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 la Ville Sainte Al Qods :Aperçu historique

6/8/2014

 
En 638, les armées arabes du calife Omar entrèrent sans effusion de sang à Al Qods. La nouvelle religion de l'islam se propageait rapidement. Dans les années qui suivirent la mort du Prophète Mohammad (saws). On garantissait la sécurité et la liberté religieuse aux habitants non musulmans.
]La transition entre la Jérusalem byzantine et Al Qods musulmane se passa sans trop de problèmes. D'abord on continua à se référer à la ville en utilisant son nom romain d'Aelia, ou Iliya, puis elle fut de plus en plus fréquemment appelée Al-Quds, signifiant “La Sainte”. Le processus de changement culturel et démographique fut assez lent. Malgré l'établissement des musulmans venus de la péninsule Arabe, la majorité de la population restait encore chrétienne (avec l'addition de quelques familles juives, qui furent acceptées par le calife Omar).

La Ville de la tolérance

Les années les plus créatives de toute cette période furent celles de la tolérante dynastie omeyade établie à Damas, entre 661 et 750. Même si la Ville Sainte n'était pas au centre des décisions politiques, les Omeyades cherchèrent à developper la ville pour mieux refléter l'importance religieuse de l'islam. Celle-ci était basée aussi bien sur le respect musulman des prophètes bibliques et de Jésus, que sur la tradition islamique selon laquelle Mohammad (saws) s'élança au 7ème Ciel depuis le Rocher sacré (encore appelé pierre fondamentale du Haram es-Sharif, ou Noble Sanctuaire. Cet endroit était considéré comme le lieu saint par excellence par les musulmans.
C'est également en ce lieu que le calife Abd al-Malik construisit, en 691 et 692, le Dôme du Rocher, couronnant la gloire de l'époque omeyade à Al Qods. Celui-ci constitue désormais le plus marquant des repères de la ville. Sa construction reflétât clairement la piété musulmane.
Le Dôme du Rocher était essentiellement un mausolée ou un endroit de pèlerinage. Un peu plus au sud, sur le Haram, les Omeyades construisirent, probablement sur l'emplacement d'une autre mosquée, la mosquée El-Aqsa, qui demeure, aujourd'hui comme hier, le lieu de culte principal pour les musulmans à Al Qods. Une série d'imposants palais de style omeyade furent construits au sud-ouest de l'esplanade du Haram, complétant les impressionnants projets immobiliers dans ce quartier.
Au milieu du VIIIe siècle, les Omeyades furent remplacés par la dynastie des Abbasides, dont la capitale était à Bagdad, éloignant ainsi Al Qods du centre de décision politique. La nouvelle dynastie eut beau être moins tolérante que celle qui la précéda envers les communautés non musulmanes, la ville resta un centre religieux important pour les juifs et les chrétiens, comme pour les musulmans, et continua d'attirer les pèlerins des trois religions.
En 969, la dynastie des Fatimides, qui était basée au Caire, prit le contrôle de Al Qods. Au Xe siècle, on assista à une hostilité croissante entre les principales communautés religieuses, bien que les Fatimides fissent preuve d'une véritables tolérance. Al Qods subit des dégâts dus à des tremblements de terre, à des razzias de Bédouins et à des combats entre les Fatimides et des puissances voisines. En 1071, la ville tomba aux mains de Atsiz, seigneur turc, qui fut lui-même vaincu en 1078 par la dynastie turque des Seldjoukides. Les Fatimides reconquirent la ville en 1098, mais leur victoire fut de courte durée et, en 1099, les croisés s'emparèrent de Al Qods.

