"> Bienvenue au site Musulman et fier de l\'être - Bloguez.com
 

Articles of this page


Stop à la procrastination !

Stop à la procrastination !

Added 17/12/2014

 

La procrastination est l'habitude qui consiste à remettre à demain ou à plus tard, ce que l'on est censé faire sur le champ. Si le terme est souvent méconnu au sein de la communauté musulmane, il n'en résulte pas moins que tout le monde sait de quoi il s'agit...

Mais avant de commencer, j'espère que la longueur de l'article ne vous encouragera pas à procrastiner et abandonner une lecture qui peut vous être salutaire. Tant il est vrai que les procrastinateurs se divisent en deux : ceux qu'Allah a couvert de Sa miséricorde et qui luttent contre leur âme, et prêtent attention à ce genre de rappels ; et ceux qui, quoiqu'on puisse leur suggérer, préfèrent se languir dans leur léthargie. La profondeur de ce mal étant relativement importante, il est possible en réalité de rédiger tout un ouvrage sur le sujet, tant les facteurs qui provoquent et amplifient ce fléau, ainsi que les solutions qui permettent d'y remédier, sont nombreux. Et Allah est mieux Savant.

Multiples sont de vrai, les raisons de croire que la procrastination est devenue avec le temps, l'un des pires fléaux qui soit en termes de pratique religieuse. Les jours, les semaines, les mois, les calendriers se succèdent, sans que les "bonnes intentions" ne se concrétisent en oeuvres. Ibnul Qayyim Al Jawziyya avait résumé ce fléau dans une superbe sagesse...

[Combien de fois la récompense divine est venue à toi et s'est arrêté devant ta porte ? Mais elle a été repoussée par ton gardien nommé "plus tard", "peut-être", "nous verrons"] Les méditations.

Les occasions se succèdent en effet. Il n'est de semaine qui passe, sans qu'Allah ne mette sur notre chemin, une invitation à L'adorer, une chance inouïe de Le rejoindre et bénéficier de Ses faveurs. Dans quel état peut bien se trouver un coeur, qui se refuse constamment à Allah...? Et quelle considération le Seigneur des mondes peut-Il avoir, envers une personne qui ne cesse de décliner chaque invitation à se rapprocher de Lui ? Comment un être doué d'intelligence peut-il esquiver le bien ? Et comment un être qui aspire à rejoindre le Paradis et échapper à l'Enfer, peut-il finalement accepter chaque sollicitation du bas-monde, et se détourner des appels au bien ?

Pourtant, les procrastinateurs restent conscients de la faisabilité du bien auquel on les invite. Hélas, devant les innombrables occasions qui se présentent à eux, ils restent figés, ensevelis dans une forme d'anesthésie, un blocage qu'ils n'arrivent pas à expliquer, jusqu'à ce que leurs coeurs donnent lieu à une détresse des plus acerbes, la mélancolie du désespoir, dans les abysses ténébreuses des croyants qui, rongés par les maladies de l'âme, aspirent à la guérison, mais fuient paradoxalement les remèdes...

Commençons par admettre que la procrastination est un signe de faiblesse de la foi. Plusieurs types de facteurs déclenchent ou amplifient ce phénomène. Aussi, il est sûr que si le croyant ne cherche pas à renouveler celle-ci, elle se consumera avec le temps. A ce propos, le messager d'Allah (prière et salut sur lui) disait :

"Certes la foi s'use à l'intérieur de l'un de vous, de la même manière que l'habit. Alors, demandez à Allah de renouveler la foi dans vos coeurs" Authentique par Al Hakim et At-tabarani.

Si en effet, la foi est négligée, que son renouvellement soit remis à plus tard, que l'individu refoule à chaque reprise, les occasions de revenir vers son Seigneur, pour finalement emprunter des chemins qui l'éloignent de la demeure de la stabilité (darul qarar), il ne devrait pas s'étonner de voir ses membres gelés, rouillés, inertes, face aux appels vers le bien qui s'amoncèlent devant lui. Malheureusement, d'inquantifiables rappels suggérés aux coeurs les plus malades, ne peuvent triompher sur celui qui se refuse à accomplir la qualité de l'oeuvre. Notre religion n'est pas celle de l'immobilisme. Celui qui croit obtenir des résultats à la hauteur de ses aspirations et qui ne fait de sa spiritualité, qu'un projet attentiste, n'est en réalité que l'otage de ses illusions...

Quelle incroyable génération que la nôtre ! Celle de jeunes, vieux avant l'âge, aimant le sport lorsqu'il est pratiqué par les autres, recherchant les escalators, fuyant les escaliers, allergiques à l'effort, préférant les bancs, les strapontins et les terrasses de café...La technologie a elle-aussi, son revers de la médaille. Elle a en effet, encouragé une passivité que ne partageaient pas nos prédécesseurs. Parmi ses "fruits", se trouve le paradoxe d'avoir fait de nous, des légumes...

Bien sûr et comme toujours, il incombe de notre part de chercher un certain équilibre, en tirant à la fois profit des avantages de la technologie, mais également en tenant compte, de ce que notre corps nécessite en termes d'activité et de vigueur...Internet par exemple, a largement contribué au "travail passif", puisqu'il ne sollicite que très peu les membres du corps. Chez les personnes qui passent le plus clair de leur temps sur internet ou devant la télévision par exemple, il devient alors très difficile de les convaincre de fournir un effort physique et de les arracher de leur confort.

Devant cet état dramatique du corps et du coeur, il existe néanmoins un grand nombre de moyens qui permettent d'y remédier. Si l'individu désire procéder par étape, il commencera par utiliser les moyens invisibles, ceux qui nécessitent un travail intérieur, un travail de préparation. Seulement, il arrive très souvent que le diable fasse émousser le croyant touché par la procrastination, en faisant de ces étapes de réflexion, des moments d'une extrême rapidité, où la méditation n'est que furtive. Il lui miroite ainsi, des pseudo-faiblesses et des motifs trompeurs, jusqu'à ce qu'il oublie totalement l'importance du bien et accueille avec tiédeur et simplicité, la perte de temps qu'il provoque. Souvenons-nous de la sagesse d'Ibnul Qayyim Al Jawziyya lorsqu'il disait :

[La perte de temps est pire que la mort, parce que la perte de temps te coupe d'Allah et de la demeure dernière (le Paradis), tandis que la mort te coupe seulement de la vie et des êtres vivants] Les méditations

Combien de fois, a-t-on vu des chantiers commencer sans jamais finir ? Combien de travaux bâclés se sont succédés au sein de la communauté, individuels comme collectifs ? Combien de livres avons-nous entamés, sans jamais les finir, car à l'image de ce que disait Ibn Jawzi (le premier embrouillement du diable sur les gens, tient au fait qu'il les a détournés de la recherche de la connaissance. Car la connaissance est une lumière, et s'il éteint leurs lampes, il peut les orienter vers les ténèbres à sa guise) ? Combien de fois a-t-on vu des associations s'ouvrir et se faner ? A-t-on d'ailleurs oublié que les fleurs ne flétrissent, que lorsque nous décidons de ne plus les irriguer, ne plus les nourrir ? C'est plutôt une foi auto-régénératrice que nous voulons, un paradis gratuit, un agrément divin acquis, un pardon sans contrepartie...

