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 LES SAVANTS MUSULMANS:4) MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS DIVINES

25/4/2011

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك

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Par Bennani Karim Tajeddine

MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS DIVINES

« Le plus grand changement que l’opinion ait produit sur notre globe fut l’établissement de la religion de Mohamed. Ses musulmans, en moins d’un siècle, conquirent un empire plus vaste que l’empire romain. Cette révolution, si grande pour nous, n’est, à la vérité, que comme un atome qui a changé de place dans l’immensité des choses, et dans le nombre innombrable de mondes qui remplissent l’espace ; mais c’est au moins un événement qu’on doit regarder comme une des roues de la machine de l’univers, et comme un effet nécessaire des lois éternelles et immuables: car peut-il arriver quelque chose qui n’ait été déterminé par le Maître de toutes choses? Rien n’est que ce qui doit être. »i (Voltaire)

Assurément, en réaction aux recommandations divines, dès le VIIIe siècle, les fruits de l’arbre, planté sur le terrain de la maîtrise du Patrimoine universel de l’humanité et de son développement, devinrent mûrs et variés. De nombreux témoignages corroborent que les gouvernants ne cessèrent de donner à juste titre l’exemple depuis le commencement de la civilisation en s’impliquant activement en faveur de l’éclosion rapide des sciences. A titre de rappel, quand le Calife Haroun Rachid s’empara d’Ankara ou quand le Calife Al Mamoun remporta la victoire sur l’empereur byzantin Michel III, ils n’exigèrent pas de butin matériel, ni de l’argent périssable ni de l’or. Ils privilégièrent le recours à l’intelligence à la place, à l’imagination créatrice, à la raison et aux savoirs utiles- qui sont la source de tous les trésors- en requérant comme dédommagement de guerre la livraison des manuscrits de l’antiquité !!!

En 832, le calife Al Mamoun fonda une Académie des sciences : la Maison de la Sagesse « Baït al Hikma » à Bagdad. Le modèle de cette institution prestigieuse joua un rôle moteur dans l’approfondissement et la diffusion des connaissances. Son modèle se généralisa dans le monde musulman et déboucha sur le concept d’université. Avec un prodigieux esprit d'ouverture, l'ère de la science commença par un effort systématique d'intégration de l'héritage de toutes les cultures antérieures. Les pionniers de cette réaction en chaîne avaient rentabilisé l’essentiel des manuscrits des savants attitrés du passé. Sachant bien entendu que, quelle que soit la civilisation d’origine, toutes les œuvres humaines produites appartiennent au Patrimoine universel de l’humanité. Les savants musulmans jouèrent un rôle dynamique en faveur de l’évolution de ce Patrimoine dans le temps en y mettant en plus de l’éthique conformément à la recommandation coranique :

« Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. » Coran (3,110)

Pour accélérer le transfert du Patrimoine universel de l’humanité vers le repère propre de la civilisation musulmane, les souverains payaient, en l’équivalent du poids en or, chaque livre traduit. Les multiples encouragements et l’engouement collectif eurent alors pour conséquence de rendre disponible, dès le IXe siècle, la majeure partie des écrits du monde connu en langue arabe. L’un des savants symbolisant ce mouvement remarquable vers la connaissance fut probablement Al Kindi. Il fut l’initiateur d’un vaste mouvement de recherche des textes scientifiques et philosophiques des savants

de l’antiquité. Dans son fihrist (Inventaire), Ibn Al Nadim témoigna qu’Al Kindi fut l’auteur de deux cent quarante et une œuvres traitant brillamment de disciplines polyvalentes. En savant exemplaire, il orienta la stratégie de développement durable des sciences. Il laissa à la postérité une recommandation toujours d’actualité :

« Nous ne devons pas avoir honte d’admirer la vérité et de l’accueillir, d’où qu’elle vienne, même si elle nous vient de générations antérieures et de peuples étrangers. La vérité n’est jamais indigne ; elle ne diminue jamais qui la dit, ni qui la reçoit. Au contraire, la vérité ennoblit. »

Les témoignages de nombre de chercheurs mettent en lumière le bien fondé des quêtes des savoirs entreprises dès le commencement de la civilisation musulmane:

