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 Conduite à tenir face à la mort

7/6/2015

 

1- Pendant l’agonie

 

A) On doit orienter le mourant vers la Mecque : - soit en le couchant sur le côté droit, le visage tourné vers la Mecque. - soit, si celà, n’est pas possible, en le couchant sur le dos, le visage face à la Mecque.

B) On doit lui rappeler - en la lui répétant - la SHAHADA, afin que les dernières paroles qu’il sera amené à prononcer soient la profession de foi. (1)

Mais il convient de le faire d’une façon modérée, afin de ne pas affoler outre mesure le mourant. Ces instants doivent se dérouler dans la sérénité pour lui.

C) Auprès du mourant doit se trouver, de préférence, un membre de sa famille, le plus proche, le plus digne de confiance et le plus discret, qui aura la mission de lui rappeler Dieu, et de l’inciter au repentir.

 

D) Les femmes impures (menstruées ou autres cas d’impureté) et tout ce qui est de nature à éloigner les Anges, seront éloignés du mourant.

E) Des prières et de la récitation du Coran, notamment la sourate “Yassin” (2) doivent avoir lieu pour le mourant. Cette récitation doit également être assez discrète, toujours pour ne pas inquiéter le mourant. (3)

Hadiths :

Le prophète (pbsl) a dit :

(1) “ Quelqu’un est venu près de moi de la part du Seigneur et m’a donné la bonne nouvelle : Que celui de mon peuple qui, au moment de sa mort, ne commettrait pas le pêché de polythéisme, entrerait au Paradis. ”

(2) “ Récitez “Yassin” à l’intention de vos morts.  

(3) “ Lorsque vous vous trouvez auprès d’un malade ou d’un mort, ne dites que du bien, car les Anges appuient ce que vous dites. ”

2- Lorsque survient la mort

 A- Doivent toujours être tenues éloignées les femmes menstruées et les choses pouvant être impures.

B-Cesser alors la récitation du Coran.

C- Fermer les yeux du mort (1) et lui attacher la machoire avec un linge noué sur la tête ou une serviette sous le menton, de façon à empêcher que la machoire reste ouverte.

D- Poser, sur le ventre du mort, un objet convenable pour l’empêcher d’enfler.

E- Si possible, “assouplir” les articulations, pour éviter le raidissement des membres, en repliant et dépliant ceux-ci, doucement, avec le respect dû à une Créature de Dieu. Cela facilitera ensuite la toilette, à laquelle il sera procédé aussi rapidement que possible.

F- Déshabiller le mort et le couvrir entièrement d’un drap, ou au moins, ses parties intimes.

G-Il faut régler sans délai toutes les dettes connues du mort.

H-Il faut également informé les gens de sa mort, sans cri ni lamentation. On doit recevoir cette nouvelle avec dignité . (2)

Hadiths :

(1) On prête au Prophète (pbsl) ces paroles : “Quand l’âme quitte le corps, le moribond la suit du regard”.

(2) ”Le mort souffre des cris et lamentations que le vivant pousse à son égard”.

“Je me dégage de toute femme qui pousse des cris, s’arrache les cheveux, se déchire les habits”.

(3) A l’occasion de la mort de son fils Ibrahim, le Prophète (pbsl) a dit : “Les yeux versent des larmes, le coeur est gros, mais nous ne disons rien qui offense Dieu. Nous sommes bien affligés de ta perte Ibrahim”.

Anas rapporte que le Prophète (pbsl) a dit : “La vraie résignation est celle qui se manifeste au premier choc”.

Omar a dit :

“Quelles seront magnifiques les deux choses qui se font contrepoids et aussi celle qui sera placée par dessus, pour récompenser ceux qui, lorsqu’un malheur les atteint, s’écrient :

“Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous retournerons”. C’est sur ceux-là que s’étendent les bénédictions du Seigneur et Sa miséricorde.Ceux-là sont sur la bonne voie”. (sourate “La Vache” 2, versets 156/157.)

“Cherchez une assistance dans la patience et la prière ; il est vrai que c’est une grande chose, sauf pour ceux qui craignent, ceux qui sont sûrs de rencontrer Leur Seigneur”. (sourate “La Vache” 2, versets 45/46.)

3- Sur la toilette mortuaire

 

A- La toilette des morts est une tradition qui remonte à Adam. Pour ce qui concerne plus précisément les Musulmans, il s’agit d’une obligation collective ; c’est un devoir que chaque musulman et/ ou musulmane doit à son frère et/ou à sa soeur.