Devant les phénomènes de procrastination, il nous arrive souvent d'entendre des personnes accuser un problème d'organisation. Tout n'est question pour eux que d'agencement, de structuration de notre emploi du temps. Si effectivement l'individu est rigoureux dans sa démarche et qu'il essaie de faire fructifier au mieux son temps, il faut dire que cela n'est qu'un résultat et qu'il nous manque le comment ? Tout le monde espère en effet, arriver à optimiser ses journées et éviter de perdre du temps, souffrir de procrastination et d'inefficacité. On se demande s'il existe une recette miracle, une méthode qui permettrait de ne plus ressentir cette sensation de noyade, d'engloutissement et d'asphyxie. Ibn 'Ata'llah Al Iskandari disait que :

[L'étourdi pense le matin à ce qu'il fera dans la journée. L'homme raisonnable pense à ce qu'Allah fera de lui]

La sensation de crainte en Allah est effectivement l'un des premiers sentiment qui permet à l'individu d'abandonner toute invitation à procrastiner. Celui qui connaît véritablement Allah, à travers Ses Noms et Attributs, qui connaît les conséquences de la perte de temps, le pouvoir d'Al Qahîr (Le Dominateur Suprême), d'Al 'Azizu Duntiqâm (Le Puissant Capable de nuire), d'As-sari'ul hissab (Celui qui est prompt à rendre les comptes), d'achadidul 'Iqab (Celui qui est dur en punition), se précipiterait alors sur les innombrables chemins de bien qu'Allah agréés. Mais malheureusement :

[Ils n'ont pas estimé Allah à Sa juste valeur, alors qu'au Jour de la Résurrection, Il fera de la terre entière, une poignée, et les cieux seront pliés dans Sa main droite] Sourate Az-zumar, verset 67

Le souvenir d'un Seigneur prompt à rendre les comptes, vigilant en toute chose, devrait effectivement nous permettre de rappeler à nos coeurs, l'imminence de notre mort et les conséquences du "non-retour". Parmi les moyens invisibles auxquels nous avions jadis fait allusion, se trouve le souvenir de notre identité. Nous évoquions en effet, dans un précédent zoom, les bénéfices qui découlent du rappel de notre nature, celle de notre condition. Si effectivement le croyant touché par la procrastination, médite longuement sur son rôle de serviteur, de sa mission d'adoration pour laquelle il a été créé, et qu'il craint suffisamment son Seigneur, pour honorer cette trajectoire vers laquelle Il l'invite chaque jour, sa pratique religieuse ne souffrira d'aucun retard et le serviteur aura l'impression d'avancer, contrairement à ceux qui souffrent de procrastination. Malheureusement, lorsque ce genre de sentiment commence à prendre forme dans nos poitrines, il arrive très souvent que nous décidions de le dissiper, comme si au moment où la lumière est sur le point de se parachever, d'un souffle du désespoir, nous l'éteignions et nous condamnions ainsi, à rester dans cet état de léthargie qui nous souille et nous obscurcit chaque jour. A propos de ce souvenir, nous écrivions dans le zoom intitulé "L'ennui impossible" :

[Là où la société te renvoie à ton rôle de consommateur, de citoyen, d’employé, d’étudiant, de contribuable, etc ; sache qu’avant tout, tu es et restes à jamais, un serviteur de Dieu. Et bien que ces étiquettes fassent partie intégrante de ta vie sociale, il n’y a que le souvenir de ta condition d'adorateur qui vaudra ton salut sur terre et dans l’au-delà.

Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent Sourate Les ouragans verset 56]

Si chacun d'entre nous mesurait scrupuleusement ses journées à l'aune de ce qu'Allah attend de Ses créatures, la procrastination n'aurait plus de brèche par laquelle elle pourrait s'incruster. Seulement, l'installation de ce fléau dans notre quotidien, a été radicalement influencée par les habitudes dans lesquelles nous nous sommes investies. C'est notamment, ce à quoi faisait référence le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) :

"Chaque oeuvre demande de la vigueur et toute vigueur a un temps. Alors, quiconque passe le temps de sa vigueur à appliquer ma tradition (Sunna) sera sur le bon chemin. Par contre, celui qui passe le temps de sa vigueur dans une autre chose, périra" Authentique par Ahmad.

Dans son ouvrage intitulé Jawab al Kafi, Ibnul Qayyim al Jawziyya écrit : "Lorsque le serviteur accomplit une bonne action, une autre bonne action qui se trouve juste à côté d'elle dira "Accomplis-moi, moi aussi". S'il l'accomplit, une troisième l'invitera à l'accomplir, et ainsi de suite, ce qui accroît son gain et multiplie ses bonnes actions. Et il en va de même pour les mauvaises actions. Ceci se répète jusqu'à ce que les bonnes actions et les péchés deviennent des dispositions bien fixées dans l'âme, des qualités intrinsèques et des caractères stables, si bien que lorsque le bienfaisant cesse d'accomplir les actes d'obéissance [à Allah], il se sent à l'étroit dans sa propre âme et il a l'impression que la terre, si vaste soit-elle, se resserre autour de lui et il devient comme un poisson qui quitte l'eau : il ne se sentira à l'aise et joyeux que s'il revient à l'obéissance à Allah. Il en est de même pour le transgresseur qui cesse de commettre des péchés et se met à accomplir les bonnes actions, sa poitrine se resserrera et il ne redeviendra à l'aise que s'il récidive"

A partir de là, il est possible pour nous tous, d'observer notre temps libre et le genre d'activités avec lesquelles nous le rythmons. Effectivement, ce segment de nos journées en dit long sur les causes de notre niveau spirituel. Autrement dit, à partir du temps libre et de sa configuration, il devient possible de comprendre l'état actuel de notre foi...

Par ailleurs, il n'est pas étonnant de voir que la procrastination ne concerne généralement que des chemins de bien. On ne remet que très rarement à plus tard, les actions dans le mal et ce qui relève de la futilité...Et ceci est une preuve que la procrastination est influencée soit par l'âme, soit par Satan, voire même les deux simultanément...