Les croisés et les Ayyubides

En 1095, le pape Urbain II lança ce qui allait devenir la première croisade, en ordonnant à la chrétienté occidentale (latine) de marcher sur Al Qods.
Le 15 juillet 1099, après un siège de cinq semaines, la ville tomba aux mains des croisés, qui massacrèrent presque toute la population non chrétienne.
Les croisés firent de la ville la capitale d’un prétendu royaume de Jérusalem. Le massacre de 1099 ayant laissé la ville pratiquement vide, leur première tâche fut de la repeupler. Les musulmans et les juifs qui échappèrent au génocide chrétien reçurent l'interdiction d'y rester, et les Arabes chrétiens vinrent s'installer dans ce qui allait devenir le quartier syrien. Un autre quartier important de la ville était celui du Patriarche, qui correspond géographiquement à l'actuel quartier chrétien. Autrefois sous la domination des chrétiens grecs, il devint le principal centre de l'Eglise latine.
La plupart des habitants de Al Qods de l'époque des croisés étaient d'origine française, les Francs. De nombreuses autres nationalités vinrent s'y installer, mais restèrent souvent groupées à l'intérieur de leur propre communauté ethnique (comme les Allemands, les Arméniens et les Espagnols). Certains étaient venus initialement en tant que pèlerins, fournissant à la ville une source vitale de revenus.
Les Templiers, dont le nom est tiré du mot “temple”, établirent leur quartier général sur le mont du Temple, dans la mosquée El-Aqsa, rebaptisée “palais de Salomon”. Celui-ci servit brièvement de demeure royale, jusqu'à ce que le roi déménagea dans un palais attenant à la Citadelle. Le Dôme du Rocher, connu sous le nom de “Temple des Seigneurs” à l'époque des croisés, fut lui aussi converti pour l'usage des chrétiens.
En 1187, Al Qods ; 3ème ville sainte musulmane fut libérée par Saladin (Salah al-Din), membre de la dynastie des Ayyubides. Il décida de lui rendre son caractère islamique original. Il récupéra les édifices qui avaient été affectés à des usages chrétiens.. Saladin faisait preuve de plus de tolérance que les occupants vaincus. Les chrétiens d'Orient décidèrent pour la plupart de rester dans la ville. Parallèlement, Saladin encouragea les juifs à venir s'établir de nouveau dans la ville. Mis à part le bref épisode entre 1229 et 1244, pendant lequel les croisés en reprirent le contrôle, Al Qods resta aux mains des Ayyubides jusqu'en 1250.
Les Mamelouks et les Ottomans

En 1250, les Mamelouks (anciens esclaves formant la garde de la dynastie ayyubide) renversèrent les Ayyubides en Egypte, et en l'espace d'une décennie, ils s'emparèrent de tous leurs autres territoires. Après le départ des croisés en 1244, Al Qods cessa d'être au centre des attentions diplomatiques internationales. Son importance pour les Mamelouks n'étant plus politique mais religieuse, ceux-ci ne se préoccupèrent pas de la défense de la ville. Sous la domination des Mamelouks, Al Qods devint un grand centre intellectuel de l'islam. L'influence mamelouke sur l'architecture de la ville donna naissance à des constructions magnifiques, encore visibles aujourd'hui.
La fine fleur de l'architecture religieuse mamelouke était le “madrassa”, encore appelé collège théologique, un établissement voué essentiellement à l'étude de la loi religieuse, la Shari'a. De nombreux madrassas furent construits sur le Haram es-Sharif et aux alentours. Le plus bel exemple restant est l'école Tankiziyya, située à côté de la porte de la Chaîne. Parmi les constructions mameloukes n'ayant pas de fonctions religieuses, se distingue le marché des négociants en coton, un long marché couvert qui débouche sur le Haram en passant par le Bab al-Qattanin, ou porte des négociants en coton.
Pendant les dernières années de leur règne, les Mamelouks connurent un déclin politique, économique et religieux à travers tout leur territoire. En 1516, l'Empire mamelouk fut à son tour absorbé par le puissant Empire turc ottoman, qui allait régner sur Al Qods pendant les quatre siècles suivants. C'est sous le règne de Soliman le Magnifique, de 1520 à 1566, que l'empire connut son apogée, et apporta à la ville une nouvelle ère de prospérité. L'une des plus remarquables contributions apportée par Soliman fut peut-être la reconstruction, entre les années 1537 et 1541, des remparts actuels de la vieille ville et de ses portes. C'était une œuvre gigantesque, comprenant (par exemple dans la porte de Damas) certaines réalisations parmi les plus raffinées de l'architecture monumentale ottomane. La remise en état par Soliman du système d'approvisionnement en eau fut tout aussi importante pour la vie quotidienne à Al Qods. Soliman répara et construisit des ponts et des aqueducs pour amener l'eau jusqu'à la ville, et construisit une série de fontaines ; la plus belle est peut-être celle située près de la porte de la Chaîne.
Extrêmement tolérant envers les communautés religieuses minoritaires, Soliman exprima cependant son engagement envers l'islam en rénovant entièrement le Haram, y compris en remplaçant les carreaux de mosaïque endommagés à l'extérieur du Dôme du Rocher avec des carreaux de céramique. Tout comme à l'époque mamelouke, il y eut également beaucoup de constructions destinées à satisfaire les besoins des pèlerins musulmans : des auberges, des hospices, et des cuisines.
A la mort de Soliman en 1566, les beaux jours de l'Empire ottoman prirent fin, et un déclin progressif s'installa (attribuable à divers facteurs politiques, économiques et militaires), qui allait durer jusqu'à la fin du XIXe siècle.
 
 
 
 

 

 



 

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