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 L’histoire de la Révélation du Coran

30/10/2013

 


Nous sommes au mois de Ramadan de l’an 610. Le futur Prophètede l’islam, Mohamed (Paix Soit Sur Lui), a pris l’habitude de s’isoler pour méditeret chercher la voie de Dieu, dans une caverne proche de la Mecque, sur le mont Hira.Plusieurs semaines passent. Et puis, la nuit qui précède le 27 èmejour du mois, soudain, une apparition : un être de lumière.

Ecoutons le 1er récit du Prophète Mohammad (SAW) lui-même: “Il m’appritqu’il était l’ange Gabriel, que Dieu l’avait envoyé pour m’annoncerqu’il m’avait choisi pour son messager L’ange m’apprit à faire mes ablutions,et lorsque je revins le corps purifié, il me demanda de lire. Je répondis: “ Je ne sais pas lire “. Il me prit dans ses bras et me serra très fort,et me laissant ensuite, il me demanda encore une fois de lire. Je lui dis “Mais jene sais lire”. Il me serra de nouveau et plus fort, puis me demanda de lire, et jerépondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras pour la troisièmefois et m’ayant serré encore plus fort qu’avant, il me lâcha et dit:
“Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Qui a créé l’hommed’une adhérence. Lis ! Car ton Seigneur est le Très-Généreux,Qui a enseigné par le calame, Qui a enseigné à l’homme ce qu’ilignorait”
Et Gabriel s’en fut, laissant Mohammad (SAW) en état de choc.
L’événement marque pour lui le début de la Prophétie,à 40 ans. Mais il devra attendre trois longues années avant que denouveau la révélation divine le touche. Car il s’agit bien, comme sonrécit en témoigne, d’une révélation et non d’une simpleinspiration d’écrivain. Le Coran, tout comme les autres textes sacrésreconnus comme tels (la Torah et ‘Evangile par exemple) est “révélé”en ce sens précis qu’il est comme dicté mot à mot au ProphèteMohammad (SAW), qui doit restituer fidèlement le message divin à sonPeuple.
Après trois ans de silence donc, les révélations reprennent,et s’étaleront dans le temps sur les vingt dernières annéesde Mohammad (SAW), dont les dix dernières se dérouleront à Medine.En effet, le Coran n’apparaîtra pas soudain d’un bloc, construit et définitif.Mais il se révèlera aux hommes par fragments, au gré des circonstances,apportant tel éclaircissement ou telle voie à suivre lorsque le besoind’être guidé se fera sentir.
Pour autant, les lecteurs du Coran savent que celui-ci n’est pas une suite de versetssans queue ni tête, mais au contraire un ensemble homogène de 114 sourates.L’explication de ce mystère nous est donnée dans le Coran lui-même“Nous avons fragmenté le Coran pour que tu ne le récites aux hommesque peu à peu, mais certes nous l’avons révélé”. (sourate17, verset 107)
Mohammad (SAW) qui ne savait ni lire ni écrire, insiste d’abord auprèsde ses compagnons pour que les versets soient appris par coeur au fur et àmesure des révélations : on les récitera aux prièresliturgiques. En particulier, le Prophète Mohammad (SAW) a pris l’habitude,durant le mois de Ramadan, de réciter la totalité du Coran alors connue,lors de prières supplémentaires, les prières du Tarawih. Sousla surveillance de Gabriel, la mémoire de Mohammad (SAW) devenait “plus fécondeque le vent portant la pluie”.
Et pendant le dernier Ramadan de Mohammad (SAW), Gabriel lui fera réciterpar deux fois la totalité du Coran, lui signifiant ainsi doublement l’achèvementde sa mission et sa mort prochaine. La tradition d’apprendre le Coran par coeur estdonc bien ancrée dans le coeur des musulmans.
Mais les compagnons lettrés prennent également l’habitude de noterles versets par écrit. A partir de quelle date exactement, on ne le sait.Toujours est-il que cinq ans après la première révélation,des traces écrites existent déjà. Et de cela on en est sûr,car c’est à cette époque que le futur Calife Omar, séduit parla lecture de la sourate 20, se convertit à l’islam.
Cette transcription du Coran, alors qu’à cette époque, n’existe parécrit en langue arabe qu’un petit nombre de poèmes, trouve somme touteson bien fondé dans le fait que la première révélationparle déjà de l’importance de l’écrit, de l’enseignement parle calame.
Tout comme le Prophète (SAW) faisait réciter ses Compagnons, il dicteaux scribes les versets, faute de papier (il n’est pas encore inventé) tousles matériaux sont bons : morceaux de parchemin, cuir tanné, tablettesde bois, omoplates de chameaux, morceaux de poterie, nervures médianes desdattiers... Au fur et à mesure, les versets, comme un puzzle s’agenceront,le Prophète Mohammad (SAW) précisant l’emplacement des versets dansles sourates, et des sourates dans l’ensemble du Livre. En effet, si quelquefois,toute une sourate fut révélée d’un coup, à d’autres occasions,les fragments d’un même chapitre vinrent avec des intervalles, à d’autresencore, plusieurs sourates étaient commencées simultanémentet se poursuivaient avec des interruptions.
Par le double contrôle oral et écrit, le Prophète (SAW) s’assurede la conservation de l’intégrité du texte. Les mémoires défaillantespeuvent s’appuyer sur un texte écrit, et dans l’autre sens, les erreurs decopie sont corrigés grâce à la mémorisation du texte.
Ainsi, pas un iota du texte sacré ne pourra être modifié parerreur.
Lorsque le Prophète Mohammad (SAW) quitte ce monde, plusieurs Compagnons ontla chance d’avoir retenu par coeur la totalité des versets. Par contre, iln’existe pas de texte complet du Coran. Sur le coup, personne ne s’en émeutoutre mesure. La bataille de Yamâma va faire prendre conscience de ce manque.
Là, cinq cents d’un groupe de trois mille musulmans de la premièreheure et comptant parmi les plus connaisseurs du Coran, trouvent la mort. Omar prendalors conscience du danger et s’en va trouver le Calife Abou-Bakar.
“Les compagnons de l’Envoyé de Dieu tombent à Yamâma àla façon de papillons dans le feu, et je crains qu’ils le fassent toujourss’ils rencontraient une occasion pareille de se faire tuer, cependant qu’ils sontles porteurs du Coran. Ainsi le Coran sera perdu et oublié. Si tu le réunissaiset le faisais écrire?”
Pendant les dernières années de sa vie, le Prophète (SAW) employaitde manière officielle des secrétaires, les uns pour les tâchescourantes, d’autres pour la transcription de la révélation coranique.Le jeune Zaïd ibn Thâbit faisait partie de ce groupe. Il étaitmême devenu le scribe principal de Mohammad (SAW) et comptait parmi les personnesqui connaissaient la totalité du Coran par coeur.
Tout naturellement, le Calife Abou-Bakar le chargera donc de réunir le Corandans son ensemble. Mais le Calife, avec le scrupule qui le caractérise, tientà ce que les précautions soient prises : pour chaque verset, Zaïddevra trouver au moins deux témoignages écrits, avant de l’incluredans la copie définitive. Et le calife demandera aux habitants de Médined’apporter les fragments écrits qu’ils possèdent. Sur la totalitédu Coran, la Tradition nous apprend que seuls deux versets ne se trouvèrentpar écrit que chez une seule personne. Cette copie appelée Mushaf (feuillesréunies), sera conservée par le Calife Abou-Bakar et après luipar son successeur Omar.

