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Tout sur la fête du sacrifice appelée Aid Al Adha

Added 30/9/2014

La fête du sacrifice appelée ’Idul Adhâ, est célébrée chaque année au 10ème jour du mois lunaire de " Dhul Hijjati " par les musulmans du monde entier. C’est une recommandation Divine. Quel est le sens d’une telle célébration ?

C’est justement un geste de haute portée à travers lequel le musulman commémore l’acte de Foi qui a conduit le Prophète Abraham à accepter de sacrifier l’unique enfant dont le SEIGNEUR l’avait gratifié, lorsque, pour l’éprouver, Il lui ordonna de procéder ainsi.

En effet, ayant atteint l’âge de quatre vingt ans sans avoir jamais eu d’enfant, il prit l’engagement de sacrifier à la face du Seigneur, le premier des enfants qu’Il voudra bien lui accorder. Ainsi, quand Ismael, ce premier né, eut l’âge de l’accompagner dans les alentours de la Mecque, le Seigneur lui rappela dans un songe la promesse qu’il LUI avait faite. Il dit alors à son fils :

 

" Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses " . (Ismael) dit : " Ô mon cher père, fais ce qui t’est commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants ".(Coran, S37 V102).

Et le Coran qui rapporte ce dialogue, poursuit en ces termes :

" Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, voilà que nous l’appelâmes : " Abraham ! Tu as confirmé la vision (...)"
"Et nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse " (S37, V103-104-105-107).

Il s’agit d’un bélier que Le Bon Dieu a dépêché par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel, et qui fut sacrifié à la place du longanime Ismael. Et le Seigneur de dire :

" Ainsi récompensons-nous les bienfaisants " (S37, V110.)

De cet événement naquit une tradition qui, au demeurant, est une recommandation divine : désormais, le musulman devra commémorer cet acte mémorable de foi par le sacrifice d’un bélier. D’ailleurs le Coran dit :

" Et nous perpétuâmes son renom dans la postérité " (S 37, V108)

Le musulman, en célébrant ce jour, se rappelle nécessairement cet acte de foi, la grandeur d’âme, l’esprit de sacrifice, la confiance ferme en Dieu, toutes qualités qui ont animé le Prophète Abraham dans l’accomplissement d’une aussi noble action.

S’il demeure que la commémoration de la fête du sacrifice consiste à l’immolation d’un bélier pour son aspect symbolique par rapport à l’historique de l’évènement, il est cependant permis de recourir, selon les moyens du croyant, à l’utilisation d’un autre animal (chèvre, bœuf, chameau, etc.), pour perpétuer ce sacrifice.

Ainsi, le sacrifice du mouton, du point de vue de la jurisprudence islamique, incombe à tout musulman majeur qui a les moyens d’acheter une bête qui correspond aux normes exigées pour un évènement aussi important. Il serait peut-être bon de préciser à ce sujet que la préférence va à un bélier. A défaut, dans l’ordre de la hiérarchie définie par l’Islam, on peut immoler une brebis, une chèvre, un bœuf, un chameau ou même un coq, en tout cas une bête qui ne souffre d’aucune infirmité.

Comment immoler ?

Il est Sunna pour qui sait égorger, d’égorger sa bête soi-même en disant : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de la part d’untel » (et il se nomme lui-même ou la personne qui lui a recommandé d’offrir ce sacrifice) car le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a égorgé un bélier en disant : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de ma part et de la part de tous ceux de ma communauté qui n’ont pas sacrifié. » (Rapporté par Abû Dâwoûd et At-Tirmidhî.)

Il est recommandé à celui qui ne sait pas sacrifier de tout de même assister.

a) La position de l’animal.

La pratique du sacrifice s’accomplit selon l'enseignement du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam). Cette pratique est agréée par Allah et elle est moins éprouvante pour la bête.

Quant à l’orientation de l’animal vers la qibla, certains savants trouvent cela préférable; d’autres l’ont obligé; et d’autres méprisent le fait de délaisser la direction de la qibla. Ibn Qoudâma rapporte dans « al Kâfî » qu’il est souhaitable de placer l’animal en direction de la qibla car Ibn ‘Omar faisait cela.