"L'hisse-l'âme" a élevé celle-ci auprès d'Allah, notamment grâce à la sincérité qui l'anime et son sacrifice dans l'adoration. Tout autre projet ne fait que la rabaisser à un niveau d'inconscience et de vilénie, source de regret le jour du jugement. Son Créateur l'a qualifiée d'incitatrice au mal, comme une force d'inclinaison, loin d'être fatale pour ceux qui placent leur confiance en Allah et oeuvrent pour leur salut. Allah a confié à chaque procrastinateur, une âme qu'il rendra dans peu de temps. Et Il met en garde contre sa dégradation, sa dénaturation et sa souillure.

[Et par l'âme et Celui qui l'a harmonieusement façonnée. Et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété ! A réussi, certes celui qui la purifie. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt] Sourate Achams, versets 7 à 10

La sauvegarde de l'âme est souvent liée comme nous l'avons vu précédemment, à la crainte en Allah. Plus l'individu s'éloigne des passions et redoute son Seigneur, et plus Il le préserve et lui raffermit son coeur. A l'inverse, c'est en ne filtrant aucune action, ne cherchant pas même à connaître le jugement de ses oeuvres, que certains procrastinateurs en sont venus à noyer leur propre personne dans le tourbillon de Satan. Qu'Allah nous en préserve.

[Quant à celui qui aura dépassé les limites et aura préféré la vie présente, alors l'Enfer sera son refuge. Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge.] Sourate An-nazi'ates, verset 37 à 41

La deuxième force qui influe négativement sur le croyant et lui inspire la procrastination, est de source diabolique. Satan joue essentiellement deux rôles envers l'Homme : il l'incite au péché ou le dévie des trajectoires de bien. Et dans les deux cas, il use de stratagèmes redoutables afin d'enjoliver le péché et le retard. Prenons l'exemple des habitudes auxquelles nous faisions référence un peu plus haut. Le diable va ainsi orner le péché dans lequel certains d'entre nous stationnons, et leur faire croire que notre emploi du temps est aménagé de manière convenable. Il passe ainsi par un aveu et une bonne intention déguisée (la fausse modestie qui nous fait admettre que nous ne sommes pas parfaits), pour finalement occulter une ruse profonde : celle qui nous fait croire que notre mode de vie n'est pas aussi critiquable qu'on le pense et qu'Allah a créé l'Homme faible...

Plus tard, et à force de tremper le croyant dans l'élixir de ses suggestions empoisonnées, Satan lui miroite un niveau satisfaisant en termes de pratique religieuse et dédramatise la perte de temps qu'il occasionne. C'est là que le procrastinateur entre dans la spirale infernale. L'inaction prolongée du procrastinateur est à l'image d'une noyade qui n'en finit plus. Plus il procrastine et plus il devient difficile pour lui de revenir à la surface de la foi. Il est à l'image d'un semeur qui lance des graines de part et d'autre, croyant cultiver des fruits, mais ne trouvant au final, que des plantes vénéneuses et toutes sortes d'orties. Il avance sur terre et "tourne en rond", aussi bien au sens propre qu'au sens figuré de l'expression, jusqu'à revenir à son point de départ, pour finalement se retrouver face à ces plantes sauvages qui le blessent, le perturbent et le ralentissent. Non seulement, il n'atteint pas ses objectifs, mais il se retrouve avec de nouveaux problèmes à régler...

Mais par une étonnante Miséricorde divine, il reste une porte entrouverte, que seule la confiance en Allah, permet de donner la force de franchir son seuil. C'est en l'occurrence, le souvenir d'un souffle de vie encore en nous, d'une existence effective, bien qu'éphémère, qui nous tend les bras alors que nous les baissons. Effectivement, l'existence de ces complications, imagées ici par les plantes vénéneuses et les orties, ne devrait pas voiler la présence d'une terre encore fertile, malgré qu'elle soit ensevelie pour le moment de mauvaises herbes. Tout n'est question que de patience, de temps et d'effort finalement. Et chacun sait à quel point, tant que le croyant respire, il peut et doit mettre à profit son temps pour permettre à ses bonnes actions de prendre racine...

Ainsi, la procrastination, à l'image de tout autre maladie de l'âme, nécessite un effort primitif de la part des croyants. Car Allah S'est désavoué des attentistes par le verset 11 de la sourate Ar-ra'd :

[En vérité, Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes]

L'imam Ibn Jawzi a rédigé un délicieux ouvrage sur les ruses de Satan. Dans le fameux Talbis Iblis, il écrit :

[Certains ancêtres ont dit : "Méfiez-vous des "plus tard", car c'est la plus grande arme du diable"

La différence entre la personne résolue, et la personne apathique par un long espoir, est comparable à des voyageurs ayant pénétré dans une localité. L'homme déterminé s'est empressé d'acheter les provisions nécessaires pour le reste du voyage, appréhendant à tout moment le départ. L'homme négligeant lui lançant : "J'appréhenderai plus tard ! Nous n'allons probablement pas partir d'ici avant un mois" Le cor du départ ayant frappé à l'instant même, l'un exulte de joie et l'autre peine.

Il en est ainsi pour les hommes sur terre. L'un est disposé et lucide ; quand lui vient l'Ange de la mort, il n'en est pas affligé par le remord. L'autre, leurré et frivole, se morfond dans un regret cuisant à l'instant du périple. Si par nature un individu aime traînasser et prendre son temps, et que Satan lui vienne pour l'inciter à la tâche, en fonction de sa nature, il lui sera pénible de faire un effort. Or, la personne sur ses gardes est consciente qu'elle se trouve dans les rangs d'un combat acharné, et que son ennemi ne manque pas d'énergie à son égard. Si à la surface tout est calme, il lui réserve en profondeur certains manèges, et lui tend son stratagème.]

La vie de certains hommes aura donc été un long chemin dans lequel, Satan les aura détournés de l'agrément divin, jusqu'à ce que la mort vienne les surprendre. Ils n'ont cessé de remettre à plus tard l'accomplissement du bien, de se détourner du Rappel d'Allah, et lorsque la mort leur a ouvert les yeux, ils ont demandé à leur Seigneur, de leur accorder un retour grâce auquel ils profiteraient du temps, sans jamais remettre à plus tard. C'est la raison pour laquelle, Allah (exalté soit-Il) a mis en garde les croyants, contre les biens et les personnes, car effet, ils constituent aussi à bien des égards, deux autres phénomènes qui éloignent d'Allah.