Une fois cette obligation assumée par l’un quelconque des membres de la Communauté, toute la Communauté est déchargée.

B- La personne la plus qualifiée pour effectuer la toilette mortuaire est, dans l’ordre :

- lorsqu’il s’agit d’un homme : le légataire, le père, le grand-père, puis, de proche en proches dans les parents paternels, puis dans les parents maternels.

- lorsqu’il s’agit d’une femme : la mère, la grand-mère, et, de proche en proche parmi ses parentes.

Il est permis à la femme de laver son mari et au mari de laver son épouse.

Si le mort est un jeune garçon non pubère, il est permis à une femme de le laver ; s’il s’agit d’une fille non pubère, il est permis à un homme de la laver.

Enfin, si une femme meurt seule parmi des hommes, en l’absence de son mari, ceux-ci peuvent la laver à sec (Tayamum), à travers une étoffe pour ne pas la toucher ; il en est de même si un homme meurt seul dans un groupe de femmes dont aucune n’est son épouse.

C- Celui ou celle qui se charge de la toilette du mort doit être musulman, adulte et conscient. Il doit être en état d’ablution.

Il n’est pas besoin pour celui ou celle qui vient de faire une toilette de refaire son ablution sauf s’il a été éclaboussé par des déjections ou de l’eau sale.

Hadith :

“ Le contact du musulman ne souille jamais”.

Celui qui se charge de cette toilette doit prendre volontairement la décision d’accomplir ce lavage. Il doit être digne de confiance, honnête et savoir accomplir correctement cette purificatiopn selon la Sunna.

Il doit se montrer discret et ne pas dévoiler à quiconque ce qu’il pourrait être amené à découvrir à cette occasion : il doit même dissimuler les imperfections qu’il peut découvrir.

D- Le lavage du mort est un devoir qui doit être accompli gratuitement.

E- Tous les musulmans doivent être lavés (purifiés)à leur mort, à l’exception de :

- l’enfant mort-né (dont on n’a pas entendu le vagissement) ou avorté (foetus).L’enfant qui a vagi recevra un nom et sera lavé.

Hadiths :

Le Prophète (pbsl) donna l’ordre d’enterrer deux par deux les morts à Ohod, dans le même linceul. Puis il s’enquit de celui qui savait le plus de Coran et le fit placer le premier dans la tombe. Puis il dit : “Je témoignerai pour ces braves au Jour de la Résurection”.” Il avait ordonné qu’on les ensevelit couvert du sang de leurs blessures, sans les avoir lavés. Il ne fit pas de prière sur eux .

“Quand le musulman, meurt, jeûne ou âgé, on doit le laver, même si son corps n’est pas entier. Seul le martyr tombé sur le champ de bataille de la main d’un infidèle n’est pas lavé”.

“Ne les lavez pas. Toute blessure, toute goutte de sang exhalera un parfum de musc au Jour de la Résurection !”

F- Le pélerin doit être lavé, mais -comme on le verra plus loin- sans utiliser de substance odoriférante.

Sa tête sera laissée découverte en état de sacralisation, son habit de pélerin lui sert de linceul.

Hadith :

Un homme en état d’Ihram eut le cou brisé à la suite d’une chûte de sa monture, alors que nous étions avec le Prophète (pbsl). Celui-ci dit : “Lavez-le avec de l’eau de Lotus, ensevelissez-le dans deux pièeces d’étoffe, mais, ne le frottez pas de parfum ni ne lui couvrez pas la tête, car, au Jour du Jugement dernier, il ressucitera en criant “Labaïka” . (rapporté par Abbas 

Celui qui se charge de la toilette doit observer le plus grand respect pour la dépouille du défunt, agir avec la plus extrême pudeur et observer le silence.

Il lui est recommandé d’invoquer Dieu en faveur du mort pendant qu’il exécute la toilette mortuaire et de se garder de tout bavardage inutile.

4- Exécution de la toilette mortuaire :

Il est à préciser que cette toilette doit être exécuté, non seulement dans le respect le plus absolu du mort, mais encore avec la plus grande douceur, afin de n’occasionner aucune souffrance au corps du défunt. Il est d’ailleurs recommandé d’utiliser de l’eau tiède pour ces mêmes raisons.