Pour le chameau, il convient de l’égorger lorsqu’il est en position debout, la patte gauche attachée : (Nous vous avons désigné les chameaux (et les vaches) pour certains rites établis par Allah. Vous y avez un grand bien. Prononcer sur elles le nom d’Allah (en les immolant) alors qu'elles sont debout.)

Zayd ibn Joubayr a dit : « J’étais avec Ibn ‘Omar à Mina quand il passa devant un homme, qui avait fait accroupir un chameau pour l’égorger, Ibn ‘Omar dit alors : « Relève-le et attache-le selon la Sounna de Mohammad.»(Rapporté par al-Boukhâri, Mouslim et Aboû Dawoud)

Pour les autres animaux (moutons, chèvres, etc.), il faut coucher la bête sur le flanc gauche, poser le pied droit sur le flanc droit, tenir la tête de la main gauche et le couteau de la main droite. D’après Mâlik: « Le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) sacrifia deux béliers, à deux cornes, bigarrés de blanc et de noir, en posant son pied sur leur flanc et en les immolant de sa main. »

Il faut mettre la bête à l’aise, ne pas la brusquer ni la maltraiter, cacher le couteau pour ne pas l’effrayer et ne le montrer qu’au tout dernier moment. Chaddâd ibn Aws a rapporté : « J’ai retenu deux choses de la bouche de l’Envoyé d’Allah. Il a dit : Allah a prescrit l’ihsân (la perfection ou l’excellence) en toute chose: lorsque vous tuez, faîtes-le avec ihsân, lorsque vous égorger, faîtes-le avec ihsân, et que chacun d’entre vous aiguise sa lame, et apaise sa bête (à sacrifier).» (Rapporté par Mouslim)

Il faut aussi utiliser une lame tranchante, égorger avec force et rapidité. Car, d’après Ibn ‘Abbâs, le Messager d’Allah qui s’était approché d’un homme, qui avait posé son pied sur son mouton étendu par terre, tout en aiguisant son couteau, alors que le mouton le fixait des yeux, lui dit: « Pourquoi ne pas avoir aiguiser ton couteau avant, tu veux donc le tuer deux fois ? »

b) La manière d’égorger

En sacrifiant, il faut trancher:

-Le pharynx: lieu d’inspiration et d'expiration de l’air;
-L’oesophage: situé sous le pharynx, lieu de passage des aliments;
-La veine jugulaire : située à la droite du cou;
-L’artère carotide : située à la gauche du cou.

C’est en sectionnant à cet endroit précis que l'on fait couler abondamment le sang. Cela accélère le dernier soupir, abrège les souffrances de l’animal et fait évacuer tout le sang; ce qui donne une viande de meilleure qualité. C’est donc en sectionnant ces quatre organes simultanément que l’on sacrifie de façon correcte.

1) Si l’on a sectionné qu’une partie de ces quatre organes

Le sacrifice est valide, car le résultat est identique à la section des quatre organes selon l’avis des Imams Mâlik, Aboû Hanifa, al Châfi‘i et Ahmad qui se sont appuyés sur le hadith de Râfi‘ ibn Khadij : « Ce dont on a fait couler abondamment le sang en prononçant le nom d’Allah, mangez-le... » Il suffit donc de faire couler abondamment le sang, ce qui se produit que l’on coupe, ou une partie, ou l’ensemble de ces quatre organes.

2) Parmi ces quatre organes, quels sont ceux qui doivent absolument être sectionnés ?

Il faut tenir compte du fait qu’il faut « répandre » le sang en coupant la veine jugulaire et/ou l’artère carotide; il faut « accélérer » le dernier soupir, et ce, en sectionnant le pharynx et/ou l’œsophage.

- L’imâm Mâlik affirme qu’il faut au minimum sectionner trois organes bien précis: le pharynx, la veine jugulaire et l’artère carotide.
- L’imam Aboû Hanîfa affirme qu’il suffit de sectionner trois ou quatre organes, peu importe lesquels.
- Aboû Yousoûf dit qu’il faut au minimum trancher l’œsophage, le pharynx et la veine jugulaire ou l'artère carotide.
-Les imâms al Châfi‘î et Ibn Hanbal affirment qu’il faut obligatoirement couper l’œsophage et le pharynx.