Ô vous qui avez cru ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel d'Allah. Et quiconque fait cela... alors ceux-là seront les perdants. Et dépensez de ce que Nous vous avons attribué avant que la mort ne vienne à l'un de vous et qu'il dise alors : "Seigneur ! si seulement Tu m'accordais un court délai : je ferais l'aumône et serais parmi les gens de bien". Allah cependant n'accorde jamais de délai à une âme dont le terme (de la mort) est arrivé. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Sourate les hypocrites, versets 9 à 11

Ces versets nous renvoient alors, à une question essentielle : celle des priorités. En effet, la procrastination des croyants peut porter sur deux chantiers : ce qui est obligatoire et ce qui ne l'est pas. Lorsque le croyant remet à plus tard ce qui a été rendu obligatoire pour lui, celui-ci commet un péché, contrairement au retardement de ce qui est considéré comme recommandé par exemple, etc. Malgré tout, tu verras que beaucoup de ceux qui vivent une pratique approximative sur le plan religieux et gèrent de manière désinvolte les prescriptions divines qui s'imposent à eux, souffrent d'un manque de foi prononcé. Tant il est vrai que celui qui par exemple, s'attache fermement à la prière, la respecte et la vénère, se verra protégé des turpitudes et autres péchés capitaux. En outre, son attachement à l'adoration lui inspirera automatiquement, l'accomplissement d'oeuvres surérogatoires comme nous l'avons vu précédemment dans les écrits d'Ibnul Qayyim. Ceci est également attesté par notre Seigneur Tout-Puissant, lorsqu'il (exalté soit-Il) dit :

En vérité la Salat préserve de la turpitude et du blâmable. Sourate Al 'ankabut, verset 45

Bien sûr, il convient de rappeler que la prière dont il est question ici, est celle qui respecte la bienséance et ce qui s'ensuit. Nul n'est censé ignorer qu'une prière tenue "par le bout des doigts", accomplie avec retard, désintérêt et manque de ferveur, ne fait qu'affaiblir au contraire le croyant, devant le blâmable et les turpitudes. C'est la raison pour laquelle, Satan en a tenu à en faire, la pire des formes de procrastination...

A ce propos, il arrive souvent que certains frères et soeurs se plaignent de ne pas pouvoir réaliser leurs prières prescrites à l'heure, à cause de leur travail ou de leurs études. Mais lorsqu'Allah leur accorde du temps libre, les vois-tu se ruer sur les prières surérogatoires qui peuvent combler les imperfections de ce pilier de l'Islam ? En effet, Ahmad rapporte un hadith authentique dans lequel le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) dit : "La première chose sur laquelle sera jugé le serviteur le Jour du Jugement sera sa prière. Si elle était bonne, alors il aura gagné, et si elle était mauvaise, il aura alors perdu. Et lorsque dans ses prières obligatoires, on constatera un manque, Allah (exalté soit-il) dira à Ses anges : « Regardez si Mon serviteur a des prières surérogatoires afin de combler le manque de ses prières obligatoires"

La prière, nous l'avions rappelé juste avant ce hadith, est un pilier. Et nul besoin d'être maçon pour comprendre ce qu'est le rôle d'une fondation. Si notre foi végète dans les plus bas étages de l'Islam, c'est peut-être parce que certains de nos piliers n'ont plus rien de vertical...Et si l'être humain n'a pas compris cela, ce n'est pas le cas du diable qui sait mieux que beaucoup de procrastinateurs, à quel point la prière peut être source de bonheur ici-bas et dans l'au-delà...

Si effectivement la prière préserve de la turpitude et du blâmable, qu'elle constitue donc un bouclier et une protection contre ce à quoi aspire Satan, ce dernier va donc tenter de rendre davantage vulnérables les orants, en corrompant leurs prières. Le Prophète (prière et salut sur lui) disait que "quiconque la préserve (la prière) elle sera une lumière, une preuve et un moyen de salut pour lui, le jour du jugement" Authentique par Ahmad, Ibn Hibban et d'autres.

Ainsi, afin de mieux corrompre le deuxième pilier de la religion, Satan va employer tout un arsenal de ruses, afin de justifier ces retards. Il faut savoir qu'une ruse diabolique présente très souvent pour les croyants, deux propriétés : le lien religieux et le prétexte.

Le lien religieux est un sentiment initial, conforme à ce qu'Allah aime ou agréé. Il présente très souvent la caractéristique d'être soit hors-sujet, soit incomplet. C'est par exemple dans notre cas précis (le retardement de la prière), le sentiment de vouloir prier Allah. Ainsi, le croyant qui tombera dans la ruse diabolique lui faisant retarder sans aucune raison sa prière, reconnaîtra d'abord celle-ci comme étant une obligation, et qu'il devra effectivement la réaliser pour respecter la prescription divine et ainsi, se différencier de ceux qui abandonnent la prière. Il commence donc sa chute par une pseudo-élévation, rythmée par un aveu sincère, mais inachevé et ralenti par le suivi de Satan. Ce dernier lui insufflera des suggestions censées construire en lui le sentiment du devoir accompli, la sensation d'avoir limité les dégâts, le fameux "c'est mieux que rien" qui rassure le pécheur, alors que la dédramatisation du péché est déjà un signe, prouvant que l'âme est sérieusement atteinte. Si ce lien religieux n'existait pas, la non-observation de la prière constituerait pour lui, un incident trop brutal, qui pourrait le réveiller de l'hypnose dans laquelle Satan l'emprisonne. La ruse diabolique a cela de particulier qu'elle est paradoxalement patiente, contrairement aux hommes. C'est crescendo et par étape, que Satan fait glisser le croyant dans le péché, voire même la mécréance, qu'Allah nous en préserve. Le diable instrumentalise souvent des émotions pieuses, des intentions louables, pour éloigner les croyants de l'obéissance. Là où ils commencent à rejoindre les gens de la foi par l'intention pure, ils les abandonnent en préférant l'absentéisme et le retardement...

La deuxième caractéristique des ruses du diable est le prétexte. Ainsi, afin d'amplifier cette forme d'ivresse et noyer encore plus le procrastinateur dans ses convictions, Satan tentera de lui faire comprendre qu'il a toutes les raisons du monde, de procéder de la sorte, suscitant à cette occasion, un premier sentiment d'auto-compassion, parfois même muté dans les cas plus graves, en un sentiment d'autosatisfaction. Chacun sait en effet, qu'il est rare de voir une personne s'alarmer d'être à un niveau satisfaisant. Plus l'individu croit être libre de reproches, et moins il s'empresse de faire son auto-critique. Ce niveau de pathologie est parfois tellement profond, qu'il est possible de voir les coeurs imperméables devant les mises en garde. Et là, les plus lumineux des discours butent devant des coeurs aveuglés par le faux brillant de la vie sur terre, la récitation de versets ou d'ahadiths se télescope au Waqr (lourdeur) qu'Allah a introduit dans les oreilles des insouciants, et nul rappel du Très-Haut ne peut pénétrer le voile qui couvre leurs coeurs.

[Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leurs coeurs, de sorte qu'ils ne comprennent pas, et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais il ne pourront donc se guider.] Sourate Al Kahf, verset 57

Plusieurs éléments peuvent aggraver ces recouvrements qui empêchent la lumière de pénétrer les âmes et les consciences. Et cela fait partie des châtiments qu'Allah envoie à ceux qui se détournent de Ses rappels. C'est notamment le cas pour ceux qui abandonnent la Prière du Vendredi, sans raison valable. En effet, tel que le rappelait le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) :

"Celui qui manque trois fois la prière du Vendredi par négligence, Allah lui scellera le coeur" Authentique par Abou Daoud, An-nassa'i, Ibnu Majah

Il arrive effectivement, que l'abandon ou le non-accomplissement de certaines oeuvres prescrites par Allah, frappent l'individu d'insensibilité face au rappel. On lui interdit alors, de ressentir la quiétude et les autres plaisirs de la foi. Ces abandons répétitifs et autres péchés qu'il juxtapose dans son coeur, le voilent jusqu'à le corrompre totalement, conformément au hadith authentique, que nous avions cité à plusieurs reprises :

Le prophète (prière et salut sur lui) dit : "lorsque le croyant commet un péché, son coeur se tâche d’un point noir ; s’il se repent, qu’il revient totalement sur sa faute et demande pardon, son coeur est à nouveau polit, mais s’il persiste, le point grandit jusqu’à couvrir le coeur tout entier, et c’est cela la rouille ar-ran dont Allah dit En fait, leurs coeurs se sont rouillés à cause de ce qu’ils ont accumulés comme fautes" Sourate les fraudeurs. [Authentique par At-thirmidi, An-nassa’i et d’autres]

Ainsi, si l'individu commet des péchés et retarde leur repentir, il contribue par cette attitude à la corruption de son coeur, jusqu'à ce qu'il soit dominé par la noirceur et le ralentisse dans le bien. N'était-ce pas le messager d'Allah (prière et salut sur lui) qui disait : "N’est-ce pas qu’il y a dans le corps humain un morceau de chair –mudgha- qui, s’il est bon, tout le corps le sera et s’il est corrompu, tout le corps le sera ? Et ce morceau de chair est le coeur" Authentique par Al Bokhari et Mouslim.

Que de pécheurs retardent leur repentir et procrastinent ainsi ? Le diable leur fait miroiter de futures occasions et leur fait croire qu'il ne sert à rien de s'empresser à solliciter le Pardon, car ils ne sont pas encore prêts, ou encore dignes de voir leur pardon accepté...

De même, Al Bayhaqi dans chu'ab al iman et At-tabarani dans Al mu'jam al kabir rapportent un hadith authentique, dans lequel le messager d'Allah (prière et salut sur lui) dit : "Le scribe de gauche garde la plume levée pendant six heures au sujet du serviteur musulman qui commet un péché, si ce dernier le regrette et sollicite le pardon d'Allah, le scribe le laisse. Sinon, il note un seul péché"

Malheureusement, ce répit peut être instrumentalisé par Satan, qui va faire croire à certains pécheurs qu'ils ont suffisamment de temps pour accomplir leur repentir, jusqu'à qu'ils finissent par oublier ce qu'ils ont commis...Là encore, nous pouvons retrouver ce tandem "lien religieux-prétexte", avec l'instrumentalisation d'une bonne intention (la volonté réelle de se repentir), et de l'excuse avancée par Satan (la largesse du répit), afin de mieux préparer les conditions de l'oubli et ainsi, empêcher le pécheur de procéder à son repentir. Comme toujours, il enveloppe sa ruse d'un emballage pieux, qui cache des motivations regrettables...

At-thirmidi rapporte dans ses Sunan, un hadith authentique dans lequel le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) dit : "Celui qui craint de ne pas arriver à bon port, se lève de bonne heure. Et celui qui se met en route de bonne heure, atteint l'endroit de la sécurité. Attention ! La marchandise d'Allah est très chère. Attention ! La marchandise d'Allah est le Paradis"

Cette sagesse prophétique nous rappelle à quel point l'habitude qui consiste à anticiper le bien, restera une garantie pour les bienfaisants le jour du jugement. A l'inverse, celui qui ne cesse de retarder l'accomplissement des bonnes oeuvres, et les remplace par des futilités, s'exposera quant à lui, aux regrets ou au châtiment d'Allah (qu'Allah nous en préserve). Ainsi, seule la crainte d'Allah peut encourager le serviteur à se prémunir contre la perte de temps. Il est dans les propos de Hassan Al Basri (qu'Allah lui fasse miséricorde), une sagesse étonnante de ce point de vue :

"Avoir peur avant d'atteindre l'endroit de la sécurité, est meilleur que de se croire en sécurité avant d'atteindre l'endroit de la peur"

Hassan Al Basri fait effectivement référence à deux types de profils. Les premiers craignent le châtiment d'Allah de leur vivant et mettent en oeuvre les capitaux qu'Il leur a accordés ici-bas, jusqu'à ce qu'ils atteignent la demeure de la stabilité (darul qarar). Et les seconds se croient malheureusement dans le bien sur terre, alors qu'ils suivent leurs passions, passent leur temps dans des futilités et ignorent les voies de bien, jusqu'à ce qu'ils comparaissent devant le Seigneur des mondes, pleins d'effroi et de regrets.

Le même Hassan Al Basri disait que "le jour est ton invité. Si tu te comportes bien avec lui, il repartira en te remerciant. Et si tu comportes mal à son égard, il te blâmera". Hassan Al Basri était l'un des plus grands ennemis de la procrastination. Ses maximes et ses oeuvres s'accordaient avec les appels à faire fructifier son temps, ainsi que les sagesses prophétiques, à l'image de la tradition recensée par Mouslim :

"Toute personne, de bon matin, fait commerce de son âme. Soit en l'affranchissant, soit en la faisant périr"

L'affranchissement de l'âme et les nombreuses voies qui le permettent, constituent la principale cible de Satan. Seulement, et comme nous l'avions cité dans un zoom précédent, celui qui ignore les voies de bien, se dirige inéluctablement vers le mal. Nous disions à ce propos :

[Ainsi, la méconnaissance des récompenses divines donne lieu à une fatigue et une lassitude que ne partagent pas les pieux. C’est la raison pour laquelle, le messager de Dieu (prière et salut sur lui) ne cessait de renseigner ses congénères, sur les mérites de telle et telle adoration. Le sacrifice du temps et de certaines formes de plaisirs profanes en échange des activités spirituelles, ne pouvait avoir de sens qu’en associant l’action dans le bien à une récompense. C’est pourquoi les compagnons du prophète (qu’Allah les agréés) ne cessaient de s’échanger des ahadiths sur les actions méritoires. Ces rappels participaient en effet, de l’entraide dans le bien et la piété, voie à laquelle invitait d’ailleurs, le Très-Haut :

Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété.

