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 Transsexualisme: quand la nature se trompe !

28/12/2010


Écrit par Rudy RAHME   

I- Transsexualisme et traitement

 1-    Qu’est-ce que le transsexualisme ?

Le transsexualisme est la situation dans laquelle une personne a la conviction profonde qu'elle possède une identité de genre à l'opposée du sexe anatomique présent à sa naissance. L’identité de genre c’est le sens de l’appartenance à un sexe déterminé non seulement biologiquement mais aussi psychologiquement et socialement.

Bien que le transsexualisme reste aujourd’hui encore une énigme, nous pouvons dire qu’une personne transsexuelle vit une dysharmonie entre son enveloppe charnelle et son identité psychosociale. Il semblerait qu’un transsexuel présente des modifications dans la neuroanatomie associées à des problèmes psychologiques, environnementaux et probablement hormonaux.

 

2-    Traitement :

 a.     psychiatrique :

Pour qu’un transsexuel ait l’autorisation de faire l’intervention chirurgicale il doit passer par un suivi psychiatrique d’au moins 2 ans durant lesquelles un psychiatre doit confirmer le diagnostic de transsexuel en suivant les critères inscrits dans la DSM – IV :

- A. Identification intense et persistante à l’autre sexe. Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe, l’adoption fréquente de conduites où on se fait passer pour l’autre sexe et un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe.

- B. Sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante. Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des symptômes tels   que : vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels primaires et secondaires (ex, demande de traitement hormonal, demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procédés afin de ressembler à l’autre sexe par une modification de ses caractères sexuels apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.

- C. L’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un phénotype hermaphrodite.

- D. L’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

De même le rôle du psy ne se limite pas en pre-operatoire mais doit se prolonger en post opératoire pour aider le sujet a confronté sa nouvelle situation. Malheureusement ce suivi n’a pas lieu dans la vaste majorité des cas. Ce suivi pourtant, serait utile pour juger de la réintégration sociale du transsexuel et de l'amélioration de son bien-être.

b.     Hormonal

Faute de trouver des traitements psychothérapiques efficaces, les spécialistes tentent d’accorder au mieux le corps anatomiquement sexué au vécu psychique par recours à l’hormonothérapie et la chirurgie.

Le traitement hormonal  peut être administré en pre-pubere pour empêcher l’apparition des caractères sexuels et qui sont source de dépression chez les transsexuels. Cette dépression est liée au refus du corps qui est dans la définition même d’un transsexuel. En plus ce traitement facilite une éventuelle intervention chirurgicale ultérieure. A noter que ce traitement est encore soumis a des restrictions d’ordre éthiques très importantes.

De même le traitement hormonal peut être administré  pour une durée d’à peu près 1 an ou 1 an et demi avant l’intervention chirurgicale. Il permet l’apparition des caractères sexuels secondaires alors que la chirurgie ne permet d’avoir que les caractères sexuels primaires.  Il permet aussi de modifier la voix.

 c.     Chirurgical

1-     Conditions :

-         Suivi psychiatrique de 2 ans

-         Le patient doit être très motivé pour pouvoir confronter l’opération et la réhabilitation sociale.

-         Le patient doit être stable mentalement car la chirurgie est irréversible.

-         Les miracles ne doivent pas être promis ni expectés.

 

2-     les techniques :

a- Femme à Homme:

Plusieurs transsexuels commencent leur cheminement opératoire par l'ablation des seins et l'hystérectomie. La prise d'hormones peut coïncider avec la chirurgie ou non, tout dépendant du médecin qui fait l'opération. Bien souvent par contre, l'hormonothérapie a déjà été entamée.

En ce qui concerne la construction du pénis, différents médecins utilisent différentes méthodes. Le pénis lui-même sera construit à partir de la peau provenant de l'avant-bras, de l'intérieur de la cuisse, ou du grand fessier; tous des endroits où la peau est la plus lisse. Ils vont prendre par la suite soit une veine pour créer l'urètre  soit un tube synthétique. Le mécanisme pour obtenir l'érection peut varier selon la méthode chirurgicale; c'est-à-dire, il y a la méthode pneumatique et la méthode d'implants de silicone. Pour la méthode pneumatique, le chirurgien installe donc des tubes longitudinaux pneumatiques, qui peuvent être activés via une pompe située dans le bas de l'abdomen, ou par une pompe que l'on rattache au pénis. Dans les deux cas, la personne doit remplir d'air le pénis avant la relation sexuelle afin de causer une érection. Pour la méthode de silicone, le chirurgien installe des corps de silicone pour remplacer les corps caverneux, ce qui fait en sorte que le pénis est toujours semi-rigide, et donc prêt pour la pénétration.

