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 LES SAVANTS MUSULMANS:AL FARABI (872-950)

5/6/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك


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Par Bennani Karim Tajeddine

AL FARABI (872-950)

Mohamed Ibn Mohamed Ibn Tarkhan Ibn Uzalagh Al Farabi, connu en Occident sous les noms de « Alpharabius », Al Farabi, fut un philosophe talentueux. Il naquit en 872 à Faryab en Khorasan, aujourd'hui situé en Afghanistan et mourut en 950 à Damas, en Syrie. Il étudia à Baghdad et approfondit les sciences et les arts de son temps. Parmi ses œuvres, il convient de citer l’adaptation de la République de Platon au contexte de la civilisation musulmane, ainsi qu'un Sommaire des Lois de Platon. Il fut désigné comme «Second Maître» par Ibn Rochd (Averroès) et Ibn Maïmoun (Maïmonide), étant entendu que le « Premier Maître » ne fut autre qu'Aristote, savant illustre de l’antiquité, honoré aussi par Ibn Rochd. Autrement, il convient de le souligner, qu’Al-Farabi, fut l'un des premiers savants à étudier, à commenter et à répandre la connaissance de la philosophie d’Aristote, pour stimuler la mise en œuvre de méthodes rationnelles pratiques au service de l’organisation des moyens de la civilisation. A ce titre, il fut le maître à penser d'Ibn Sina (Avicenne).

Il est fils d'une famille noble perse, dans laquelle le père aurait exercé un commandement militaire à la cour turque, vassale du Califat abbasside. Il partit se former dans la capitale califale à Baghdad. Il y étudia la grammaire, la logique, la philosophie, les mathématiques, la musique et les sciences. Il y suivit les enseignements d’Abou Bishr Matta ben Younes et fréquenta les philosophes spécialisés dans l’adaptation des œuvres grecques vers l’arabe.

Il convient de rappeler que les écoles philosophiques d'Athènes furent définitivement fermées par Justinien en 529. Cette date marqua alors la fin de l'Académie de Platon. Par la suite, les philosophes grecs platoniciens influencés par cette prestigieuse Académie se réfugièrent à Alexandrie, à Harran et à Antioche en Turquie, avant que les héritiers de ce courant n’essaiment en grand nombre vers Bagdad, une fois la maison de la sagesse bagdadienne ouvrit ses portes. Leur exode favorisa le transfert des œuvres grecques vers l'arabe. A ce titre, Al Farabi eut alors l’occasion de fréquenter certains de ces traducteurs comme Yohanna (Johannes) Ben Haylan. L’éloquence d’Al Farabi, ses talents dans la poésie et la musique le rapprochèrent du sultan de Syrie, Sayf Yaddoullah. Il s'installa à Alep en Syrie, puis voyagea en Egypte et mourut à Damas en 950.

Pour adapter en connaissance de cause le Patrimoine universel de l’humanité, selon Al Farabi, le savant musulman éclairé s’inspire de l’exemple du Prophète (Paix et Saluts de Dieu sur lui) tout en veillant à combiner pertinemment entre sciences, raison et imagination créatrice. Il suggéra la cartographie des savoirs en vue de maîtriser l’expansion des connaissances. Il fut à l’origine de l’idée extraordinaire d’université. Plus tard, effectivement, les sciences devinrent si nombreuses et si étendues qu'elles ne pouvaient plus être enseignées ni dans les mosquées ni dans les écoles. L’université prit alors naissance. Dans ce milieu destiné à véhiculer la quintessence des savoirs, les étudiants vinrent de contrées lointaines en quête de connaissances. L’université Al-Karawiyyine, à Fès, garde en mémoire le séjour d’un jeune chrétien, Gerbert d’Aurillac, venu de son lieu natal, l’Auvergne, vers l’an 1000, pour étudier les mathématiques, l’astronomie, la philosophie, l’éthique... Il réussit à diffuser des connaissances essentielles et à introduire, entre autres, les « chiffres arabes », qui firent de lui l’érudit le plus célèbre de l’époque en Europe, de sorte qu’il fut élevé au rang de pape, bien connu sous le nom de Sylvestre II (de 999 à 1003).

Œuvre et pensée

Al Farabi se consacra à la philosophie et travailla notamment sur les textes de Platon et d'Aristote. Il vécut dans un contexte troublé, celui du rapport entre les successeurs politiques du Prophète, Paix et Saluts de Dieu sur lui, et l’Islam. A cette époque, le Califat central commença déjà à se morceler en Emirats et en Etats aspirant à l’indépendance. Les détails de la science de la religion et du droit musulman (fiqh) furent adaptés à ces mutations. De ce point de vue, Al Farabi, esprit encyclopédique, s'intéressa à l’adaptation du régime politique « idéal » aux réalités de son temps. Il publia un certain nombre de textes inspirés des philosophies de Platon et d'Aristote : « L'Accord des Philosophes Platon et Aristote », une énumération des Dialogues de Platon, un ouvrage consacré aux Opinions des habitants de la Cité vertueuse et un Sommaire des Lois de Platon.

Bien qu’étant au courant de l’ouvrage « Les Politiques » d'Aristote, Al Farabi consacra ses efforts à la philosophie politique étudiée par Platon. Il commenta brillamment La République.

Il distingua deux types d'enseignement et deux tendances extrêmes. Le premier, bénéfique pour la civilisation, est représenté par l'enseignement de Socrate, qui fut pédagogique et doux. Il s'adressait en particulier aux élites dotées de raison critique ; mais Socrate périt sous l'accusation d'impiété. A l’opposé, le deuxième, l'enseignement de Thrasymaque (personnage violent mis en scène dans La République) était un enseignement machiavélique manipulant habilement les opinions et les passions des gens de la Cité. Il avait l’art tout aussi bien d’exciter que de calmer. Ce genre prolifère dans les courants politiques entraînant les dualismes des sociétés, alors qu’ils devraient être surmontés dans la voie de l’unité et de l’harmonie.

Œuvres d'Al-Farabi

Les originaux de plusieurs de ses ouvrages furent perdus, mais il en subsista des versions hébraïques. Ses ouvrages majeurs sont :

* une Encyclopédie, qui se trouve manuscrite à l'Escurial,

* un Traité de musique,

* les Opuscula varia, dans lesquels on trouve un Traité sur les sciences et un Traité sur l'entendement où il développe la doctrine d'Aristote sur ce point.

En latin : Corpus platonicum medii aevi. Plato latinus, édi. par R. Klibanski, 1950 : De Platonis Philosophia d'Al Farabi et Traité sur les Lois de Platon, d'Al Farabi.

Œuvres disponibles en français :

* De l'obtention du bonheur, première partie d'une trilogie Les deux philosophies, le terme bonheur étant pris dans le sens de la perfection humaine, représentée par la philosophie

* La Philosophie de Platon, deuxième partie de la même trilogie, la dernière, La Philosophie d'Aristote, n'étant pas disponible en français ;

* Épître sur l'intellect

* Traité des opinions des habitants de la cité idéale.

L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/



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