Malheureusement de nos jours, il est de plus en plus commun de ressentir non seulement un vide spirituel dans nos sociétés, mais surtout, une incompréhension des trajectoires divines et prophétiques. Ainsi, là où certains compagnons accueillaient avec euphorie le plus simple des ahadiths, comme un trésor à diffuser, nos contemporains semblent de plus en plus hésitants à concrétiser les appels à l’action. Autrement dit, il arrive que certains frères et soeurs attestent avec sincérité la récompense mise en évidence, mais leurs membres refusent inexorablement de se diriger vers les voies de bien. Leurs langues se figent et ne s’agitent pas dans le dikhr (rappel), leurs rétines ne s’orientent que vers des futilités ou des aberrations. Cette forme de « paralysie » témoigne sans aucun doute d’une maladie dans les coeurs, des coeurs réceptifs face aux publicités commerciales, artistiques, etc, des coeurs pris en otage par les attraits de ce bas-monde et qui n’investissent plus de leur temps dans ce qui caractérisait les journées des rapprochés de Dieu…]

Ainsi, si le coeur est rouillé, corrompu et gelé par les péchés, le repentir devient la voie élémentaire qui lui permet de retrouver toute sa vigueur. Conformément à l'image que nous suggérions un peu plus haut, si le procrastinateur sème de mauvaises herbes et qu'il espère en de meilleurs lendemains, il ne pourra arriver à ses fins, qu'en se débarrassant des facteurs qui sont à l'origine de son mal. Ce travail de purification élémentaire a été d'ailleurs imagé par l'incontournable Ibnul Qayyim dans Kitab Al Fawa'id :

[On ne peut remplir un récipient d'une substance qu'à condition de l'avoir préalablement vidé de toute substance contraire. C'est le cas pour les personnes physiques et les entités matérielles, mais également pour les croyances et les volontés :

Si le coeur est rempli de fausses croyances et de faux désirs, il ne restera plus de place pour croire en la vérité et l'aimer. De la même manière que celui qui utilise sa langue pour parler de ce qui n'est d'aucun profit, ne pourra l'utiliser pour parler de ce qui lui est profitable, sauf s'il cesse de parler de ce qui est vain. De même, si les membres sont utilisés dans la désobéissance, ils ne peuvent être utilisés dans l'obéissance qu'en cessant de pratiquer ce qui s'y oppose.

Ainsi, si le coeur occupé par autre chose que l'amour d'Allah (exalté soit-Il), le désir d'aller vers Lui et Sa compagnie, il ne pourra être occupé par l'amour d'Allah, Sa volonté, Son amour et le désir de Le rencontrer qu'en étant vidé de tout attachement à autre que Lui. Parallèlement, la langue ne peut se concentrer à Son évocation et les membres se mettre à Son service, qu'en cessant d'évoquer ou de servir autre que Lui. Si le coeur est totalement occupé par les créatures et les sciences qui ne sont d'aucune utilité, il ne restera plus de place pour l'occuper par Allah (exalté soit-Il), Sa connaissance, Ses Noms, Ses Attributs et Ses Jugements.

Le secret permettant de saisir pleinement ce concept réside dans le fait que l'ouïe du coeur est semblable à celle de l'oreille. Si le coeur écoute autre chose qu'Allah (exalté soit-Il), il ne restera plus de place pour écouter et comprendre Sa Parole. De même, s'il penche vers l'amour d'autre qu'Allah, il ne restera en lui aucun penchant vers l'amour d'Allah. S'il prononce des paroles autres que l'évocation d'Allah, il ne restera en lui aucune place pour Son évocation, de la même manière que pour la langue.]

Seulement, il arrive que certains croyants mésestiment leurs péchés, au point de considérer le repentir comme une étape certes importante au vu des sources, mais ne constituant pas une urgence pour le moment. Citons à l'occasion, cette importante mise en garde du messager d'Allah (prière et salut sur lui) qui disait "Prenez garde aux petits péchés, car ils se réunissent sur l'homme jusqu'à ce qu'ils le fassent périr" Authentique par Ahmad.

Voici peut-être, la raison principale qui a provoqué la paralysie dans laquelle sont noyés certains de nos frères et soeurs...En effet, la mésestimation des péchés est la meilleure manière de s'interdire tout filtrage dans le coeur. Elle expose les procrastinateurs à la souillure, celle qui corrompt les âmes et empêche ainsi les membres du corps, d'agir dans ce qu'Allah aime et agrée. Sans oublier l'incapacité pour nos congénères, de distinguer le grand péché, du péché véniel...

N'était-ce pas Anas Ibn Malik (qu'Allah l'agréé) qui disait déjà aux gens de la deuxième génération "Certes vous accomplissez des actes qui sont à vos yeux plus fins qu'un cheveux, alors que du temps du messager d'Allah (prière et salut sur lui), nous les considérions comme des grands péchés" Authentique par Al Bokhari ? Que dire alors de notre manière de considérer nos transgressions contemporaines ?

Finalement, celui qui souffre de procrastination et qui retarde par la même occasion le repentir, ne devrait finalement pas s'étonner de voir s'amonceler en lui, les souillures qui "gèlent" ses membres...

Parmi les autres ruses par lesquels Satan détourne les procrastinateurs du repentir, on retrouve le désespoir. Que de pécheurs au sein de la communauté, convainquent leur propre personne de ne pas se lancer dans un repentir, parce qu'ils ne se sentent pas prêts, ou se sentent indignes d'être pardonnés. Le diable les envoûte tellement, qu'ils deviennent persuadés qu'un Seigneur Miséricordieux, mérite davantage l'abandon de leurs péchés, que de simples formules. Ils ne se considèrent alors, pas suffisamment forts pour le faire...

