, mathématiques, musique, astronomie, éthique, économie, métaphysique et mystique. Sa vocation de philosophe trouve son extrême expression dans la sagesse orientale (hikmat

mashriqiya), qui prit la forme de la compilation de vingt huit mille questions. Cette œuvre disparut lors du sac d’Ispahan (1034), et il n'en subsiste que quelques fragments.

Pendant plusieurs siècles jusqu'au XVIIe, son ouvrage « Le Canon de la médecine » fut une référence incontournable pour l'enseignement médical tant en Europe qu'en Asie. Dès le commencement, l’ouvrage rencontra un grand succès, améliorant les travaux de ses prédécesseurs. Du XIIe au XVIIe siècle, au retour des croisades, les croisés ne cessèrent de le diffuser en Europe où il eut une grande influence sur la pratique et l'enseignement de la médecine occidentale. L'ouvrage fut traduit en latin par Gérard de Crémone entre 1150 et 1187. Il fut imprimé en hébreu en 1473 à Milan, puis à Venise en 1527 et à Rome en 1593. Son influence persista jusqu’à la Renaissance où il fut contesté par Léonard de Vinci qui en rejeta l'anatomie et par Paracelse qui le brûla. Néanmoins, il resta une référence dans les études de médecine que même en 1909, un cours sur les travaux d'Ibn Sina était encore donné à Bruxelles.

Entre autres, parmi ses travaux, il y a lieu de citer :

* La description des symptômes, décrivant toutes les maladies répertoriées à l'époque, y compris celles relevant de la psychiatrie.

* L'ophtalmologie, la gynéco-obstétrique et la psychologie.

* Description de deux formes de paralysies faciales (centrale et périphérique).

* Les symptômes du diabète.

* Découverte que le sang part du cœur pour aller aux poumons, puis en revenir, et exposé précis du système de ventricules et de valves du cœur.

* Description correcte de l'anatomie de l'œil humain

* Formulation de l'hypothèse selon laquelle l'eau et l'atmosphère contiendraient de minuscules organismes vecteurs de certaines maladies infectieuses.

Ibn Sina s'intéressa aussi aux moyens pratiques pour conserver une bonne santé. Il recommanda la pratique régulière du sport ou de l'hydrothérapie en médecine préventive et curative. Il insista sur l'importance de relations humaines saines, chaleureuses et amicales pour favoriser la conservation d'une bonne santé mentale et somatique.

En dépit d’une courte vie, intelligemment menée, en savant exemplaire, il donna le meilleur de lui-même au Patrimoine universel de l’humanité.

A la phase ultime de sa courte vie, lors d'une expédition royale, Ibn Sina fut frappé par une crise intestinale extrêmement grave. Il tenta de se soigner lui-même, mais son remède lui fut fatal. Il mourut à l’âge précoce de cinquante-sept ans, au mois d'août 1037, épuisé par l'excès de travail, après avoir mené une vie dédiée noblement à la quête des savoirs.



L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/

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