Avant de commencer le lavage :

- Etendre le défunt (sur une table ou sur un banc) et lui recouvrir les parties intimes (du nombril aux genoux) 

- Essuyer le corps pour débarrasser de toute impureté extérieure avec un linge propre ;

- Ne pas couper les ongles, ni les cheveux, ni la barbe ;

- S’il s’agit d’une femme enceinte, presser légèrement son ventre.

- Puis, pratiquer un lavage des parties intimes (Istinja) en faisant couler de l’eau, mais sans découvrir lesdites parties intimes et en passant sous le drap qui les recouvre avec un gant ou un linge enroulé autour de la main ;

- Effectuer la petite ablution , en prenant soin de ne pas faire couler l’eau dans la bouche ni dans le nez du défunt, mais passer un ou deux doigts humides sur les dents et dans les narines ;

- Ensuite, effectuer la grande ablution , en respectant l’ordre chronologique et en commençant par le côté droit ;

- Enfin, on procède au lavage rituel du corps en utilisant du savon, en suivant l’ordre :

1. Laver d’abord la tête et la barbe ; on fera deux ou trois tresses aux femmes ; 2. Laver le visage ; 3. Laver le côté droit du corps, en le tournant sur son côté gauche ; 4. Puis laver le côté gauche du corps, en le tournant sur son côté droit.

Ce lavage a lieu en tant qu’obligation rituelle, une seule fois. Mais, selon la Sunna, il nous est recommandé de répéter ce dernier lavage autant de fois que nécessaire jusqu’à cinq ou sept fois, et de préférence un nombre impair de fois. Cependant, s’il sort encore des impuretés du corps, il suffit alors de les nettoyer, mais on n’a pas à refaire l’ablution.

Dans la dernière eau, il est recommandé de mettre une substance odoriférante (du camphre par exemple).

Lorsque le lavage est terminé, il est recommandé de bien sécher le corps avec un linge, de parfumer la tête, le visage et les points d’appui de la prosternation de la prière avec du camphre.

Um Attiya a rapporté que le Prophète (pbsl) entra tandis qu’on lavait le corps de sa fille. Il dit : “Lavez-la trois ou cinq fois, ou un nombre plus considérable de fois si nécessaire, avec de l’eau et du “lotus”. Au dernier lavage, mettez du camphre dans l’eau, puis, quand vous aurez terminé, appelez-moi ”. Et alors, il donna son voile (qu’il portait), en disant : “Recouvrez l’en !” (rapporté par Boukhari)

Selon un autre version :

“Lavez-la un nombre de fois impair, trois, cinq ou sept fois. Commencez par les membres du côté droit et par les parties qu’on lave dans l’ablution”. (rapporté par Boukhari)

Um Attiya a rapporté : “Nous tressâmes les cheveux de la fille du Prophète (pbsl).” ( Elle entendait par là en trois nattes).(rapporté par Boukhari)

Selon un autre version :

“Nous tressâmes les cheveux de la morte en trois nattes que nous rejetâmes en arrière”.(rapporté par Boukhari)

Selon un autre version, Um Attiya a rapporté qu’elle est ses compagnes avaient divisé en trois tresses les cheveux de la fille du Prophète. Elles les avaient d’abord rebroussés, puis lavés et qu’enfin, elles les avaient partagés en trois nattes qu’elles avaient rejeté en arrière.(rapporté par Boukhari)

Enfin, lorsque le lavage est terminé et que le corps du défunt a été bien séché, on procède à l’enveloppement du mort dans le linceul.

5- L’enveloppement du mort :

Après avoir terminé le lavage rituel, avoir bien séché le corps du défunt et avoir parfumé les points d’appui de la prière, on eveloppe celui-ci dans des pièces d’étoffe, qui diffèrent selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme.

Il est recommandé d’utiliser de préférence un tissu de simple coton blanc, ainsi qu’il résulte des hadiths.

Citons Ibn Abbâs qui a rapporté que le Prophète (pbsl) a dit :

“Portez des vêtements blancs, car ils sont vos meilleurs habits et ensevelissez-en vos morts”. (rapporté par Abu Dâwûd-Thirmidi)

Pour procéder à l’enveloppement du défunt, on superpose l’ensemble des pièces de tissus bien à plat, en commençant par poser celle qui terminera l’enveloppement (appelé Ifafah).