« Les khalifes Al-Mansour, Haroun-Al-Raschid, Al-Mamoun cultivèrent la philosophie, l'astronomie et les mathématiques. Al-Mamoun appela à sa cour beaucoup de savants étrangers, et il fit, à grands frais, traduire en arabe les classiques grecs. Partout la domination arabe répandait les bienfaits de la civilisation. Bagdad, Bassora, Rufa, Cordoue, eurent des écoles et des bibliothèques publiques, où affluaient les hommes avides de s'instruire. L'université de Cordoue jouit longtemps d'une grande célébrité. La bibliothèque de la capitale des émirs d'Espagne fut la plus vaste du monde [...]. Au douzième siècle, on ne compta pas moins de soixante-dix bibliothèques publiques dans les contrées de l'Espagne soumises aux Maures. [...] C'est, dit-on, par les croisades que la science des Arabes fut révélée aux Occidentaux. Mais on exagère ici, évidemment, l'influence des croisades. Car déjà dès le neuvième siècle, par conséquent deux cents ans au moins avant la première croisade, les savants de l'Occident s'étaient trouvés en contact avec les Maures d'Espagne et connaissaient les trésors de l'académie de Cordoue. Au dixième siècle, Gerbert, élu pape sous le nom de Sylvestre II, avait été élevé en Espagne, et avait même appris la langue arabe. [...] Hormis les Arabes et les Grecs, tout le reste de l'Europe était encore plongé dans les ténèbres. »ii (Ferdinand Hoefer)

« Quatre ou cinq siècles durant, l'Islam fut la civilisation la plus brillante de tout l'Ancien Monde. Cet âge d'or va, en gros, du règne du fils d'Harûn al-Rashid, Ma'mûm (813-833) [...] à la mort d'Averroès, le dernier des grands philosophes musulmans [...] en 1198 [...]. A ces étages supérieurs, la civilisation musulmane, en ces siècles d'or, est à la fois une immense réussite scientifique et une relance exceptionnelle de la philosophie antique. Ces réussites ne sont pas les seules (que l'on songe à la littérature), mais elles éclipsent les autres. Science d'abord : c'est la que les « Sarrasins » [...] ont le plus apporté de nouveautés. Rien moins, pour parler bref, que la trigonométrie et l'algèbre (au nom caractéristique). [...] De même pourrait-on faire l'éloge des géographes mathématiciens, des observatoires astronomiques et de leurs instruments [...]. Donnons-leur, bien qu'ils soient des maîtres, non des élèves, de très bonnes notes en optique, en chimie [...], en pharmacie [...]; leur médecine est indéniablement excellente [...]. Sur le terrain philosophique, c'est de reconquête qu'il faudrait parler, d'une reprise pour l'essentiel des thèmes de la philosophie péripatéticienne. L'élan de cette reconquête cependant ne se limite pas à reprendre et

retransmettre- ce qui à soi seul ne serait pas un mince mérite ; cette reprise est aussi prolongation, élucidation, création. »iii (Fernand Braudel)

« Cette civilisation musulmane, maintenant si abaissée, a été autrefois très brillante. Elle a eu des savants et des philosophes. Elle a été, pendant des siècles, la maîtresse de l’occident chrétien. Pourquoi ce qui a été ne serait-il pas encore ? Voilà le point précis sur lequel je voudrais faire porter le débat. Y-a-t il eu réellement une science musulmane, ou du moins une science admise par l’Islam, tolérée par l’Islam ? Il y a dans les faits qu’on allègue une très réelle part de vérité. Oui ; de l’an 775 à peu prés, jusque vers le milieu du XIIIe siècle, c’est-à-dire pendant cinq cent ans environ, il y a eu dans les pays musulmans des savants, des penseurs très distingués. On peut même dire que, pendant ce temps le monde musulman a été supérieur, pour la culture intellectuelle, au monde chrétien. »iv (Ernest Renan)

« Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!... Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] Voyons donc les choses comme elles sont! Les croisades? Une piraterie de grande envergure, et rien de plus! [...] La noblesse allemande est à peu près absente de l’histoire de la culture supérieure: on en devine la cause... Le christianisme, l’alcool - les deux grands moyens de corruption… En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. « Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.» C’est ce qu’a senti, c’est ce qu’a fait ce grand esprit fort, le seul génie parmi les empereurs allemands, Frédéric II [Hohenstauffen]. »v (Friedrich Nietzsche)

« Mon père avait au contraire un grand respect pour les Arabes. Il avait aussi beaucoup d'estime pour leur courage au cours de l'histoire. Avec quelle flamme il m'apprenait, enfant, comment ils avaient été des conquérants inégalés, comment ils avaient soumis le Maghreb, la péninsule Ibérique et même une partie de la Gaule méridionale. Je l'entends encore me conter l'histoire de Schéhérazade, d'Aladin et la lampe merveilleuse, me décrire avec force détails l'épopée de l'empire fameux des Omeyades, du khalife de Bagdad entouré de ses esclaves turcs et berbères... »vi (Philippe de Gaulle)

« Il suffit ici d'évoquer quelques glorieux nom sans équivalent contemporains en Occident : Jabir ibn Haiyan, Al-Kindi, Al-Khwarizmi, Al-Fargani, Al-Razi, Thabit ibn Qurra, al-Battani, Hunain ibn Ishaq, al-Farabi, Ibrahim ibn Sinan, al-Masudi, al-Tabari, Abul Wafa, 'Ali ibn Abbas, Abul Qasim, Ibn al-Jazzar, al-Biruni, Ibn Sina, Ibn Yunus, al-Kashi, Ibn al-Haitham, 'Ali Ibn 'Isa al-Ghazali, al-zarqab, Omar Khayyam.