3) Si on lève la main pour recommencer la coupe après une pause

La bête est considérée illicite si l’égorgeur, avant de terminer l’opération, lève sa main pour prolonger la coupe après une pause. Néanmoins, les savants estiment que si la première opération a été déjà suffisante pour provoquer la mort, on peut consommer la chair de la bête.[2]

4) Si en coupant avec trop de force on atteint la moelle épinière

Certains savants (parmi eux Ibn ‘Omar) disent que dans ce cas le sacrifice est valide. D’autres n’approuvent pas cet acte, mais le sacrifice reste pour eux valide. C’est la position de l’imam Mâlik qui fait la différence entre celui qui le fait volontairement et celui qui le fait involontairement. C’est dans tous les cas, un acte qui n’est pas souhaitable car il augmente les souffrances de l’animal.

- L’imâm al Bayhaqî a rapporté que Ibn ‘Omar et Ibn ‘Abbâs ont dit: « Si la tête a été coupée (par inadvertance) le sacrifice est valide. »
- Ibn Abi Chayba rapporte d’après ‘Oubayd Allah ibn Abi Bakr ibn Anas: « Que le boucher d’Anas voulut égorger un poulet mais que celui-ci s’agita, aussi sa tête fut-elle coupée. Il voulut alors le jeter, mais Anas leur ordonna de le manger. »

5) L’abattage exécuté par derrière (au niveau de la nuque)

- les mâlikites considèrent un animal abattu de la sorte illicite à la consommation, car on coupe en premier lieu la moelle épinière, ce qui conduit à la mort de l’animal.

- La majorité (al-joumhoûr) considèrent cette sorte d'abattage répréhensible. Ils rajoutent que celui qui agit ainsi a désobéi car cette méthode engendre de la souffrance pour l’animal.

Cependant si cette forme d’abattage sectionne en même temps soit les deux veines jugulaires et la gorge soit les deux veines jugulaires et le pharynx, cela est licite à la consommation mais il y a quand même souffrance.

Une seule offrande suffit-elle pour toute la famille ?

D’après Mâlik, d'après ‘Oumara ibn Yassâr, ‘Atâ’ibn Yassâr l’a informé qu’Aboû Ayoûb al-Ansârî a dit : « Nous sacrifiions un seul mouton. L’homme l’égorgeait pour lui et pour sa famille, mais les gens s’en sont enorgueillis, puis c’est devenu glorifiant. »

Selon une autre version rapportée par Ibn Mâja : « Ils en mangeaient et en faisaient l’aumône, jusqu’à ce que les gens s’en glorifièrent, pour devenir comme tu le vois. » (Hadith rapporté par Mâlik dans le Mouwattâ, chapitre V, hadîth n°10, ainsi que par Tirmidhi et al Bayhaqi.)

Plusieurs savants se sont appuyés sur ce hadîth pour affirmer que le sacrifice d’un seul mouton est valable pour celui qui l’égorge ainsi que pour tous les membres de sa famille. Parmi ceux-ci figurent : Ahmad ibn Hanbal, Ishaq, al Layth, al Awzâ‘i et Malik (qu’Allah soit satisfait d'eux) qui rapporte dans son Mouwattâ’ : « La meilleure chose que j’ai entendue au sujet d’un chameau, d’une vache et d’un mouton est que l’homme égorge le chameau pour lui et sa famille, qu’il égorge la vache ou le mouton qu’il possède pour lui et sa famille. »

Ibn al Qayyîm a dit : « D’après l’exemple du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam), un seul mouton vaut pour l’homme et sa famille même si les membres de la famille sont nombreux. »

Il faut savoir que ce que le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a offert comme sacrifice et qui a rejailli sur toute sa communauté lui est spécifique en tant que Messager d’Allah et par conséquent, celui qui n’a pas les moyens de sacrifier une bête, bénéficie du sacrifice de celui dont il est à la charge. En conclusion, une seule offrande suffit pour toute la famille.