Pour l’homme, il est recommandé d’utiliser trois pièces de tissus ; voici l’ordre dans lequel il convient de les préparer :

L’ifafah : suaire qui est plus grand que l’izaar, et qui termine l’enveloppement ;

L’izaar : un drap qui doit être plus grand, en hauteur, que le défunt ;

Le qamis : longue étoffe posée en double, coupée en haut pour passer la tête, ayant ainsi la forme d’une chemise. C’est par cette pièce que commence l’enveloppement du défunt.

Pour la femme, il est recommandé d’utiliser cinq pièces de tissu qu’il convient de préparer dans l’ordre suivant :

L’ifafah : suaire comme pour l’homme, qui termine l’enveloppement ;

Sina band : bandage pour la poitrine et le corps ;

L’izaar : un drap qui doit dépasser la hauteur du corps ;

L’orni : voile de tête (appelé également khimar) ;

Le qamis : longue étoffe pliée en deux, coupée en haut pour passer la tête, ayant, comme pour l’homme, la forme d’une chemise. C’est par cette pièce que commence l’enveloppement de la défunte.

Pour l’enfant, on utilise de une à trois pièces si l’on veut.

Après avoir préparé, en superposition, l’ensemble de ces pièces dans l’ordre ci-dessus, on remonte l’une des épaisseurs du qamis jusqu’en haut de l’ouverture pratiquée pour passer la tête.

Lorsqu’on a déposé le corps du défunt sur les pièces du tissu ainsi préparées, il suffit de paser la tête dans l’ouverture et recouvrir le corps avec la partie du qamis qui a été relevée, afin d’en faire une sorte de chemise.

Ensuite, on procède à l’enveloppement du corps avec les pièces d’étoffes dans l’ordre où elles se présentent, c’est-à-dire :

- en rabattant l’izaar sur le défunt, d’abord le côté gauche, puis le côté droit ,

- enfin, en rabattant l’ififah, d’abord le côté gauche, puis le côté droit .

Pour terminer, on attache ce dernier aux pieds et à la tête pour le fermer.

De même pour la femme, il suffit d’ajouter à ce qui précède, après avoir rabattu le qamis, une bande autour de la poitrine et de mettre le khimar tel qu’il est porté habituellement et de terminer l’enveloppement comme pour l’homme.

Si l’on ne dispose pas de toutes les étoffes recommandées pour l’enveloppement du défunt, on peut se suffire de ce dont on dispose, en enveloppant cependant tout le corps du défunt.

 

On nous rapporte ces paroles de Abd ar Rahmân ibn Awf :

 

Mus’ab ben Umaîr a été tué. Il valait mieux que moi. Cependant il a été enseveli dans un manteau tel que, si on voulait couvrir la tête, les pieds restaient découverts, et que si l’on voulait couvrir lespieds, la tête restait découverte.

 

On nous rapporte qu’à cette occasion, le Prophète (pbsl) donna alors l’ordre de couvrir la tête et de recouvrir les pieds avec des tiges d’une plante (sorte de jonc) (Boukhari)

 

Ibn Kathir cite, dans son Commentaire du Coran les propos de Abdul Aziz ben Abû Hazem qui rapporte que, lorsque son père fut à l’agonie, il demanda qu’on lui apporte son linceul dans lequel il sera enseveli. En le prenant, il s’écria : “Ma part de ce monde ne sera que cette pièce de tissu ! Il tourna le dos en pleurant et dit encore : Fi ! Quelle vie mondaine ! Tout ce que contient ce bas monde est peu de chose et ce peu de chose n’est qu’éphémère. Quant à nous, nous nous sommes leurrés.”

 

On nous rapporte que :

 

Du vivant du Prophète (pbsl) un musulman avait eu l’idée de préparer son linceul et qu’il n’avait rien trouvé à redire à cela .(Boukhari)

 

En ce qui concerne le Prophète (pbsl) , on nous rapporte que :

 

Il fut enseveli dans trois étoffes de coton blanc de Sahûl (Yémen), parmi lesquelles ne figuraient ni chemise, ni turban. (Boukhari- Muslim)

 

El Hassan a dit que le Prophète (pbsl) avait ordonné que :

 

Le corps de la femme soit étroitement serré dans son linceul et non seulement drapé . (Boukhari)

 

Extrait du livre à paraître de Malika Dif sur la Maladie en Islam.

 




 
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