Une magnifique liste de noms qu'il ne serait pas difficile d'étendre. Si quelqu'un vous dit que le Moyen Age a été scientifiquement stérile, citez-lui seulement ces hommes, qui ont tous brillé dans une courte période, de 750 à 1100 après JC. »vii (George Sarton)


i Remarque pour servir de supplément à l'Essais sur les Mœurs » (1763), dans Œuvres complètes de Voltaire, Voltaire, éd. Moland, 1875, t. 24, chap. IX-De Mahomet, p. 588

ii Histoire de la chimie (1843), Ferdinand Hoefer, éd. Firmin Didot frères, 1866, p. 323

iii Grammaire des civilisations (1963), Fernand Braudel, éd. Flammarion, 2008, p. 128-138

iv Discours et conférences, Ernest Renan, éd. C. Lévy, 1887, L'Islamisme et la Science (conférence prononcée à la Sorbonne, en 1883), préambule, p. 378

v L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2070325571), aphorisme 60, p. 85

vi A propos des auteurs disant que De Gaulle n'aimaient pas les Arabes De Gaulle, mon père, Philippe de Gaulle, éd. Plon, 2004, t. 2, p. 465-466

vii Introduction to the History of Science, George Sarton (trad. Wikiquote), éd. Williams & Wilkins, 1927, p. 27


L'auteur

Bennani Karim Tajeddine est notamment l'auteur en 1993, du livre « Trait d'union » traitant de scénarios d’avenir de la civilisation musulmane. Des publications variées figurent sur les sites : Oumma.com, lacitevirtuelle.com, Islam.leschallenges.com, « Pouvoir Mondial » et Uml.edaama.org. Dans le cadre du Projet international « Aristoth Interreg III B Medocc. Mediterranea Héritage Scientifique Interculturel, ayant eu lieu à Murcia (Sud d'Espagne) de juin 2007 à janvier 2008, sa publication : « L’Imagination créatrice dans le personnalisme musulman », édité en 1997, a été sélectionnée pour représenter l’héritage scientifique des savants musulmans du bassin méditerranéen. Cet article et son résumé ont été traduits en plusieurs langues. Ils sont publiés dans le catalogue espagnol référencié par ISBN : « 978-84-96760-15-8. »

Récemment, le livre : « Une Civilisation Musulmane Universelle » a été publié par les maisons d’édition : « Wallada » au Maroc et « Tawhid » en France. Ce livre recommande un effort évolutif de transformation des pays musulmans dans le cadre d’une civilisation musulmane évolutive dont le but du changement est de tendre vers l’idéal d’« Une civilisation musulmane universelle. » Cette démarche s’inspire des méthodes de la relativité générale d’Einstein ayant permit de transformer rapidement le repère classique dit « Galiléo-Newtonien » en repère extensible évolutif permettant de résoudre les contradictions antérieures. Préalablement, le changement irréversible de mentalités vers des niveaux croissants est nécessaire pour édifier toute civilisation évolutive, car Dieu ne change positivement les conditions des êtres humains que s'ils décident fermement de changer ce qu’il y a en eux-mêmes conformément à Sa Parole :

« Dieu ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes » Coran (13,11)

Le livre « Une Civilisation Musulmane Universelle » est présenté ci-après :

http://www.orientica.com/index.php?publishers_id=6&page=1&sort=3d http://www.culturelang.com/Une_Civilisation_Musulmane_Universelle-Tajedinne_Bennani_Karim-livre_methode-Histoire_civilisations-9521-1_26.html http://books.google.fr/books?id=hXRiUuIR3-MC&pg=PA3&lpg=PA3&dq=civilisation+musulmane+universelle+bennani+karim+tajeddine&source=bl&ots=gGA8_MEd_1&sig=8bejO9cIBcfSi0_wUd43nrcGhUw&hl=fr&ei=MZdOTfHHLImPswb8uayRDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB4Q6AEwAQ#v=onepage&q&f=false http://oumma.com/Une-civilisation-musulmane http://association84alire.free.fr/index.php?cat=48&cats=83 http://www.yawatani.com/civilisation-histoire/

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