Croient-ils qu'en retardant le repentir, ils acquerront la force ? Cela est même contraire à l'explication du Messager d'Allah (prière et salut sur lui) dans le hadith cité précédemment [s’il se repent, qu’il revient totalement sur sa faute et demande pardon, son coeur est à nouveau polit, mais s’il persiste, le point grandit jusqu’à couvrir le coeur tout entier]

Ainsi, l'abandon de la procrastination, l'éveil des consciences et ce qu'il offre comme énergie et force pour accomplir le bien, ne peut outrepasser l'étape du repentir et de la purification. D'aucuns diront que certains parmi les non-musulmans, ont réussi à vaincre la procrastination, sans passer par cette étape du repentir. C'était comme si pour eux, la "guérison" de ces personnes était la preuve manifeste que la procrastination n'a aucune cause religieuse. Sache que cela fait également parti des ruses du diable, que de nier son implication dans cette affaire. D'ailleurs, si j'ai tenu à mettre entre guillemets le terme guérison, c'est tout simplement parce que le bien-être n'est pas une preuve de guidée. Seule l'obéissance en Allah et la synchronisation avec Ses trajectoires, permet de savoir si l'individu est dans le droit chemin. Parmi les non-musulmans en effet, il en est de nombreux qui procrastinent en se détournant du bien. C'est en l'occurrence, ce qu'écrit Ibn Jawzi dans Talbis Iblis :

[Combien de juifs et de chrétiens ont ressentis au fond d'eux un engouement pour l'Islam qu'ils n'ont pas concrétisé à cause des promesses du diable ? Il ne cesse en effet, de les en dissuader et de les ramollir en leur suggérant de ne pas se précipiter, et de bien considérer la question que de prendre une décision aussi grave. Il leur fait retarder ainsi leur résolution, jusqu'à les faire surprendre par la mort, incrédules]

Les articles et sujets profanes qui traitent de la procrastination sont nombreux. Chacun y va de sa propre recette miracle, oubliant que la profondeur du mal porte essentiellement l'empreinte du diable. Ce dernier a toujours fait dans le déni, jusqu'à ce qu'il comparaisse devant le Seigneur des Mondes et se désavoue de ses victimes :

[Et quand tout sera accompli, le Diable dira : "Certes, Allah vous avait fait une promesse de vérité, tandis que moi, je vous ai fait une promesse que je n'ai pas tenue. Je n'avais aucune autorité sur vous si ce n'est que je vous ai appelés, et que vous m'avez répondu. Ne me faites donc pas de reproches, mais faites-en à vous même. Je ne vous suis d'aucun secours et vous ne m'êtes d'aucun secours.] Sourate Ibrahim, verset 22

Ceci étant dit, il arrive que parfois l'individu soit touché par certaines causes physiques. La fatigue peut effectivement être expliquée par un manque de fer dans l'organisme ou tout autre carence en nutriments. A ce propos, Mouslim rapporte un hadith populaire, tellement véridique, dans lequel le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) dit :

"Il y a deux éléments que les gens n'apprécient pas à leur juste valeur : le temps libre et la santé"

D'autres sources nous montrent à quel point la santé, lorsqu'elle décline, peut empêcher le croyant d'accomplir certaines formes d'adoration. Aussi, le message véhiculé consiste alors, à profiter de sa bonne santé pour adorer Allah comme il se doit.

Par ailleurs et comme nous le disions au début de cet article, il est nécessaire de tirer profit des avancées technologiques. C'est pourquoi, celui qui désire connaître si les raisons de son émoussement sont d'ordre médical, une simple prise de sang peut faire avancer les choses. Et si l'individu procrastine encore une fois pour ce maigre effort, nous lui rappellerons le 11ème verset de la sourate Ar-ra'd :

En vérité, Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes

Ceci dit, la majeure partie des spécialistes reconnait que la cause de cette pathologie est personnelle et psychologique. Mais là où ils se sont arrêtés à des facteurs profanes, le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) nous a renseignés sur les dangers de l'âme, des passions et de Satan. C'est la raison pour laquelle, je tiens à me concentrer uniquement sur les méthodes suggérées par celui qu'Allah a envoyé comme miséricorde pour les Mondes (prière et salut sur lui). Certaines suggestions prophétiques peuvent paraître étonnantes à première vue, et il arrive même que l'individu ne détecte pas de lien de causalité entre ce à quoi appelle le Messager d'Allah, et la guérison à laquelle il aspire. A ce propos, voici ce qu'écrit Ibnul Qayyim Al Jawziyya :

[Je suis vraiment stupéfait par la force qui se dégage du cheikh al islam Ibn Taymiyya, que ce soit dans sa conduite, sa parole, son courage ou dans ses écrits. Quand il rédige un ouvrage, il écrit en une journée une telle quantité qu'un transcripteur a besoin de toute une semaine pour la recopier, de même que les soldats qui ont combattu à ses côtés témoignent tous qu'il est très fort en combat.

Ainsi, lorsque Fatima (qu'Allah l'agrée) s'est plainte à son père, le Prophète (prière et salut sur lui), des travaux pénibles qu'elle effectuait dans la maison comme la pétrificaction, la cuisson du pain et les courses et qu'elle lui demanda un domestique pour l'aider, il lui conseilla, ainsi qu'à son époux 'Ali (qu'Allah l'agrée), de dire une fois au lit, trente-trois fois Sobhan'Allah, trente-trois fois Alhamduli'llah, et trente-quatre fois Allahu akbar. Et il ajouta "Cela vaut mieux pour vous, qu'un domestique"

Il a été dit que celui qui pratique assidûment ce dikhr, son sommeil lui donne une force suffisante pour se passer d'un domestique.

J'ai entendu le cheikh al islam Ibn Taymiyya (qu'Allah lui fasse miséricorde) citer une tradition à ce sujet. Il a dit : "Lorsque les anges ont reçu l'ordre de porter le Trône, ils ont dit : "Seigneur, comment pourrions-nous porter Ton Trône alors qu'il y a dessus Ta majesté et ta révérence ?" Il leur a répondu : "Dites : "La hawla wala Quwata ilabi'llah" Lorsqu'ils le dirent, ils purent le porter. (Authentique recensé par Ad-darimi dans naqd al marisi, Abou Chaykh dans al 'azama et At-tabari dans son exégèse.)

Ibn Abi Dunia rapporte une tradition analogue sur l'autorité d'Al Layth Ibn Sa'd, lequel rapporte sur l'autorité de Mu'awiya ibn Salih, lequel a dit que de ses enseignants lui est parvenu que les premiers êtres qu'Allah créa, alors que Son Trône était sur l'eau, furent les porteurs du Trône. Ils lui demandèrent : "Seigneur, pourquoi nous as-Tu créés ?" Il répondit "Pour porter Mon Trône" -Seigneur, qui est capable de porter Ton Trône, alors qu'il y a au-dessus Ta majesté, Ta magnificence et la révérence ? -C'est pour cela que Je vous ai créés" Lorsqu'ils insistèrent dans leur demande. Il leur dit "Dites Lahawla wala quwata ilabi'llah". Lorsqu'ils le dirent, ils purent le porter" Authentique par Ad-darimi et Abou Chaykh sur l'autorité de Wahb Ibn Munabih]

A ce propos, sache qu'Il a enseigné à Son Prophète (prière et salut sur lui), un certain nombre d'invocations qui permettent aux croyants de se prémunir contre Satan, ainsi que d'autres maladies de l'âme. Les ouvrages traitant des moyens de se prémunir contre Satan sont nombreux. Nous ne pouvons malheureusement recenser toutes ces invocations dans cet article. Nous espérons malgré tout, que les procrastinateurs ne remettront pas à plus tard, la consultation de ces signes qui peuvent assurer leur salut...

