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 La révolution sexuelle:quel avenir?

7/1/2014

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك


Il y a une taquinerie enfantine qui se terminait ainsi : « En premier vient l’amour, puis vient le mariage et ensuite bébé arrive dans un landau ».

C’était certainement l’ordre habituel des choses il n’y a pas si longtemps : l’amour, puis le mariage et ensuite une famille. L’enfant en question dans la cours de récréation aurait peut-être rougi en pensant à l’implication de sa taquinerie sur sa vie amoureuse, mais il n’aurait pas pensé une seconde nier l’ordre des choses menant à la traditionnelle famille nucléaire. Tout le monde savait comment la société devait fonctionner : un garçon rencontre une fille, ils tombent amoureux et se marient. Et ensuite, si tout va bien, ils ont des enfants. Ils jouent à la loterie de la vie en ce qui concerne ces enfants, à savoir s’ils seront en bonne ou mauvaise santé, de sexe masculin ou féminin, de petite ou grande taille, et s’ils ressembleront plus à leur mère ou plus à leur père. Mais en tout cas, ils n’achètent le « billet de loterie » qu’après le mariage. Le sexe — autrefois le seul moyen par lequel les enfants étaient mis au monde — était officiellement considéré comme étant réservé au mariage.

Quelques révolutions sexuelles plus tard, il n’existe plus un ordre des choses prescrit. Un garçon rencontre une fille, ils ont des relations sexuelles et habitent ensembles sans être mariés. Ils ont ou pas des enfants ; après tout, les deux doivent travailler pour joindre les deux bouts dans nos sociétés de consommation. Ou peut-être un garçon rencontre une fille, ils s’aiment bien et décident d’avoir des rapports sexuels occasionnels. Ou un garçon rencontre un garçon. Ou une fille rencontre une fille. Il se peut qu’il n’y ait aucune intention de se marier ou d’avoir une relation à long-terme ; peut-être souhaitent-ils tout simplement passer du bon temps. Le sexe est seulement considéré comme un besoin biologique impératif d’évolution — un « besoin animal » que l’on satisfait avec n’importe qui, n’importe quand et sans inhibition. Il s’est éloigné de l’objectif initial qu’on lui connaissait : un lien à la fois divertissant et procréateur entre un mari et sa femme, créant ainsi un environnement sécurisant dans lequel ils peuvent créer une famille.

Le terme famille est lui-même devenu quelque peu ambiguë. Le dictionnaire le définit comme « un père, une mère et leurs enfants » ou « un groupe de personnes vivant sous le même toit ». L’anthropologiste George Murdock proposa l’idée que la famille est « un groupe social caractérisé par une résidence commune…[comprenant] des adultes des deux sexes parmi lesquels au moins deux ont des rapports sexuels approuvés par la société, ainsi qu’un ou plusieurs enfants ».

Des grossesses sophistiquées

Ces modèles ont déjà connu de grands changements mais certains sociologues pensent que la situation va encore changer grâce aux progrès de la génétique qui pourraient faire que le « rapport sexuel » ne sera plus nécessaire, du moins pour avoir des enfants.

Dianne Bartels, sous-directrice du Centre de bioéthique à l’université du Minnesota, est du même avis. « La technologie dans le domaine de la reproduction a un impact direct sur la famille traditionnelle », a-t-elle confié à Vision. « À présent, avec tous les divorces, les remariages et les familles mélangées, la famille nucléaire ne représente que la moitié des familles aux États-Unis. Mais comme ces technologies sont toujours plus abordables, le fait d’avoir un partenaire du sexe opposé sera de moins en moins considéré comme une condition préalable pour avoir des enfants. »

Les technologies déjà utilisées permettent aux célibataires et aux couples de même sexe d’avoir des enfants. Pour une femme célibataire ou un couple de lesbiennes, seul un donneur de sperme est nécessaire. En utilisant soit une fécondation in vitro ou une insémination artificielle, l’un ou les deux partenaires peuvent avoir leurs propres enfants. Au niveau actuel de la technologie, un homme célibataire ou un couple homosexuel auraient besoin d’un don d’ovule et/ou d’une mère porteuse. Cependant, si la fusion embryonnaire fait à l’avenir son apparition, ce sera encore plus facile pour les couples homosexuels d’avoir leurs propres enfants. Ce procédé consiste à fusionner le sperme de deux hommes différents et de l’implanter ensuite dans une mère porteuse. L’autre alternative consiste à fusionner les noyaux ovulaires de deux femmes différentes et à les féconder in vitro avec le sperme d’un donneur.

