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 Le dernier des Prophètes : pourquoi parmi les Arabes ?

9/5/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

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Les Prophètes ne sont pas apparus seulement en Arabie. En fait, nous ne connaissons pas tous les Prophètes qui ont été envoyés dans cette région, et encore moins ailleurs. Nous ne connaissons que les noms de 28 d’entre eux (d’Adam à Mohammed), et la Prophétie de 3 d’entre eux est incertaine53. Nous ne savons pas exactement où ils sont apparus. Apparemment, la tombe d’Adam et l’endroit de sa réunion avec Ève serait Djeddah, mais cette information est incertaine. Nous savons qu’Abraham a vécu pendant un certain temps en Anatolie, en Syrie et à Babylone. Le nom de Loth a été associé à Sodome et à Gomorrhe, près de la Mer Morte ; Jéthro (Cho’aïb) à Madian ; Moïse en Égypte ; et les Prophètes Jean et Zacharie dans les pays méditerranéens, qu’ils ont peut-être traversé pour aller en Anatolie, puisque les chrétiens associent Marie et Jésus avec Éphèse. Mais ces associations demeurent, au mieux, des suppositions.

Le dernier des Prophètes : pourquoi parmi les Arabes ?

Pourquoi, après le changement d'Alliance, sont-ce les Arabes qui ont été choisis pour que le Dernier Messager de Dieu soit suscité parmi eux ?

Et pourquoi ce dernier Messager a-t-il été suscité précisément au VIIè siècle de l'ère chrétienne?

Il faut tout d'abord rappeler que bien qu'ayant vocation à l'universalité, il fallait bien que le Dernier message apparaisse en un lieu donné, au milieu d'un peuple donné, afin que ce soit de là qu'il puisse être diffusé.

Maintenant pourquoi ce dernier message a-t-il été suscité chez les Arabes ?

En fait on peut relever différentes raisons à ce choix de Dieu...

1) Les Arabes adnanites étaient eux aussi descendants de Abraham :

C'était dans la descendance de Abraham que, selon l'Alliance faite entre Dieu et le Patriarche, que se manifesteraient désormais les messages destinés à guider l'humanité dans son rapprochement avec Dieu. Or les Arabes adnanites étaient descendants de Abraham, par son fils Ismaël ; Muhammad fait partie d'eux . Et comme certains personnes qui croient en Dieu mais sans avoir croire en la véracité de Muhammad réfutent ce point aussi, nous citons ci-après le propos d'un rabbin qui va dans le même sens que ce que nous dions : "Les arabes descendent, d'après la tradition rabbinique ainsi que d'après la tradition islamique, de Ismaël. Je ne sais pas qui est le rabbin qui a donné une réponse différente et sur quoi il se base. Je ne connais aucune source mettant ceci en doute"(cheela.org, 21513).

2) A la Mecque se trouvait la Kaaba, Sanctuaire dédié à Dieu l'Unique par Abraham et Ismaël :

Abraham et Ismaël avaient bâti le prototype de ce sanctuaire, qu'ils avaient dédié à Dieu l'Unique . Et s'il est vrai que tous les Arabes ne sont pas leurs enfants, c'étaient majoritairement leurs descendants qui peuplaient cette cité de la Mecque et toute la région alentour. Tandis que le Sanctuaire dont le fondement avait été posé par Jacob (celui de Jérusalem) avait été dévasté par les Romains, celui-ci subsistait. Certes, il était souillé par la présence de nombreuses idoles, mais même devenus idolâtres, les Arabes le considéraient toujours comme la Maison de Dieu le Créateur, la divinité suprême.

De même, bien qu'ils étaient devenus au fil du temps dans leur quasi-totalité idolâtres, les Arabes tenaient en très haute estime Abraham et Ismaël, dont le souvenir restait chez eux très présent.

3) Les Arabes : un peuple comparable à une feuille vierge :

3.A) Les Arabes formait un peuple qui n'étaient – pour leur majorité – pas attachés à des Ecritures qu'ils considéraient révélées par Dieu et dont il eût été difficile de leur faire comprendre que certains chapitres avaient subi les assauts des péripéties de leur histoire et / ou devaient être réactualisés pour pouvoir être universalisés (d'après Qassas un-nabiyyîn 5/13). (C'est notamment parce que le message de Jésus introduisait des modifications à certaines règles de la Torah que, du peuple de Jésus même, une grande partie de personnes refusèrent son message.)

3.B) Les Arabes – surtout ceux du Centre de la péninsule – étaient demeurés proches de la simplicité originelle et n'avaient pas développé une mentalité complexe, susceptible d'entraîner une révélation de normes conséquentes.

4) Une région qualifiée de "charnière de l'ancien monde" :

Ce sont Jean et André Sellier qui ont écrit qu'à cette époque ("à la veille de l'islam") la région constituait "la charnière de l'ancien monde" (Atlas des peuples d'Orient, p. 20). En effet :

4.A) L'Arabie était contiguë aux deux plus grandes puissances d'alors, la Perse et Byzance, ce qui lui donnait la possibilité de convaincre les peuples que celles-ci contrôlaient et, par là-même, d'imprimer une marque durable sur une très grande partie du monde (Hujjat ullâh il-bâligha1/343).

4.B) A côté de cela le centre de la Péninsule arabique n'était pas et n'avait jamais été occupé par des puissances étrangères, dont il eût d'abord fallu la libérer pour établir une société souveraine (comme les fils d'Israël avaient dû le faire par rapport à la Judée face aux Séleucides, puis, plus tard, avaient tenté de le faire contre les Romains, sans succès). Hamidullah écrit : "Les chroniqueurs romains disent à propos de l'expédition du général Aellius Gallus (24 av. J.-C.), qui avait conquis Najrân, dans le Yémen, qu'il essaya d'atteindre la Mecque mais ne put y arriver. Les Romains revinrent plusieurs fois, jusqu'au temps de l'empereur Néron (m. 68 chr.), mais toujours sans succès. S'ils poussèrent dans cette direction, c'était probablement pour occuper la route commerciale du pays des produits aromatiques, le Yémen" (Le Prophète de l'islam, sa vie, son oeuvre, 2/736).
Les Arabes du Centre de la Péninsule étaient ainsi demeurés indépendants, et ils étaient farouchement attachés à leur indépendance.

5) Des circonstances favorables au VIIè siècle chrétien :

Au VIIè siècle de l'ère chrétienne, les circonstances étaient telles que la société du Centre de l'Arabie était mûre pour – voire même aspirait à – l'émergence d'une institution fédératrice. Shâh Waliyullâh l'a explicitement écrit (Hujjat ullâh il-bâligha 1/249). André Miquel, parlant de l'Arabie de la période qui précède la venue du Prophète, écrit : "Telle est l'Arabie : à la veille de l'Islam, diront ceux qui voient en son avènement la marque exclusive du génie de Muhammad ; dans l'attente de l'Islam, rectifieront ceux pour qui l'aventure de Muhammad était comme inscrite dans les faits. La vérité est sans doute à mi-chemin : sans Muhammad, les aspirations d'une certaine société arabe ne fussent pas devenues l'Islam ; sans une certaine société arabe, Muhammad eût peut-être prêché l'Islam, mais" n'eût pas réalisé ce qu'il réalisa. "C'est parce qu'il était Muhammad mais aussi, comme on va le voir, fils de ce contexte, que le Prophète de l'Islam a pu mettre en accord un destin personnel, une terre et un message" (L'Islam et sa civilisation, André Miquel, p. 40).

Source:La maison de l'islam 

http://www.maison-islam.com/
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