Parmi les moyens qui permettent de mettre un terme radical contre la procrastination, il y a la fréquentation des gens pieux. L'environnement peut effectivement avoir un lien profond avec l'état du coeur. Plus le croyant est exposé aux tentations, et plus il a de chances d'y tomber. Raison pour laquelle, nous conseillons à nos frères et soeurs qui souffrent de procrastination, de fréquenter les gens vertueux, les assises de rappel, et toute personne qui nous rappelle l'au-delà, toute personne qui accomplit le bien et recherche l'agrément d'Allah. Leur compagnie est une bénédiction pour le croyant, une protection contre la perte de temps et une purification pour l'âme. N'est-ce pas Allah (exalté soit-Il) qui disait :

Les amis, ce jour-là (le jour du jugement dernier), seront ennemis les uns des autres. A l'exception des pieux. Sourate l'Ornement, verset 67

L'attachement aux bonnes fréquentations restera l'une des voies les plus sûres et les plus bénéfiques, recommandées par le Seigneur des mondes, eu égard au 28ème verset de la sourate Al Kahf, dans lequel il est dit :

Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d'eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le coeur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.

Si [Le diable vous fait craindre la pauvreté et vous ordonne des actes répréhensibles (sourate Al Baqara, verset 268)], sachez qu'il vaut mieux investir quelques centaines d'euros qui vous permettront d'apprendre votre religion, tout en fréquentant les gens pieux, plutôt que de comparaître devant votre Créateur le Jour de la reddition des comptes, terrifiés par les conséquences de votre procrastination, et espérant un retour sur terre qui ne s'achèterait pas, même avec tout l'or du monde...

[Le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d'aucune utilité. Sauf celui qui vient à Allah, avec un coeur sain] Sourate Achu'ara, versets 88 et 89.

Si durant les premiers moments à fréquenter les gens pieux, l'individu se sent comme un intrus, cela se comprend, car le point noir dans la feuille blanche se reconnaît facilement. On peut également faire référence au phénomène décrit plus haut par Ibnul Qayyim, lorsqu'il affirme qu'[Il en est de même pour le transgresseur qui cesse de commettre des péchés et se met à accomplir les bonnes actions, sa poitrine se resserrera et il ne redeviendra à l'aise que s'il récidive]. Il faut malgré tout, garder en mémoire que chaque procrastinateur est perfectible et qu'à l'image de ce que disait jadis le Messager d'Allah (prière et salut sur lui), "les meilleurs des pécheurs sont ceux qui se repentent" (Authentique par Ahmad, At-thirmidi, Ibnu Majah et d'autres), les faiblesses sont faites pour être abandonnées au profit des forces, et les ténèbres dissipées par la lumière divine. Mais encore faut-il le vouloir...?

Aussi, il arrive qu'un excès de gêne et de pudeur se fasse ressentir par ceux qui désirent rejoindre des groupes de frères et soeurs. Ce genre de sentiment n'est autrement encouragé que par le diable encore une fois, qui incite les croyants touchés par la procrastination, à abandonner ces initiatives. Il cultive alors en eux, à l'image de ce qu'affirmait jadis le pieux prédécesseur Mujahid, deux germes désastreuses pour l'âme : la timidité et l'orgueil :

"Deux personnes n'apprennent pas : le timide et l'orgueilleux" Hadith recensé par Al Bokhari avec une chaîne de transmission raccrochée. Néanmoins, Al Hafidh Ibn Hajar Al 'Asqalani dit : "Complétée par Abou Nu'aym dans Al-Hilya et sa chaîne de transmission est authentique conformément aux conditions d'Al Bokhari"

Si la pudeur est fortement encouragée en Islam, il n'en résulte pas moins qu'elle n'empêchait pas les premières femmes de notre communauté d'apprendre leur religion. C'est en outre ce qu'affirmait Aïcha (qu'Allah l'agréée) : "Quelles excellentes femmes que celles des Ansars (femmes de Médine) ! La pudeur ne les a pas empêchées de s'instruire dans leur religion" Authentique par Mouslim.

Ainsi, il importe aux procrastinateurs de ne pas laisser Satan les isoler des gens pieux. Car en procédant ainsi, ils se fragilisent et ne font malheureusement, qu'accroître l'intensité de leur maladie...

Parmi les autres éléments qui permettent à l'individu de se débarrasser de la procrastination, nous recensons la prière nocturne. A ce propos, Ahmad et At-thirmidi rapportent un hadith authentique, dans lequel le Messager d'Allah (prière et salut sur lui) dit :

"Adonnez-vous aux prières nocturnes car c’est une pratique de vos prédécesseurs pieux, un moyen de vous rapprocher de votre Maître, d’expier vos péchés, de vous en éloigner et de débarrasser votre corps de ses maladies."

D'aucuns diront que ce genre d'activités est beaucoup trop difficile à accomplir, presque inaccessible pour des personnes qui souffrent de procrastination. Ils considèrent alors comme inadapté ce genre de suggestions, pour des sujets qui n'arrivent même pas à mettre en pratique des oeuvres élémentaires et simples. Seulement, il faut rappeler qu'à la genèse de la révélation, au moment où les compagnons du Prophète recensaient parmi eux, des hommes et des femmes ensevelis par le polythéisme et les maladies de l'âme, Allah (exalté soit-Il) a révélé la Sourate 73. A ce propos, Mouslim recense un hadith authentique, dans lequel Sa'd Ibnu Hicham Ibnu 'Amir demanda à Aïcha (qu'Allah les agréés) : "Parle-moi des prières nocturnes du Messager d'Allah (prière et salut sur lui)" Celle-ci lui demanda "Ne lis tu pas la sourate "Ya ayuhal muzamil" (sourate 73) ?". "Si" répondit-il. Aïcha (qu'Allah l'agréée) lui dit alors "Allah (exalté soit-Il) a prescrit les prières nocturnes au début de cette sourate, et le Prophète (prière et salut sur lui) et ses compagnons (qu'Allah les agréés) pratiquèrent ces prières pendant un an. Puis, Allah retint au ciel la fin de la sourate pendant douze mois. Et puis Allah révéla un allègement à la fin de la sourate. Depuis lors, les prières nocturnes suivant les prières obligatoires, sont facultatives"

Enfin et pour terminer, nous ne pouvons conclure cet article censé suggérer d

Category : A propos de l'islam: | Comments (0) | Write a comment |