Selon un nombre de plus en plus importants de scientifiques, il se peut qu’une liste presque sans fin d’alternatives au sexe — et ce dans le but de procréer — soit disponible pour les générations futures, y compris les utérus artificiels, la grossesse masculine et même le clonage. Cependant, ces options ne sont probablement pas aussi proches de la réalité qu’elles semblent l’être.

Prenez le clonage, par exemple. « Lorsque nous entendons parler de Dolly et d’autres animaux transgéniques », affirme W. French Anderson, directeur du Gene Therapy Laboratories à l’école de médecine de l’Université de Californie du Sud, « nous avons l’impression qu’il sera facile de franchir le pas entre les manipulations génétiques chez le bétail et les animaux de basse-cour et les manipulations génétiques chez les humains. » Anderson, considéré comme le père de la thérapie génétique, a confié à Vision qu’il pensait que le passage au clonage humain était encore loin : « Entre 95 et 99,9 % de tous les embryons manipulés sont endommagés. La plupart sont mortellement endommagés et n’aboutissent pas à des naissances viables. Mais même ceux qui arrivent à naître sont fréquemment déformés et meurent tôt ou tard. » Anderson croit qu’il serait contraire à l’éthique d’essayer d’effectuer des manipulations génétiques chez les humains avant que le taux de réussite chez les animaux ait considérablement augmenté.

À la recherche de l’enfant parfait

Néanmoins, la manipulation génétique pourra éventuellement fournir aux nouveaux parents d’autres options dans leur quête d’obtenir une progéniture parfaite. La manipulation génétique eugénique, par exemple, se définit comme étant l’aptitude à modifier les traits humains complexes tels que la corpulence, la personnalité ou l’intelligence. Anderson avoue avoir cru il y a 19 ans qu’un tel exploit ne serait pas réalisable avant plusieurs décennies. Aujourd’hui, il imagine que cela pourra en fait se réaliser dans les vingt prochaines années.

Lee Silver, biologiste moléculaire à Princeton, est d’accord avec les estimations faites par Anderson et il affirme : « D’ici là [c.-à-d. dans vingt ans], les parents pourront choisir les caractéristiques à transmettre à leurs enfants et celles à ne pas transmettre. Les parents pourront consulter un catalogue et choisir les traits qu’ils voudront ajouter à leurs enfants. » Produire des enfants ayant les caractéristiques de notre choix pourrait bien devenir le mode de shopping suprême.

Bien sûr, de tels progrès techniques partent normalement d’une bonne intention, mais ils déclenchent souvent des bagarres éthiques. Harry Griffin, sous directeur de l’Institut Roslin (qui a produit Dolly, le mouton cloné), fait remarquer que « d’un côté, la génétique a un immense potentiel à faire le bien : permettre à des couples stériles de devenir des parents, soigner des maladies ou fournir de meilleures options de traitement. Mais l’on peut aussi abuser d’une telle faculté ».

George Khushf, directeur du Centre de bioéthique de l’Université de Caroline du Sud ajoute : « D’habitude, lorsqu’une nouvelle technologie fait son apparition, les gens font l’erreur de penser qu’ils pourront fixer les limites morales lorsque le besoin s’en ressentira. » Cependant, les limites ne sont pas immobiles. « C’est une approbation progressive » a déclaré Khushf dans une récente interview à Vision. « La société devient à l’aise avec une nouvelle technologie et passe ensuite à l’étape suivante avec elle. »

Alors que la plupart des scientifiques sont d’avis que ces nouvelles technologies doivent être réglementées, la question de savoir qui devrait le faire est un sujet de discussion. En fin de compte, il est très probable que le marché sera l’ultime arbitre qui décidera quelles technologies seront utilisées, plutôt que les scientifiques ou les gouvernements. « L’instinct de produire des enfants biologiques est très fort », affirme Silver, « mais l’instinct de fournir à vos enfants tous les avantages possibles est également très fort, et ensemble ces instincts amèneront les gens à utiliser ces technologies, quoi que disent la société ou le gouvernement. »

Chacun de ces développements offre la possibilité de profondément changer la nature des rapports sexuels, du mariage et de la famille, et par conséquent tous les autres aspects de la société. Les technologies les moins radicales actuellement utilisées en matière de reproduction nous donnent un aperçu de ce genre d’avenir.