Dans tous les cas de chirurgie qui impliquent le changement de sexe, la personne ne peut obtenir un appareil génital qui fonctionne comme celui d'origine masculine, mais la chirurgie actuelle s'en rapproche.

b- Homme à Femme :

Pour une vaginoplastie, on vide la verge et on la retourne comme un doigt de gant; c’est elle qui sert à faire le vagin. Les bourses sont utilisées pour fabriquer les petites et les grandes lèvres. Ces organes, bien que transformés, transmettent toujours le même signal au cerveau au moment du rapport sexuel.

Pour les seins, les hormones sont souvent insuffisantes pour donner à l’homme des seins à caractères féminins. Et donc la plupart ont recours aux prothèses mammaires

3-     Les résultats post-opératoires :

a.       Une érection est possible par une prothèse gonflable

b.      Une éjaculation est impossible car l'éjaculation est un réflexe neuromusculaire qui ne peut être recréé lors de la chirurgie.

c.       Une grossesse est impossible

d.      Les menstruations sont absentes

e.       Les orgasmes sont possibles

II- Bioéthique :

1-     Les problèmes éthiques qui se posent :

Toute la philosophie et la complexité du problème éthique du transsexualisme se trouvent confiné dans cette citation de C. Chiland :            

« Un traitement étrange qui consiste à effectuer une mutilation, à transformer un organisme sain en un organisme malade nécessitant un traitement hormonal permanent de substitution, un corps normalement sexué en un corps intersexué, ne se justifie médicalement que si le sujet est amélioré dans sa santé psychique faute d’être amélioré dans sa santé physique, et qu’on n’ait pas trouvé de meilleur moyen d’y parvenir. »

 

La possibilité technique de répondre à la demande de changement de sexe a ouvert un débat quant à la légitimité et à l’utilité de la réalisation de cette demande. Des arguments diagnostiques, psychologiques et médicaux, moraux et éthiques ont été avancés pour et contre. Le traitement hormono-chirurgical se retrouve donc confronté à d’importantes difficultés et restrictions éthiques. Notamment au niveau médical, le médecin est « confronté à un choix non conforme à sa pratique, celui de répondre positivement à une demande procédant d’une conviction du sujet en contradiction avec le constat objectif du sexe bio-anatomique de celui-ci. »

            En effet, « Mon corps est une erreur de la nature » déclarent les transsexuels. « Denier son sexe est pathologique » répondent les psychiatres.

 

Les transsexuels sont-ils donc malades ? Et dans l’affirmative, de quoi souffrent-ils ? Si la demande transsexuelle est de l'ordre du délire, y répondre est alors illégitime. Mais dans le cas contraire, s'opposer au traitement hormono-chirurgical constitue une non-assistance à personne en danger.

De même, le transsexualisme étant considéré comme une dysphorie de genre, et donc comme un trouble mental on pourrait se demander pourquoi ne pas intervenir sur le psychisme du sujet afin de l’amener à accepter et reconnaître son corps. Mais comment un psychologue peut-il aider des patients qui n’ont d’espoir que dans la modification réelle de leur anatomie ? En d’autres termes, la psychothérapie est difficile de part le fonctionnement de personnes qui veulent selon Chiland que « tout se joue sur la scène corporelle et rien sur la scène psychique ».

 

Ceci dit, reste les problèmes éthiques d’ordre social mais aussi juridique tout aussi importants.  Un transsexuel a-t-il le droit de se marier ? Un transsexuel peut-il adopter un enfant ? Sera-t-il accepté par la société ? Aura-t-il une place dans le monde professionnel ? Pourra-t-il changer la mention du sexe sur son extrait d’état civil ?

Quoi qu’il en soit :

"Ne pas rire, ne pas juger, ne pas maudire, mais comprendre!"