Le sacrifice fait en commun

Il n’est permis de sacrifier en commun que les grosses bêtes, comme la vache ou le chameau. (pas pour le mouton)

Jâbir ibn ‘Abdoullah a rapporté: « Nous avons sacrifié des présents avec l’Envoyé d’Allah, l’année de Houdaibiya, à savoir une chamelle au nom de sept personnes, et une vache au nom de sept (personnes.) »(Rapporté par Aboû dawoud et Ibn Maja)

Ibn ‘Abbâs (Qu’Allah le bénisse) a dit : « Nous étions avec le Prophète (sallal Allahou ‘alayhi wa salam) en voyage lorsque vint le jour du sacrifice, nous nous sommes alors associés à dix pour un chameau et à sept pour une vache.»

Ibn al Moubârak, Aboû Hanîfa, al Châfi‘î, Ahmad et d’autres savants autorisent une participation de sept personnes et pas plus pour un chameau ou pour une vache à l’occasion du sacrifice de l’Aid al-adha ou autres.

Toutefois, Ishâq et Ibn Khouzaïma disent que la participation peut aller jusqu’à dix personnes pour un chameau, à l'occasion de l’Aïd al-adha, et ce, d’après le hadith authentique d’Ibn ‘Abbâs, mais à sept personnes seulement pour les autres sacrifices en s’appuyant sur le hadith de Jabir.[3]

Il est bon de partager la bête sacrifiée en trois parties.

Nous avons pour preuve ces versets suivants : « …mangez-en, et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. Ainsi Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants. » (Sourate 22, V36)

« Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable. » (Sourate 22, V28)

Ainsi que ce hadith rapporté par Mouslim où le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a interdit de manger de la viande du sacrifice au-delà de trois jours, pour ensuite dire : « Mangez-en, approvisionnez-vous-en, faites-en l’aumône et conservez-en. »

L’interdiction de manger de la viande du sacrifice au-delà de trois jours a donc été abrogée. Les savants parmi les compagnons du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam), ainsi que leurs successeurs, sont d’accord sur le fait que celui qui a sacrifié, mange de ce sacrifice. La preuve en est le hadith rapporté par Mouslim d’après Salama ibn al Akwa’ dans lequel le Prophète (salla Allahou ‘aalayhi wa salam) a dit :
« Celui qui immole un animal, qu’il ne garde rien de l’animal sacrifié après trois jours.» L’année suivante, on lui demanda : « Ô Envoyé d’Allah! Devons-nous faire ce que nous avons fait l’année passée ?» Il répondit:«Non, l'année passée était une année difficile pour les hommes, et je voulais que tout le monde en mange. »

En décrivant comment le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) répartissait son sacrifice, Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Il gardait un tiers pour sa famille, il offrait un tiers aux pauvres parmi ses voisins, et réservait le tiers restant pour le donner en aumône à quiconque lui demandait la charité »

Ibn ‘Omar dit : « Les sacrifices et les offrandes sont répartis comme suit : un tiers pour toi, un tiers pour tes proches et un tiers pour les nécessiteux ».

Il est donc préférable de partager la viande du sacrifice en trois parties :
-Un tiers pour la famille;
-Un tiers distribué en aumône;
-Un tiers à conserver ou à donner selon le besoin.

Et il n’est pas permis de vendre une quelconque partie de l’animal immolé, car c’est un acte accompli uniquement pour l’amour d’Allah.

Quant au salaire de celui qui est chargé de l’abattage ?

Le propriétaire du sacrifice ne doit pas prélever une partie de la bête immolée pour la donner à celui qui l’a immolé à titre de salaire. Cependant, il peut la lui donner à titre d’aumône (si celui-ci est dans le besoin). En effet, ‘Ali ibn Abi Talib (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) m’ordonna de surveiller l’immolation des bêtes qu’il offrait en sacrifice et de superviser la distribution des viandes et des peaux. Il m’a interdit d’en donner à la personne qui immole et dit : « Nous lui donnerons une part de ce que nous réservons à notre consommation » » (Rapporté par al-Boukhari et Mouslim)

Wa Allahou a‘lam
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[1] sounna mou’akkada: acte que le Messager d’Allah (‘alayhi salam) n’a jamais délaissé.

[2] Si le mouvement est rapide, la majorité déclare que l’animal est licite à la consommation.

[3] Quant à la vache, une participation de sept personnes est fixée que se soit pour le sacrifice de l’Aïd ou non.

 


 http://www.musulmans-du-monde.fr/article-le-sacrifice-de-l-aid-81385792.html

 

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