« Il existe déjà des enfants qui sont nés avec littéralement cinq parents », indique Jeffrey Kahn, directeur du Centre de bioéthique de l’Université du Minnesota. « Vous pouvez avoir une donneuse d’ovule, un donneur de sperme, deux parents adoptifs et une mère porteuse. Le nombre de personnes qui peuvent être impliquées dans la création d’un enfant est à présent passé de deux — au niveau historique, la façon « normale » — à beaucoup plus. Cela change bien évidemment notre conception de la famille. »

Le facteur mariage

Bien sûr, le sexe ne sera pas relégué au deuxième plan. Bien que son aspect procréateur semble devenir superflu, l’aspect divertissant n’a jamais été aussi populaire, quoi que pas nécessairement dans le contexte du mariage. En fait, si l’on en croit les sitcoms et les films, le sexe en tant que divertissement est le plus souvent une occupation d’hommes ou femmes célibataires, et non de couples mariés. On y entend fréquemment une plaisanterie qui dit que le mariage est la meilleure façon d’écourter sa vie sexuelle. Mais y-a-t-il un brin de vérité dans cette blague ?

Linda J. Waite, professeur de sociologie à l’université de Chicago et auteur de The Case for Marriage (l’argument en faveur du mariage), croit que sa recherche ainsi que les recherches d’autres personnes indiquent que ce n’est pas vrai. Citant deux grandes enquêtes récentes sur les habitudes sexuelles (l’une réalisée par Edward Laumann, connue généralement sous le nom d’ « enquête nationale sur les habitudes sexuelles », et l’autre effectuée par les psychologues Scott Stanley et Howard Markman), Waite révèle que « les personnes mariées ont des rapports sexuels à la fois plus fréquents et de meilleure qualité que les célibataires. Non seulement elles font l’amour plus souvent, mais elles l’apprécient plus, à la fois physiquement et émotionnellement, que leurs homologues célibataires. Seuls ceux vivant en concubinage font davantage l’amour, mais ils n’en jouissent pas forcément davantage ».

Ce dernier commentaire est basé sur la même enquête pour laquelle on demandait aux hommes et aux femmes de décrire ce que les rapports sexuels avec leurs partenaires leur faisaient ressentir physiquement et émotionnellement. Ceux vivant en concubinage, spécialement les hommes, ont indiqué une satisfaction émotionnelle et physique nettement inférieure que leurs homologues mariés.

Waite pense que le facteur du plaisir est lié à l’engagement. « Une raison est que l’engagement du mariage par lui-même améliore les rapports sexuels », a-t-elle déclaré à Vision. « L’autre raison est que le mariage, avec sa promesse de fidélité sexuelle, motive énormément les gens à trouver ce que leur partenaire aime et à apprendre comment le donner. Si vous aimez quelqu’un, satisfaire cette personne en vaut la peine. Si en plus vous savez que votre vie sexuelle sera avec cette unique personne , la satisfaire augmente les chances d’avoir une vie sexuelle heureuse parce que cette personne va vouloir vous satisfaire. Il existe donc une motivation à développer ce que l’on appelle parfois des compétences propres à une relation. »

Cela marche aussi dans l’autre sens. Waite ajoute : « Il y a toujours des tensions et des sources d’irritations lorsque l’on vit avec quelqu’un d’autre, mais si vous avez une bonne vie sexuelle, cela vous incite à en quelque sorte tenir en équilibre les irritations. »

En plus des recherches effectuées par Waite d’une part et Laumann, Stanley et Markman d’autre part, d’autres études ces dernières années avaient pour but de mieux comprendre les tendances actuelles au niveau des rapports sexuels, du mariage et de la famille. Une étude-clé fut entreprise par Barbara Dafoe Whitehead et David Popenoe de l’université Rutgers du New Jersey. Connue sous le nom de « projet national de mariage », cette étude comporte un bulletin annuel appelé « l’état de nos unions ». Le bulletin de cette année, , fournit des résultats intéressants sur les attitudes des adultes entre 20 et 30 ans vis-à-vis de leurs fréquentations, de la cohabitation, du mariage et de la paternité (ou maternité).

« Qui désire se marier à une âme sœur ? », demandait « l’état de nos unions » de cette année. « Pratiquement tous les jeunes adultes », affirme-t-il. « Aujourd’hui, les jeunes adultes recherchent pour la vie un lien émotionnel et spirituel profond avec une personne. Une majorité écrasante (94 %) de célibataires qui n’ont jamais été mariés reconnaissent que ‘lorsque vous vous mariez, vous souhaitez tout d’abord que votre femme soit votre âme sœur.’ Il n’y a pas de décalage important entre hommes et femmes dans cette réponse ; un nombre élevé et pratiquement identique d’hommes et femmes admettent qu’ils veulent épouser leur âme sœur. »

Bien que l’enquête n’indique pas que les jeunes adultes limitent fréquemment certaines relations à « du sexe sans conditions », elle rapporte qu’ils remettent souvent à plus tard les rapports sexuels lorsque la relation semble être avec une âme sœur potentielle.

 

REBECCA SWEAT et BRIAN ORCHARD


traduit par Gaël Feltracco



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