2-     Point de vue de l’église :

La congrégation doctrinale du Vatican a envoyé en 2000 à ses représentants dans le monde un document confidentiel concernant les transsexuels. Il y est inscrit qu’un sujet qui subit l’opération de changement de sexe est toujours considéré selon son genre de naissance et l’église refuse de changer la mention de genre sur les documents tel le certificat de baptême. En plus, ces sujets n’ont pas le droit de se marier. De même un prêtre qui a subit ce changement demeure prêtre, et une femme qui a subit l’opération n’a toujours pas le droit de devenir prêtre. Ce même document a été fait public en 2002.

Ce document comporte plusieurs points dont :

-               l’intervention peut être acceptée moralement dans certains cas extrêmes s’il existe une probabilité médicale de « cure » des conflits psychiques.

-               Les autorités religieuses administratives supérieures ont la possibilité d’expulser de la communauté une personne qui a subit l’intervention chirurgicale. Cependant si cette personne est religieuse un procès s’impose

-               S’il existe un prêtre transsexuel, il lui sera recommandé une aide spirituelle et psychiatrique. Il pourra continuer à exercer ses fonctions à condition que ceci ne cause un scandale.

-               Une personne qui a subi ce changement n’est pas apte à entrer dans la vie religieuse puisqu’elle est instable mentalement.

-               Une personne qui a subi l’opération ne peut plus se marier puisqu’aux yeux de l’église elle sera en train de se marier avec une personne du même genre.

-               L’église affirme la validité d’un mariage même si un des 2 mariés subit l’opération  de changement de genre.

3-     Point de vue de l’islam :

Le Coran ne mentionne pas les transsexuels. L’islam refuse catégoriquement les interventions chirurgicales visant à changer le sexe.

Cependant en Iran, pays islamique, les opérations  se font plus fréquemment qu’en Europe. En effet, Hojatulislam Kariminia a affirmé ceci dans son interview avec la BBC. Et comme référence il montra un livre datant de 41 ans écrit par Ayatollah Khomeiny et qui traite des problèmes posés par les nouvelles techniques en médecine tel la transsexualité. Dans ce livre, Ayatollah Khomeiny affirme que le droit au changement de sexe est un droit humain et ainsi l’accepte. De même il est possible de changer la mention de genre sur les papiers officiels en Iran.  

4-     Problèmes juridiques :

    Le changement de la mention du sexe sur l'extrait d'état civil est refusé principalement pour les deux causes suivantes:

-  Même après l’opération, le changement chromosomique n’a pas eu lieu.

- L'affaire est considéré comme une question d'ordre publique: ceci signifie que cette procédure est refusé par la société.

En France, depuis 1992, il y a acceptation du changement civil suite à 4 conditions bien définies:

1) Que le transsexualisme soit médicalement reconnu à la suite d’une expertise judiciaire.

2) Que le juge ne reçoit une demande de modification de l’état civil pour cause de transsexualisme qu’après la réalisation des opérations de conversion sexuelle. C.à.d on ne peut pas entamer un procès qu’après avoir subi l’intervention chirurgicale.

3) Que la personne transsexuelle ait une apparence physique le rapprochant du sexe qu’il revendique.

4) Que l’intéressé ait un comportement social conforme au sexe qu’il revendique.

III- Conclusion

Tu te sens clairement un garçon et tu as des seins, des règles…Tu te sens clairement une fille et des poils recouvrent ton corps et ta voix mue…

Tu es seul, vulnérable, isolé. La société te rejette. Elle te juge facilement, elle parle peu de tes souffrances, elle te connaît encore moins.

Tu  vis dans l'ombre mais on te croit libre parce que tu pars, parce que tu te promènes.

Non ceci n’est pas un cauchemar, c’est la réalité amère des personnes transsexuelles.

Ces personnes vivent dans la souffrance. L’état actuel de la médecine pourrait soulager ces sujets. Mais à quel prix? La médecine peut-elle se permettre de manipuler le corps humain sans aucune restriction? Peut-elle se permettre de bouleverser si profondément l’ordre naturel de division entre homme et femme ? 

Le débat est encore jeune et les conclusions ne sont pas encore prêtes à arriver. Mais dans l'absence de tout autre traitement efficace, un transsexuel doit-il supporter son fardeau seul face à une société cruelle et intolérante?

En attendant la délivrance et les cris que peut jeter l’aube à la nuit, rêver l’impossible et porter le chagrin des déceptions, tel est leur destin…


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