Pendant ce temps, l’enseignement du Coran est encouragé dans tout l’empiremusulman, qui ne cesse de s’accroître. Omar, toujours perspicace, entrevoitle besoin d’envoyer des copies du Mushaf dans les principaux centres, afin d’évitertout risque de déviation, et d'erreurs de prononciation dans les pays non-arabes.Mais il n’en aura pas le temps, et c’est le troisième Calife Osman qui s’enchargera.
Il demandera à une commission présidée par le même Zaïdibn Thâbit d’établir sept copies à partir du Mushaf, en autorisantla révision de l’orthographe dans le sens d’une plus grande lisibilitédu texte, en particulier pour les non arabophones.
Après lecture publique de la nouvelle édition devant les savants duCoran que compte Médine, ces copies sont envoyées aux quatre coinsde l’empire, avec ordre du calife de détruire tout texte ne correspondantpas au texte officiel. En effet, certaines divergences existaient du fait d’erreursde copie, ou encore de la prise en compte d’un commentaire comme faisant partie dutexte. Et il importait que ces textes inexacts soient détruits.
Des copies envoyées par Osman, il en reste de nos jours une, complète,que l’on peut admirer au musée Topkapi d’lstanboul, et une autre oùil manque quelques feuillets à Tachkent. Et entre ces copies et les millionsd’exemplaires éditées de nos jours, aucune différence... Ouplutôt si, une différence existe, quant à l’orthographe. En effet,à l’époque de la révélation, l’écrit venait àpeine de faire son apparition. Pour les vingt huit lettres que compte l’alphabet,seuls quinze signes différents existaient. Ainsi le b, le t, le th, le n etle y avaient presque la même façon de s ‘écrire et n’étaientpas différenciés par ce qu’on appelle des signes diacritiques : lespoints sur ou sous les lettres en arabe, les accents en français. On reconnaissaitdonc les lettres selon le contexte, leur emplacement dans le mot. De même,si en arabe, les voyelles longues sont représentées, les voyelles courteset d’autres signes ne le sont qu’exceptionnellement, quand il y a ambiguïté.Ce sont en effet les fonctions grammaticales des mots qui permettent de les deviner.Tel est encore le cas dans l’arabe écrit courant. Cette écriture nepermet donc pas à une personne non arabophone de lire le texte phonétiquement(pis-aller malgré tout nécessaire pour le croyant).
Le Coran bénéficia donc jusqu’à la deuxième moitiédu premier siècle de l’Hégire de différentes réformesorthographiques pour être tel que nous le connaissons actuellement.

F. OMARJEE
Courtoisie “ESPACE DE L’ISLAM

 

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